Le (SSA) est un service interarmées des armées françaises. Il est commandé par la direction centrale du Service de santé des armées (DCSSA), placée sous l'autorité directe du chef d’état-major des armées (CEMA). Depuis le , le directeur central est le médecin général des armées Jacques Margery.

Sa mission prioritaire est le soutien médico-chirurgical, en toutes circonstances, des Forces armées françaises et des organismes du ministre des Armées, sur le territoire national et sur les théâtres d'opérations extérieurs. Il est compétent en matière de soins, d'aptitude médicale et d'expertise, de prévention, d'enseignement et de recherche dans les domaines médical, pharmaceutique, paramédical, odontologique et vétérinaire.

Historique vignette|Édit de Louis XIV, daté de janvier 1708 portant création des charges de médecins et chirurgiens militaires, considéré comme l'acte fondateur d'un Service de santé aux armées.|alt=première page d'un document imprimé en mars 1708|gaucheLes services de santé militaires (c'est-à-dire ceux de l'armée qui deviendra au l'armée de terre) ont été institués par Louis par l'édit du établissant les offices de médecins et chirurgiens royaux.

Les premières écoles de chirurgien de marine sont créées à Rochefort (1722), Toulon (1725) et Brest (1731). Les médecins et chirurgiens de marine reçoivent un uniforme en 1767M. Pluchon 1985, op. cit, ..

Durant la Révolution française et l'ère napoléonienne (1799-1815), des changements ont été opérés pour s'adapter aux guerres incessantes caractéristiques de cette période. Ainsi, un hôpital militaire fut implanté dans l'ancienne abbaye du Val-de-Grâce à Paris.thumb|Portrait d’un médecin de l'Armée d’Afrique, en Algérie vers 1850 (Musée de l'Armée, Paris).|gauche

Louis-Napoléon Bonaparte, président, crée une école d'application pour les médecins et pharmaciens de l'armée à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris en 1850. Devenu Napoléon III, il crée une école préparatoire à Strasbourg en 1856.

En 1882, le Parlement français, par la loi du , crée une direction du Service de Santé de l'Armée, ayant une indépendance technique au sein du ministre de la Guerre. L'autonomie est rendue complète par la loi du . À la suite de cela, huit hôpitaux ainsi que des agences de recherches et de ravitaillement sanitaire furent progressivement créés.

En 1888, le décret du crée l'école du service de santé militaire de Lyon, en remplacement de celle de Strasbourg (pour l'Armée de terre), elle sera aussi celle de l'Armée de l'air à sa création en 1934.vignette|Insigne de béret du SSA.

En 1890, l'école de santé navale et des colonies de Bordeaux est créée, les autres écoles (Rochefort, Toulon, et Brest) deviennent « Écoles annexes » et seront supprimées en 1963. En 1900, les Troupes de Marine deviennent Troupes Coloniales. Le ministère de la Guerre les met à disposition du ministère des Colonies durant leur présence Outre-Mer.

En 1905, une école spéciale est créée à Marseille, sous l’appellation d’École d'application du service de Santé des Troupes coloniales, plus connue sous le nom d’École du Pharo et devenue en 1975 l’Institut de médecine tropicale du service de santé des armées. Les stagiaires y sont admis selon leur rang de sortie de Bordeaux ou de Lyon. L'école est sous la double administration du ministère de la Guerre et de celui des Colonies jusqu'en 1962.

En 1948, une Direction centrale des Services de santé Terre, Air, Mer est créée. En 1962, elle reçoit le transfert de l'administration du service de santé des troupes de marine (ex Troupes coloniales). En 1965, les pharmaciens-chimistes sont réunis en un corps unique interarmées

Dans le même esprit, en 1964, la direction centrale devient Direction centrale du Service de santé des armées, dès lors tous les ex-services de santé militaires (marine, armée de terre, troupes de marine, armée de l'air) fusionnent en un seul service de santé des armées. En 1971, les écoles de Bordeaux et de Lyon prennent le nom d'écoles du service de santé des armées (ESSA).

Le a été créée à Bron, l'école de santé des armées, centre unique de formation initiale des médecins et des pharmaciens des armées pendant les deux premiers cycles d’études universitaires.

L'école de santé des armées est instituée héritière, par filiation directe, des patrimoines de tradition des écoles du service de santé des armées de Bordeaux et Lyon-Bron. Le drapeau de l'école de santé des armées porte l'inscription « AFN 1952-1962 » et les décorations suivantes : croix de la Légion d'honneur ; croix de guerre 1914-1918 avec palme ; croix de guerre 1939-1945 avec palme ; croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs.

Jusqu'en 2011, le SSA était aussi chargé de la gestion administrative des aumôniers militaires. Ils dépendent depuis 2012 du service du commissariat des armées.

Missions thumb|Deux chirurgiens militaires français soignant des blessés de toute origine après la bataille d'Inkermann, le 5 novembre 1854. vignette|Camion de transport de blessés d'une ambulance chirurgicale automobile de la Première guerre mondiale vignette|VAB sanitaire en 2005.

Mission prioritaire : soutien des forces armées

La mission régalienne du SSA est d'assurer le soutien santé des forces armées.

