Frédéric Morin, né le à Lyon et mort le dans le Archives de Paris, état-civil numérisé du , acte de décès 1838 de l'année 1874. Le journaliste meurt à son domicile situé rue Cuvier., est un journaliste français, connu comme opposant à Napoléon III et comme co-fondateur du quotidien Le Progrès à Lyon en 1859.

Élève de l'École normale supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1849 et exerce jusqu'en 1852 comme professeur dans différents lycées du pays, puis est révoqué pour avoir refusé de prêter serment à Napoléon III. Il est professeur libre et journaliste à Paris dans les années 1850, puis est nommé membre du conseil général du Rhône en 1859, tout en continuant à être journaliste d'opposition. Nommé préfet de Saône-et-Loire le 5 septembre 1870 par le gouvernement de la Défense nationale formé après la captivité de l'empereur, il démissionne en février 1871 après l'armistice franco-allemand de janvier, et redevient journaliste à Paris.

Biographie Origines familiales, formation et débuts dans le professorat Frédéric Morin est le fils .

En 1844, il est reçu à l’École normale supérieure (rue d'Ulm), où il se consacre principalement à la philosophie. En 1847, il est nommé professeur de philosophie à Mâcon, est reçu à l'agrégation en 1848. et nommé en 1849 au lycée de Nancy.

Professeur opposant au coup d'état de 1851 Après le coup d'État du 2 décembre 1851, par lequel le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte se donne le droit de se représenter aux prochaines élections (prélude à l'instauration du Second Empire le 2 décembre 1852), il manifeste une opposition énergique.

En représailles, il est muté au lycée de Bourges. Ayant refusé de prêter serment au chef de l’État, il est considéré comme démissionnaite de sa fonction de professeur.

À cette occasion, il rencontre Henri Brisson, encore étudiant,avec lequel il restera lié toute sa vie.

Période du Second Empire (1852-1870) : journaliste d'opposition Frédéric Morin revient alors à Paris. Il vit plusieurs années de façon assez précaire, partageant son temps entre les travaux du professorat libre, la composition de divers ouvrages et la collaboration à différents journaux.

Arrêté en 1853, en 1854, deux fois en 1857 pour délit d'opinion, il subit à chaque fois une période plus ou moins longue d'emprisonnement préventif.

En 1857, Frédéric Morin se porte candidat de l'opposition à Lyon lors des élections au Corps législatif, mais il échoue, obtenant pourtant un nombre important de voix.

Au mois de , il pose sa candidature à Paris, dans la , mais la retire avant le scrutin.

Au mois d'août de cette même année, il est nommé membre du conseil général du Rhône. Il se porte de nouveau candidat au Corps législatif en 1863, mais c'est de noveau un échec.

En 1867, la majorité du conseil général et la majorité du conseil d'arrondissement s'étant refusées à émettre le vœu que le conseil municipal de Lyon soit élu par le peuple, Frédéric Morin engage les membres indépendants des deux conseils à donner leur démission. Quatorze démissions, y compris la sienne, sont données. Le , les quatorze démissionnaires sont réélus à une écrasante majorité.

Après la chute de Napoléon III : préfet de Saône-et-Loire (5 septembre 1870-février 1871) Le 2 septembre 1870, au cours de la guerre franco-allemande, Napoléon III est fait prisonnier par les Prussiens à Sedan et envoyé le 3 en résidence surveillée en Prusse. Le 4 septembre, la république est proclamée à Paris, sous la direction du gouvernement de la Défense nationale

Frédéric Morin, nommé préfet de la Saône-et-Loire (), exerce ces fonctions que les circonstances rendent difficiles jusqu'en février 1871.

Un emprunt d'État ayant été ouvert pour subvenir aux besoins de la défense, Frédéric Morin engage les fonctionnaires à souscrire à cet emprunt en leur rappelant qu'ils ont vécu de longues années aux dépens de la nation.

Il , après que le gouvernement français a signé avec l'Empire allemand, proclamé le 18 janvier 1871 au château de Versailles, l'armistice du 28 janvier, qui entérine la défaite de la France (prélude au traité de Francfort du 10 mai).

Dernières années, mort et funérailles (1871-1874) Il revient à Paris et reprend sa place à la rédaction du Rappel. Au mois de , , mais on le relâche presque aussitôt après.

Idées politiques de Frédéric Morin Pendant un certain temps, Frédéric Morin a appartenu au groupe des démocrates catholiques, dont le chef était Philippe Buchez ; mais il ne tarda pas à s'en séparer pour entrer dans un ordre d'idées beaucoup plus large et beaucoup plus logique. Il a publié une sorte de programme général de philosophie sous le titre : la Philosophie des sciences, cherchée dans leur histoire. Ce programme parut d'abord dans la Revue de Paris et fut ensuite imprimé à part.

L'idée générale de Frédéric Morin est que le progrès ne se fait pas par évolution mais par révolutions. L'auteur essaya de démontrer cette thèse par l'histoire comparée des sciences et de la philosophie. Il exposa ces idées dans plusieurs opuscules et articles. À la lumière de sa théorie, il proposa une méthode nouvelle pour étudier l'histoire, l’exposant avec force et conviction dans un petit livre populaire intitulé : la France au moyen âge (1859, in-16), appliquant sa méthode à l'étude des premiers efforts de la démocratie française, c'est-à-dire à l'étude de la révolution communale et des tentatives parlementaires du .

Comme journaliste, Frédéric Morin a mis au service des idées républicaines son talent ferme et vigoureux, son vaste savoir philosophique et historique. Parmi les nombreux journaux et recueils auxquels il a collaboré, nous citerons : l'Avenir, le Correspondant, la Revue de Paris, la Revue de l'instruction publique, le Courrier du dimanche, l'Estafette, la Presse, l’Illustration, le Progrès de Lyon, le Phare de la Loire, la Gironde, la Revue germanique, l'Avenir national, le Rappel, etc. Il participa à la création de plusieurs d’entre eux. Il a fondé en outre, en 1865 avec Alexandre Massol et Henri Brisson la Morale indépendante.

Œuvres Saint François d'Assise et les Franciscains (1853) ; De la Genèse et des principes métaphysiques de la science moderne (1856) ; Dictionnaire de théologie et de philosophie scolastiques (1857-1858, 2 vol.) faisant partie de la collection de l'abbé Migne ; Principes de la loi civile en France (1860) ; Les Idées du temps présent (1863); Les Hommes et les livres contemporains (1862) ; Résumé populaire du code civil (1863) ; Origines de la démocratie, la France au moyen âge (1864) ; etc.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie « Frédéric Morin », dans le Grand Dictionnaire Universel du de Pierre Larousse

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