Marie François Oscar Bardi de Fourtou, né le à Ribérac et mort le à Paris Acte de décès à Paris , n° 1220, vue 2/31., est un homme d'État français, principal artisan de la tentative pour empêcher les républicains de revenir au pouvoir après la crise constitutionnelle du Seize mai 1877.
Partisan de l'ordre moral conservateur, proche des bonapartistes, il est un ministre à poigne, détesté des républicains. Lorsqu'il doit quitter le ministère de l'Intérieur en , son départ est le symbole de l'échec des conservateurs.
Biographie
Famille
Oscar Bardi de Fourtou est né dans une famille d'ancienne bourgeoisie originaire du Périgord qui possédait avant la Révolution Française, la seigneurie de Fourtou, à Celles, dans l'actuel département de la DordognePierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, ed. Sedopols, 2012, p.82..
Son ascendance directe est la suivante :
François Bardi de Fourtou (1740-1801), était avocat, bourgeois de Celles ; Guillaume Bardi de Fourtou (1769-1844), était chanoine du chapitre de Périgueux ; Jean-Baptiste Bardi de Fourtou (1777-1862), était capitaine dans l'armée de Condé, chevalier de Saint-Louis ; François Bardi de Fourtou (1791-1879), était avocat, puis magistrat, procureur à Ribérac, conseiller à la cour d'appel de Bordeaux, officier de la Légion d'Honneur ; Adrien Bardi de Fourtou (1804-1862), était avocat à Ribérac. Veuf très tôtSa première épouse est la jeune Mary Durand, fille d'un riche industriel de la Double mais qui meurt subitement quelques mois après leur mariage au printemps 1861. Très affecté, le futur ministre en garde une tristesse et un très chaleureux souvenir toute sa vie durant. , il se remarie en 1863 avec Alix Dereix de Laplane (1844-1915). Le couple eut six enfants : quatre fils et deux filles. L'un de ses fils, Albert Bardi de Fourtou (1866-1945), saint-cyrien de la promotion Annam (1885-1887), ex-général de brigade : rayé des cadres des généraux de brigade de la 2° section du cadre de l'état-major général de l'Armée, à compter du 16 novembre 1930, le jour suivant sa condamnation pour escroquerie., devient chef départemental de l'Armée secrète à Nice. Il est déporté au camp de Neuengamme, où il est mort pour la France, le .
Un notable ribéracois
Appartenant à une famille bourgeoise du Ribéracois (Dordogne), Oscar Bardi de Fourtou appartient à une longue lignée d'hommes de loi. Son père, Adrien Bardi de Fourtou est avocat à Ribérac et son oncle, François fait une carrière dans la magistrature qui le conduit à la Cour d'Appel de Bordeaux. Cadet de trois enfantsIl est le troisième garçon que le couple Fourtou a mais son frère Jean meurt prématurément quelques mois après sa naissance., il reçoit une solide formation au collège de Ribérac puis au lycée de Périgueux avant de passer sa licence en droit à la Sorbonne puis à Poitiers où il soutient sa thèse en . Il est inscrit au barreau de Ribérac en même temps que son frère aîné, Léonce et son père Adrien. En , il devient même bâtonnier du barreau. La carrière de la magistrature le séduit un temps puisqu'il occupe le poste de substitut du procureur impérial en à Ruffec (Charente) mais qu'il délaisse pour se consacrer à la politique.
Carrière La carrière politique d'Oscar Bardi de Fourtou commence réellement à la chute de l'Empire, non sans avoir été pendant cinq ans (1865-1870) maire de sa ville natale. Très intégré dans la vie locale, il se charge pendant son mandat municipal de faire renaître le comice agricole de Ribérac, abandonné à la fin des années 1850. En 1874, alors qu'il n'a plus de mandat ministériel, il poursuit son implantation locale et devient président du comice agricole d'Echourgnac, participant activement à la mise en valeur de la vallée de la Dronne et la forêt de la Double.
Député et jeune ministre de la République puis de l'Ordre Moral
, élu de la liste conservatrice périgourdine en 1871, il est très vite remarqué par Adolphe Thiers qui l'appelle le au poste de ministre des Travaux Publics. Plutôt bon gestionnaire, il sait réunir autour de lui un certain nombre de députés et de ministres qui lui donnent leur confiance et leur soutien dans la vaste majorité hétéroclite des parlementaires conservateurs. Profondément voué au service de Thiers, il demeure dans le nouveau gouvernement thiériste et devient le l'éphémère ministre des cultes mais il suit le président dans sa chute le . Considéré comme un homme de dossiers, grand travailleur et fin politique, il se rapproche des milieux conservateurs qui soutiennent l'Ordre moral, inauguré par le cabinet Broglie en auquel il n'appartient pas encore. Il entretient des liens réguliers et soutenus avec le président de la République, le maréchal Mac-Mahon qui l'invite souvent dans les diners à l'Élysée. Il tente alors d'abord sans succès en 1871 puis assez largement de conquérir un siège de conseiller général dans le département de la Dordogne et les habitants du canton de Verteillac lui accordent majoritairement leurs suffrages. Son implantation locale est alors solide et certains évoquent déjà l'arrondissement de Ribérac comme le fief de Fourtou. .
