Le Véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI) est un véhicule de combat d'infanterie français tout-terrain à huit roues, conçu en France par Nexter Systems et par Arquus et fabriqué par KNDS qui est responsable de toute la partie mobilité de l'engin.

Destiné à remplacer l'AMX-10 P, le VBCI dispose de performances nettement supérieures ; onze soldats peuvent prendre place à bord du véhicule qui est équipé de tous les moyens de communication modernes. La chaîne de montage du VBCI se trouve sur le site de Roanne de Nexter Systems. L'intégration des prototypes et leurs essais ont été réalisés sur les sites de Satory (situé sur le plateau du même nom à Versailles) et de Roanne.

Développement et production

Contexte Au début des années 1990, le gouvernement français lance le programme VBM (Véhicule blindé modulaire) pour remplacer les véhicules de transport de troupes de l'armée française.

GIAT Industries devenu Nexter et Renault Véhicules Industriels (aujourd’hui Arquus) présentent chacun un démonstrateur. Giat propose le Vextra en 1994 et le X8A de RVI est testé par l’armée française en 1996. thumb|Giat Vextra thumb|Renault X8A Le VBCI est issu de la coopération entre RVI et GIAT Industries.

En , la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni conviennent de développer conjointement le véhicule à roues 8×8 à traction intégrale et l'Allemagne et le Royaume-Uni se joignent au projet. Cependant, en 1999, le programme commun n'aboutit pas et la France décide de continuer seule. L'Allemagne et le Royaume-Uni, rejoints par les Pays-Bas en 2001, forment un nouveau consortium appelé Artec. Leur coopération aboutira au développement du Boxer.

Le , le gouvernement français commande 700 VBCI et le programme se poursuit. Ce chiffre passe à 630 exemplaires lors du projet de loi de programmation militaire 2014-2019..

Développement initial En 2003-2004, le programme a atteint quelques étapes principales importantes : les tests de mobilité/agilité, le test de blindage et les tests des systèmes électroniques ont été tous réussis. De 2004 à 2005, les cinq premiers prototypes (4 VCI et 1 VPC) ont été testés dans des conditions réelles. Mais, ces tests ont montré des incompatibilités rédhibitoires dans l'intégration de la tourelle Tarask par rapport aux pratiques de l'armée de terre. Celle-ci a dû être profondément revue. Les deux années de retard dans le programme furent les conséquences de cette erreur de conception.

Nexter Systems a été chargée de la fabrication de la caisse en aluminium, de la tourelle de Tarask, dérivée de la tourelle Dragar, tandis que Renault Trucks Défense s'occupait de la partie mobilité de l'engin. Le VBCI est conçu pour amener le fantassin au plus près des combats.

En 2014 est sorti un nouveau châssis. Celui-ci reprend la forme générale de l'engin mais le poste du pilote est reculé là où se situait le poste du chef d'engin. Ce nouvel engin, équipé d'une nouvelle motorisation, toujours d'origine Volvo, est appelé VBCI 2. Equipé de la nouvelle tourelle T40, il est proposé pour répondre à l'appel d'offres afin de fournir plusieurs centaines de VBCI au Qatar.

Pour faire face à un déficit de véhicules sanitaires de combat, l’armée de Terre a proposé au service de santé des armées (SSA) d’équiper un Véhicule Blindé de Combat de l’Infanterie en version sanitaire. La section technique de l’armée de Terre, la STAT, a installé le premier « KIT SAN » (kit sanitaire) pour un VBCI en à Gao. 6 VBCI bénéficient d'un KIT SAN..

Histoire opérationnelle vignette|redresse=1.2|Soldats français et VBCI à Gao en mars ou avril 2013.

Le VBCI a été utilisé sur un théâtre d'opération la première fois en mai/ en Afghanistan pour la protection de convois et l'appui des fantassins des forces françaises en Afghanistan.

Un total de dix VBCI qui peuvent engager une cible avec leur canon de à ont été mis en ligne jusqu’à leur retrait fin 2012. Durant l’été 2011, ceux-ci, présents dans la province de Kapissa, ont été visés par une quinzaine de roquettes RPG-7 : une a rebondi sur le Q-net (blindage cage) sans exploser, les autres n’ont pas touché leur cible. Ils ont subi également deux attaques à l'engin explosif improvisé : l'un a explosé avant le passage du véhicule, le second a lacéré deux pneus avant droit (le VBCI a huit roues motrices) et soufflé le blindage cage du VBCI. Ce véhicule a continué de rouler jusqu’à sa base opérationnelle avancée avant de repartir en mission deux heures après..

En , des VBCI du d'infanterie de Clermont-Ferrand sont déployés par l'armée française au Mali dans le cadre de la résolution 2085 de l'ONU sur le conflit malien. Ainsi, 34 VBCI ont été déployés dans ce conflit.. Ils ont tiré, en , de 25 mm..

Caractéristiques vignette|gauche|redresse=1.2|Un VBCI en 2009.

Disposition générale

L'habitacle de est prévu pour accueillir largement onze soldats de grande taille équipés (conducteur + chef de bord / tireur + neuf fantassins avec tout l'équipement collectif du groupe de combat). La version APC sans tourelle, proposée pour le contrat FRES utility, permet d'accueillir quatorze fantassins.

Mobilité

Motorisation Afin de minimiser les coûts de développement, Nexter a adapté des composants existants disponibles « sur étagère ». Le Volvo D12 est un moteur diesel quatre temps, à six cylindres en ligne suralimenté par turbocompresseur développant une puissance de 550 ch au régime de . Son couple maximal est de 2196 N m à 1200 tr/min. Le moteur est accouplé à une boîte de vitesses automatique ZF Ecomat 7HP 602 couplée à un convertisseur de couple. La boîte comporte sept vitesses en marche avant et deux en marche arrière. Le VBCI possède deux réservoirs, un à l'avant d'une contenance de 170 litres et un autre à l'arrière, sur le déport de caisse, d'une capacité de 230 litres. La suspension du VBCI est mixte ; oléopneumatique et mécanique à grand débattement.

