Le parc naturel régional de la Montagne de Reims est un parc naturel régional français situé dans l'Ouest du département de la Marne, en région Grand Est, dans le quart Nord-Est de la France. Datant de 1976, il est le second parc naturel créé au sein de la région Champagne-Ardenne, après celui de la forêt d'Orient.
D'une superficie de , le parc est organisé autour de la montagne de Reims, un plateau boisé, entouré sur ses flancs nord, sud et est par les coteaux du vignoble de Champagne. Ce vignoble produit le célèbre vin de Champagne qui fait partie intégrante du paysage, de la culture et de l'économie locale.
La faune du parc est riche de d'insectes, de mammifères, 22 de poissons et malacostraca, ainsi que plusieurs espèces d'amphibiens, oiseaux et reptiles, dont une partie est protégée. On recense également sur le territoire du parc plus de de plantes, dont les célèbres « faux de Verzy », où l'on trouve la plus importante concentration de hêtres tortillards d'Europe.
La Maison du Parc se situe à Pourcy.
Géographie vignette|gauche|upright=1.2|Périmètre du PNR. Situé au centre-ouest de la région Champagne-Ardenne (puis de la région Grand Est), dans le département de la Marne, le parc regroupe réparties sur les cantons de Dormans-Paysages de Champagne, Épernay-1, Fismes-Montagne de Reims et Mourmelon-Vesle et Monts de Champagne (Ay, Châtillon-sur-Marne, Épernay II, Verzy et Ville-en-Tardenois avant 2015). Il s'étend sur Addition des superficies des 68 communes membres du Parc naturel régional., entre la vallée de la Vesle, au nord, et la vallée de la Marne, au sud. Son territoire se partage entre de vignes, de forêt, dont un quart de forêts domaniales, et de terres cultivées.
Il est entouré par trois « villes-portes » : Reims (au nord), Épernay (au sud) et Châlons-en-Champagne (à l'est). Leurs habitants considèrent souvent le parc comme un poumon vert et viennent s'y détendre les week-ends. Il est ainsi l'un des rares « parcs périurbains », dont le principal but est la protection d'une zone de nature à proximité d'autres zones, qui sont quant à elles de natures industrielles et urbaines.
Le parc naturel se divise en quatre parties : le Tardenois de la vallée de l'Ardre, composé de collines et vallons, à l'ouest ; la côte de l'Île-de-France, surplombant la plaine de Champagne, au nord ; le plateau de la montagne de Reims, recouvert par la forêt, au centre ; la vallée de la Marne, alternant entre plateau, coteaux et plaine, au sud et à l'est.
Population vignette|Aÿ, principale commune du parc. En 2006, le parc naturel régional était peuplé de , soit un léger repli de -0,27 % par rapport à 1999 — il en comptait alors . Lors du recensement de 2006, y adhéraient, soit une moyenne de par commune ; à la suite du départ de Ville-en-Tardenois en 2009, avec ces mêmes chiffres, le parc est donc peuplé de . Cette année-là, seules huit communes dépassaient le millier d'habitants, dont les cinq plus peuplées se situent dans la vallée de la Marne : Aÿ (), Dizy (), Damery (), Tours-sur-Marne (), Mareuil-sur-Ay (), Verzenay (), Verzy () et Rilly-la-Montagne ().
Relief La montagne de Reims, recouverte à la fois par le vignoble et la forêt, possède un relief relativement peu élevé. En effet, la montagne est principalement constituée d'un plateau de d'altitude en moyenne. La montagne est plus élevée à l'est, où elle atteint plus de , qu'à l'ouest, où le plateau du Tardenois avoisine plutôt les . Le point culminant du parc se trouve sur le plateau oriental, à d'altitude, à proximité de Verzy.
