Le boulevard Pereire est une voie du de Paris.
Situation et accès Le boulevard est formé par deux voies plantées d'arbres, situées de part et d'autre de la ligne d'Auteuil et dont les limites sont : côté impair : part de la rue Jouffroy-d'Abbans et arrive sur l'avenue de la Grande-Armée ; côté pair : part de la rue de Saussure et arrive sur le boulevard Gouvion-Saint-Cyr.
Sa longueur est de et sa largeur varie entre 16,70 et .
Le boulevard traverse la place du Maréchal-Juin et la place de Wagram et accueille trois voies en hommage aux grandes résistantes, du nord au sud : la promenade Gilberte-Brossolette, la promenade Rosemonde-Pujol et la promenade Thérèse-Pierre.
La Petite ceinture du est une promenade linéaire ouverte au public depuis dans la tranchée de l'ancienne ligne d'Auteuil du pont de la rue de Tocqueville jusqu'à proximité de la place Loulou Gasté.
Origine du nom gauche|vignette|redresse|Émile Pereire. Le boulevard tient son nom des frères Pereire, concessionnaires de la ligne d'Auteuil, selon une délibération de la commune de Neuilly en date du .
Sous l'Occupation, un changement de nom est proposé par le capitaine Paul Sézille, directeur de l'Institut d'étude des questions juives, en raison de l'origine juive des frères Pereire. Il suggère à Theodor Dannecker, responsable de la question juive à la Gestapo de Paris, la dénomination « boulevard Édouard-Drumont », du nom du célèbre agitateur antisémite. Ce projet n'aboutit pasLettre de Paul Sézille à Theodor Dannecker, Archives de la préfecture de police, série BA 1817 (dossier B51), cité par Maurice Rajsfus, Opération Étoile jaune, Le Cherche midi, 2002, ..
Historique Le boulevard Pereire nord et sud a été aménagé de 1852 à 1854 en liaison avec la construction de la ligne d’Auteuil, en embranchement de la ligne de Paris à Saint-Germain, par une compagnie fondée par les frères Pereire, sur le territoire des communes de Batignolles-Monceaux et de Neuilly entre le mur des Fermiers généraux et l’enceinte de Thiers, qui ne sera annexé à la Ville de Paris qu’en 1860.
Ces communes offrent quatre hectares de terrains le long des fortifications entre la rue de Saussure et la porte Maillot à la compagnie à la condition de réaliser un boulevard de de large de chaque côté de la ligne et une station au droit du pont Cardinet.. La ligne est construite en tranchée sans aucun passage à niveau. Le boulevard est la première voie réalisée à l’intérieur de l’espace rural, vide de constructions avant 1854, compris entre l’enceinte fortifiée construite de 1841 à 1843 au nord (emplacement de l'actuel boulevard Berthier), la route d’Asnières, actuelle rue de Tocqueville à l’est, la rue Cardinet au sud et la rue de Courcelles à l’ouest et marque le début de l’urbanisation de la plaine Monceau par Haussmann et les frères Pereire sous le Second Empire.
Sur la partie sud du boulevard, le quartier des Ternes était en début d’urbanisation en 1854 mais comportait encore des espaces non construits, notamment le petit étang de la Grenouillère, où le boulevard et la ligne ont été réalisés sans expropriation importante.
Le tronçon du boulevard Pereire nord de la place de Wagram à la rue de Saussure a été ouvert, plus tard, en 1869.
Dans les années 1860-1880, des villas ou hôtels particuliers se construisent le long du boulevard, puis à partir des années 1870, des immeubles de type haussmannien. L’habitat individuel a été en grande partie remplacé au cours de la première moitié du par des immeubles collectifs de type post-haussmannien ou de style Art déco de qualité. Il reste cependant quelques maisons des origines de l'urbanisation.
Les constructions antérieures à la réalisation du boulevard sont exceptionnelles. On remarque une petite maison à l’angle de la rue de Tocqueville, ancienne route d’Asnières..
Les deux voies d’origine furent portées à quatre en 1900, les talus de la tranchée étant remplacés par des murs verticaux..
La tranchée fut recouverte à la fin des années 1980 en liaison avec la construction de la branche nord-est du RER C en remplacement de l’ancienne ligne d’Auteuil sauf sur partie la nord, de la place Loulou-Gasté à la rue de Saussure, où la voie ferrée n’est plus utilisée depuis 1996. Une promenade est ouverte au public depuis 2019 sur ce tronçon.
