Hélène Pedneault est une écrivaine, journaliste, chroniqueuse et militante québécoise, née le à Jonquière (Québec) et morte le à Montréal. Militante chevronnée, Hélène Pedneault s'est notamment illustrée par son engagement dans des causes à teneur sociale et politique dont les mouvements pour les droits des femmes, pour l'indépendance du Québec, pour la protection de l'environnement et pour la justice sociale.

En plus d'avoir écrit pour des publications féministes de premier plan telles que La Vie en rose, Hélène Pedneault a participé à la Marche des femmes et a collaboré à la coalition des Partenaires pour la souveraineté pendant la campagne référendaire de 1995. Elle a également présidé à la fondation de la Coalition Eau Secours et du Conseil de la souveraineté du Québec. En 2005, elle a apposé sa signature au Manifeste pour un Québec solidaire, un texte progressiste qui a par la suite mené à la création du parti politique Québec solidaire.

Biographie Jeunesse et formation Hélène Pedneault naît dans une famille modeste de Jonquière le . Sa mère, fille d'immigrants italiens, est femme au foyer. Son père est journalier dans une usine de papier de la Price Brothers. C'est ce dernier qui initie la jeune Hélène ainsi que ses sœurs Danielle et Raymonde et son frère Sylvain aux joies de la lecture, de la musique et de la radioQui est Hélène Pedneault?: fragments d'une femme entière / une enquête menée par Sylvie Dupont (Montréal: Les éditions du Remue-ménage, 2013), p. 169. . vignette|295x295px|Hélène Pedneault a étudié les lettres au cégep de Jonquière. Dès sa plus tendre enfance, Hélène Pedneault chérit le rêve de devenir écrivaine. Après avoir réussi des études secondaires couronnées de succès, elle choisit d'étudier en lettres au cégep de Jonquière. Elle profite de ses études collégiales pour explorer le milieu artistique des boîtes à chansons. Elle se fait alors régisseuse, metteuse en scène, éclairagiste et même interprète. Riche de ses expériences scolaires et extracurriculaires, Hélène Pedneault quitte le nid familial en 1970. Elle part alors s'installer à Montréal, où elle s'inscrit en animation culturelle et sociale à l'Université du Québec. Insatisfaite de ses cours, elle quitte ses études à mi-parcours pour se consacrer pour un temps au bénévolat et à la vente de livres avant de regagner sa région nataleQui est Hélène Pedneault?: fragments d'une femme entière / une enquête menée par Sylvie Dupont (Montréal: Les éditions du Remue-ménage, 2013), pp. 175-176..

Carrière littéraire, télévisuelle et théâtrale De retour au Saguenay, Hélène Pedneault trouve du travail dans le milieu des communications. En 1973, elle commence à écrire pour le Progrès-Dimanche de Chicoutimi et devient chroniqueuse culturelle pour l'émission Multiplex de CBJ Radio-Canada Chicoutimi. Bientôt, elle multiplie les éditoriaux, commentaires et chroniques pour différentes émissions de la radio de Radio-Canada. Dès la fin des années 1970, elle participe ainsi au magazine La vie quotidienne, animé par Lizette Gervais et Andréanne Lafond. Dans les années 1980 à 2000, elle multiplie les apparitions et les collaborations aux émissions Christiane Charrette, Indicatif Présent et Pensée libreSabourin, Diane. « Hélène Pedneault ». l'Encyclopédie Canadienne, 05 octobre 2015, Historica Canada. www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/helene-pedneault. Date consulté: 18 octobre 2023.. gauche|vignette|304x304px|Richard Séguin est l'un des artistes pour lesquels Hélène Pedneault écrit des textes à partir des années 1970. En plus de chroniquer à la radio publique, Hélène Pedneault écrit des textes pour des artistes populaires comme Richard et Marie-Claire Séguin, pour qui elle agit également à titre d'agente artistiqueQui est Hélène Pedneault?: fragments d'une femme entière / une enquête menée par Sylvie Dupont (Montréal: Les éditions du Remue-ménage, 2013), p. 21.. Elle signe en outre des pièces de théâtre telles que La Déposition, créée à l'Espace Go en 1988 puis traduite et jouée dans plusieurs langues. À la même époque, Hélène Pedneault publie quelques ouvrages, dont une populaire biographie de la comédienne et monologuiste Clémence DesRochers (1989).

Au milieu des années 1990, Hélène Pedneault teste ses talents de réalisatrice en créant les séries radiophoniques Signé Loranger (1995), Éloge de l'indignation (1996) et Robert Gravel, L'homme qui avait toujours soif (1997). À l'occasion, elle travaille également pour la télévision publique. En 1996, surtout, elle signe l'adaptation du téléroman Sous le signe du lion, une série à succès écrite par la scénariste et dramaturge Françoise Loranger dans les années 1960. Diffusée à la télévision de Radio-Canada, cette série remporte le prix du Meilleur téléroman au gala des Prix Gémeaux de l'année 1998.

Militantisme Tout au long de sa vie, Hélène Pedneault a prêté sa voix et sa plume à des causes à teneur sociale et politiqueAndrée Ferretti, « Hélène Pedneault: Le désir créateur », Féminisme au XXIe siècle: témoignages et essais, numéro 117 (hiver 2010), pp. 31-33. . « Elle était une perpétuelle indignée », affirme son amie Francine PelletierFrancine Pelletier à l'émission Aujourd'hui l'histoire (28 novembre 2018) https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/96829/helene-pedneault--vie-rose-chroniques-delinquantes-feminisme . « C'était une femme passionnée et indignée, une communicatrice de talent, qui se mettait au service des causes qui lui tenaient à cœur », renchérit la journaliste et animatrice Françoise Guénette, qui l'a bien connu dans les années 1980.