Le terme de « montagne » se justifie localement par la brutalité du changement de relief entre la morne plaine champenoise, à au-dessus du niveau de la mer, et la cuesta, plus haut. Seuls deux sommets importants se distinguent réellement du plateau : le mont Joli () et le mont Sinaï. Ce dernier, même s'il culmine à Altitude des monts provenant de la Carte IGN sur le Géoportail., donc en deçà de l'altitude maximale de la montagne, est considéré comme son sommet, et par extension, comme celui de la Marne. En bordure de la vallée de la Livre se trouvent deux autres sommets beaucoup moins élevés : le mont Hurlet () et le mont Écouvé () ; à l'extrême est du parc, le mont Aigu () et le mont Tournant () forment quant à eux des reliefs bien distincts du plateau.
Hydrographie vignette|La Marne, au sud du parc. Le parc se situe à l'est du Bassin parisien, bassin versant de la Seine d'une superficie de . La Marne, qui délimite le parc au sud, est le principal cours d'eau le traversant. S'écoulant d'est en ouest, en direction de Château-Thierry puis de la Seine, elle est avec ses la plus longue rivière de France. Elle est longée par le canal latéral à la Marne. La vallée de l'Ardre, et des ruisseaux s'y jetant, occupe le quart nord-ouest du parc naturel ; cet affluent de la Vesle est long de . L'est est alimenté en eau par la Livre () et son unique affluent, le ruisseau La Germaine tandis qu'au sud-ouest, prennent source dans le parc le ruisseau de Belval, parcourant ainsi que le ru de Brunet, long de . Ces derniers sont tous les trois des affluents de la Marne.
Climat Son climat est océanique dégradé ; l'amplitude thermique y est donc plus importante que dans un climat océanique et plus faible que dans un climat continental. La température atteint ainsi en moyenne près de en juillet et à peine en décembre. La région connaît une température moyenne d'environ . Sur le plateau, la pluviométrie est plus élevée qu'en plaine (où se situe Épernay) : elle est d'environ 800 à par an, contre . L'automne et l'hiver sont les saisons les plus pluvieuses tandis que les précipitations sont minimales au mois d'avril. Les gelées y sont assez tardives et s'étalent sur dans l'année.
Géologie vignette|Affleurement de craie, entre Mareuil et Bisseuil. L'histoire géologique de la montagne de Reims débute il y a environ . Le sol est constitué de sept formations géologiques superposées. À l'origine, on trouve de la craie datant du Campanien, présente sous forme de colluvions sur les versants, surmontée de marnes à bloc de craie et de roches calcaires apparues lors du Paléocène. Au-dessus, se superposent deux couches distinctes datant de l'Yprésien « sparnacien » : d'abord des sables mêlant calcaire et grès tendre, puis des marnes en alternance avec des sables et des lignites. La cinquième strate est constituée de sables, déposés au cours de l'Yprésien « cuisien ». Durant le Ludien inférieur, se sont amassés des argiles, des calcaires marins puis des calcaires mêlés aux marnes. Enfin, lors du Ludien supérieur, des argiles à meulières sont apparues dans la région. Cet ensemble est recouvert par des limons dont l'épaisseur varie jusqu'à atteindre plus de .
Milieu naturel vignette|gauche|Une branche de châtaignier, en août, dans la montagne de Reims. Le réseau Natura 2000 a classé deux sites d'intérêt communautaire au sein du parc naturel. Le premier est celui du « pâtis de Damery » ; il regroupe les landes les mieux conservées du massif de la montagne de Reims ainsi qu'une partie de forêt et des pelouses sèches sur . Cet espace est dominé par la bruyère callune (Calluna vulgaris) et le genêt d'Angleterre (Genista anglica). On y trouve, côté faune, des amphibiens comme le triton crêté (Triturus cristatus). Le second site protégé rassemble en réalité plusieurs sites sous le nom de « Massif forestier de la Montagne de Reims (versant sud) et des étangs associés », sur une superficie de . Il comprend un ensemble forestier varié : forêts acidiphiles, forêts neutrophiles, hêtraies thermophiles et les ourlets associés, regroupant plusieurs espèces rares et protégées. Ses étangs abritent également des espèces rares et de multiples espèces d'amphibiens, de reptiles, d'oiseaux et de mammifères parmi lesquelles plus de trente espèces de l'odonatofaune, le leucorrhine à gros thorax (Leucorrhinia pectoralis), le lucane cerf-volant (Lucanus cervus), le grand murin (Myotis myotis), le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), le vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) et le vespertilion de Bechstein (Myotis bechsteinii). D'autre part, les galeries des carrières souterraines d'Avenay-Val-d'Or constituent un lieu d'hivernage pour certaines chauves-souris, dont six espèces rares.