Sur la couverture de la tranchée, la promenade Pereire été aménagée en 1989 de la place du Maréchal-Juin à l’avenue des Ternes, des terrains de tennis de la place du Maréchal-Juin à la place Loulou-Gasté et un parking au sud de la porte Maillot..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|redresse|. : en 1871, le photographe Léon Crémière (1831-1913) y installe son studio et laboratoire photographiqueDossier de Léon Crémière dans les collections de la Société française de photographie, sur sfp.asso.fr.. : le compositeur Maurice Ravel (1875-1937) y vécut de à .. ; une plaque commémorative en rappelle le souvenir, inaugurée le à l'initiative de l'association des Amis de Maurice RavelLes Amis de Maurice Ravel : Plaques commémoratives. : l'architecte Émile Bénard (1844-1929) y habita. : le compositeur Florent Schmitt (1870-1958) y vécut au moins en 1900.. : le poète Miguel Zamacoïs (1866-1955) y habitaJean Rimeize, Poètes et écrivains du XVIIe arrondissement, Presses de Valmy, 2002.. : la tragédienne Sarah Bernhardt mourut à cette adresse le . C'est à partir de 1887, qu'elle s'était installée dans cet hôtel construit pour le directeur de théâtre Louis Cantin, moyennant un loyer annuel de 11 000 francsDanièle Prévost, Sarah Bernhardt chez elle à Paris, Soc. hist. des 8e et 17e arrondissements, n° 151, mai 2021. (hôtel démoli). : le peintre et dessinateur André Foy (1886-1953) y vécut. : y vécurent la chanteuse Jane Bathori (1877-1970) et son mari le chanteur Émile Engel (1847-1927), interprètes et amis de Maurice Ravel, au moins de 1908 à 1921. : bâtiment qui a appartenu au ministère des Armées.. : l'architecte Georges Vaudoyer (1877-1947) y vécut. : Michelin a eu le siège de ses activités de cartes et de guides sur le boulevard.. En août et , après la Libération de Paris, des troupes américaines viennent s'y approvisionner en centaines de milliers de cartes Michelin du nord-est de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Allemagne.. : l'académicien Henri-Robert (1863-1936) y vécut ; une plaque en rappelle le souvenir. : ensemble scolaire privé catholique Sainte-Ursule, lié à l'ordre de Sainte-Ursule. L'établissement compte 277 élèves en 1933, contre en 2013. Le 102 boulevard Pereire accueille l'école et le collège. En 1943 est acquis le 16 avenue Gourgaud dans le même pâté de maisons et en 1968 le 25 rue Daubigny (aussi dans le arrondissement), jusque là propriété du cours Louise-de-Bettignies, et qui est depuis le site du lycée. Les bâtiments d'origine ont laissé place à des édifices modernes. À l'origine destiné aux filles, Sainte-Ursule devient mixte dans les années 1990... : construit en 1875 pour une famille par l'architecte Henri Geisse (1843-1920) sur une parcelle qui rejoint la rue Ampère, il abrita l'école primaire de garçons Saint-François de Sales jusqu'en 1997, dirigée par Pierre Camard à partir de 1961. : le pianiste et compositeur Louis Aubert (1877-1968) y vécut au plus tard de 1923 à 1967. : le compositeur Robert Planquette (1848-1903) y habita et y mourut. : l'artiste lyrique Numa Auguez (1847-1903) y habita« Numa Auguez », Association L’Art lyrique français.. Ici vécut et mourut le peintre Jean Veber (1864-1928), une plaque en rappelle le souvenir. : le peintre Maurice Bompard (1857-1935) y vécut et y mourut.. : le peintre Pierre-Gaston Rigaud (1874-1939) y habita, de 1913 à 1939, puis son fils, Jean Rigaud (1912-1999), des années 1950 à 1999Pierre Sanchez, Les Salons de Dijon, 1771-1950 : catalogue des exposants et liste de leurs œuvres, L’échelle de Jacob, 2002.. : le pianiste et compositeur Louis Aubert (1877-1968) y vécut au moins de 1903 à 1914Lettre de Maurice Ravel à Natacha Trouhanowa du 21 avril 1912, dans .Lettre de Maurice Ravel à Natacha Trouhanowa du 21 avril 1912, dans . ; le comédien et metteur en scène Charles Dullin (1885-1949) et son épouse, Marcelle Jeanniot-Dullin, y vécurent à partir de 1919 et y créèrent un an plus tard L'Atelier, troupe-école visant au renouveau de l'art dramatique. Marcelle Jeanniot-Dullin y mourra en 1964. : accès au square Olave-et-Robert-Baden-Powell, anciennement square Bayen. : immeuble construit par les architectes Jean Boucher et René Pierre en 1929, signé en façade. : siège des éditions musicales Enoch, éditeur notamment d'Emmanuel Chabrier et du Menuet antique de Maurice Ravel. : le compositeur et académicien Théodore Dubois (1837-1924) y vécut au moins de 1906 à 1914. : le compositeur Raoul Laparra (1876-1943) y vécut. : l'aviateur et pilote automobile Maurice Tabuteau (1884-1976), membre du cercle des Apaches, y vécut au moins de 1909 à 1957. : ancien siège de La Cinq, devenu celui de la société 20th Century Fox France. : le scénariste, dialoguiste et romancier Raymond Caillava (1907-1999) y habitait lors de son premier mariage Actes d'état-civil > Neuilly-sur-Seine > Mariages 1931, cote 1 E_NUM _NEU_M1931, page 115/135 acte N°469.
Dans la littérature Le boulevard est le lieu principal de l'action du roman Cri des profondeurs (1951), de Georges Duhamel, décrivant la vie d'une société pharmaceutique sous l'Occupation. L'auteur y situe l'entreprise Dardaille, Winterberg and Co. qui subit un changement de nom en raison de la judéité de son associéGeorges Duhamel, Cri des profondeurs, Mercure de France, 1951, ., tout comme l'appellation même du boulevard durant la Seconde Guerre mondiale.
Notes et références
Annexes Articles connexes Liste des voies du arrondissement de Paris
Liens externes
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