La bande-son (également écrit bande son), ou bande sonore, est la partie sonore enregistrée d'un film, ou plus largement une production audiovisuelle (série télévisée, jeu vidéo .), un spectacle vivant., une exposition artistique..
Lorsque le spectacle comporte une autre partie enregistrée , la bande son doit permettre la synchronisation de ces composantes.
Historique La première « bande-son » qui a existé est celle du limonaire et du piano mécanique, une bande perforée de carton, qui permettait de jouer de la musique instrumentale avec une compétence minime. Ces instruments ont servi souvent pour l'accompagnement de musiciens solistes instrumentistes ou chanteurs, de danse et de pantomine, quand la taille du local ou le budget de l'évènement ne permettait pas d'employer un orchestre. L'opérateur pouvait ajuster la vitesse d'exécution et les arrêts, de façon à faire venir les effets sonores au moment opportun. Ces instruments mécaniques pouvaient combiner plusieurs sons : les plus grands avaient, en plus des tuyaux d'orgue de différentes voix, des percussions, et étaient suffisamment puissants pour une grande salle.
Au cinéma, au début du , on appelle « bande » ce qu'on nommera plus tard filmvoir par exemple .. Jusqu'en 1927, on ne voit que le cinéma muet, la projection d'une « bande » qu'accompagne de la musique expressive et parfois des bruitages. Cette musique, jouée avant la projection et pendant les entr'actes et changements de bobine, devient dans certains cas l'attraction principale de la séance.. Certaines salles installent des instruments mécaniques. La maison Wurlitzer devient fameuse pour ses grands orgues mécaniques.. Dans les plus petites salles, l'exploitant de salle joue un disque sur un phonographe ; s'il permet la diffusion de voix enregistrées, ce moyen n'a ni le volume, ni la qualité sonore des instruments mécaniques, qui, de plus, peuvent facilement être synchronisés avec l'image.
L'invention de la triode ouvre la possibilité de sonoriser les salles, réalisée vers 1920. Les producteurs vont chercher le moyen de diffuser un son enregistré synchronisé avec l'image. À partir de 1929, le cinéma, initialement musical, devient « parlant ». Les exploitants congédient les musiciens, sauf dans les quartiers où les spectateurs les préfèrent au film. L'écriture cinématographique fondée sur les effets visuels cède le pas à celle qui se base sur le dialogue.. L'enregistrement du son en même temps que l'image apporte de nouvelles contraintes sur les plateaux de tournage et alourdit considérablement les méthodes de réalisation d'un film. Dès les premières années, la « bande » son s'affranchit de celle de l'image, en premier lieu avec la pratique du doublage et de la postsynchronisation, qui sépare la performance vocale des comédiens de leur jeu corporel. L'expression bande son apparaît.
Dans les années 1960, la mise au point de caméras plus légères et moins bruyantes et du magnétophone portable redonne aux prises de vues un peu de souplesse. Le cinéma direct est d'abord celui du son direct, qu'il hérite de la télévision, où la bande son se décompose en son d'ambiance, sans synchronisme, et sonores, image et son synchrones, sur lesquels, après le montage, s'ajoute l'élément qui organise le message : la narration en voix-offCinémAction, numéro 84, « Les magazines de reportage à la télévision », novembre 1997..
Dans le spectacle vivant, les expositions, les jeux, la bande-son ne s'impose que dans le dernier quart du , quand le contrôle électronique et la numérisation lui donnent assez de souplesse pour s'adapter à une situation mouvante.
Synchroniser le son avec l'image au cinéma
1895 : Premier essai notoire de synchronisation entre le phonographe à cylindre de Thomas Edison et son kinétoscope. Edison rêvait de réussir le mariage image-son, mais n'en a pas trouvé le moyen. (en) W.K.Laurie Dickson & Antonia Dickson, préface de Thomas Alva Edison, History of the Kinetograph, Kinetoscope and Kineto-Phonograph, facsimile edition, The Museum of Modern Art, New York, 2000, . 1902 : La première réalisatrice du cinéma, Alice Guy dirige les Phonoscènes que produit Léon Gaumont. Des chansonniers interprètent en playback leurs chansons enregistrées au préalable. La synchronisation est assurée par le départ simultané des deux machines et la brièveté des prestations.
1923 : les Danois A. Poulsen et A. G. Petersen déposent un brevet d'enregistrement sonore sur film en double bande, l'une contenant la suite des photogrammes, l'autre contenant une piste photographique linéaire et continue, représentant l'amplitude des vibrations sonores. 1925 : Charles Delacommune propose le Synchro-Ciné, pour synchroniser des instruments de musique mécanique avec le défilement du projecteur. 1926 : la firme Warner Bros. produit un long-métrage sonore, Don Juan, avec le procédé Vitaphone de Western Electric, dans lequel les projecteurs et les tourne-disques qui leur sont associés sont entraînés par des moteurs synchrones grâce auxquels les vitesses des deux machines sont toujours identiques. La bande-son du film comporte essentiellement de la musique et quelques très rares paroles synchronisées. Warner produit Une scène dans la plantation, un film court où Al Jolson, maquillé en , chante trois chansons. Soudain, il regarde droit dans l’objectif de la caméra, interrompt sa chanson et se met à parler. Au cours des projections, qu’il reprend plus tard dans Le Chanteur de jazz (en version originale : ).. Gaumont achète le procédé danois Poulsen et Petersen et en étudie l'exploitation ; décrit le procédé avec plus de détails.. 1927 : Encouragé par le succès d'Une scène dans la plantation, Warner produit le long métrage Le Chanteur de jazz, avec le même procédé Vitaphone. Ce n'est pas à proprement parler un film parlant : les dialogues du film sont tous écrits sur des cartons d'intertitres ; on n'entend pas les comédiens parler. C'est un film chantant où Al Jolson prononce quelques phrases entre deux chansons. Fox Film Corporation produit le premier son enregistré sur une pellicule argentique négative, puis reporté le long des photogrammes sur les copies d'exploitation louées aux salles de cinéma, procédé dit « son optique ». Les procédés Fox-Westrex et RCA, qui proposent des copies avec son et image sur une seule bande, va triompher du procédé double bande de Gaumont-Poulsen-Petersen. Il suffit aux exploitants de salles de modifier les projecteurs existants, la tâche de synchronisation lors de chaque projection est exécutée en amont, à la fabrication des copies d'exploitation par le laboratoire de tirage. Si la qualité sonore est moindre, c'est au bénéfice de la sûreté d'exploitation.
