Le siège de Leningrad est le siège de près de imposé à la ville de Leningrad par la Wehrmacht au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Commencé le , le siège fut levé le par les Soviétiques, qui repoussèrent les Allemands malgré des pertes humaines colossales (, dont près d'un million de civils).
Avec , ce siège est le plus long de l'histoire moderne jusqu'à celui de Sarajevo au début des années 1990 ().
Le , afin de rendre hommage à ceux qui par leur action militaire ou civile ont contribué à repousser les troupes allemandes, le gouvernement soviétique a instauré la médaille pour la Défense de Leningrad.
Barbarossa et l'invasion des pays baltes L', le nom de code du plan d'invasion de l'Union soviétique par le , commence le , à du matin. Les forces allemandes sont organisées en trois groupes d'armées principaux, attaquant frontalement : le groupe d'armées Nord est commandé par Wilhelm von Leeb et a pour objectif d'avancer dans les pays baltes pour s'emparer de leurs installations portuaires et de pousser jusqu'à Leningrad puis de prendre ultimement Arkhangelsk, le groupe d'armées Centre est dirigé par Fedor von Bock et vise Moscou, enfin le groupe d'armées Sud de Gerd von Rundstedt doit s'emparer de l'Ukraine puis pousser son avancée jusqu'au Caucase et notamment les villes riches en pétrole comme Maikop, Grozny ou Bakou, et à Astrakhan pour former la ligne Astrakhan-Arkhangelsk (parfois appelée Volga-Arkhangelsk, car suivant le tracé de la Volga), qui est le véritable objectif stratégique des Allemands.
Plus au nord, des troupes germano-finlandaises lancent des offensives en direction de Mourmansk, important port soviétique en Arctique par où transitent des marchandises anglo-américaines fournies grâce au prêt-bail initié par Roosevelt le , permettant de soutenir les pays alliés en leur fournissant des armes, de la nourriture, des véhicules, etc. Un autre objectif des Germano-finnois dans la région est la prise de la ligne de voie ferrée de Kirov, reliant Mourmansk au reste du pays. Les Finnois hésitent cependant à pousser la collaboration avec l'Allemagne au delà des territoires perdus pendant la guerre d'Hiver en Carélie méridionale et orientale, de peur de rompre les liens diplomatiques avec les Anglo-américains, qui ont clairement fait comprendre qu'ils ne tolèreraient pas des attaques contre des convois transportant du matériel occidental à destination de l'Union soviétique, au risque pour la Finlande de ne plus pouvoir importer des produits vitaux comme le blé ou les locomotives nécessaires à son réseau ferroviaire hors d'âge. Ainsi, la Finlande sera toujours réticente à s'engager dans des actions conjointes avec le Troisième Reich pour prendre Léningrad..
L'offensive allemande est un succès pendant les premières semaines. Les troupes allemandes du groupe d'armées Nord, sous la direction du maréchal Wilhelm von Leeb, avancent rapidement et percent à travers les pays baltes, alors occupés par les troupes soviétiques. Les Soviétiques commencent la construction d'une ligne de défense entre les pays baltes et Leningrad, la . Le , Riga tombe ainsi aux mains des troupes allemandes.
Celles-ci franchissent un peu plus difficilement la ligne Staline encore en cours d'édification, à Ostrov au sud-est du lac Peïpous.Le tracé de la ligne Staline part de Pskov, suit le cours de la rivière Velikaïa, passe par Ostrov, Opotchka et rejoint la Dvina dans les environs de Polotsk..
Le , les troupes allemandes atteignent le fleuve Louga au sud de Leningrad et menacent la ville. Le , le maréchal Vorochilov, nommé depuis le commandant en chef du front du Nord-Ouest, déclenche une contre-offensive devant Leningrad entre le lac Ilmen et Soltsy pour gagner du temps et permettre la fortification de Leningrad, pour laquelle la totalité de la population est mobilisée.
Le , les troupes finlandaises (opposées à l'Union soviétique) occupent Sortavala, à l'extrême nord du lac Ladoga. Elles se préparent ainsi à faire leur jonction avec les forces du groupe d'armées Nord de von Leeb pour participer à l'encerclement de la ville de Leningrad.
