La Ligne verte () est un film américain écrit et réalisé par Frank Darabont, sorti en 1999.

Il s'agit d'une adaptation cinématographique du roman-feuilleton du même nom de Stephen King.

Synopsis

Le film débute en 1996. Paul Edgecomb est centenaire et vit dans une maison de retraite. De ce que l'on sait de son passé, il était précédemment gardien-chef d'un pénitencier en Louisiane dans les années 1930. Paul se trouve être bouleversé un soir lors d'une diffusion télévisée d'un film de 1935, Top Hat. A une amie qui lui demande pourquoi, il revient sur l'affaire John Coffey qui défraya la chronique de l'époque. Paul va donc narrer cette histoire.

Il était âgé à l'époque d'une quarantaine d'années. Le pénitencier où il travaillait s’appelait le Cold Mountain. Paul officiait dans le Bloc E. Les condamnés à la chaise électrique y passaient leurs derniers jours.

Quatre agents travaillaient alors en ces lieux depuis longtemps.

Il s'agit de Brutus Howell dit « Brutal » (le plus massif des quatre) ; de Harry Terwilliger (le plus âgé d'entre eux) ; de Dean Stanton (le plus jeune des quatre) et de Paul Edgecomb lui-même, qui est le plus gradé.

Ces quatre agents s'estiment et se respectent. Ils se voient même en-dehors du travail en s'invitant les uns chez les autres. Ensemble, ils tiennent à ce que les prisonniers jouissent d'un environnement paisible et humain avant leur exécution. Ils agissent ainsi par empathie, certes, et aussi (principalement) pour éviter de gérer des crises de nerfs ou de terreur. Le bloc en question est d'une taille relativement modeste. Il contient quatre cellules. L'intérieur de chacune consiste en un lit et des toilettes sommaires.

Le Bloc E est surnommé par ces agents la « Ligne verte » en référence à la couleur verdâtre du sol du couloir qui mène des cellules jusque vers la pièce voisine où se trouve la chaise électrique. Cette autre salle est munie de nombreux bancs puisque les condamnés à mort meurent en public.

Un cinquième agent, Percy Wetmore, est fraîchement débarqué. Il est parti chercher un nouvel arrivant pour le couloir de la mort. Ce détenu est John Coffey.

La Louisiane, comme tant d'autres États du Sud américain, est alors ségrégationniste depuis des décennies. L'empathie inter-raciale était véritablement loin d'être commune, encore plus en considérant une position d'autorité aussi manifestement décalée qu'entre un gardien de prison et un prisonnier. Le racisme est très développé.

Par ailleurs, la Grande Dépression s'est abattue sur tout le territoire depuis des années déjà donc les esprits sont à cran partout et pas seulement dans les prisons. Il y a une vindicte populaire qui couve parmi nombre d'habitants. Ils sont très prompts à voir des boucs-émissaires à propos de leurs difficultés, quelles qu'elles soient, par exemple familiales, financières ou de travail.

Le jour d'arrivée de John Coffey à sa cellule d'attente, à la mi-, les quatre gardiens vétérans sont fort surpris par son apparence. Il est un colosse de plus de deux mètres. Il possède une carrure très large, une musculature développée et il pèse allègrement plus que le quintal. Les chevilles du détenu sont tenus par une chaîne, ses mains également. Il marche lentement et avec calme.

L'homme est malmené par Wetmore. Ce dernier s'est occupé sur le chemin de brailler à tue-tête diverses insultes à l'égard du prisonnier pour s'assurer que tous aux environs aient connaissance de son arrivée et surtout de sa prochaine mise à mort. Il est flagrant que le nouvel agent possède un fond de sadisme certain. Il prend plaisir à être en position d'autorité, surtout pour se mettre en avant. Il a une certaine propension à la vantardise et à l'orgueil.

L'exécution du nouveau détenu est prévue pour le .

