Jeanne Florentine Bourgeois, dite Mistinguett, née le à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise)Acte de naissance 12 du 5 avril 1875, en ligne sur le site des archives départementales du Val-d'Oise. et morte le à Bougival (Seine-et-Oise)Archives en ligne de Paris , année 1956, transcription de l'acte de décès , cote 9D 177, vue 9/31, est une meneuse de revue, chanteuse et actrice française.

Biographie Fille d'Antoine Bourgeois, travailleur journalier de 31 ans, et de Jeannette Debray, couturière de 21 ans, Jeanne Florentine Bourgeois naît au 5 de la rue du Chemin-de-Fer (actuelle rue Gaston Israël) à Enghien-les-Bains. La famille travaillant comme garde-barrière déménage à Soisy-sous-Montmorency où elle passe son enfanceVille de Soisy sous Montmorency, Histoire de Soisy..

Après avoir suivi des cours de danse, de théâtre, de chant et de maintien avec l'actrice de vaudeville Alice Ozy, elle commence sa carrière en 1885 : dans le train qui l'amène à Paris pour ses leçons de violon avec Boussagol, de l'Opéra de Paris, elle rencontre Saint-Marcel, responsable de revue au Casino de Paris, qui l'engage pour le lever de rideau : le , elle monte sur scène avec le trac, entonnant son air La Môme du Casino..

Origine du pseudonyme Elle cherche sa vocation, sa voix et son nom de scène. Saint-Marcel lui donne le surnom de Miss Hélyett (s'inspirant du nom de l'héroïne de Miss Helyett, l'opérette en vogue de Maxime Boucheron et Edmond Audran alors à l'affiche aux Bouffes-Parisiens depuis fin 1890), déformé peut-être phonétiquement par le caprice de ses employeurs en Miss Tinguette, Mistinguette, et pour simplifier, elle supprime le e final afin de donner plus de force au graphisme.. Selon un article paru en 1939, son pseudonyme de Miss Tinguette aurait été inspiré à Saint-Marcel alors qu’elle chantait l'air de La Vertinguette, une de ses chansons à succès du moment.. Selon un entretien rapporté en 1912., la chanteuse aurait déclaré :

Elle entre en 1894 au Trianon-Concert où elle lance Max, Ah c'que t'es rigolo, mais sans grand succèsL'Œil en coulisses : Mes débuts sur scène, Régine Reyne, éd. L'Harmattan, 2008..

De 1897 à 1907, elle se produit à l'Eldorado en chanteuse comique, en « gommeuse épileptiqueLa gommeuse incarne des rôles de séductrice, épileptique car elle se dandinait devant le trou du souffleur. », en gigolette, et découvre petit à petit l'art de tenir la scène. Après avoir appris à pallier son insuffisance vocale par un brin de comédie, une mimique unique, une voix gouailleuse et des pas de danse, elle en sort vedette consacrée. Le public commence à l'aimer..

Accès à la notoriété vignette|Mistinguett au Moulin Rouge en 1911.|gauche|270x270px Après sa rencontre avec Jacques-Charles (1882-1971) — considéré comme le « père de la revue moderne » — elle fait ses débuts sur la scène du Moulin-Rouge, le , dans « La Revue de la Femme ». Très vite, son talent éclate au grand jour. L'année suivante Max Dearly la choisit comme partenaire pour créer « La Valse chaloupée », toujours au Moulin-Rouge, et c'est un nouveau triomphe. Mistinguett, née dans une famille modeste, a un sens indéniable de la repartie. Elle a voulu construire sa vie et dit « La banlieue, n’en sort pas qui veut. J’avais un don : la vie. Tout le reste, reste à faire, à penser. Je n’ai pas pu me permettre d’être un bel animal, il a fallu penser à tout. » Puis, dans la revue La RevueFolies, raconte-moi : la fabuleuse histoire des Folies Bergère, Aimée Librizzi, Éd. L'Harmattan, 2008., c'est La Valse renversante avec Maurice Chevalier aux Folies Bergère en 1912, qui donnera lieu à une histoire d'amour longue de dix ans. Le couple est surnommé par la presse « les danseurs obsédants »David Bret, , p. 40..

Elle se rapproche de sa tante, qui était matelassière à Montlignon, en achetant une maison, dans le même village, où elle donne naissance, le , à un enfant naturel, Léopold-Marcel-Jean Bourgeois (décédé en 1971). Le père, Léopold de Lima, reconnaît son fils le .

