Maximilien Sébastien Foy, né le à Ham et mort le à Paris, est un général de division français du Premier Empire et un homme politique.

Biographie

Jeunesse Maximilien Sébastien Foy est issu de la bourgeoisie picarde. Le père de Maximilien, Florent Sébastien Foy, avait combattu à la bataille de Fontenoy. Il avait exercé, par la suite, les métiers de marchand de toile et de directeur de la poste aux lettres de Ham. Il devient maire de la ville en 1776. Sa mère Elisabeth Wisbec met au monde cinq enfants. La famille habite une maison située sur la Grand-Place de HamUne plaque commémorative a été apposée à son emplacement.. Son père meurt à l'âge de en 1779, alors que Maximilien a tout juste quatre ans.

À neuf ans, il est élève à l'école latine de Ham comme l'ont été Vadé et, quelque temps plus tard, Jean-Charles Peltier. Puis, Maximilien Foy part poursuivre avec brio ses études au collège de l'Oratoire de Soissons qu'il quitte à l'âge de , en 1789. L'année suivante, il embrasse la carrière des armes.

Premières armes thumb|left|redresse|Albert Grégorius, M.-S. Foy, lieutenant d'artillerie, 1835, Musée de l’Histoire de France (Versailles).

Admis en 1790, à l'école d'artillerie de La Fère dès l'âge de , puis de Châlons, il est reçu à comme sous-lieutenant en second au d'artillerie à pied.

Il fait ses premières armes en 1792 à l'armée du Nord, sous les ordres de Dumouriez. C’est à Bataille de Jemappes en 1792, qu’il gagne les grades de lieutenant et de capitaine d'artillerie en 1793.

Soupçonné de sympathie girondine, il est arrêté à Cambrai en 1794 par Joseph Le Bon sur la dénonciation de deux de ses lieutenants, Girod et Lavoy.

Il passe en jugement à Maubeuge le . Il est acquitté du chef de dilapidation des deniers de la République mais déclaré coupable d'avoir pris et vendu une ration de fourrage pour un troisième cheval qu'il n'avait pas.

Le , il est en outre renvoyé devant le tribunal révolutionnaire pour avoir tenu des « propos inciviques » puis destitué.

La chute de Robespierre et des Montagnards, le 9 Thermidor, le sauve. Sa condamnation est annulée par un décret de la Convention du et il est réintégré avec le grade de capitaine (puis de chef d'escadron) à la du 2e régiment d'artillerie à cheval.

Officier républicain Il fait les campagnes de 1796 et 1797 à l'armée du Rhin et obtient le grade de chef d’escadron, il a à peine plus de . Il est alors, en l'an VI, sur la recommandation de Desaix, choisi comme aide de camp par le jeune général Bonaparte ; mais il refuse cette nomination. On ignore ce qui a motivé ce refus. En 1799, il obtient à l’armée d'Helvétie les grades d'adjudant-général puis de chef de brigade. En 1800, à la tête du il combat à l'armée du Rhin sous les ordres de Moreau.

Il sert en Italie en 1801. À Bergame, il dîne un soir en compagnie d'un jeune sous-lieutenant de cavalerie, Henri Beyle, le futur Stendhal, qui dresse de lui ce portrait, dans son journal :

Après de nouvelles victoires en Italie, la paix d'Amiens en 1802 le rappelle en France. Républicain convaincu, il refuse, malgré son admiration pour Bonaparte, de voter pour l'établissement du Consulat à vie. Son vote le consigne comme simple colonel pendant .

Lors de la mise en jugement du général Moreau, une adresse est présentée à la signature du colonel Foy, mais celui-ci refuse de l'apposer en disant : . Un mandat d'amener est alors lancé contre lui, mais il est déjà reparti pour son commandement. Peu de temps après, il vote négativement avec Carnot pour l'établissement du régime impérial. Il continue de signaler sa valeur, ses talents et ses vertus militaires en Italie : le colonel Foy fait la campagne de l'an XIV avec le . En 1806, il commande dans le Frioul et épouse, la même année, la fille adoptive du général Baraguey d'Hilliers. Il commande ensuite en Allemagne et au Portugal.

