L'Indianapolis Motor Speedway est un circuit automobile américain situé à Speedway (Indiana), une petite ville enclave entourée par Indianapolis, la capitale de l'État. Il s'agit de la deuxième plus ancienne piste de compétition automobile dans le monde après celle de Milwaukee Mile.
Le circuit accueille, entre autres, les fameux 500 miles d'Indianapolis, une autre manche des IndyCar Series se déroulant sur le tracé routier et le Grand Prix Red Bull Indianapolis de MotoGP, Moto2 et Moto3.
Historique Le « Speedway » d'Indianapolis existe depuis 1909 (premier vainqueur « Cannon Ball » Baker) et il a été, historiquement, le premier aménagement pour les courses automobiles à porter ce nom. C'est une piste ovale, de forme rectangulaire à la base, et d'une longueur de . Ses dimensions sont demeurées inchangées depuis sa création. Selon les standards américains la piste est relativement peu relevée dans ses quatre virages.
La première édition des 500 miles d'Indianapolis s'y est déroulée le . Le vainqueur en fut Ray Harroun, à la moyenne de .
En 1927, le circuit fut racheté par Eddie Rickenbacker, l'as de l'aviation de la Première Guerre mondiale, qui le dirigea jusqu'à sa fermeture temporaire durant les quatre années de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir été dans l'impossibilité de rénover le circuit, Rickenbacker a vendu celui-ci définitivement à Wilbur Shaw en 1947.
Le circuit routier intérieur, appelé « road course», aménagé pour accueillir la Formule 1 en 2000, inclut des parties de l'ovale pour créer une piste de . L'ensemble des installations couvre aujourd'hui une superficie de , presque le double de la surface sur laquelle le Speedway fut bâti à l'origine (). Avec une capacité d'accueil de dont assis, l'Indianapolis Motor Speedway constitue la plus grande enceinte sportive du monde, celle-ci est généralement reconnue comme l'une des plus célèbres et des plus prestigieuses dans l'histoire du sport automobile.
Le Speedway d'Indianapolis a été inscrit sur le Registre national des lieux historiques (« Registre national des sites historiques ») en 1975, et a été classé monument historique en 1987. Il demeure, à ce jour, le seul lieu lié à la compétition automobile à avoir reçu un tel statut.
Au , un total de automobiles ont été organisées (depuis le ) sur l'Indianapolis Motor Speedway. Elles ont vu la victoire de différents. En ayant remporté le Grand Prix des États-Unis de Formule 1 pour la cinquième fois en 2006, l'Allemand Michael Schumacher détient le record du plus grand nombre de victoires sur l'Indianapolis Motor Speedway, quelle que soit la catégorie de compétition.
Les cinq victoires de Schumacher ont été obtenues sur le circuit routier. A. J. Foyt, Al Unser, Rick Mears et Hélio Castroneves ont chacun triomphé à quatre reprises lors des 500 miles d'Indianapolis., épreuve disputée sur l'ovale, tandis que Jeff Gordon a remporté quatre fois le Allstate 400 at The Brickyard, toujours sur l'ovale.
Histoire des débuts
vignette|Affiche de 1909. Lors de la première course organisée sur le Speedway, en août 1909, la fête tourna au drame en raison de la surface de la piste, constituée de gravier et de goudron, qui se délita. Il y eut de terribles blessures parmi les pilotes et les spectateurs. Des voitures prirent feu, il y eut des morts, et la course fut arrêtée alors que les pilotes n'avaient effectué que la moitié du parcours (). fut déclaré vainqueur devant douze mille spectateurs.
L'industrie automobile et Carl G. Fisher (1874-1938), ancien pilote, entrepreneur et un des principaux investisseurs, répondirent aux problèmes de sécurité en pavant le circuit dès l'automne 1909 et en seulement avec de briques., d'où le surnom pérenne du circuit, The Brickyard. (« La briqueterie » en français).
La première course sur se déroule le , attirant environ . Ray Harroun gagna cette course à la vitesse moyenne de .