En 1908, elle tourne son premier film L'Empreinte ou la Main rouge de Paul-Henry Burguet et, pendant quelques années, elle alterne pièces de théâtre, revues et films, expériences qui lui seront profitables pour devenir finalement la « Mistinguett » telle qu'on la connaît et telle qu'elle le restera jusqu'à la fin de sa longue carrière. Au cinéma, jusqu'en 1917, elle tourne dans de nombreux films muets, travaillant avec des réalisateurs comme Michel Carré, Albert Capellani, Georges Monca, Georges Denola, Henri Diamant-Berger, Augusto Genina ou André Hugon .

Espionnage pendant la Grande Guerre Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Maurice Chevalier est blessé au front et fait prisonnier en Allemagne. Voulant le faire libérer, elle se porte volontaire pour jouer le rôle d'espionne. Elle offre ses services au général GamelinCe chef de cabinet du maréchal Joffre rédigera d'ailleurs une note pour rassembler ses souvenirs en 1956, note dans laquelle il détaille le parcours d'espionne de Mistinguett. et est autorisée à circuler librement en Europe : elle récolte de nombreux renseignements du prince de Hohenlohe, un proche de la maison impériale autrichienneElle prévient notamment les services secrets que les Allemands prévoient une offensive dans la Champagne et non dans la Somme. alors à Berne ou du roi Victor-Emmanuel III en Italie. Elle parvient à faire libérer son amant en 1916 grâce à ses relations avec le roi d'Espagne Alphonse XIII..

En 1918, elle succède à Gaby Deslys au Casino de Paris, sous la direction de Léon Volterra, dont elle reste la vedette incontestée jusqu'en 1925. Dans les années 1920, elle enchaîne les opérettes à succès : Paris qui danse, Paris qui jazz, En douce, Paris qui Brille!, Ça, c'est Paris. Durant cette période, avec successivement Harry Pilcer, Earl Leslie, Jean Gabin, Lino Carenzio, Georges Guétary, elle est la Miss des grandes revues qui feront accourir le Tout-Paris.

À partir de 1916, elle s'entiche d'un tout jeune affichiste de 16 ans nommé Charles Gesmar. Jusqu'à ce qu'il meure en 1928, il lui dessine nombre d'affiches et de costumes qui font sa gloire dans les années 1920. Il est son confident au point d'habiter sur son palier et de la surnommer « Maman ».

Tournées en Amérique latine vignette|redresse|Mistinguett en 1944 (photo studio Harcourt).En 1923, 1924 et 1925, elle fait les tournées sud-américaines avec la troupe du Ba-Ta-Clan de Madame Rasimi. Elle et son partenaire et amant le chorégraphe Earl Leslie arrivent le . à Buenos Aires. Elle apparaît avec Maurice Chevalier.

Elle est la vedette du grand bal d’ouverture du Copacabana Palace, à Rio de Janeiro, en 1923Le Figaro Magazine, 31 juillet 2010, livret détachable, page III..

Devenue une gloire nationale, elle chante Ça c'est Paris composé par Jose Padilla, Mon hommeInspiré de Maurice Chevalier. sur les paroles d'Albert Willemetz, qui écrit aussi pour elle de nombreuses chansons et revues pour les Folies Bergère et jusqu'aux États-Unis, telle Valencia en 1927 qui fut un immense succès. Image type de la Parisienne, elle fut en concurrence avec Joséphine Baker. En 1937, elle tourne son premier film parlant, Rigolboche, inspiré par la vie de la danseuse de cancan Rigolboche.

Mort thumb|285px|La tombe de Mistinguett au cimetière nord d'Enghien-les-Bains (Val-d'Oise).

Mistinguett meurt début 1956 à Bougival — d'une congestion cérébrale — à l'âge de 80 ans. Elle est enterrée au cimetière nord d'Enghien-les-BainsCimetières de France et d'ailleurs, sa ville natale.

Chansons

Valencia, La Java de Doudoune, Fleur d'Amour, Le Fado, Tout ça c'est pour vous, Moineau de Paris, ... de José Padilla, compositeur qu'elle considère comme « son favori ».

C'est vrai… On dit que j'ai de belles gambettes (1933) faisant référence à ses jambes magnifiées par les plumes, les « plus belles jambes de Paris », qu'elle fait assurer pour en 1919..

