Il est d’usage de faire remonter l'histoire de la comptabilité à 1494 le premier écrit théorique sur la comptabilité. Dans son ouvrage de mathématiques, Summa de arithmetica, geometria, de proportioni et de proportionalita publié à Venise, le moine Luca Pacioli décrit le mécanisme de l’enregistrement en partie double.
Jusqu’au , les écrits comptables sont restés essentiellement des ouvrages techniques ou pédagogiques. L’avènement de la société industrielle et le développement des sociétés par action à la fin du ont conduit les outils comptables à évoluer.
En France, la publication du premier plan comptable général, en 1942, est inspirée des nombreux travaux et expériences menés durant les décennies précédentes, notamment ceux d’Émile Rimailho (1928). Elle marque le premier pas de la normalisation comptable française.
À la même époque, ce phénomène de normalisation se manifeste également dans les autres pays industrialisés.
Chronologie
Préhistoire Le besoin d'inventaire précède l'invention de la comptabilité. On ne peut que supposer l'existence d'une "proto-comptabilité".
Sumer Les premières traces d'écritures ont été découvertes dans les fouilles archéologiques menées en Mésopotamie. Ces fouilles ont conduit également à découvrir des traces d'inventaires comptables sous forme d'encoches réalisées sur des supports d'argile. Les origines de la comptabilité se confondent donc avec les origines de l'écriture (et de la cartographie) ce qui peut conduire à penser que l'histoire de la comptabilité est aussi ancienne que l'histoire de l'humanité elle-même..
Antiquité L'histoire de la comptabilité remonte à l’Antiquité. L’activité comptable (au sens de "décompte des valeurs") ne se limitait pas seulement au fait d’enregistrer des actes commerciaux. Les ancêtres des comptables se rencontraient déjà dans les anciennes civilisations, chez les riches marchands et chez les banquiers. Ils remplissaient alors les fonctions d’intendants. Ces intendants prenaient en charge la comptabilité de la maison. C’étaient souvent des esclaves érudits. Ce furent les ancêtres des comptables en entreprise.
Moyen Âge Les pratiques comptables évoluent, accompagnant les pratiques commerciales. L'invention de l'imprimerie et l'utilisation du papier sont des facteurs importants permettant de comprendre la généralisation de techniques d'enregistrement comptable durant la fin du Moyen Âge.
En 1493, le moine Luca Pacioli édite, en italien, le premier ouvrage qui traite de comptabilité. Il vulgarise ainsi les pratiques commerciales utilisées par les commerçants du nord de l'Italie, et la technique de tenue de compte "en partie double". Celle-ci consiste à enregistrer toute opération dans deux comptes simultanément. Lorsque les deux comptes utilisés sont des comptes de patrimoine, l'écriture traduit un changement de la structure du patrimoine (le commerçant paye des marchandises, l'augmentation de la valeur du stock de marchandises compense la diminution du compte de caisse).
Du XVIe au XVIIIe siècle Les techniques comptables évoluent progressivement. Des obligations comptables apparaissent comme l'obligation faite aux manufactures françaises au XVIIe siècle de tenir un inventaire bi-annuel des stocks.
XIXe siècle Jusqu’au , les écrits comptables sont restés essentiellement des ouvrages techniques ou pédagogiques. Les réflexions théoriques étaient relativement réduites et portaient essentiellement sur les mécanismes comptables d’enregistrement ou sur les concepts et les définitions. À titre d’exemple, on peut citer l’ouvrage de Charles Penglaou Introduction à la technique comptable édité en 1929.
L’avènement de la société industrielle et le développement des sociétés par action à la fin du ont conduit les outils comptables à évoluer. La réflexion comptable s’est alors portée aussi bien sur les améliorations des techniques de tenue des comptes que sur les problématiques de calcul de coûts. La comptabilité de gestion notamment doit beaucoup aux ouvrages précurseurs de Frederick W. Taylor (1902) ou d’Henri Fayol (1916).
XXe siècle
Ce qui caractérise le développement de la comptabilité au XXe siècle et le phénomène d'harmonisation des pratiques (on parle de "normalisation"). Harmonisations nationales dans un premier temps, puis harmonisation internationale qui va s'accélérer durant la deuxième moitié du siècle.
En France, la publication du premier plan comptable général, en 1942, est inspirée des nombreux travaux et expériences menés durant les décennies précédentes, notamment ceux d’Émile Rimailho (1928). Elle marque le premier pas de la normalisation comptable française.
Ce phénomène de normalisation se manifeste également dans les autres pays industrialisés, même s’il ne porte pas toujours autant qu’en France sur la comptabilité analytique.
Aux États-Unis, un double mouvement est à souligner. Tout d’abord, dès la fin du , les universités américaines ont créé des départements d’enseignement de gestion dans lesquels exerçaient des professeurs de comptabilité. Ceux-ci ont produit les premiers ouvrages théoriques comptables. Par ailleurs, la crise de 1929 a conduit le législateur américain à renforcer la réglementation comptable. Le FASB, comité américain des normes comptables et financières, se dote alors d’un « cadre conceptuel », cadre théorique général permettant de définir les objectifs et les grands principes comptables servant de guide au travail des normalisateurs.
Systèmes comptables L'invention du lettrage conversationnel 1962, a permis à la mécanographie et aux gros ensembles d'ordinateurs à faire de la comptabilité générale en grandes entreprises et d'effacer l'image caricaturale de la profession comptable. L'informatisation de la comptabilité générale dans les grandes entreprises qui permet la présentation des résultats mensuels à j+5 après la fin du mois a chassé l'image du comptable "rond-de-cuir".