Général d'Empire vignette|gauche|redresse|Portrait du général de division Foy, par François Gérard, 1826.

En 1807, il est envoyé à Constantinople pour organiser l'artillerie turque et se distingue à la défense des Dardanelles contre la flotte britannique. Passé à l'armée du Portugal, il est nommé général de brigade après la bataille de Vimeiro le .

Napoléon à Sainte-Hélène en parle ainsi :

Foy est choisi par le maréchal Masséna pour défendre auprès de la cause de l'armée du Portugal, arrêtée sur les bords du Tage par les lignes de Torres Vedras. C'est à la manière noble et habile dont il remplit cette mission honorable, qu'il doit d'être mieux apprécié par l'empereur, qui le renvoie à l'armée avec le grade de général de division le . Placé dans une position plus avantageuse, le général Foy s'illustre au cours de la retraite du Portugal et pendant les campagnes suivantes en Espagne, notamment après la bataille des Arapiles, au passage du Douro, à Tordesillas, dans les affaires qu'il a à soutenir après la bataille de Vitoria.

Après la défaite des Arapiles, l'arrière-garde protégeant la retraite de l'armée française du Portugal du maréchal Marmont, est commandée par le général Foy quand elle subit de lourdes pertes le à Garcia Hernandez, face à la cavalerie lourde anglo-germanique lancée à sa poursuite. Il prend une part active à toutes les campagnes de la Péninsule et des Pyrénées jusqu'à la bataille d'Orthez où il est très grièvement blessé. Nommé inspecteur général d'infanterie en 1814, il se rallie à l'Empire pendant les Cent-Jours. Il commande alors la dans la campagne de Belgique de 1815. Il reçoit à Waterloo le , la de sa carrière ; il reste néanmoins à son poste jusqu'à la fin de cette journée. Puis, il se rend à Ham où il rédige le , à chaud, une relation de la bataille1789-1815 Révolution et Empire..

Député libéral sous la Restauration

Pendant les Cent-Jours, le général Foy est candidat, en , aux élections de la Chambre des représentants, dans l'arrondissement de Péronne, sans succès. En , pendant la Seconde Restauration, il est candidat une nouvelle fois dans l'arrondissement de Péronne et en préside le collège électoral, les élections se faisant au suffrage censitaire. Nouvel échec, il n'arrive qu'en . En 1816, après la dissolution de la Chambre par Louis XVIII, il est encore une fois candidat dans la circonscription de Péronne et subit un .

Plusieurs attaques d'apoplexie, dont une très violente en , le tiennent éloigné de la vie politique. Il est nommé en 1819 inspecteur général d'infanterie dans les et militaires.

Grâce à une propriété qu'il possède à Pithon, village proche de Ham mais dans le département voisin, le général Foy peut être élu, aux élections partielles du , député du département de l'Aisne. Il est réélu en 1824 à Saint-Quentin, Vervins et Paris. Il opte pour Vervins.

À la Chambre des députés, il siège parmi les libéraux et en devient l'un des chefs de file. Dès son premier discours, il fait preuve d'un grand talent oratoire :

vignette|gauche|redresse|Plaque 62 rue de la Chaussée-d'Antin (Paris). talent avec lequel il défend les principes constitutionnels, les sentiments patriotiques et la liberté de la presse. Il se bat pour un strict respect de la Charte constitutionnelle de 1814 et résume sa pensée dans une formule restée célèbre : « La Charte, toute la Charte, rien que la Charte.. » Il ne cesse jusqu'à sa mort de s'opposer aux gouvernements de la Restauration. Ses pairs l'ont honoré en érigeant une statue dans les couloirs de l'Assemblée. Le jeune Alexandre Dumas lui rend visite le et obtient de lui la recommandation qui lui permet d'entrer au service du duc d'Orléans.

