Le plateau d'Albion est une zone de hautes plaines située à cheval sur les trois départements français de Vaucluse, de la Drôme et des Alpes-de-Haute-Provence. Il se subdivise administrativement en sept communes : Sault (Vaucluse), Ferrassières (Drôme), Aurel (Vaucluse), Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence), Saint-Trinit (Vaucluse), Saint-Christol (Vaucluse) et Simiane-la-Rotonde (Alpes-de-Haute-Provence).

Il a bénéficié d'une renommée internationale en accueillant, de 1971 à 1996, la base de lancement des missiles nucléaires sol-sol balistiques de la force de dissuasion nucléaire française, dont les installations militaires s'étendaient au-delà du plateau sur la commune de Lagarde-d'Apt.

Toponymie Ici, dans l'Antiquité résidèrent les Albienses, qui faisaient partie de la fédération des Albiques. En provençal classique, le plateau se nomme Plan d'Aubion et Plan d'Aubioun en provençal de norme mistralienne.

Géographie L'accès au plateau d'Albion s'effectue par plusieurs cols : le col des Abeilles, entre Sault et Villes-sur-Auzon, le col de l'Homme Mort, au nord, vers la Drôme, le col du Négron, vers la Drôme, et la vallée de la Méouge.

Géologie thumb|left|Entrée de l'aven de la Moutte au Revest-du-Bion.

thumb|Faciès karstique avec lapiaz. Au Jurassique, sur une épaisseur de plus de se sont déposées alternativement des couches de calcaire, de marne et d'argileDonnées karstiques sur le plateau d'Albion..

Le plateau est situé sur un substrat de couches de calcaires à faciès urgonien (Crétacé). Ce calcaire se présente selon un modelé karstique avec lapiaz, avens et dolines. Il est associé à des couches sédimentaires du Bédoulien et de calcarénites du Barrémien (Secondaire), recouvert par des colluvions et alluvions siliceuses et des argiles de décalcification du QuaternaireInventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : faune et flore du plateau d'Albion..

Ce plateau calcaire, percé d'avens, est un énorme bassin aquifère qui va de la montagne de Lure jusqu’au mont Ventoux. Les rivières souterraines du plateau alimentent une remarquable émergence : la fontaine de Vaucluse.. On a recensé plus de deux cents gouffres ou avens aux ouvertures parfois très étroites et difficilement repérables. Les plus profonds sont l'aven de Jean Nouveau, avec son puits vertical de . et l'aven Autran, qui dépassent les de profondeur. Le système du Souffleur (aven des Neiges-Aubert-Trou Souffleur..) situé à Saint-Christol atteint le collecteur, la rivière d'Albion, a six cent vingt mètres de profondeur et la plongée d'un siphon à - a permis d'atteindre de grands volumes noyés à -..

Climatologie Le plateau possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le mont Ventoux et la montagne de Lure, le chaînon le plus occidental. Du climat méditerranéen en partant du village de Simiane-la-Rotonde, elles évoluent en fonction de l'altitude vers un climat tempéré puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes.

Faune et flore Sylve chêne pubescent, chêne sessile, hêtre, tremble, bouleau, pin sylvestre, pin maritime, genêt à balais, bruyère callune et châtaignierInventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Flore du plateau d'Albion..

Champignons Liés à une ou quelques espèces d'arbres, les champignons abondent, en saison, sur le plateau. On y trouve le lactaire délicieux, dit pinin, le lactaire sanguin, dit sanguin, les bolets dont le cèpe bronzé, les chanterelles dont la girolle (Cantharellus cibarius), sans oublier le pied-de-mouton, (Hydnum repandum) et surtout le petit gris ou griset du Ventoux (Tricholoma myomyces)Les champignons en Vaucluse..