Le , la allemande atteint le lac Ilmen.
Les pays baltes sont désormais entièrement sous le joug nazi à l'exception de Tallinn (dans le nord de l'Estonie), devenue la base principale de la flotte soviétique sur la Baltique, que les Allemands ont isolée des restes des troupes soviétiques. Toutefois, ces forces allemandes doivent réduire cette poche avant de continuer à marcher sur Léningrad. Des civils exécutent des travaux de fortification, de terrassement et de minage dans le secteur de Tallinn. Les Soviétiques disposent du d'armée, des et divisions de fusiliers, de la , de 14 bataillons de fusiliers marins et de la milice des chantiers navals pour défendre la ville. Le , les 61, 217 et 254. Infanterie-Divisionen arrivent devant Tallinn. Du au , les combats font rage. Malgré la défense acharnée des Soviétiques, l'avance ennemie est régulière. Le , les faubourgs de la capitale estonienne sont atteints.
Le dans la soirée, les Soviétiques commencent l'évacuation par mer des défenseurs de la ville, en direction de Léningrad, avec deux grands convois maritimes. Le premier comprend le croiseur Kirov, 18 destroyers, 6 torpilleurs, 28 dragueurs de mines, 6 sous-marins, 1 pétrolier et 25 cargos et le second comprend 6 dragueurs de mines, 12 escorteurs et 60 autres navires. Le , l'armada qui fait mouvement à travers le golfe de Finlande est attaquée sans relâche par les chasseurs-bombardiers Ju-88 allemands qui coulent 5 navires, avant de passer le cap Juminda (à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Tallinn). Les eaux de ce cap ayant été minées, plusieurs navires sautent et le convoi est ensuite attaqué par l'artillerie côtière finlandaise, des flottilles de torpilleurs allemands et finlandais et des Ju-88. Dans cette tentative pour forcer le passage, la marine soviétique perd 33 navires et 5 autres navires sont endommagés.
Dans la soirée, Tallinn, vidée de ses défenseurs, tombe aux mains du général Walter Kuntze qui capture seulement . Le , les convois, de nouveau attaqués, atteignent Kronstadt. L'évacuation soviétique de Tallinn réussit à sauver 165 navires, et de matériel qui seront utilisées lors du siège de Léningrad.
Après avoir brièvement existé comme État entre 1918 et 1939, l'Estonie a été une des victimes du pacte de non-agression signé entre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie, passant successivement en entre les mains des Soviétiques et à l'été 1941 entre celles de l'Allemagne nazie..
Marche sur Léningrad
droite|vignette|L'avance des troupes allemandes du Heeresgruppe Nord.En corail l'avance au .En rose l'avance au .En vert l'avance au .
Le , sous une pluie battante, les troupes allemandes se lancent à l'attaque de la . Si la Panzerdivision parvient à percer les défenses soviétiques, ses voisines, les Panzerdivision et Infanterie-Division (mot.), ne progressent que de avec de grandes difficultés avant d'être obligées de s'immobiliser, tandis que la 1. ID reste littéralement clouée sur place par la défense soviétique. Les pertes allemandes sont considérablesSelon l'historien allemand Werner Haupt.. Le la Panzerdivision poursuit son avance et oblique pour prendre de flanc les troupes soviétiques qui bloquent la Panzerdivision. Sous les coups de boutoir des Panzerdivisionen, les troupes du général Markian Popov commencent à lâcher prise et le , après deux jours de lutte acharnée, les chars allemands réussissent à percer la défense de la ligne de la Louga à certains endroits, puis se dirigent sur Kingisepp.