Le SSA contrôle et suit l’état de santé des militaires tout au long de leur vie : surveillances spécifiques, poursuite des traitements, évaluation des séquelles… Il s’assure de leur aptitude pour les opérations par leur mise et leur maintien en condition physique et mentale : sélection, aptitude, vaccinations, soins, protection, éducation sanitaire…

En opérations, le SSA assure la prise en charge des blessés et des malades avec pour objectif de préserver l’intégrité physique et psychologique. Cette prise en charge, depuis la blessure jusqu’au rétablissement complet, est organisée en quatre niveaux : les gestes d’urgences et de réanimation réalisés par le poste médical au sein des unités de combat ; le traitement chirurgical nécessaire à la survie et limitant les séquelles réalisé par les antennes chirurgicales ; le traitement du blessé sur le théâtre dans une formation hospitalière médico-chirurgicale ; l’évacuation médicale et le traitement définitif et la rééducation dans les hôpitaux d'instruction des armées en France. Les évacuations médicales tactiques, sur les théâtres d'opérations, sont réalisées par les hélicoptères Puma, Cougar et Caracal et par des avions de l'armée de l'air de type Transall, Hercules et Casa. Les évacuations médicales stratégiques vers la France sont réalisées par des avions type Falcon, de même qu'avec des Boeing ravitailleurs C135 et A330 MRTT Phenix équipés du dispositif .

Le SSA constitue, équipe et entraîne la composante santé du soutien opérationnel des forces armées.

Dans le cadre de cette mission prioritaire, le SSA soigne aussi les anciens combattants, les militaires retraités et les membres des familles des militaires.

Participation à la santé publique : engagement auprès du ministère chargé de la Santé Sous réserve de la priorité qu'il doit accorder en tout temps à la satisfaction des besoins des armées et compte tenu de la spécificité de ses missions, le service de santé des armées contribue à la politique de santé publique en collaboration avec le ministère des Solidarités et de la Santé. A ce titre, son directeur central est membre du conseil d'administration de l'Agence nationale de santé publique.. Service public hospitalier : le réseau hospitalier militaire est ouvert à tous les assurés sociaux, en ayant un plan blanc d'établissement et en contribuant aux plans gouvernementaux de secours mis en œuvre pour faire face à un flux de victimes tels que les plans canicule, pandémie grippale, Biotox. Lutte contre les épidémies : la Pharmacie centrale des armées (PCA) participe à la constitution du stock national des comprimés antiviraux distribués en cas de pandémie grippale. L'Institution nationale des Invalides n'est pas rattachée au Service de santé mais placé sous la tutelle du ministre des Anciens combattants. Des praticiens militaires y exercent et sa direction est assurée par un médecin général inspecteur. Des Médecins-Conseils placés Hors budget des Armées et affectés auprès de la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (CNMSS), dont le siège et la direction sont à Toulon, caisse qui gère également des antennes régionales médico-administratives dirigées par un ou plusieurs médecins des armées. Protection NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques) : le Service de santé contribue aux plans d’urgence gouvernementaux destinés à faire face aux risques NRBC en participant aux réseaux d’alertes épidémiologiques et aux réseaux d’experts, en mettant à disposition ses laboratoires et équipes médicales spécialisées, en fournissant des médicaments et en accueillant les patients. La Pharmacie centrale des armées fabrique par exemple des comprimés d’iode distribués aux personnes résidant autour des centrales nucléaires. Le Service dispose ainsi de formations spécialisées : Le Service de protection radiologique des armées (SPRA) est l'expert en radioprotection du ministère des Armées. Il est compétent dans des domaines spécifiquement militaires, comme les armes ou les chaufferies nucléaires embarquées et pour les services d'imagerie médicale et de radiothérapie des hôpitaux militaires. Des outils de prise en charge des victimes : l’Unité médicale de décontamination des armées (UMDA), les unités mobiles de décontamination chimique et les centres de traitement des blessés radio-contaminés (CTBRC) dans les hôpitaux militaires. Des laboratoires, capables d’effectuer des diagnostics dans le domaine NRBC. Le SSA a mis au point des antidotes.

Engagements auprès d'autres ministères Le Service de santé des armées met enfin son personnel, son expertise et ses moyens à disposition d'autres ministères que ceux des Armées et de la Santé (les intitulés exacts des ministères peuvent changer) : Ministère de l’Intérieur : le Service de santé assure le soutien de tous les effectifs militaires affectés à ce ministère ; en premier lieu ceux de la Gendarmerie nationale, mais aussi les personnels et les missions médicales de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, du Bataillon de marins-pompiers de Marseille et des unités de la brigade militaire de la sécurité civile ( RIISC, RIISC, UIISC 5 et RIISC) ; Ministère des Transports : des praticiens des armées exercent au sein du service de santé des gens de mer de plus la sélection et la surveillance médicale d’une part importante du personnel de l’aéronautique civile sont assurées par des médecins militaires au sein du Centre principal d’expertise du personnel navigant (CPEMPN) et des deux centres d'expertise du personnel navigant (CEMPN) ; Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères : le Service de santé met en œuvre des équipes spécialisées pour des missions humanitaires décidées par le gouvernement lors de catastrophes naturelles, de famines ou d’épidémies ainsi que dans le cadre de missions de coopération militaire et civile à l'international ; Ministère des Outre-mer : des praticiens des armées assurent le soutien sanitaire des unités du Service militaire adapté (SMA) et des missions au sein des Terres australes et antarctiques françaises.

Organisation L'organisation du service de santé des armées est fixée par les articles R.3232-11 à R.3232-14 du code de la défense et par l'arrêté du ..

Direction centrale du Service de santé des armées

vignette|redresse=0.5|Insigne de la Direction centrale (DCSSA).