Par ailleurs, un total de 40 « zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique » se situent en totalité ou en partie sur le territoire du parc, dont 24 ZNIEFF de deuxième génération.
Flore Le parc naturel, puisqu'il recouvre une forêt, abrite de nombreux végétaux ; y sont recensées une espèce de lycopodiopsida, la lycopode des tourbières (Lycopodiella inundata) et de dicotylédones, dont l'alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia), la marguerite de la Saint-Michel (Aster amellus), le rossolis à feuilles ronde (Drosera rotundifolia), le rossolis à feuilles longues (Drosera longifolia) et l'odontite de Jaubert (Odontites jaubertianus) qui sont protégées. de monocotylédones, parmi lesquelles se trouve une espèce protégée, la spiranthe d'été (Spiranthes aestivalis), et deux espèces de conifères : l'épicéa commun (Picea abies) et le cèdre du Liban (Cedrus libani) peuplent la forêt de la montagne de Reims. Des espèces d'orchidées telles que l'orchis pourpre (Orchis purpurea) y sont aussi présentes.
La forêt de l'ensemble du Tardenois, dont fait partie la montagne de Reims, est composée pour plus de 50 % de chênes sessiles (Quercus petraea) et pédonculés (Quercus robur). Le reste de la forêt se divise en quatre essences égales : 12 % de frênes (Fraxinus), 10 % d'érables champêtres (Acer campestre) et sycomores (Acer pseudoplatanus) ; les résineux représentent 13 % du massif, majoritairement des pins sylvestres (Pinus sylvestri) et noirs (Pinus nigra) mais aussi des épicéas communs (Picea abies) et de douglas (Pseudotsuga menziesii) plantés sur la montagne dans les années 1955-1960. Les 12 % restants se composent d'autres feuillus : l'alisier blanc (Sorbus aria) ou torminal (Sorbus torminalis), l'aulne glutineux (Alnus glutinosa), le bouleau (Betula), le charme (Carpinus), le châtaignier (Castanea sativa), le merisier (Prunus avium), l'orme de montagne (Ulmus glabra), le tilleul à petites feuilles (Tilia cordata) ou à grandes feuilles (Tilia platyphyllos) et le tremble (Populus tremula). Les peupliers (Populus) qui y existent ont été, la plupart du temps, implantés le long de cours d'eau.
À Verzy se trouve le plus grand ensemble de hêtres tortillards d'Europe, avec environ 800 spécimens. Les « faux de Verzy », dont l'origine est une « véritable énigme » scientifique, sont en partie protégés par des barrières de rondins de bois des milliers de personnes qui viennent visiter le site chaque année. Le mot « fau » désignait le hêtre en ancien français (pluriel : faux), dérivé du latin fagus ; le terme « hêtre » provenant du francique. Depuis 1981, le site est classé « Réserve Biologique Domaniale dirigée ».
Faune L'inventaire national du patrimoine naturel recense dans le parc naturel d'insectes, parmi lesquelles on trouve plusieurs espèces d'Agrilinus, Chorthippus, Melinopterus, Metrioptera, Onthophagus et Vanessa ainsi que le damier du frêne (Euphydryas maturna), une espèce menacée. Par ailleurs, l'unique gastéropode présent dans le parc est le très commun escargot des jardins (Cepaea hortensis). Sept principales espèces d'oiseaux peuplent le parc : la bécasse des bois (Scolopax rusticola), la cigogne blanche (Ciconia cinconia), les hirondelles rustique (Hirundo rustica) et de rivage (Riparia riparia), le pigeon ramier (Columba palumbus), la sarcelle d'hiver (Anas crecca) et la tourterelle turque (Streptopelia decaocto). La population de chouettes chevêches (Athene noctua) y est en particulier suivie.