Révolution du cinéma sonore La nouveauté de l'enregistrement du son impose l'insonorisation des studios de cinéma et l'abandon d'une habitude solidement implantée à l'époque de ce que l'on va bientôt appeler le cinéma muet : l'organisation de plusieurs plateaux de tournage dans un seul bâtiment. Le bruit du fonctionnement des caméras est d'abord masqué par des cabines insonorisées vitrées dans lesquelles sont enfermés techniciens et machines. Puis, afin de pouvoir déplacer plus facilement la caméra, celle-ci est "blimpée", c'est-à-dire qu'elle est introduite dans un volumineux caisson isolant, un . Petit à petit, les fabricants développent des mécanismes plus silencieux.
À la prise de vues, l'ingénieur du son travaille dans un camion, à quelque distance du plateau. Des assistants déplacent les lourds microphones montés sur des grues. Des moteurs synchrones alimentés par le même courant triphasé assurent une vitesse de déroulement identique des films image et son dotés des mêmes perforations. La synchronisation s'effectue au montage grâce à un repère sonore et visuel, le clap.
Les performances médiocres de l'enregistrement optique se font sentir quand on effectue une copie passant par un signal électrique. On tire les négatifs optiques comme les négatifs image, sans modification du signal. Le montage son est réduit ; le mixage presque impossible. Pour permettre les plans longs correspondant aux séquences musicales des films sonores, les studios portent la taille des magasins de pellicule de 120 à , permettant une durée de .. Dès les premières années, on refait souvent les enregistrements, après le montage image, dans un auditorium où le film est projeté. On peut ainsi enregistrer dans de meilleures conditions les dialogues et la musique, et remplacer les voix originales par la postsynchronisation ou le doublage dans une langue différente. On invente en Europe la bande rythmo qui guide les comédiens de doublage en faisant défiler sous l'écran les syllabes au moment où elles doivent être prononcées.
La reproduction du son impose un défilement de la pellicule beaucoup plus régulier. Si une variation de 10% d'une image à l'autre est imperceptible avec l'image seule, elle est catastrophique pour la bande-son (pleurage et scintillement). Une vitesse stable augmentée ou réduite de 25 % correspond à une accélération ou un ralentissement des voix dans la même proportion et à une tierce majeure en hauteur, c'est à peu près le maximum supportable. L'industrie profite des nécessaires adaptations pour augmenter la cadence de prise de vues et de projection, fixée en 1928 à 24 images par seconde , ce qui permettra d'atteindre une courbe de réponse électroacoustique d'une octave plus étendue que celle du téléphone, la courbe Academy.
La technique d'enregistrement optique sera progressivement améliorée, avec la mise au point de films et de traitement spéciaux, au trait, fort contraste et résolution maximale, afin de diminuer le bruit de fond. Le développement de la copie d'exploitation s'effectue en déposant un révélateur pâteux, à haut contraste, sur la piste sonore, avant de passer par le bain de révélateur image, à contraste normal.
1931 : Début du son multicanal Historique du son au cinéma. 1940 : Fantasia est construit à partir d'un projet de bande-son. 1948 : l'enregistrement magnétique permet le montage son et le mixage. La qualité de l'enregistrement magnétique est incomparablement supérieure. Pour assurer la synchronisation au montage et au mixage, on utilise des films perforés identiques à ceux de l'image, recouverts d'un enduit magnétique. Les projections de gala se font ainsi en « double bande », son et image, avec des projecteurs spéciaux. 1960 : La société Éclair met au point les premières caméras à peu près silencieuses et portables, Caméflex en et Éclair 16, qui, associées aux enregistreurs portables Nagra, affranchissent les prises de vue du camion de son, des moteurs synchrones et du courant triphasé, ainsi que des bandes magnétiques perforées de même taille que le film. On reporte les sons d'une bande lisse, bien moins volumineuse, sur la bande perforée avant le montage. 1967 : Arrivée du dolby. 1977 : Dolby stéréo. 1990 : Arrivée du numérique.
Enregistrement et reproduction d'une bande-son Son analogique
Dès 1927, le signal son porté par la bande image elle-même remplace le disque utilisé auparavant. À l'inverse, une lampe éclaire fortement la « piste optique » de la copie de projection, une cellule photoélectrique transforme l'intensité de la lumière traversant le film en un signal électrique, envoyé vers un amplificateur audio. Ce procédé, qui enregistre le son sur un négatif ordinaire, implique un excellent contrôle de l'exposition et du contraste du film, pour éviter les distorsions..