John Coffey a une certaine difficulté d'élocution. Il s'exprime avec lenteur et application. On peut remarquer qu'il ne cherche pas le conflit, qu'il est calme et tranquille. Il est d'une grande sensibilité, déclarant ensuite aux quatre gardiens séniors qu'il a une terreur de l'obscurité. Apprenant de Paul que la lumière reste allumée dans les lieux, même la nuit, le détenu lui demande de pouvoir lui serrer la main. Paul accepteA l'insu du gardien-chef, cela permet à John Coffey de découvrir véritablement la personnalité de Paul ainsi que ses actes passés. Au fil des jours, les quatre agents présents depuis longtemps sont impressionnés qu'au fond de ce géant puisse se cacher une âme enfantine d'une extrême candeur. Cela est d'autant plus intriguant que le libellé de son dossier, lu en détail par Paul, est plus que sanglant et barbare : il est condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux petites filles retrouvées assassinées près de lui. Elles étaient sœurs l'une de l'autre.

Une souris grise fait son apparition peu de temps après l'arrivée de John Coffey. Sans que l'on comprenne d'où vient le rongeur, ni où il se cache (si ce n'est qu'il passe dans une pièce utilisée comme débarras où il n'y a aucune trace de lui quand le local est vidé consciencieusement par les quatre gardiens principaux), le petit animal sera désormais considéré comme un nouvel arrivant. Il y a une bienveillance manifeste de la part des quatre anciens surveillants pour cette souris, considérée comme une distraction bienvenue pour eux-mêmes comme pour les détenus. La petite bête est nourrie et nul ne la chasse ou lui tend de piège.

Lorsque quelques jours plus tard c'est Percy Wetmore qui rencontre la souris à son tour, il veut l'écraser à tout prix. Il va vider dans sa crise de nerfs le local-débarras sans parvenir à la retrouver lui non plus. Lorsque l'un des détenus, Edouard Delacroix, ricane de la déconvenue du jeune gardien, ce dernier utilise sa matraque pour lui donner sans sommation un grand coup sur sa main qu'il avait laissée en partie sortie à travers les barreaux. Cette action lui casse trois doigts.

Mais ni Paul ni Hal Moores (le directeur du pénitencier) ne peuvent agir contre Wetmore car dès cette plainte ils découvrent qu'il est « protégé » par sa famille, en particulier par sa tante qui est l'épouse du gouverneur de Louisiane. Wetmore, plus que conscient de cette protection, n'a de cesse de railler tous ceux qui l'entourent, surveillants comme détenus, se percevant (ce qui est malheureusement exact) comme intouchable.

L'un des détenus va ensuite être mené à sa mort. Il s'agit d'Arlen Bitterbuck, natif des Peuples Premiers (il est d'ascendance indienne). La veille, la procédure de gestion de la mise à mort est alors décrite en détail au jeune arrivant Wetmore. Tout lui a été décrit pour le rôle de chaque gardien et la façon de procéder. Lorsque Bitterbuck décède, la souris refait son apparition entre les bras du prisonnier Édouard Delacroix. Ce détenu la considère à présent comme son animal de compagnie et la nomme Mister Jingle. Il lui apprend avec joie divers tours de cirque, dont le fait de faire revenir une bobine de fil en la poussant devant elle.

Paul et son équipe vont chercher un prisonnier particulièrement dangereux. C'est William Wharton . Il est condamné à la peine de mort pour le meurtre de trois personnes dans un braquage, dont une femme enceinte. John Coffey perçoit par une forme de prescience un danger à venir et avertit Paul Edgcombe. Ce dernier ne l'écoute pas.

Wharton est sous une apparence léthargique lorsqu'il est pris en charge par les gardiens Dean Stanton et Harry Terwilliger (probablement drogué par une forte dose de calmants de leur point de vue).

En réalité cet homme simule.

