thumb|right|Mur végétal traditionnel de vigne vierge, contribue efficacement au confort thermique du bâtiment (ombre sur la façade et lame d'air entre les feuilles et le mur) et ne nécessitant ni système d'arrosage ni procédé complexe de mise en œuvre. thumb|right|Mur végétalisé traditionnel utilisant du lierre. thumb|right|Mur végétal moderne avec une rivière de galets en intérieur.

Un mur végétalisé est généralement un mur sur lequel poussent des plantes grimpantes, tandis que les concepts de mur vivant, mur-manteaux végétalisé et mur végétal décrivent des jardins ou écosystèmes verticaux, plus ou moins artificiels. Ces parois verticales végétales ou végétalisées sont conçues tantôt comme éléments esthétiques et de décor intérieur ou extérieur (dans le cadre du jardinage urbain), tantôt comme œuvres d'art utilisant le végétal, ou encore comme éléments d'écologie urbaine. Dans ce dernier cas, ces murs, comme les terrasses végétalisées ou les clôtures végétales, peuvent contribuer à la quinzième cible HQE, ainsi peut-être qu'à la restauration de réseaux de corridor biologiques en ville notamment (technique peu à peu testée avec des espèces locales en Europe). Ils peuvent servir de refuge ou de garde-manger pour les oiseaux, les invertébrés ou les mammifères, mais ils peuvent également jouer un rôle en matière de microclimat, d'épuration des eaux, de régulation des crues urbaines et de la qualité de l'air. Le mur végétal porte aussi le nom de PCVV pour « paroi complexe végétalisée verticale ». Son équivalent horizontal (PCVH) est la toiture végétalisée.

, une vocation de lagunage naturel vertical a été testée et deux tours couvertes d'une forêt verticale (Bosco Verticale) ont été inaugurées à Milan en 2014.

Outre les murs végétalisés naturels, deux grandes familles de murs végétalisés artificiels existent, avec possibilité d'arrosage automatique programmable : les murs en hydroponie comportant une natte en tissus (hydratée en permanence avec de l’eau et de l'engrais) et les murs à base de substrat de terre végétale en jardinières, bacs ou cages.

Histoire

Des structures architectoniques artificielles, ciment ou appareils de pierres maçonnées couvertes de mousses et de quelques plantes existent néanmoins depuis plusieurs siècles, dans quelques grands parcs royaux ou municipaux, initialement toujours associés à des fontaines ou cascades. En 1646, à Ferrare en Italie, on voit des jardiniers s'affairant à la réalisation d'un mur végétal sur un parement de briquesExtrait des Hespérides de Ferrari, 1646 : lire in architecture végétale aux éditions Eyrolles .

right|vignette|Une autre forme de mur végétal, en briques de tourbe, a été utilisée pour cette ferme, dont la toiture est par ailleurs végétalisée, près du village de Glaumbær, en Islande.

Les « fabriques » romantiques (faux bâtiments anciens, fausses ruines) les ont aussi utilisés au . Ils sont ensuite développés par certains zoos et pour le décor de terrariums ou d'aquaterrariums publics ou privés, utilisant généralement des espèces tropicales en culture hydroponiqueFiche du Jardin botanique Henri Gaussen, présentant un mur végétal tropical élaboré par Patrick Blanc, pdf, 1 page., mis au point par le paysagiste Roberto Burle Marx avant que le botaniste et chercheur français Patrick Blanc ne crée, teste et développe son concept horticole de mur végétal sur support de « feutre horticole ».

D'autres techniques de murs végétaux se développent et dans leur sillage ou indépendamment, des designers et paysagistes ont développé de nouvelles méthodes et outils pour les espaces intérieurs. Au-delà de leur aspect purement décoratif, l'architecte français Jean-François Daures propose dès 2000 d'ajouter de nouvelles qualités (acoustique, thermiques) à ces parements vivants avec un système breveté et certifié de « pixels » prévégétalisés modulables de type « murs manteaux végétalisés » (d’un brevet intitulé « structure modulaire pour l’aménagement d’une paroi sensiblement verticale d’un bâti pour la réception de végétaux » déposé le , et d’un autre brevet intitulé « paroi végétalisée et éléments constitutifs »)Système de kits, de Greenwall Végétalis, conçu avec l'aide de scientifiques en 2008. Une toute nouvelle technologie émerge alors avec l'aide de scientifiques de botanistes et d'écologues du CIRAD et d'un logiciel de modélisation de la croissance des plantes (croissance, aspect, couleur...) spécialement adapté à la verticalité du supportVoir la Animation 4D réalisée par l’U.M.R A.M.A.P du CIRAD sur une suite logicielle (Orchestra) de Bionatics. (consulté 2010/30/08). Fedor van der Valk a inventé de minis-jardins suspendus intérieurs (« String Gardens ») qui semblent flotter dans le vide en supportant des cascades de verdure. Le Néo-Zélandais Patrick Morris réussit à donner l'impression que le plafond est tapissé de plantes, via des jardinières à double fond qui y sont suspendues, tandis qu'en l'architecte Jean-François Daures livre tout un plafond végétalvoir bâtiment pavillons d'accueil de la grotte, visible depuis à la grotte de la salamandre (Sud de France), véritable biotope inversé où les plantes poussent effectivement à l'envers, l'appareil racinaire tourné vers le haut, l'appareil foliaire dirigé vers le bas.

De nombreux exemples de murs intérieurs sont aujourd'hui disponibles. La haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève (hepia) développe en Agronomie et en Architecture du Paysage de nouveaux supports de murs végétalisables faisant partie du constructif, et de nouvelles fonctions d'épuration à ces murs (notamment produits phytosanitaires et eaux urbaines).

