vignette|Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël (1947).
L'histoire d'Israël s'inscrit dans celle de la région de Palestine et celle du sionisme. Elle trouve ses origines à la fin du avec le projet politique du sionisme, qui aboutit en 1948 avec la création de l’État hébreu issu de la guerre israélo-arabe de 1948. Il succède au mandat britannique sur la Palestine, intégré à l’Empire britannique, qui l’avait lui-même conquis sur l’Empire ottoman trente ans plus tôt.
L'histoire des Juifs en terre d'Israël concerne l’histoire de la population juive dans la région géographique de Palestine au cours des siècles.
Période précédant la création de l'État d'Israël
vignette|New Colony par Reuven Rubin, Palestine (1929)
Dès la fin du — alors que les États européens connaissent la montée du nationalisme et parallèlement, de l'antisémitisme —, un mouvement sioniste apparaît dans les communautés juives d'Europe, ayant pour objectif la création d'un État des Juifs. C'est lors du septième congrès international sioniste, tenu en 1905, que la Palestine est définitivement choisie, après que d'autres territoires comme l'Ouganda ont été envisagés. Au départ minoritaire parmi les communautés juives, le mouvement sioniste, petit à petit, achète des terres sur place, négocie avec le Royaume-Uni (qui administre la Palestine à partir de 1917) et, ayant pris de l'ampleur après la Seconde Guerre mondiale, parvient finalement à créer l'État d'Israël.
1947-1948 vignette|redresse|droite|Le plan de partage de la Palestine (1947) vignette|La Une du Palestine Post, du vignette|Carte des opérations militaires du au durant la Guerre d'indépendance israélienne (symboles de l'OTAN, APP-6A)
Vote du plan de partage de la Palestine
En , le gouvernement britannique remet le mandat qu'il détenait depuis 1920 sur la Palestine aux Nations unies.
Le , l'Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 181 qui prévoit le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe.
Le nouveau Yichouv et les communautés juives sionistes accueillent favorablement ce vote mais les Arabes palestiniens et l'ensemble des pays arabes qui militaient pour la constitution d'un État arabe sur toute la Palestine rejettent la résolution.
Le lendemain du vote, la guerre civile éclate entre les communautés palestiniennes juive et arabe.
Création de l'État d'Israël, guerre de 1948, expulsion des Palestiniens et absorption des premiers réfugiés juifs des pays arabes vignette|Camp de transit en Israël de Juifs expulsés du Yémen (1950)
Le , la guerre voit s'affronter les communautés juive et arabe. Dès décembre 1947, les milices sionistes puis l‘armée israélienne après le 15 mai 1948 entreprennent d’expulser les Arabes de Palestine, en application du plan Daleth. Si, le 31 mai 1948, Jacques Sallebert écrit dans le Monde que les Juifs à Jaffa espèrent le retour des commerçants et des fonctionnaires arabes partis dans la « panique » et que la coopération judéo-arabe continue à Haïfa aussi bien dans l'administration de la ville que dans l'activité des dockers du port, des archives, récemment déclassifiées ou découvertes fortuitement en 2024, confirment que les expulsions et massacres faisaient partie des ordres donnés aux unitésAdam Raz, « Terror Was Needed to Make Arabs Leave’: What the Israeli Army Did in 1948, Revealed », Haaretz, 27 février 2026.Alex McDonald, « 'Everyone was killed': Documents shine light on 'annihilation' of Palestinians during 1948 Nakba », Middle East Eye, 27 février 2026.Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 ( édition en français). , chapitre « Achever le travail : octobre 1948-janvier 1949 », 227 et suivantes..En , des volontaires arabes entrent en Palestine pour seconder les Arabes palestiniens. En avril, les forces juives passent à l'offensive. Les forces et la société palestiniennes s'effondrent. Le , dernier jour du mandat britannique, l'indépendance de l'État d'Israël est proclamée en tant « qu'État juif dans le pays d'Israël ». Le lendemain , les États arabes voisins, opposés au partage, interviennent. En théorie alliés, ceux-ci ambitionnent des objectifs différents et combattent leur adversaire de manière désorganisée et désunie. À la suite d'une série d'opérations entrecoupées de trêves, les forces israéliennes vainquent militairement sur tous les fronts. À Jérusalem, un cessez-le-feu est signé le entre les gouverneurs israélien et jordanien de la ville. La ligne d'armistice partage Jérusalem, laissant la vieille ville du côté arabe et Jérusalem est proclamée capitale de l'État d'Israël dès bien que l'Assemblée générale des Nations unies ait décrété le l'internationalisation de Jérusalem et son partage en deux zones, l'une juive, l'autre arabe sous l'administration d'un haut commissaire nommé par l'ONU.