Le , après avoir contourné le lac Ilmen, les Soviétiques lancent une attaque dans la région de Staraïa Roussa, une région sauvage totalement dépourvue de routes ou de villages. La L'armée avait et disposait de 83 chars et 748 canons et mortiers., composée des , et , attaque sur le flanc droit de la allemande ; c'est la bataille de Staraïa Roussa (1941). Les forces soviétiques enfoncent les défenses des , , et d'infanterie allemandes et pénètrent de dans la défense allemande. Le maréchal von Leeb, inquiet de la tournure que prend cette attaque soviétique, ordonne le au d'armée d'abandonner son offensive et de se diriger contre les troupes soviétiques. Le , la 3. ID et la SS Totenkopf font alors mouvement vers Staraïa Roussa.
Le , la d'infanterie allemande, renforcée du d'infanterie, arrive en vue de Novgorod et prend la ville dans la soirée. Les Soviétiques, afin d'éviter la destruction de la ville, ont établi leurs défenses au nord de celle-ci, sur les rives de la Volkhov. Le , les Allemands établissent une tête de pont sur la Volkhov, puis poussent vers Léningrad. Le , après avoir parcouru depuis leur point de départ, les troupes du d'armée arrivent dans la zone des combats de Staraïa Roussa et contre-attaquent. Dans la zone de Novgorod, la d'infanterie allemande conforte la tête de pont. Le , les chars d'avant-garde de la Panzerdivision sont à Krasnogvardeisk, située à au sud de Léningrad, où ils se heurtent à la . Le combat est rude et l'avance allemande est stoppée. Le , la résiste toujours malgré les coups de boutoir de la Panzerdivision.
Le , contournant vers l'est les défenses soviétiques, la Panzerdivision s'empare de Tchoudovo, coupant ainsi la principale route et voie ferrée reliant Léningrad à Moscou. Le , le 50. Armee Korps, composé de la d'infanterie et de la SS Polizei Division, se lance de nouveau à l'attaque de la ligne fortifiée avec comme objectif la prise ou la destruction de 115 bunkers puis la prise de Louga. Chaque bunker doit être pris ; les Soviétiques se font tuer sur place et lancent une contre-attaque de chars. De part et d'autre, les pertes sont énormes. Il faudra trois jours de réorganisation à la SS Polizei Division avant qu'elle reprenne le combat. Le , Louga est prise par la division SS et les Soviétiques se replient vers le nord.
Pendant trois semaines, les troupes soviétiques ont réussi à arrêter la progression allemande sur Léningrad en s'appuyant sur la ligne de la Louga, permettant à l'Armée rouge de créer une défense plus solide à l'approche de la ville. Sous une pluie battante, le maréchal von Leeb lance alors la d'infanterie pour leur couper la retraite. Le , au sud du lac Ilmen, les et armées soviétiques sont repoussées sur la rivière Lovat. Le , la d'infanterie termine son mouvement enveloppant et piège trois divisions soviétiques dans la poche de Louga. Cette poche tiendra jusqu'au et y sont faits prisonniers. À partir du , les troupes allemandes se mettent en ordre de marche pour investir Léningrad. Quelques divisions ont déjà tenté de percer, sans succès, les premières ceintures défensives de la ville. L'encerclement est donc fait à distance, de 50 à de la ville dans un mouvement enveloppant en direction du lac Ladoga.
Front finlandais vignette|La limite maximale de l'avance de l'armée finlandaise en Carélie lors de la guerre de Continuation. La ligne grise marque la frontière avant la guerre d'Hiver.
Le , les forces germano-finlandaises lancent des attaques dans l'isthme de Carélie et plus au nord vers Petsamo.
Le , l'armée finlandaise passe à l'offensive dans l'isthme de Carélie entre les lacs Ladoga et Onega afin d'isoler Léningrad au nord et au nord-est et se heurte à la du général Mikhaïl Nikanorovitch Guerassimov. Les combats sont violents et les Soviétiques défendent pied à pied leurs positions. L'avance des troupes finlandaises est lente, mais elles parviennent à isoler plusieurs divisions soviétiques dans les secteurs de Sortavala et Priozersk. Acculées au lac Ladoga, celles-ci continuent tout de même de se battre. Pendant cette résistance, les Soviétiques en profitent pour consolider le secteur de Carélie sur l'ancienne frontière séparant l'URSS et la Finlande avant la guerre d'hiver.