En ce qui concerne les ancêtres des comptables libéraux, on en trouve des traces assez nettes dans le cadre de la fonction publique, c’est-à-dire dans l’Administration où ils jouaient dans ce domaine un rôle moyen selon page 15 de "Histoire de la profession comptable" (libérale) parue, à la suite du de l'Ordre des experts-comptables en octobre 1993. Ils firent leur apparition tout d’abord dans l’administration militaire. Ils étaient chargés de relater les péripéties militaires mais aussi de tenir l’inventaire des marchandises soumis aux fluctuations de la consommation par les troupes et l’accumulation du butin au fil des victoires. Les chefs militaires savaient ainsi combien de temps pouvait encore durer la campagne en cours. En bons gestionnaires, ils devaient prendre en ligne de compte les denrées qui devaient nécessairement êtres trouvées sur place. Ils devaient en plus connaître le rendement de la guerre entreprise, et par conséquent évaluer le solde que la troupe pourrait percevoir après que l’État et les seigneurs de guerre se seraient partagé les richesses les plus remarquables. Comme la monnaie a été longtemps inconnue, l'impôt était payé en nature, les scribes réalisaient en plus des travaux d’arpentage pour pouvoir fixer le montant de l’impôt à payer. Cet éventail de fonctions réalisées par les scribes suscite plusieurs remarques. Tout d’abord il est logique de voir ainsi les professions de comptable et de géomètre se confondre. Pour les deux activités, il s’agissait d’utiliser les chiffres de l’arithmétique élémentaire, le calcul des surfaces comme assiette de l’impôt qui se basait sur l'espace exploité. Les études qui menaient à ces professions étaient longues et coûteuses, en partie alignées sur celles qui menaient à la prêtrise. Souvent dans les sociétés anciennes les chiffres avaient un caractère sacré. Ils étaient souvent liés aux calculs astronomiques pour savoir quand se produiraient certains phénomènes naturels et pour calculer le retour des saisons et aussi pour mesurer le temps. Les cultures avancées et même les plus primitives utilisaient et utilisent toujours des systèmes numériques qui se sont maintenus jusqu’à nos jours. Le cycle des études d'un expert-comptable est comparable en durée à celui d'un chirurgien.
Avant l'invention de la comptabilité conversationnelle par lettrage informatique, l'organisation de la comptabilité a connu cinq systèmes comptables en dehors de ce dernier :
la comptabilité à l'italienne, le journal américain, le système par décalque la comptabilité mécanisée sur positionneuses comptables à introduction frontale, la comptabilité informatique selon le CdC standard des constructeurs de matériel informatique, la comptabilité conversationnelle par lettrages informatiques qui a révolutionné à la fois la gestion des grandes entreprises et le monde des ordinateurs. Ce que les gros ensembles savaient subitement faire, les minis ordinateurs sans usage depuis 1952 sauraient le faire à la place des ateliers de machines comptables, toutes obsolètes du jour au lendemain.
La comptabilité à l'italienne
Présentation C'était jusque dans les années 1950 le système pratiqué en grandes entreprises, ainsi que le système académique d'enseignement de la comptabilité universellement adopté. La didactique de la méthode se limitait à la saisie des écritures au journal unique. En pratique, les journaux étaient créés et utilisés par nature, achats, banques, clients etc. L'organisation scientifique du travail exigeait en plus qu'ils fussent subdivisés en journaux "jours pairs" et "jours impairs". Les journaux étaient tenus par les aides-comptables. En fin de journée ouvrable, ils étaient remis au comptable "Teneur de Livres". Cinq journaux auxiliaires étaient tenus par service comptable. C'était à eux qu'il incombait d'alimenter les cinq Grand livres, à savoir : - Le grand livre des " Comptes Généraux " - Le grand livre des comptes individuels " Fournisseurs ". - Le grand livre des comptes individuels " Clients " - Le grand livre des "Banques " - Le grand livre des " Frais Généraux "
Le grand livre Ce terme éponyme propre à ce registre du système comptable centralisateur à l'italienne ne correspond plus pour ce même grand livre encore utilisé de nos jours. Ce terme lui venait éventuellement du fait que pour une écriture passée au journal, il fallait en passer deux au grand livre, soit l'une au débit et l’autre au crédit, ce qui multipliait son volume par rapport au journal. De l’un comme de l’autre côté, on devait passer un article indépendant. Le compte individuel au grand livre prenait déjà la forme d’un T. L’écriture enregistrée au côté gauche du compte T provoquait une écriture au côté droit sur un autre compte… Au libellé de l'écriture du débit on rappelait la date du journal et la page ou se trouvait le crédit de l'écriture correspondante, on en rappelait les mêmes au crédit. Cette technique caractérisait sa stipulation de comptabilité à partie double. Le grand livre était utilisé sous forme de reliures de feuilles de comptes sous couvertures cartonnées ; le dos renforcé de garnitures en tôle de zinc. Il est possible que la dénomination lui vint du fait de sa dimension de sur , ils pouvaient atteindre le poids respectable de 10 à . Le grand livre présentait deux comptes par page. Les reports des journaux aux Grands Livres devaient se faire le lendemain de manière qu'il y ait tous les matins des journaux reportés de disponibles. Sauf épidémie ou effet de force majeure, il n'y avait pas d'absent dans ces services à cette époque. En règle générale, le comptable qui tenait le grand livre des comptes généraux était le mieux payé en dehors du chef du service comptable. Il coiffait ses autres collègues. C'était lui qui tenait en plus les comptes centralisateurs des autres comptabilités auxiliaires Clients, Fournisseurs et des Débiteurs Créditeurs Divers, Banques et Frais Généraux. C'était lui qui dressait les différentes balances d'arrêtés de fin de périodes trimestrielles et d'inventaire en fin d'exercices.