Bouffioulx (en wallon Boufiou) est une section de la ville belge de Châtelet située en Région wallonne dans la province de Hainaut. La localité est réputée pour ses poteries en grès verni dont le surnom de « Cité de la Poterie ». C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie

Bouffioulx vient du latin vulgaire buffare « gonfler » dont est issu le terme buffa qui signifie une « grosse butte » représentative du relief de Bouffioulx.

Géographie

Bouffioulx est traversé par la rivière Hanzinne, affluent de la Sambre qui longe l’ancienne ligne de chemin de fer 138 (Châtelet-Florennes). Son altitude varie de à .

Des falaises et des carrières calcaires marquent de leur présence le paysage vallonné de la Hanzinne à Bouffioulx. Ces calcaires datent de la période Carbonifère de l'ère Paléozoïque et du Frasnien premier étage géologique du Dévonien supérieur du Paléozoïque. Ils présentent une grande densité de phénomènes karstiques. Les plus spectaculaires sont ceux qui affectent les barres rocheuses le long de la vallée du ruisseau d’Hanzinne, au sud du village de Bouffioulx. Les massifs calcaires sont percés d’un chapelet de grottes : Montrou, Trou Quinet, Trou du Château, Trou Marique et de conduits karstiques. Un important réseau de galeries et de salles part de ces orifices. L'argile grésante à forte teneur en silice, intercalée avec du sable, est présente dans les dépressions karstiques.

Quartiers

Les principaux quartiers La Blanche Borne dont la première pierre de la cité fut posée le ’. Saint-Blaise. Chamborgneau : hameau de Bouffioulx. Bouffioulx-Centre. La Sibérie. Le Domaine De Meyere. La Villette, situé au sommet de l'avenue Émile Vandervelde. vignette|L'église Saint-Ferdinand de Chamborgneau. Autres lieux-dits Les Tiennes dont la cité est située entre le terril d'Ormont, la rue de Presles et la rue des Égyptiennes, cette citée est parcourue de rues ayant comme noms en souvenir du jumelage avec Campagnolles commune du département du Calvados en Normandie. En 1970, de nouvelles constructions voient le jour notamment : et . L'immeuble « Le Normandie » comporte qui regroupe . Dans les années 1980, la cité bénéficiera d'une extension. Les Potiats, nom donné aux maisons de la rue Paul Pastur. Montchevreuil. Moncheret. Les Vaucelles. Les Coutures. Champ de Pêchenne. Carrière Moreau. Grotte de Montrou. La Goulette. Mèlèrî.

Bois Bois des Malagnes. Bois des Minières. Bois Godeau.

Hydrographie L’hydrographie de Bouffioulx s’organise autour d’un réseau dominé par la Hanzinne, cours d’eau non navigable du bassin wallon. Cette rivière traverse le village en suivant un tracé encaissé, typique des vallées calcaires du Hainaut. Son lit mineur, défini par le Code de l’Eau, correspond à une emprise étroite délimitée entre deux ruptures de pente, parfois élargie dans les zones anthropisées où les données proviennent de l’Institut géographique national.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

Préhistoire et Antiquité Avec un sol riche en silex, de nombreux cours d'eau et des étendues boisées, la région qui entoure Bouffioulx était propice à l'installation de tribus du Néolithique. Des traces remontant à ont notamment été retrouvées dans la grotte de Montrou à Bouffioulx. Jusqu'au milieu du , un groupe mégalithique composé d'un dolmen et de plusieurs menhirs maintenant disparus surplombait la vallée de la Hanzinne "Les antiquités de Bouffioulx et de ses environs", Bulletin des Séances du Cercle Archéologiques de Mons, I, Ch. Pasquier-Nalinne, (1865) sur le plateau rocailleux de Sainte-Blaise. Dans le bassin de Bouffioulx, aux abords de la Biesme, la présence d'un ensemble mégalithique indique également une présence ancienne de l'Homme. Malheureusement, l'ensemble et son dolmen furent détruits vers le milieu du .

