Jean Couzy est un alpiniste français, né le à Nérac en Lot-et-Garonne, et mort le dans le Dévoluy.

Alpiniste amateur, à la fois glaciériste complet et rochassier de très haut niveauGrande encyclopédie de la montagne, t. 3, Atlas, Paris, 1977, , il participe en 1950 à l'expédition victorieuse de l'Annapurna, premier de l'histoire de l'alpinisme, et réalise en 1955 la première ascension du Makalu (), également dans l'Himalaya.

Biographie Jean Louis Couzy est né en 1923 à Nérac en Lot-et-Garonne. Adolescent, il fréquente les Pyrénées mais ses études et la Seconde Guerre mondiale ne lui permettent pas de se consacrer pleinement aux activités montagnardes. Installé à Paris pour ses études, il fréquente cependant les alpinistes parisiens et pratique l'escalade à Fontainebleau et dans le Saussois. Il y fait la connaissance de Marcel Schatz qui deviendra son compagnon de cordée.

Pour sa première saison d'alpiniste, Jean Couzy choisit en 1946 d'aller dans les Alpes autrichiennes. En 1948, il retourne dans les Pyrénées où il réalise une première au pic des Crabioules. Cette même année et les années suivantes, il fréquente assidûment les Dolomites où il répète des voies réputées ou réalise des premières. Il répète également de grandes courses et ouvre de nouvelles voies dans les Alpes occidentales. Jean Couzy est aussi l'un des premiers à ouvrir des voies difficiles sur les parois calcaires des Préalpes.

Jean Couzy participe à plusieurs expéditions en Himalaya. En 1955, il réalise avec Lionel Terray la première ascension du Makalu, cinquième sommet le plus haut du monde (). Cinq ans auparavant, Jean Couzy était déjà membre de l'expédition française menée par Maurice Herzog à l'Annapurna, premier des quatorze sommets de plus de gravi.

En 1954, Jean Couzy rencontre René Desmaison à Fontainebleau et dans le Saussois. Ils font dès lors cordée commune : après quelques répétitions prestigieuses dans les Alpes, ils réalisent de nombreuses premières difficiles (notamment la face nord-ouest de l'Olan, l'hivernale de la face Ouest des Drus, l'éperon Marguerite sur face nord des Grandes Jorasses). En 1958, Jean Couzy et Réné Desmaison vont dans les Dolomites avec l'intention d'ouvrir à la Cima ovest, en escalade artificielle, une voie directe qu'ils avaient imaginée l'été précédent. Mais ils ne peuvent mener à bien leur projet faute d'un matériel en quantité suffisante.

Jean Couzy mène sa carrière d'alpiniste amateur en poursuivant sa carrière professionnelle dans l'aéronautique militaire et sans sacrifier sa vie familiale (il est marié et père de quatre enfants). Il s'intéresse à la cotation des difficultés et à l'histoire de l'alpinisme ; il prend en charge la Chronique alpine qui présente les nouvelles ascensions dans la revue du Club alpin français, La Montagne.

L'approche par Jean Couzy des risques inhérents à la montagne est rationnelle. Il se veut prudent et refuse, par exemple, de tenter de gravir la face nord de l'Eiger qu'il juge trop dangereuse. Il ne pratiquera jamais l'alpinisme solitaire.

Le , alors qu'il ouvre avec Jean Puiseux une voie dans la face sud de la crête des Bergers (rebord méridional du plateau de Bure) dans le massif du Dévoluy, Jean Couzy est touché à la tête par une chute de pierre qui le tue. Il est enterré au cimetière de Montmaur, au pied de la montagne où son accident est survenu.

Principales ascensions 1948 : première ascension directe de la face nord-est du pic des Crabioules dans les Pyrénées 1948 : ouverture d'une variante directe de l'arête ouest de la Torre Trieste à la Civetta dans les Dolomites 1949 : troisième ascension de la voie Soldà-Conforto à la Marmolada dans les Dolomites 1949 : ascension de l'arête sud-ouest de la Torre Venezia à la Civetta dans les Dolomites Répétition de l'éperon Walker dans la face nord des Grandes Jorasses dans le massif du Mont-Blanc Répétition de la voie Desvies-Gervasutti à l'Ailefroide dans le massif des Écrins Répétition de la face sud de la pointe Gugliermina à l'aiguille Blanche de Peuterey dans le massif du Mont-Blanc Répétition de la voie Bonatti dans la face Est du Grand Capucin dans le massif du Mont-Blanc Répétition de la face Nord du Nesthorn dans les Alpes bernoises 1951 : première au Jardin du Roi dans le cirque d'Archiane dans le Vercors 1951 : seconde ascension de la voie Soldà au Sassolungo dans les Dolomites 1952 : première de l'éperon nord-ouest des Droites dans le massif du Mont-Blanc : première de la voie Couzy en face nord de l'aiguille de l'M dans les aiguilles de Chamonix (massif du Mont-Blanc) avec M. Prost 1954 : avec Lionel Terray, première ascension du Chomo Lonzo () (Himalaya) : avec Lionel Terray, première ascension du Makalu () (Himalaya) 23- : avec René Desmaison, quatrième ascension de la face ouest des Drus dans le massif du Mont-Blanc 23- : avec René Desmaison, première ascension de l'arête nord de l'aiguille Noire de Peuterey dans le massif du Mont-Blanc 1956 : avec René Desmaison, première de la face nord-ouest de l'Olan dans l'Oisans 1957 : avec René Desmaison, première hivernale de la face Ouest des Drus dans le massif du Mont-Blanc 1958 : avec René Desmaison, troisième ascension de la voie directe de la Cima Grande ouverte la même année par les Allemands Lothar Brandler et Dietrich Hasse dans les Dolomites 1958 : avec René Desmaison, première de l'éperon Marguerite sur la face nord des Grandes Jorasses dans le massif du Mont-Blanc

Hommage et distinctions vignette|upright|Vue de la face nord de la Cima ovest, avec, en rouge, le tracé de la voie Couzy ouverte en juillet 1959.

() (1951) sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur d'or de l'éducation physique et des sports (1951) sans_cadre|50x50px Chevalier de l'Ordre de l'Étoile noire (1951)

Le nom de Jean Couzy a été donné en France à une rue de Liévin dans le Pas-de-Calais et à une allée de Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

En 1959, il donne son nom à la voie Couzy, un itinéraire sur la Cima Ovest des Tre Cime di Lavaredo ouvert par René Desmaison, Pierre Mazeaud, Pierre Kohlmann et Bernard Lagesse, voie qu'il avait imaginée et tentée (échec par manque de matériel) avec René Demaison l'année précédente, avant son décèsRené Desmaison, Les forces de la montagne : mémoires, Hoëbeke, Paris, 2005 , chapitre 12, p. 102-114..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Liens externes

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