Train de roulement Le choix de roues plutôt que de chenilles pour un véhicule blindé est un débat ancien. Plus mobiles et confortables dans les déplacements à grandes distances que les engins chenillés, comme l'AMX-10P, les véhicules à roues sont moins coûteux à l'acquisition, consomment moins de carburant et se révèlent plus faciles à entretenir et à dépanner. L'adoption d'une propulsion à huit roues motrices a considérablement accru leur mobilité en tout terrain et a augmenté leur polyvalence. Par ailleurs, ils peuvent recevoir les mêmes protections et armement qu'un engin chenillé. De plus, leur garde au sol élevée et la forme de la caisse les rendent plus résistants au souffle des mines. Mais ils ont aussi leurs inconvénients dans les guérillas urbaines : ils ne peuvent pas tourner sur place en cas de barrage et ont une faculté moindre de franchissement d'obstacles. Néanmoins, le VBCI dispose d'un système de braquage d'urgence par freinage unilatéral qui permet la giration par « ripage ».

Mobilité stratégique, opérationnelle et tactique Le VBCI est également conçu pour être aéroportable par un Airbus A400M, avec une masse à vide de moins de 18 tonnes (la masse au combat est de 28 tonnes pour la version d'origine, portée à 32 tonnes après une rénovation durant la seconde moitié des années 2010).

Protection La caisse est constituée d'une structure mécano-soudée en alliage d’aluminium de forte épaisseur sur laquelle sont rapportées des plaques de blindage complémentaires en acier très haute dureté (THD). L'habitacle possède une protection pare-éclats interne. Ce blindage répond au niveau 5https://web.archive.org/web/20110723004228/http://www.air-defense.net/pdf/VBCI.pdf de la norme OTAN de protection STANAG 4569 correspondant à une protection contre les obus perforants sous-calibrés de sur l'arc frontal ainsi que les éclats d’obus d'artillerie de détonnant à de l'engin. Le dessous de la caisse est aussi protégé contre les mines avec des caissons déformables absorbant l'énergie, les sièges suspendus réduisant les conséquences du choc résiduel. Le niveau de protection contre les mines terrestres et les engins explosifs improvisés correspond au niveau 3Selon la brochure de Renault Trucks / Giat Industries du début des années 2000 https://web.archive.org/web/20240316102429/https://imgur.com/qlfwG0l de la norme STANAG 4569, c'est-à-dire résister à l'explosion d'une mine à effet de souffle contenant un explosif équivalent à de TNT.

La protection contre les mines de la version 32 tonnes du VBCI a été corrigée, avec, en contrepartie, une augmentation de 400 kg de la masse à vide du VBCI. La protection anti-incendie est assurée par six extincteurs (quatre extincteurs habitacle et deux extincteurs moteur) à déclenchement automatique qui vont, à l'aide d'un gaz, chasser l'oxygène de l'habitacle durant six secondes. Le VBCI peut évoluer dans un environnement contaminé CBRN pendant une durée maximale de dix jours. Toutes les optiques (épiscopes et viseurs) sont traitées contre le laser.

Les pneumatiques sont des Michelin X-Force, qui sont capables de parcourir après avoir été percés de cinq balles (trois sur les flancs, deux sur la bande de roulement)..

Armement et équipement

Armement principal vignette|redresse=1.2|La rampe d'accès à l'habitacle entourée des lanceurs Galix.

La tourelle Tarask de Nexter est prévue pour un seul homme.

L’armement de cette tourelle dans le VBCI est constitué : d'une stabilisation de la conduite de tir 2 axes (+ azimutage automatique sur cible verrouillée) ; d'un canon-mitrailleur de M811 d’une cadence de tir de par minute, disposant de 220 obus prêts au tirhttps://www.defense.gouv.fr/terre/equipements/armement/canon-de-25-mm ; d'une mitrailleuse coaxiale MAG de 7,62 mm disposant d'environ ; de dispositifs de protection rapprochée (DRECS) Lacroix Galix.

Les moyens d’observation et de visée de la tourelle sont : un viseur tireur (VTI) qui permet, d'une part, l’observation et la visée en voie directe optique, en vidéo jour et thermique avec possibilité de télémétrie et, d'autre part, la conduite de tir ; un ensemble d’épiscopes permettant au tireur une observation directe à ; un moyen d’observation panoramique (MOP) thermique, stabilisé deux axes, piloté par le chef. Il peut être mis à disposition du tireur. Il sert à l'observation panoramique, à la désignation d'objectif par le chef pour le tireur, et possède divers modes de ralliement sur la visée tireur, sur le châssis, ou sur les divers épiscopes chef ou tireur.

En fonction des besoins opérationnels, la tourelle Tarask peut être équipée entre autres des éléments suivants : leurre infrarouge (LIRE) détecteur d’alerte laser (DAL) dispositif d’identification au combat (DIC)

Communication Le VBCI possède un système de communications SIT (Système d'information terminal) ainsi qu'un système d'identification du combat

Versions Versions EMAT vignette|redresse=1.2|VBCI présenté aux Journées Nation Défense en 2005.

VCI Le Véhicule de Combat d'Infanterie transporte un groupe de combat de huit hommes (+ d'équipage). Il est équipé d'une tourelle Tarask armée d'un canon-mitrailleur de calibre et d'une mitrailleuse de calibre .

VBCI 32 tonnes