1912 aux années 1920 : l'âge d'or La course suivante a lieu en 1912 et est gagnée par Joe Dawson qui profita de la casse mécanique de Ralph DePalma. Trois des courses suivantes sont gagnées par des européens, donnant à la course un caractère international et attirant les pilotes du monde entier.
La course de 1916 est raccourcie à 120 tours, soit , pour plusieurs raisons, dont le manque de participants européens et un manque d'essence, provoqués par la guerre en Europe. En , le circuit accueille durant une journée plusieurs courses de taille différentes : 20, 50 et Mark Dill, « A Forgotten Classic », 2006 Allstate 400 at the Brickyard Official Program, Indianapolis Motor Speedway, 2006. Ces trois courses (dites ) sont gagnées par Johnny Aitken, sur Peugeot.
Celles de 1917 et 1918 sont annulées, à cause de la Première Guerre mondiale.
Les courses reprennent ensuite, la vitesse moyenne augmentant, et en 1925, alors que Peter DePaolo gagne, les meilleures voitures roulent à une moyenne de .
Les années 1930 Avec la Dépression, les prix attribués aux vainqueurs sont diminués de plus de moitié. Le règlement s’adapte aussi à la crise pour permettre l’engagement de voitures moins prestigieuses, appelées « junk formula » (« formule au rabais »). Les participations atteignent le nombre record de en 1933. À partir de 1934, c’est qui participeront à chaque édition, sauf celle de 1947 qui comptera seulement 30 inscrits.
Dès le début des années 1930, les vitesses en augmentation croissante rendent le circuit de plus en plus dangereux, quinze pilotes sont tués entre 1931 et 1935. On commence à bitumer certaines sections du circuit pavé de briques ; d'abord les virages en 1937, puis la presque totalité du circuit en 1938. Le danger n’empêche pas Louis Meyer ou Wilbur Shaw de remporter l’épreuve par trois fois, Shaw la remportant deux fois de suite en 1939 et 1940.
Années 1940 : la vente Au début des années 1940, le circuit a grandement besoin de travaux. En 1941, la moitié de Gasoline Alley, la ligne des stands, est partie en fumée avant la course. Avec l’implication des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, l’épreuve des de 1942 est annulée dès et fin 1942, l’interdiction de toutes les compétitions automobiles dans le pays est décrétée jusqu’à la fin de la guerre, et donc pour quatre ans (1942-1945). La piste, plus ou moins laissée à l’abandon pendant la guerre, est en piteux état et naît le projet de vendre l’anneau pour y construire des logements. Le , le triple champion Wilbur Shaw y revient pour effectuer un essai de pneumatiques sur pour Firestone. Il est surpris par l’état du circuit et contacte le propriétaire, Eddie Rickenbacker, qui lui annonce que le complexe est à vendre. Shaw cherche des acheteurs, notamment dans l’industrie automobile (lesquels ne sont intéressés que pour en faire un centre d’essais privés), et finit par trouver un homme d’affaires de l’Indiana, Tony Hulman, pour relancer la course mythique des . La vente est signée le pour un prix d’environ et des travaux de rénovation sont rapidement menés pour l’organisation de l’édition des 500 miles de 1946.
Depuis, le Speedway n’a cessé de s’améliorer. Des tribunes et des loges ont été construites et modifiées à plusieurs reprises, des musées et d’autres équipements ont été ajoutés.
Années 1950 : les roadsters Dans les années 1950, les voitures ont une vitesse maximum de . Les voitures, basses et ramassées, sont appelées des « roadsters ». Les châssis Kurtis, Kuzma, et A. J. Watson dominent l’épreuve, quasiment tous motorisés par les moteurs Offenhauser (appelés familièrement les « Offy »). Le favori des spectateurs est le moteur Novi, un V8 au son très rauque.
La réputation du circuit et des en Europe fait que l’épreuve d’Indianapolis devient une course du calendrier du championnat de Formule 1 pendant onze ans, de 1950 à 1960. Aucun des pilotes d’Indy ne courait en F1 et seul Alberto Ascari, pilote F1 sur Ferrari, a participé aux en 1952 (abandon). Juan Fangio y a fait des essais en 1958 mais a choisi de ne pas courir.