Mais la maladie le mine depuis des années et son médecin, le docteur François Broussais lui recommande le repos. À l'été 1825, il part faire une cure à Cauterets, dans les Pyrénées, où une jeune femme alors inconnue, Aurore Dudevant, la future George Sand, le croise. Elle rédige sur lui ces quelques mots :

Il meurt effectivement, à l’automne, à son domicile de la rue de la Chaussée-d'Antin ( arrondissement de Paris).

Funérailles « libérales » vignette|redresse=0.6|Tombeau du général Foy au cimetière du Père-Lachaise.

Une souscription nationale ouverte en faveur de sa famille produit près d'un million de francs. Ses obsèques, le , sont suivies par une foule immenseLe nombre de a été avancé sans qu'aucun comptage n'eût pu être fait. et sa dépouille reçoit les honneurs militaires. Le cortège conduit par ses trois fils et son ami Casimir Perier quitte la maison mortuaire du de la Chaussée-d'Antin en tout début d'après-midi. Après une sobre cérémonie religieuse à l'église Notre-Dame de Lorette, le cortège funèbre, suivi par à personnesBertrand Goujon, Monarchies postrévolutionnaires, Le Seuil, 1962, gagne le cimetière du Père-Lachaise, sous une pluie battante, par les grands boulevards, il y arrive à .

Le cortège réunit de très nombreuses personnalités politiques, militaires, littéraires et artistiques parmi lesquelles :

le duc d'Orléans , Alexandre de Lameth, Horace Vernet, David d'Angers, Châteaubriand, Benjamin Constant, Victor Hugo, Prosper Mérimée, maréchal Jourdan, duc de Choiseul, Louis-Marie Prudhomme, André Dupin, Auguste de Kératry, Delphine Gay, …

Il rassemble de très nombreux opposants au régime. Sur le cercueil, sont posées son épée et ses épaulettes qui sont saluées et baisées par la foule. Des couronnes civiques sont également posées sur le cercueil. Étudiants et commis, contrairement aux usages, portent le cercueil à brasPrésent, passé, futur : la mort et le temps politique (1820-1830) sur le site « Revue d’histoire du »..

Son tombeau, au cimetière du Père-Lachaise est surmonté en 1831 d'un grandiose monument dont Léon Vaudoyer est l'architecte. Il est orné de bas-reliefs retraçant sa carrière, sculptés par David d'Angers.

Mariage et descendance vignette|redresse|Portrait d'Élisabeth Daniels, comtesse Foy, 1807, par Ferdinando Quaglia Le , Maximilien Sébastien Foy épouse Elisabeth Daniels (Mayence, - Paris, ), dite Lise, fille de Pierre Joseph Daniels, docteur en médecine et en chirurgie, juge de paix à Winnweiler et de son épouse Marie Ève Zittier, fille d'un fabricant de couteaux de Mayence. Après le remariage de sa mère, divorcée, avec le général français Louis Baraguey d'Hilliers, elle devient la fille adoptive de ce dernier.. vignette|redresse|Augustine Cochet de Saint-Omer, Portrait des fils du général Foy contemplant le buste de leur père, 1826 (de gauche à droite : Maximilien, Tiburce et Fernand) Le couple a sept enfants : Évelyne, née en 1808, et Élisabeth, née en 1811, qui ne vivent que quelques années ; Blanche Foy, née en 1814, qui épouse le baron Théobald Arcambal-Piscatory, dont elle a deux filles (l'une Isabelle épouse le frère de Blanche, Maximilien) ; Maximilien Sébastien Auguste Foy (1815-1871), dit « Fernand », , diplomate et homme politique, qui épouse Louise Germain de Montforton, fille du comte de Montforton, dont il a une fille et un fils ; Tiburce Foy (1816-1870), vicomte Foy, préfet des Ardennes, non marié ; Isabelle Foy, née en 1818, qui épouse Joseph-Henri Galos, dont elle a une fille ; Maximilien Foy (1822-1877), dit « Max », général de brigade, qui épouse en 1864 sa nièce Isabelle Piscatory, fille de sa sœur Blanche et de son époux Théobald Arcambal-Piscatory ; de cette alliance est issu Théobald Foy.