En gagnant la guerre de 1948, Israël conquiert 26 % de territoires supplémentaires par rapport au plan de partage et prend le contrôle de 81 % de la Palestine de 1947. La guerre s'accompagne de bouleversements démographiques en partie voulus et préparés par le Yichouv (voir plan Daleth). Entre et , environ Arabes de Palestine fuient ou sont expulsés des territoires qui forment Israël - exode que Henry Laurens ou Ilan Pappé qualifient de nettoyage ethnique. Dans les vingt années qui suivent, en parallèle avec les tensions du conflit israélo-arabe, l'essentiel des membres des communautés juives du monde arabo-islamique, soit plus de , s'enfuient de ces pays, en y abandonnant souvent tous leurs biens.
Le , un ultime cessez-le-feu est imposé avec succès sous la pression conjointe des Britanniques et des Américains. Le , Israéliens et Égyptiens signent à Rhodes, sous l'égide de l'ONU, un accord d'armistice et des armistices seront signés avec les autres protagonistes au cours des mois suivants.
La guerre a fait militaires et civils parmi les Israéliens, dans les armées arabes et un nombre inconnu de morts parmi les civils arabes.
Cette guerre marque le début d'une très importante immigration de Juifs en provenance des pays arabes et d'Europe, avec la mise en œuvre d'une série d'opérations programmées comme au Yémen () ou en Irak ().
De 1948 à 1967 : les années de formation vignette|upright|David Ben Gourion (1949) La guerre gagnée, la priorité pour le nouvel état est de se doter d'institutions. Pour Ben Gourion, Israël doit être une république démocratique et parlementaire, sur le modèle occidental. Israël est même un État laïque dans le sens où il n'y a pas de religion d'État et que la souveraineté appartient au suffrage universel et non à la Torah. L'influence religieuse y est cependant très importante, aussi bien dans l'état-civil que dans les nombreux partis politiques confessionnels, qui donnent naissance à une vie politique passionnelle, animée par de multiples partis à cause d'un système électoral fondé sur une proportionnelle intégrale qui imposera au fil des élections et des majorités changeantes la formation systématique de gouvernements de coalition. Les premières élections législatives ont lieu en et donnent la majorité relative au Mapaï (gauche) qui peut former un gouvernement dirigé par David Ben Gourion. Souvent avec l'aide des partis religieux, la gauche gouvernera pendant près de jusqu'en 1977. Chaim Weizmann est élu premier président de l'État, pour un rôle purement représentatifPrésidents de l'État d'Israël (hors présidents par intérim) 1948-1952 : Chaim Weizmann 1952-1963 : Yitzhak Ben-Zvi 1963-1973 : Zalman Shazar 1973-1978 : Ephraïm Katzir 1978-1983 : Yitzhak Navon 1983-1988 : Chaim Herzog 1988-2000 : Ezer Weizman 2000-2007 : Moshe Katsav 2007-2014 : Shimon Peres 2014-2021 : Reuven Rivlin 2021- : Isaac Herzog (en fonction). .
