Jean Étienne Feytou, né à Saint-Martin-lès-Langres et mort le à Champigny-lès-Langres, est un musicologue et encyclopédiste français.
Biographie Fils ainé du papetier originaire du Périgord Jean Feytou et de Catherine Delveau, il effectue ses études secondaires au collège de Langres, avant de poursuivre ses études à la faculté de droit de Dijon. Esprit polymathe, il se distingue par une curiosité pluridisciplinaire, avec une prédilection marquée pour les mathématiques et la musique. Il intègre ensuite la carrière juridique en devenant avocat au Parlement de Dijon. Il exerce également la fonction de juge..
Lorsque l’école de Brienne dirigée par les Minimes doit recruter des professeurs laïcs pour faire face à son expansion, il est engagé comme professeur de mathématiques, en 1776. Il y restera jusqu’à 1780. Parallèlement à sa profession, il s’illustre dans le domaine scientifique en étant admis comme membre de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon.
En juin 1783, à la suite de l'invention des aérostats par les frères Montgolfier il construit, avec ses deux frères François, papetier et Nicolas, receveur au grenier à sel de Langres, son propre ballon à la papeterie du Valdonne, près de Langres. Lors de leur premier essai, réalisé le 19 janvier 1784, leur ballon parcourt environ 2 kilomètres avant de tomber.
Encouragés, les frères Feytou soumettent un mémoire proposant des solutions de pilotage au concours de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, offrant un prix de pour la direction des aérostats. L’Académie a décidé, dans sa séance du 7 décembre 1784, de ne décerner aucun prix, mais les frères Feytou ont fait trois autres tentatives d'envol à Langres cette année-là, dont une seule a abouti à un atterrissage près de Bannes.
En 1785, ayant reçu, pour une rémunération de par an, le poste de bibliothécaire de la bibliothèque de Langres, fondée grâce å un don de du chanoine Legros en 1773, il préside à la complétion du projet en ouvrant, à l'Hôtel de Ville, au-dessus de la salle des Pas Perdus, le , cet établissement, 12 ans après le début du projet..
Pendant son mandat, il écrit à Marie-Angélique Diderot, au physicien et astronome , au dramaturge Nicolas Fallet, au jurisconsulte et conseiller d’État Nicolas-Joseph Philpin de Piépape et à l’homme de lettres Pahin de La Blancherie pour solliciter un exemplaire de leurs ouvrages, afin d’enrichir le fond de la bibliothèque, dont le catalogue comportait , avant sa destruction, en 1892, par un incendie. vignette|Encyclopédie méthodique. Musique. Tome premier. S’intéressant également à la musique, il annonce, dans le Journal Encyclopédique de février 1788, un cours particulier d'harmonie, donné à Paris, rue des Saints-Pères, nº 59, à partir du , au prix de souscription de 36 livres. Cherchant à fonder, censément d’après Pythagore, les règles de la musique sur les mathématiques, il propose d'ajouter une huitième note à la gamme, appelée ta, formée en prenant un huitième de ton sur chaque note.. Ceci incite Nicolas-Étienne Framery, peut-être sur la recommandation de son ami Denis Diderot à l’adjoindre à Suard, au projet de l'Encyclopédie Méthodique.. Les volumes étant publiés non par ordre alphabétique des matières, mais au fur et à mesure de leur rédaction par ses collaborateurs, le premier, , parait en 1791.
Framery rapporte néanmoins, dans le Discours préliminaire du tome « Musique » de l’Encyclopédie méthodique, qu’il codirige avec Ginguené, que : Les « raisons d’intérêt » invoqués par Framery étaient qu’après avoir perdu, le , son épouse, Charlotte Rocagel, épousée le , dont il avait eu sept enfants, Feytou s’était mis à étudier la théologie..
Le , il reçoit le diaconat, le , il démissionne de son poste de bibliothécaire à Langres et, le , il est ordonné prêtre à l'abbaye de Longuay. Le lendemain même, il est envoyé comme vicaire de la paroisse de Courcelles-Val-d'Esnoms, ce qui explique les difficultés de Framery à continuer à travailler avec lui.
Son ministère à Courcelles ne court que du au , bien qu’il y rédige également un « Projet d'établissement d'une œuvre de bienfaisance proposée à la Municipalité de Langres ». Refusant le serment à la constitution civile du clergé, il choisit de s'exiler en Angleterre, dont il connaissait parfaitement la langue.
Installé à Londres, Feytou ouvre un cours public d'harmonie et publie deux brochures sur le sujet, en anglais. Il rédige une grammaire anglaise et collabore également à la rédaction de journaux français. Quelque temps après son retour en France, il est nommé curé de Praslay, où il ne reste que peu de temps.. Le , il est muté à Champigny-lès-Langres, où il meurt, huit mois plus tard, seul prêtre collaborateur des Encyclopédies du , à mourir curé d'une petite paroisse rurale.
Remplacé dans la partie théorique de l’Encyclopédie méthodique par Jérôme-Joseph de Momigny, celui-ci s’empresse de réfuter les théories musicales de son prédécesseur. Il est enterré au cimetière de ChampignyBulletin municipal de la commune de Champigny-lès-Langres, nº 19..
Notes et références
Publications Prospectus of a course of lectures on musical Harmony, 12 p., in-8º. Course of lectures on Harmony. .
Liens externes
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