Flore bugrane striée, brome dressé, thym, genêt cendré, lavande à feuilles étroites.

gagée des champs, ophioglosse des marais, danthonie des Alpes, Ventenatée douteuse, ciste à feuilles de laurier.

adonis flamme, aspérule des champs, Caméline à petits fruits, gaillet à trois pointes, Grand polycnémum, buplèvre à feuilles rondes, nielle des blés, androsace à grand calice et vachère d'Espagne.

Faune Rapaces diurnes circaète Jean-le-blanc, busard cendré, aigle royal, aigle botté, autour des palombes, faucon hobereau,bondrée apivoreInventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Faune du plateau d'Albion..,

Rapaces nocturnes petit-duc scops, grand-duc d'Europe, chouette chevêche, chouette de Tengmalm,

Pie-grièche pie-grièche à tête rousse, pie-grièche écorcheur, pie-grièche méridionale, pie-grièche à poitrine rose.

Bruant bruant fou, bruant ortolan, bruant proyer.

Granivores caille des blés, moineau soulcie.

Insectivores fauvette orphée, guêpier d'Europe, huppe fasciée, œdicnème criard, pic épeichette, râle des genêts, torcol fourmilier.

Mixte cochevis huppé, bécasse des bois, outarde canepetière.

Grands mammifères cerf élaphe, sanglier, renard.

Petits mammifères lièvre, lapin.

Chauve-souris grand rhinolophe, petit rhinolophe, noctule de Leisler.

Batracien et reptile pélodyte ponctué, vipère aspic.

Insectes grand capricorne, lucane cerf-volant, écaille chinée.

Communes du plateau d'Albion

+ Communes du plateau d'Albion Commune Superficie Population Densité Altitude Coordonnées 84 Aurel 220 7,6 /km 26 Ferrassières 118 4 /km 04 Revest-du-Bion 536 12 /km 84 Saint-Christol 24 /km 84 Saint-Trinit 118 7,1 /km 84 Sault 12 /km 04 Simiane-la-Rotonde 574 8,5 /km

Histoire Préhistoire

Antiquité Histoire d'Albion

Moyen Âge

Période moderne

Période contemporaine La Résistance vignette|Stèle à la mémoire de Charles Thomas, alias Nestor,membre du SAP.

Durant la Seconde Guerre mondiale, dès que les troupes allemandes envahirent la Provence, se constitua un important réseau de résistance qui contrôla un espace allant du mont Ventoux à la montagne de Lure. Au centre, Fernand Jean, responsable de la SAP (Section Atterrissage Parachutage) et ses deux adjoints Arthur Delan de Caseneuve, et Augustin Courveille d'Apt, mirent en place toute une série de terrains d'atterrissage couvrant le secteur du plateau d’AlbionHistoire du village de Caseneuve.

Fernand Jean, dit Junot, avait logé une des équipes de la SAP dans une dépendance de la ferme de Berre, à environ un kilomètre des terrains d’atterrissage Spitfire et AbrisTémoignages sur la résistance dans le pays de Carpentras et le Comtat Venaissin, Musée de la Résistance à Fontaine de Vaucluse..

Il a narré un des épisodes les plus marquants de l'esprit de résistance qui régnait alors : .

Le village du Revest-du-Bion vu par des ethnologues En 1971, des étudiants en ethnologie dans le cadre du CERESM, mis en place par l’Université de Provence d'Aix-en-Provence, étudièrent le village au point de vue de ses spécificités tant environnementales qu'économiques..

Établi sur une butte, au centre de la commune, le village est le carrefour vers lequel convergent chemins, drailles et routes qui desservent ses exploitations agricoles dispersées ou qui le relient à l'extérieur.. Cette structuration oblige même de passer par le village pour se rendre d'une exploitation à l'autre.. Ce qui a donné à celui-ci une importance capitale comme centre de distribution des produits d'usage et de consommation au travers de ses commerces et de diffusion des nouvelles à partir de ses lieux publics.. Cette a son revers puisque les chemins partant d'une exploitation et pouvant permettre de rejoindre une autre commune, en particulier dans la partie septentrionale du Revest, sont rarement entretenus et praticables.