Moyen Âge vignette|« Seigneur de Montrou et gouverneur de Montchevreuil ». Médaillon en grès de Bouffioulx, qui a été réalisé au .|gauche Le plus vieil écrit concernant ce lieu remonte à 1341 quand Gilles de Loverval vend au Chapitre Saint-Lambert de Liège, sa terre et seigneurie de Bouffioulx qui est rattachée à celle de Châtelet. La fabrication de poteries en grès vernissé au sel à Bouffioulx date du Moyen Âge et remonte au . L'on connaît l'existence à Bouffioulx d'une cour de justice dès le , et de deux cours foncières dès le . La topographie de Bouffioulx, au Moyen Âge était très différente d'aujourd'hui car l'exploitation calcaire a transformé le paysage au . Le village se trouvait de part et d'autre de la Biesme, coincé entre deux « montagnes » de roche : Montrou et Montchevreuil. Deux châteaux s'y sont construits dès le , surplombant l'accès au village.

Le château de Montrou se trouvait sur le flanc rocheux où culmine l'actuel quartier Saint-Blaise ou Montrou. En contrebas se trouve la grotte de Montrou dont les galeries souterraines (désormais obstruées) menaient jusqu'à l'abbaye de Salzinnes. Un médaillon du témoigne de festivités qui s'y déroulaient le lundi de Pâques, cette tradition disparaitra au avec les dernières ruines. Les ruines du château de Montchevreuil ont également disparu sous les lignes de chemin de fer, aux abords de l'actuelle rue de Montchevreuil. On donna l'ordre de le démolir en 1862, ce qui fait que nous pouvons encore retrouver le dessin des murailles du vieux-château sur un plan cadastral de 1830-1834. Toutefois, l'esprit de la Seigneurie de Montrou n'a pas disparu, une compagnie de reconstitution médiévale - la Mesnie di Matra - préserve les légendes qui entourent ces lieux.

Renaissance et Temps modernes vignette|L'église Saint-Géry de Bouffioulx. L'organisation municipale proprement dite ne date que du Syndicat d'initiative de Bouffioulx . En 1610, on érige la paroisse et l'église de Bouffioulx (désormais église Saint-Géry) dont subsiste le chœur semi-hexagonal.

Bouffioulx bénéficie à cette époque d'une grande prospérité économique, notamment grâce aux grès de Bouffioulx. La poterie faisait vivre de nombreux spécialistes dans différents métiers : bûcherons, extracteurs de terre, tourneurs, émailleurs, peintres, cuiseurs et spécialistes de la pose d’étain. En 1748 le relevé (fiscal) des cheminées pour la communauté de Bouffioulx recense 99 habitations Archives de l'État à Liège, Fonds des États, registre correspondant à une population de 445 (± 10 %) personnes Le Vieux Châtelet, , (1979) . À partir du , le grès de Bouffioulx subit la concurrence de la faïence et tombe progressivement en désuétude.

Époque contemporaine Avec l'avènement de la révolution industrielle, la population passe de à de 1830 à 1880 du fait du développement de l'industrie minière (carrières de marbre et de pierres à bâtir) et sidérurgique (hauts-fourneaux, laminage, chaudronnerie) Le Vieux Châtelet, , (1987) . En 1907, le peintre Willem Delsaux établit un atelier de poterie à Bouffioulx et remet en honneur l'art du feu dans la production de poteries en grès. Il y applique les techniques et méthodes décoratives traditionnelles de la région à ses propres créations. À Bouffioulx, il côtoie, les artistes et céramistes Edgard Aubry, Roger Guérin, Arthur Craco, Omer Coppens ou Willy Finch. En 1911, il fonde la Poterie de l'Escarboucle., une école wallonne de fabrication d'émail et de faïence émaillée, destinée, entre autres à l'architecture (cheminées, façades complètes, terrasses ou vases). Le déclenchement de la Première Guerre mondiale contrarie le fonctionnement de son entreprise.