La deuxième priorité est d'absorber les centaines de milliers d'immigrants venus d'Europe puis des pays arabes : la population croît de moins d'un million de personnes en 1948 à près de deux millions et demi en 1967, triple même entre 1948 et 1951. Le modèle de développement choisi est un modèle social-démocrate assumé par l'État et par le syndicat Histadrout. L'aide de la diaspora, particulièrement américaine, les réparations allemandes et l'essor démographique permettent un taux de croissance de 10 % par an : un nouveau port, Ashdod, une compagnie maritime, la Zim, et une compagnie aérienne, El Al, 350 kibboutzim et moshavim sont créés. La spoliation des biens arabes par la loi sur la propriété des absents est un facteur décisif pour loger et installer à moindre coût ces immigrantsPhilippe Rekacewicz, Dominique Vidal, Palestine-Israël : une histoire visuelle, Paris : co-édition Seuil, L’Olivier, Points, Nouvel Attila, Verso, 2024, , 86-87..
Toutefois, le jeune État ne réussit pas à s'insérer dans la région. Les réfugiés palestiniens tentent de rentrer chez eux, les accrochages et les actes de sabotage de la guérilla des fedayins à l'intérieur d'Israël se comptent par milliers et plus de 400 Israéliens sont tués de 1951 à 1956. Ce harcèlement permanent, la montée en puissance de Gamal Abdel Nasser, ses préparatifs militaires et le blocus du détroit de Tiran qu'il instaure, débouchent sur la campagne du Sinaï et la crise de Suez, qui n'apportent rien politiquement à Israël, si ce n'est une certaine tranquillité jusqu'à la crise de la guerre des Six Jours.
vignette|droite|upright|Israël, après la guerre d'indépendance (armistices de 1949/1950)
État juif Dans la déclaration d'indépendance, Ben Gourion met en relief le caractère juif de l'État d'Israël tout en y proclamant le respect de la liberté de conscience et de culte. Il lutte pour que Jérusalem reste à l'intérieur de l'État juif et la proclame capitale d'IsraëlLe , l'État d'Israël proclame « Jérusalem, entière et unifiée » depuis la guerre des Six jours comme sa capitale..
Les autorités religieuses juives, musulmanes ou chrétiennes restent chargées de la célébration des mariages, ce qui confère une large autorité au grand-rabbinat d'Israël dont le fonctionnement est régi par la loi du "Chief Rabbinate of Israel Law, 5740 (1980)"..
Kibboutzim
Un des traits caractéristiques de la jeune société israélienne est l'existence de communautés de vie et de travail, appelées kibboutzim, dont l'objectif est le plus souvent de nature agricole. Le premier kibboutz est fondé en 1908 à Degania en Galilée. En 1950, il en existe 214, regroupant plus de . En 2000, on en dénombre 268, pour . Les fondateurs de ces communautés sont souvent de jeunes idéalistes venus d'Europe, désireux de trouver un nouveau mode de vie et de participer à la création du nouvel État. Les kibboutzim fonctionnent comme des démocraties directes où tous les membres participent aux assemblées générales et où chacun effectue à tour de rôle les tâches les plus ingrates.
Les kibboutzim connaissent un succès remarquable : ils contribuent à 33 % de la production agricole et à 6,3 % de la production industrielle israéliennes. Dans les années 1970, près de 15 % des officiers de l'armée viennent des kibboutzim, alors que la population de ces communautés ne dépasse pas 4 % de la population totale. Après un déclin sensible dans les années 1990, les kibboutzim connaissent un certain renouveau se caractérisant par une économie profitable, mais également, par un abandon au moins partiel des idéaux originels : de 1990 à 2000, le pourcentage de salariés dans les kibboutzim est passé de 30 à 67 % et deux tiers des kibboutzim sont à présent dirigés par des professionnels et non par des membres du kibboutz.
Réparations allemandes et établissement des relations diplomatiques israélo-allemandes