Quelques affiches de spectacles

Filmographie Comme actrice

1908 : L'Empreinte ou la Main rouge de Paul-Henry Burguet 1909 : Fleur de pavé de Michel Carré et Albert Capellani 1909 : La Fiancée récalcitrante (réalisation anonyme) : Solange 1909 : Un mari qui l'échappe belle (réalisation anonyme) 1909 : L'Enlèvement de Mademoiselle Biffin de Marc Janin 1909 : Ce bon docteur de Georges Monca : 1909 : Rigadin et la Jolie Manucure de Georges Monca 1910 : Acte de probité (réalisateur non identifié) : Alexandra Delbœuf 1910 : La Doctoresse de Georges Monca () 1910 : Les Timidités de Rigadin de Georges Monca () : la fiancée de Rigadin 1910 : Le Clown et le Pacha neurasthénique de Georges Monca : la ballerine Miss Tinguett 1910 : La Faute du notaire de Georges Denola () + scénariste 1910 : Le Jupon de la voisine ou Le Monsieur au pourboire de Georges Monca 1910 : Mimi Pinson / Mimi Pinson aime les roses blanches de Georges Monca 1910 : Rigadin et Miss Margett de Georges Denola 1910 : Une femme tenace de Georges Monca 1910 : Zizi la bouquetière de Georges Denola 1911 : Une petite femme bien douce de Georges Denola 1911 : L'Abîme de Georges Denola 1911 : Les Fiancés de Colombine de Georges Denola () : Colombine 1911 : La Doctoresse (Rigadin et la Doctoresse) de Georges Monca 1911 : Promenade d'amour de Georges Denola () 1911 : L'Agence Alice ou la Sécurité des ménages de Georges Monca () : Alice 1911 : L'Épouvante (ou Le Coucher d'une étoile) d'Albert Capellani () : la star de music-hall 1911 : La Bonne à tout faire / La Servante de Georges Denola () : Jeanne 1911 : La Cabotine de Georges Monca () 1911 : La Célibataire (réalisation anonyme) () 1911 : Les Deux Chemins (ou Les Deux Sœurs) d'Albert Capellani () : Rosa, la cadette 1911 : Léocadie veut se faire mannequin (réalisation anonyme) () : Clorinde 1911 : La Note de la blanchisseuse (ou Frisette, blanchisseuse de fin) de Georges Denola : Margot, la blanchisseuse 1911 : La Ruse de Miss Plumcake (ou À qui l'héritière ?) de Georges Denola : Miss Plumcake 1911 : Souris d'hôtel de Georges Denola () 1911 : La Vagabonde d'Albert Capellani () 1911 : La Fille des chiffonniers de Georges Monca 1912 : La Femme du barbier de Georges Monca () : Eudoxie 1912 : Une enfant terrible (réalisation anonyme) 1912 : L'Oubliée (réalisation anonyme) () : Anne-Marie 1912 : Le Coup de foudre de Georges Monca () 1912 : La Folle de Penmarch d'Albert Capellani ou Georges Denola () : Yvonne 1912 : Bal costumé de Georges Monca (), 1912 : À bas les hommes de Maurice Le Forestier () 1912 : La Vocation de Lolo de Georges Monca 1912 : Le Parapluie (réalisation anonyme) () : Angèle 1912 : Bal costumé de Georges Monca 1912 : Une bougie récalcitrante de Georges Monca () 1912 : La Glu d'Albert Capellani, dans le rôle de Fernande, dite « La Glu », adapté d'un roman de Jean Richepin 1912 : La Valse renversante (Les Danseurs obsédants) de Georges Monca () : 1913 : Les Misérables d'Albert CapellaniFilm tourné en quatre époques : « Jean Valjean », « Fantine », « Cosette », « Cosette et Marius » () : Éponine Thénardier. 1913 : La Moche de Georges Denola () 1913 : La Glu d'Albert Capellani 1914 : Bigorno et Gaëtan font bonne fortune de Roméo Bosetti 1915 : La Double Blessure () d'Augusto Genina () 1915 : Vanna « sous réserve » de Louis Paglieri 1915 : Rigadin et Miss Margaret (Rigadin et Miss Marguett) de Georges Monca 1915 : Rigadin et la Jolie Manucure de Georges Monca 1915 : Chignon d'or d'André Hugon et Louis Paglieri () : Mistinguett 1916 : Sous la menace d'André Hugon () 1916 : Fleur de Paris d'André Hugon et Louis Paglieri () : Margot Panard et Mistinguett 1917 : Ils y viennent tous au cinéma d'Henri Diamant-Berger () 1917 : Mistinguett détective d'André Hugon et Louis Paglieri () : Mistinguett 1917 : Mistinguett détective 2 d'André Hugon et Louis Paglieri () : Mistinguett 1917 : Une soirée mondaine d'Henri Diamant-Berger 1928 : L'Île d'amour (Bicchi) de Jean Durand et Berthe Dagmar : Mistinguett et ses boys