Elle a déterminé aussi un sentiment identitaire fort , qualification signifiant .. Ce sentiment de longue appartenance communautaire, s'est traduit par des définitions originales de ceux qui sont étrangers à la commune. S'il est originaire du plateau, il est qualifié d'estrangié du dedans, s'il vient de la région c'est un estrangié du dehors, et tout autre origine le fait considérer comme un estrangié pas d'ici. thumb|Lavoir de la Combe du Pommier. Il existe même un clivage dans la population communale entre ceux qui résident dans le village et ceux qui vivent à l'extérieur. Il marque le contraste, sans ostracisme, entre la paysannerie qui vit en quasi-autarcie dans son , et l'urbanité des villageois qui ont à leur disposition sur place espaces et services publics, commerces et lieu de culte.

Sur le plateau, la dénomination de s'applique a des zones habitées ou non. Il peut avoir une désignation patronymique, au Revest c'est le cas du Plan des Barruols, Les Cléments, Le Michalet, Le Gendre ou Les Morards, ou une désignation géographique Combe de Bordeaux, Font d'Artigues, Combe du Pommier ou Le Médéric. Jusqu'au milieu du , ceux qui vivaient de ces écarts devaient, trois fois par semaine, descendre au village pour faire leurs courses et prendre leurs pains chez le boulanger à qui ils avaient fourni la farine.. thumb|Lavoir et fontaine au Revest.. C'est là qu'ils retrouvaient le , la place publique. Celle-ci concentrait dans un espace réduit un certain nombre de points attractifs. C'était un lieu de rencontre (bancs, cafés, lavoir), de loisir (boulodrome), de relations économiques (commerces, services publics), un pôle des références (horloge publique) et aussi un lieu d'ostentation verbale et vestimentaire.

L'enquête a montré que dans le village, il y avait au cours des années 1970, une répartition de l'espace par sexe et classe d'âge. Aux hommes étaient réservés les cafés, le boulodrome, la mairie et une place du village, les femmes se retrouvaient aux fontaines, au lavoir, dans les commerces et à l'église. Les personnes âgées séjournaient et conversaient dans des lieux toujours en retrait de ceux fréquentés par les actifs. Elles avaient leurs bancs réservés, à l'ombre l'été, en plein soleil, l'hiver. Quant aux enfants, il leur était réservé la nouvelle place du village. thumb|Le Portissol. Dès le début du , la place du Portissol joua un rôle économique. C'est là que se tenaient les quatre foires du Revest, qu'était commercialisée la lavande et que furent répartis les commerces de détail qui permirent l'approvisionnement domestique ainsi que la vente de la production ou de la cueillette des paysans.. Blé, pommes de terre, gibier, champignons, charbon de bois et ocre étaient vendus par le commerce local, certains produits, comme les grives ou les champignons, étaient troqués contre du café, du sucre, du chocolat, du savon ou des conserves. thumb|left|Zone commerciale de Sault. thumb|Élevage d'ovins selon la pratique traditionnelle. Si dans la seconde moitié du , l'approvisionnement ne se faisait plus uniquement au village, celui-ci jouait toujours son rôle pour la vente des céréales, de la laine, de la paille, du fourrage et des amandes. Tous ces produits transitaient par l'intermédiaire d'un courtier du Revest. Le miel, les champignons, les fromages, les œufs et les volailles étaient revendus en partie par les commerçants de la place du Portissol. Les pommes de terre étaient revendues à Saint-Christol, les agneaux et la laine à Sault, les grives et les champignons à la conserverie de Saint-Trinit. Quant à la lavande elle était commercialisée par l'intermédiaire des courtiers de Séderon, Sault ou Carpentras.. La grande mutation s'est faite à la fin des années 1960 avec l'apparition à Sault, seule ville du plateau, de moyennes surfaces puis la création de la zone commerciale qui suivit. thumb|Tommes de banon.