Les années 1950 furent aussi la période la plus dangereuse du sport automobile. Sur les à l’édition de 1953 des , seize perdront la vie plus tard dans des accidents en course.
La révolution du moteur central arrière En , la piste est entièrement asphaltée à l’exception d’une bande de sur la ligne de départ. Le « Brickyard » fait place au « Yard of Bricks ».
Alors que les pilotes de F1 avaient complètement ignoré les quand l’épreuve comptait pour le championnat du monde de Formule 1, ceux-ci affluent sur le Speedway dans les années 1960, apportant avec eux l’architecture imposée par Cooper et qui avait révolutionné la F1 quelques années plus tôt : la propulsion avec moteur central arrière. À partir de la victoire de Jim Clark en 1965, toutes les voitures victorieuses aux seront à moteur arrière. Graham Hill gagne l’année suivante à sa première participation et celui-ci deviendra le seul pilote à remporter la triple couronne (championnat du monde des pilotes, , et 24 Heures du Mans). vignette|Une monoplace de l'édition 2014. Des pilotes américains comme A. J. Foyt, Mario Andretti, et Bobby et Al Unser se distinguent dans les années 1960 et 1970. Foyt et Al Unser deviendront quadruple champions.
Dans les années 1970, le complexe se dote d’un parcours de golf et d’un hôtel.
Les années 1980 apportent une nouvelle génération de voitures avec Rick Mears réalisant sa qualification à la moyenne de en 1989. Les stars de la décennie seront Danny Sullivan, Bobby Rahal, et le vétéran de la F1 Emerson Fittipaldi.
Au début des années 1990, Arie Luyendyk remporte l'épreuve en établissant un record qui tiendra pendant près d'un quart de siècle : il a fini la course à la moyenne générale de , record qui ne sera battu qu'en 2013 par Tony Kanaan, avec une moyenne de . En 1991, Mears devient le troisième quadruple champion.
Les connaissent un profond changement en 1996, devenant une épreuve de l'Indy Racing League, série rivale du CART.
NASCAR Entre 1919 et 1993, seule l'épreuve des était organisée sur le circuit. Après que Tony George hérita du circuit il introduisit la NASCAR en 1994 (Allstate 400 at The Brickyard, une course de ), puis l'International Race of Champions (IROC) en 1998.
Formule 1
Après avoir été sauvé de la démolition par Wilbur Shaw en 1945, l'Indianapolis Motor Speedway accueillit la manche américaine du Championnat du monde de Formule 1 de 1950 à 1960, organisée en inscrivant la course des 500 miles d'Indianapolis au calendrier du championnat de Formule 1. L'épreuve américaine conservait son propre règlement et était disputée par tous les pilotes américains qui ne participaient pas aux autres épreuves du calendrier de la Formule 1.
Des Grand Prix ont par la suite été organisés aux États-Unis dans différentes villes (Phoenix, Watkins Glen, Las Vegas) jusqu'en 1991. En 1998, Tony George, propriétaire du championnat IRL et de l'Indianapolis Motor Speedway conclut un accord avec la FOA pour organiser un Grand Prix à Indianapolis. Après deux ans de travaux pour la rénovation du circuit et la construction d'une nouvelle piste adaptée à la Formule 1, eut lieu, en 2000, une course qui connut un grand succès. L'année suivante, en 2001, le succès fut encore plus important (), et ce, bien que la course, qui se déroulait alors en septembre, fut le premier événement sportif majeur se déroulant sur le territoire américain après les attentats du 11 septembre 2001.
À la différence des courses se disputant sur l'ovale (500 miles, Nascar), pour la Formule 1, les voitures tournent dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela rend le Grand Prix des États-Unis très inhabituel parmi les compétitions automobiles nord-américaines. Mais en cela, la Formule 1 respecte la pratique générale appliquée sur la grande majorité des circuits.