En , Bouffioulx est l'un des théâtres de la bataille de Charleroi entre la armée allemande du général Von Bülow venant de la vallée de la Sambre et la armée française du général Lanzerac. De à le , de violents combats opposent le régiment d'infanterie allemand aux régiment d'infanterie et régiment d'infanterie français. Les Français sont contraints à la retraite et Bouffioulx tombe aux mains des Allemands. En représailles de la résistance rencontrée à Bouffioulx, l'armée allemande exécute 10 civils et détruit 32 bâtiments. Le , des civils réquisitionnés sont contraints d'inhumer français dans trois fosses communes"Bouffioulx, 22 août 1914", Georges Staquet, (1968) .vignette|Monument aux victimes des bombardements et aux fusillés en 1944. Situé dans le hameau de la Sibérie.|gaucheDans l'entre-deux-guerres, le talentueux élève de Willem Delsaux, Roger Guérin, établit son atelier de potier à Bouffioulx et produit des céramiques de style Art déco. Les céramiques et poteries de Bouffioulx acquièrent grâce à lui une grande notoriété en Belgique et à l'étranger. L'on peut à présent les admirer dans des musées belges, hollandais, italiens et américains. Au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, une grande partie des habitants de Bouffioulx partent vers la France le . Les troupes allemandes entrent sans combats dans la commune le pour s'en retirer début juin et rester à Châtelet. Dans le courant de juin-juillet les habitants rentrent dans leurs habitations. De à , la commune de Bouffioulx est intégrée au Grand Charleroi sous occupation allemande, Bouffioulx faisait alors partie du District II aussi nommé District de Châtelet. À partir de , l'aviation alliée débute le bombardement des réseaux ferroviaires belge et français en prévision du débarquement en Normandie. Le des bombardiers moyens B26 Marauder américains attaquent la gare de formation de Couillet. La dispersion des bombes cause la mort de . Le bombardement en tapis du provoque la destruction totale de et de graves dégâts dans du quartier de la Blanche Borne Le Vieux Châtelet, , (2003) . En 1977, la commune de Bouffioulx est intégrée à la commune de Châtelet. Liste des bourgmestres de 1816 à 1977

Adrien Baudelet (maire-mayeur), de 1816 à 1821. Jacques-Alphonse Gibon (mayeur), de 1822 à 1830 (unioniste-tendance libéral). Jean-Baptiste Baudelet, de 1831 à 1833 (unioniste-tendance catholique). Jacques-Alphonse Gibon, de 1833 à 1837 (unioniste-tendance libéral). Jean François Camberlin, 1837 à 1848 (Parti libéral). Guillaume Hermant, de 1848 à 1868 (Parti libéral). Pierre-François Grégoire, 1868 à 1878 (Parti libéral). Jacques-Alphonse Gibon, de 1878 à 1892 (Parti libéral). Émile Hermant, de 1892 à 1895 (Parti libéral). Gustave Guyaux, de 1895 à 1903 (Parti catholique). Émile Hermant, de 1903 à 1921 (Parti libéral). Léon Dufays, de 1921 à 1926 (POB). Germain Baudoux, de 1926 à 1933 (Parti libéral). Alfred Nassaux, de 1933 à 1938 (POB). Alphonse Mahy, de 1938 à 1940 (POB). Victor Marsipont, de 1940 à 1941 (POB). Charles Sandron, de 1941 à 1942 (POB). Léon Dufays, de 1942 à 1953 (PSB). Eugène Vandeloise, de 1953 à 1969 (Parti d'Unité Wallonne). Marcel Biron, de 1969 à 1977 (PSB)Fusion des communes en Belgique..

Patrimoine, musées et folklore vignette|La maison de la Poterie (ancienne poterie Jules Guérin).

Patrimoine architectural, monuments et musées L'église Saint-Géry, construite au et en 1774. L'église Saint-Ferdinand construite en 1913 par la famille Pirmez dans le quartier de Chamborgneau de style néo-roman. Le vieux centre de Bouffioulx avec ses rues étroites, sa Maison de la poterie et ses maisons en pierres. vignette|Monument au morts 1914-1918.Le musée de la Grange aux Potiers, de l’atelier du Potier en activité et de la salle des fours (Poterie Dubois). Le monument de la guerre 1914-1918, œuvre de Désiré Weygers sur la place. L'ancienne maison communale. En 1843, la maison communale est devenue vétuste. En 1886, jugée trop exiguë, un projet d’agrandissement est lancé. En 1945, un nouvel agrandissement est prévu, incluant deux salles d’école. Vers la fin des années 1960, l’architecte Albert Guyaux de Charleroi est chargé d’étudier la transformation du bâtiment, et le , la maison communale est inaugurée.

Folklore Fête de la Poterie : fête dédiée à l'artisanat organisée en juin-juillet.