Alors que la crise ministérielle fait rage, le , il est alors le duc Albert de Broglie au ministère de l'Intérieur. Mais un différend avec les orléanistes et notamment avec le ministre des Affaires étrangères, le duc Decazes, conduit le Périgourdin à suivre Pierre Magne, alors ministre des Finances, dans sa démission. Il quitte alors la place Beauvau le . Votant contre les lois constitutionnelles de 1875, . Il fréquente souvent l'Élysée et garde toute confiance du maréchal Mac-Mahon. Loin de rester inactif, il intègre le conseil d'administration de la Compagnie d'Orléans en . Alors qu'il échoue à se faire élire au Sénat en mais il est réélu député de Dordogne au mois de février suivant. . Mais c'est son retour à la place Beauvau en pleine crise politique .
L'homme du Seize-Mai vignette|Duel entre Oscar Bardi de Fourtou et Léon Gambetta en 1879, illustré par Henri Dupray. gauche|vignette|Oscar Bardi de Fortou et le maréchal de Mac Mahon lors du voyage présidentiel de septembre 1877. En effet, le , il obtient à nouveau le poste de ministre de l'Intérieur, au sein du troisième gouvernement de Broglie avec une mission très délicate : empêcher les républicains de revenir en force à l'Assemblée nationale. Il utilise tous les moyens légaux, jusqu'à forcer l'interprétation législative des textes coercitifs en matière de colportage et de désignation des candidats qu'il suscite la réprobation de l'opposition républicaine qui l'accuse de forfaiture. Il procède à une épuration préfectorale, remplaçant 62 préfets et presque tous les sous-préfets. Par ailleurs, 1385 fonctionnaires sont révoqués. Il pratique tout en la justifiant la candidature officielle, .
Conforté dans son siège de député le suivant, son élection est invalidée le . Provoqué par Gambetta à l'Assemblée, il se bat en duel avec lui quelques jours plus tard. Cette période est très difficile pour le ministre déchu car il est accusé d'avoir attenté à la vie du régime. , il est très vivement touché par l' que la majorité républicaine vote en , alors qu'il venait de reconquérir son siège de député de la Dordogne au mois de janvier précédent.
Échecs et triomphes : les vicissitudes d'un vaincu
Les portes du Sénat s'ouvrent enfin devant lui en . Il est élu avec Jean Baptiste Alexandre de Bosredon, bonapartiste modéré, en remplacement de Pierre Magne et Paul Dupont, morts quelques mois plus tôt. Il intervient peu dans la vénérable assemblée si ce n'est pour régler des problèmes agricoles ou protester vivement contre les lois scolaires de Jules Ferry. Avec l'adoption définitive du caractère républicain voté en 1884, . D'une santé fragile , il accepte le régime mais décide de mener une opposition parlementaire vigoureuse contre la politique . Il échoue au renouvellement de son mandat de sénateur en mais perd aussi tout espoir de retrouver le Palais Bourbon en . Ses activités administratives à la Compagnie d'Orléans, son échec aux cantonales de 1886 le conduisent à s'éloigner de la vie politique active. Il garde cependant l'espoir de revenir aux affaires lors de la crise boulangiste. Même s'il n'aime pas beaucoup le général Boulanger, il espère devenir le leader incontesté de la droite périgourdine, manœuvrant pour imposer le bonapartiste Oswald Taillefer à la députation, en remplacement de Boulanger démissionnaire en . Les élections générales de 1889 lui offrent l'occasion de s'imposer comme le chef des conservateurs et il retrouve ainsi son siège de parlementaire. Mais ce mandat doit être pour lui celui de trop car, dès le début, il sent que ses forces l'abandonnent et que ses affaires ferroviaires lui prennent de plus en plus de temps. Ses problèmes de santé le préoccupent et dès , il envisage de se retirer de la vie politique. En , il officialise sa décision en s'adressant une dernière fois à ses électeurs pour expliquer — en partie — les raisons de son départ. Il continue à officier au sein du conseil d'administration de la Compagnie d'Orléans et en devient même vice-président en . Mais deux attaques cardiaques le contraignent au repos. Alors qu'il vient de marier l'une de ses filles, Il s'écroule dans son domicile parisien le . Son corps est ensuite rapatrié à Ribérac, dans le cimetière municipal, où il repose dans le caveau familial depuis cette date.
Le jugement de ses contemporains et de l'historiographie républicaine qui s'y rattache pour ce ministre périgourdin. Bitard dans son Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère publié en 1886 dit de lui : De sorte que l'homme qui, il y a quelques années, a fait tant de bruit dans un grand pays comme la France, est redevenu dans ce même pays un simple petit avocat de province.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Notices biographiques
Publications universitaires . . .
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