Hélène Pedneault a voué ses énergies à quatre grandes causes entre les années 1970 et 2000 : le féminisme, l'indépendance du Québec, l'environnement et la justice sociale.

La militante féministe Selon Françoise Guénette, Hélène Pedneault « a été aussi importante pour la cause des femmes au Québec que Pierre Bourgault a pu l'être pour la cause indépendantiste ». Cet engagement féministe a surtout pris la forme d'articles, de chroniques et d'entrevues. Il s'est souvent manifesté par des déclarations hautes en couleur.

Ainsi, dans la chronique qu'elle livre à l'émission La Vie quotidienne le , Hélène Pedneault décrit la corde à linge comme un « objet de subversion ». Elle déplore son interdiction dans certaines municipalités pour des raisons esthétiques et défend l'économie d'argent et d'énergie que permet la corde à linge. « Soyons aussi fiers de nos cordes à linge qu'on l'est de notre barrage de la Baie-James! », s'exclame-t-elle.

Hélène Pedneault récidive le . En entrevue au magazine télé La Grande Visite, elle compare le féminisme à une supernova dont l'explosion initiale a déjà eu lieu, mais qui prendra peut-être encore plusieurs « années-lumière » avant de provoquer de véritables changements. Elle confie ensuite son incompréhension face aux femmes qui refusent l'étiquette de « féministes »: « J'ai beaucoup, beaucoup de mal à comprendre les femmes qui ne se réclament pas du féminisme, parce que le féminisme a été la plus grande révolution, je pense, du 20e siècle et d'une grande partie de l'histoire »« Du pain et des roses pour Hélène Pedneault » () Ici Radio-Canada, Archives https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1138908/helene-pedneault-feminisme-carriere-auteure-chronique-magazine-vie-rose-archives?pageNumber=1 .

Les Chroniques délinquantes, 1982-1987 Entre 1982 et 1987, Hélène Pedneault se fait connaître du grand public en signant des « Chroniques délinquantes » dans la populaire revue féministe La Vie en rose. Ces chroniques, qui posent un regard souvent caustique sur la société québécoise, obtiennent un tel succès qu'elles sont publiées sous forme de recueil en 1988.

En 1984, Hélène Pedneault réalise un rêve lorsqu'elle obtient un entretien avec l'essayiste française Simone de Beauvoir. Plus tard publié intégralement dans les pages de La Vie en rose, cet entretien aborde des thèmes aussi divers que l'impulsion créatrice, la violence sexuelle, la pornographie, l'avortement et la technologie.

Participation à la Marche des femmes (1995) vignette|267x267px|Logo de la Fédération des femmes du Québec. Le , à l'initiative de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), quelque 850 femmes séparées en trois contingents entreprennent la longue marche qui sépare Montréal de Québec. Ces femmes, réunies sous le slogan « Du pain et des roses », réclament l'amélioration de leurs conditions économiques. Pour l'occasion, la présidente de la FFQ, Françoise David, demande à Hélène Pedneault et à son amie et collègue Marie-Claire Séguin d'écrire une chanson qui pourra servir de thème à la Marche des femmesQui est Hélène Pedneault?: fragments d'une femme entière / une enquête menée par Sylvie Dupont (Montréal: Les éditions du Remue-ménage, 2013), p. 117.. A posteriori, Françoise David témoigne de l'immense succès de la chanson: « C'est fou ce qu'elle a été chantée cette chanson-là! La majorité - je dirais même l'immense majorité - des marcheuses l'adoraient et l'entonnaient cinq fois par jour pendant les dix jours de la marche ».

Cinq ans plus tard, dans le contexte de la Marche mondiale des femmes du , Hélène Pedneault écrit un émouvant Manifeste des femmes de l'an 2000. Elle y affirme notamment que « [l]a marche mondiale des femmes est commencée depuis des millénaires [...]. [D]ès le commencement de l'oppression des femmes, dès le commencement des civilisations, des femmes sont montées aux barricades, au nom de toutes les femmes. Elles ont cassé les cages, elles ont ouvert les portesMichèle Asselin et Marie Pelchat, Une brève histoire de la Marche des femmes (Montréal: Intersyndical des femmes, 2010), p. 1. . »

La militante souverainiste L'indépendance du Québec est le deuxième grand combat d'Hélène Pedneault. Selon elle, « c'est un projet de société qui contient tous les autres combats, y compris celui de la défense de l'égalité de fait pour les femmes, ainsi que celui de la protection de l'environnement et de l'eau ». « Lorsqu'on possédera tous nos leviers pour gouverner », ajoute-t-elle, « on pourra parler en notre nom, prendre des décisions qui nous protégeraient et aller faire des représentations en tant que pays ».

À l'instar de plusieurs de ses consœurs souverainistes, Hélène Pedneault voit d'ailleurs un lien direct entre l'émancipation des femmes et la souveraineté du Québec: « Je serais bien désolée si les Québécois ne saisissaient pas la chance qui leur est offerte de fonder un pays où les hommes et les femmes sont vraiment égaux. Le Québec peut donner à la planète l'exemple d'un nouveau pays construit sur un modèle neuf ».

Participation à la campagne référendaire de 1995