Les procédés utilisés pour les murs sont également adaptables aux plafonds, poteaux, suspensions (Emquartier, Bangkok), etc.

Principe

Des parois végétalisées peuvent être aménagées en extérieur et à l'intérieur de bâtiments, avec ou sans source artificielle de lumière. Le principe s'appuie sur le fait qu'en l'absence d'intervention humaine, en présence d'air propre et d'une humidité suffisante de l'air, tout support tend à être naturellement colonisé par des bactéries (biofilm), des algues, puis des mousses et des lichens, avant l'apparition de petites plantes, qui sont généralement aussi des épiphytes des arbres. Dans le cas où le mur reste sec, ou en atmosphère plus sèche, il peut également être colonisé par des plantes grimpantes y compris en climat tempéré avec par exemple le lierre et la vigne vierge.

Plusieurs approches techniques existent, allant de l'insertion de plantes adaptées aux milieux secs et pauvres (crassulantes, cactées..) pour créer des structures de type « jardins de rocailles », à des techniques sophistiquées dites de « génie végétal » optimisant les conditions de colonisation et de pousse des plantes grâce à des substrats capables d'absorber et relarguer l'eau (tourbe/sphaignes, zéolithe, fibre de coco...) ou grâce à des supports de « feutre horticole » synthétique dans lequel circule de l'eau enrichie en nutriments. Dans ces deux derniers cas, l'arrosage fonctionne généralement en circuit fermé et doit être adapté au contexte climatique et saisonnier, avec un système de contrôle plus ou moins automatisé selon les cas, de même que pour les teneurs en nutriments de l'eau.

Un grand nombre de plantes tropicales épiphytes ou poussant à l'ombre de la canopée se contentent de peu de lumière et de peu de nutriments, mais nécessitent parfois une eau non calcaire (eau de pluie par exemple).

Enjeux

Les vignes vierges, s'accrochant par des crampons et n'abîmant pas les façades sont habituellement utilisées par l'homme pour l'ornement et le confort thermique des habitations humaines. C'est également le cas du lierre qui peut pousser entièrement à l'ombre et ne perd pas ses feuilles en hiver. Ces deux types de végétaux s'accrochent seuls et ne demandent pas d'arrosage mais nécessitent soit d'être taillés soit la pose d'un revêtement spécifique en haut du mur afin qu'ils ne s'étendent pas sur la toiture voire sur les contours des fenêtres et des portes.

En cas d'abandon du bâtiment, en absence d'entretien ou de protection spécifique les plantes grimpantes peuvent toutefois s'introduire sous la toiture et causer des dégâts. Elles ne sont pas adaptées à tous les types de façades, notamment celles faites de pierres non maçonnées. En effet, si la vigne vierge reste en surface, le lierre peut en revanche endommager les murs non maçonnés (comme les murs en pierre sèche) en s'immisçant entre les pierres dépourvues de mortier.

La colonisation naturelle de murs par certaines plantes peut également être considérée comme un problème, les racines endommageant les mortiers naturels de terre quand ils sont humides, pouvant dans certaines conditions décoller les briques, favoriser l'humidité du mur ou sa vulnérabilité au gel. En zone tropicale humide, certains arbres peuvent rapidement coloniser et recouvrir des architectures (dont patrimoniales telles que celles des temples d'Angkor) en quelques siècles. Cependant le bâti peut aussi être conçu pour accueillir des végétaux sans être dégradé, voire en étant protégé par eux.

Les murs végétalisés s'inscrivent pleinement dans les principes de la conception biophilique. C'est une approche de l'architecture et du design visant à renforcer les liens entre les êtres humains et la nature au sein des espaces bâtis.

Types d'aménagement de façades Un modèleNicole Pfoser, Konstruktive und vegetationstechnische Entscheidungsparameter Fassadenbegrünung, juillet 2011. consulté le 28 avril 2014. d'aménagement de façade peut se faire soit à partir du sol directement, les racines de plantes grimpantes y puisant leur nourriture et l'eau, soit en intégrant la flore au bâtiment via des balconnières, des jardinières, ou des systèmes plus complexes de murs végétaux tels que ceux de Patrick Blanc, ou encore grâce à des murs directement conçus pour être végétalisés en contenant le substrat des plantes et intégrant une lame d'air ventilée continue.

Par exemple : sur le mur porteur est placée une ossature métallique qui soutient une plaque de PVC expansé de 10 mm d'épaisseur, sur laquelle sont agrafées deux couches hydroponiques de feutre de polyamide de 3 mm d'épaisseur chacune. Ces couches de feutre miment en quelque sorte les mousses qui se développent sur les parois rocheuses et qui servent de support aux racines des plantes. Un réseau de tuyaux commandés par des électrovannes apporte une solution nutritive contenant les éléments minéraux nécessaires à la croissance des plantes. Le feutre s'imprègne de cette solution nutritive, qui redescend le long du mur par gravité. Les racines des plantes n'ont qu'à se servir, et l'eau en excès est recueillie en bas du mur par une gouttière, avant d'être réinjectée dans le réseau de tuyaux : le système fonctionne en circuit fermé.

C'est une variation inhabituelle d'une machine vivante : l'eau s'écoule sur une surface sur laquelle se développent de la mousse ou d'autres plantes, quelques insectes et des bactéries, et est captée en bas du mur dans une gouttière, d'où elle est réinjectée en haut du mur.

Mur végétal modulable vignette|redresse|Construction d'un mur végétal sur un centre commercial.