En arrivant dans le bloc E, il va se jeter sournoisement sur le gardien Stanton pour l'étrangler par derrière en utilisant sa propre chaîne de menottes pour lui bloquer la gorge et la trachée artère. Alors que Percy, près de la porte d'entrée, pourrait maîtriser William Wharton en utilisant sa matraque, il ne fait rien. Il est de toute évidence tétanisé par une profonde lâcheté. Heureusement, les autres gardiens font preuve de plus de volonté d'action que lui. Unissant leurs forces, ils réussissent finalement à délivrer leur collègue et à maîtriser le nouveau venu grâce au gardien qui est le plus fort physiquement parmi les quatre anciens, Brutus Howell dit « Brutal ». Cependant chaque gardien a été blessé.

Paul, touché à l'entrejambe pendant la bagarre, cache aux autres l'étendue des dégâts subits. Il s'effondre au sol lorsque Wharton et les autres gardiens partent du bloc pour se rendre à l'infirmerie.

Cela fait déjà longtemps que Paul souffre d'une infection urinaire qui, non seulement le fait terriblement souffrir, mais en plus met à mal sa vie sexuelle avec sa femme. Cette blessure reçue pendant le combat est au-delà de la douleur pour lui. John va le soigner d'une manière miraculeuse. Ayant tout vu de l'arrivée mouvementée de Wharton et des blessures diverses subies par les gardiens, le colosse fait s'approcher Paul puis l'empoigne violemment à travers les barreaux. John pose sa main sur son entrejambe très douloureuse. Une ampoule scintille derrière le géant, comme un signe physique d'une grande puissance électrique aux environs, puis l'ampoule brille d'un vif éclat d'or. Le détenu régurgite ensuite le « mal » sous forme d'une étrange nuée de moucherons noirs se transformant en poussière. Profondément perplexe devant cette action, Paul, silencieux, va ensuite aux toilettes. Il est enchanté de voir qu'il peut de nouveau uriner normalement. De retour chez lui le gardien est tout autant ravi de ne plus avoir de panne sexuelle. Il ne décrit rien de ce qu'il s'est passé à quiconque parmi les gardiens.

Quelques jours après, Wharton attrape la jeune recrue Wetmore par le bras, profitant que celui-ci passe trop près des barreaux de sa cellule. Il le menace de viol. Percy est profondément troublé par la certitude manifeste qu'à le détenu d'arriver à ses fins. Il a tellement peur qu'il en mouille son pantalon sous le regard éberlué de ses collègues et les railleries de Wharton. Profitant de sa position grâce à ses relations, Percy les menace alors de tous les faire renvoyer s'ils ébruitent ce qu'il s'est passé. Les quatre gardiens lui assurent pourtant que .

La compagne de Paul, une fois avertie de l'explication miraculeuse du retour de libido de son époux, va préparer du pain de maïs pour John. Delacroix et sa souris en recevront une part. Wharton hurle et braille pour en obtenir aussi mais n'en recevra rien. Le dangereux détenu terminera trempé au jet d'eau puis envoyé dans le local-débarras dans une camisole de force (en représailles d'avoir uriné sur le gardien Harry Terwilliger). Recommençant après coup à s'en prendre au gardien Brutus « Brutal » Howell, qu'il souille de chocolat craché sur sa figure, Wharton retournera dans ce local mais cela ne le calme pas grandement, habitué qu'il est à être imprévisible.

Wetmore va un jour parvenir à écraser la souris Mister Jingle qui courait dans le couloir pour rattraper sa bobine de fil. Le jeune blanc-bec est envoyé ailleurs (dans la salle qui sert pour les exécutions) par les autres gardiens qui fulminent de cet acte qui fait fondre en larmes Delacroix. Wetmore ne voit donc pas que John ressuscite l'animal écrasé, qui, dans ses mains, reprend vie entouré par une intense lumière d'or. Les gardiens et Delacroix sont époustouflés par cet acte miraculeux et remercient le colosse pour sa bonté. Paul fait ensuite jurer à Wetmore de demander sa mutation à l'hôpital psychiatrique de Briar Ridge dans un poste administratif. Le blanc-bec n'accepte que s'il peut diriger la prochaine exécution.