alt=Gravure représentant un pied d'un cheval sous différentes vues : de profil, de face, de derrière, en coupe anatomique sagittale, en écorché montrant la circulation sanguine, en écorché vu de derrière montrant les ligaments et tendons.|upright=2|thumb|right|Gravure anatomique du pied du cheval, issu du manuel de l'anatomie animale pour les artistes de Hermann Dittrich, 1889 et 1911-1925.

Le pied constitue l'extrémité des membres du cheval. Les autres membres du genre Equus, âne et zèbre, possèdent la même morphologie de pied qui les distingue de leurs ancêtres équidés. Il est un élément essentiel de la locomotion, qui justifie pleinement l'expression . En effet le pied est une structure complexe, très sollicitée, qui supporte tout le poids du corps, amortit les chocs et propulse.

Le cheval est un périssodactyle, à nombre impair de doigts . En anatomie comparée, le pied du cheval correspond aux deux dernières phalanges du majeur chez l'être humain : le sabot correspond à l'ongle, le pied et le paturon au majeur, le canon à la paume de la main (fusion d'os métacarpiens), le genou au poignet..

Le pied du cheval, surtout lorsqu'il est utilisé comme moyen de locomotion par les humains, peut être atteint de maladies telles que la fourbure, et doit faire l'objet de soins constants incluant le ferrage, le parage, le graissage ou encore la douche.

Généralités et aspect extérieur

Le pied du cheval a un rôle essentiel dans sa locomotion, d'autant qu'à eux quatre, ils supportent le poids total de l'animal : 56 % pour les antérieurs et 44 % pour les postérieurs. Sa fonction première est de protéger l'extrémité inférieure du membre. Lorsqu'il se pose au sol, le pied se déforme légèrement (parois, talons et couronne) afin d'absorber les chocs, et son coussinet plantaire, sous la fourchette, a un rôle d'amortisseur. Le pied est couvert de terminaisons nerveuses permettant au cheval de sentir les variations de pression.

En fonction de son utilisation, un cheval peut avoir des formes de pied différentes, bien que ceci ne soit pas déterminant pour ses performances. Ainsi un cheval travaillant sur le plat (course de galop ou de trot, dressage, endurance) peut être pourvu de sabots étroits alors qu'un cheval devant sauter (saut d'obstacles, concours complet) aura besoin d'un pied plus large afin que sa surface de réception soit suffisante pour amortir le saut. D'autre part, un cheval aux pieds étroits évoluera mieux sur terrain sec et pierreux, alors que celui aux pieds larges sera mieux porté sur un sol lourd, voire marécageux. À noter aussi que le sabot s'adapte naturellement aux conditions climatiques : en période de sècheresse, il devient plus résistant, se protégeant ainsi d’une usure excessive sur un sol devenu lui aussi dur et sec. Au contraire, en période humide, la corne devient plus souple et plus tendre.

La ferrure et le parage des pieds ont également une incidence sur le développement du sabot et peuvent favoriser certaines allures. Ainsi chez les trotteurs de course, on recherchera une surcharge en poids de la pince, afin d'augmenter l'amplitude des battues de trot.

La comparaison de la forme des sabots chez un même cheval peut donner des indications précieuses. Par exemple, si un sabot antérieur est plus large que l'autre, cela signifie que le cheval s'appuie plus souvent dessus. Cet appui plus marqué peut être le résultat d'une compensation, le cheval soulageant un membre controlatéral douloureux, ou d'une anomalie de locomotion provenant elle-même d'un défaut, d'une lésion ou d'une douleur dans une autre partie du corps. Un examen d'ensemble attentif est indispensable afin de déterminer et localiser la cause de cette déformation pour prévenir toute boiterie future.

La forme seule des sabots, tant qu'elle n'a pas d'incidence négative sur la locomotion de l'équidé, n'a pas d'influence sur le confort propre des cavaliers. La souplesse des articulations et la longueur du paturon jouent par contre un rôle déterminant sur les sensations du cavalier.

Évolution

Les premiers des Hippomorphes connus, tel lEohippus (hyracotherium) pendant l’Éocène, il y a environ d’années, possédaient cinq doigts à l’extrémité de leurs membres antérieurs et trois aux membres postérieurs (quadridactylie et tridactylie). Les membres se terminaient par un coussinet plantaire souple en lieu et place du sabot. Les doigts, ayant la faculté de s’écarter, étaient particulièrement bien adaptés pour les déplacements sur les sols humides des forêts marécageuses, l’augmentation de la surface de support empêchait les animaux de s’enfoncer profondément dans la boue sur laquelle ils se déplaçaient.

Au cours de l’Oligocène, il y a environ d’années, la régression des forêts a contraint l’ensemble des équidés à gagner les prairies et les steppes. Devant s’adapter à un sol plus dur et à un milieu plus ouvert, fréquenté par de nombreux prédateurs, et devant donc développer leurs aptitudes à la course, les équidés tels ceux des genres Merychippus et Hipparion ont vu leur nombre de doigts reposant sur le sol se réduire à trois. En effet, sur des sols durs, le jeu de doigts latéraux devient alors désavantageux, entraînant une perte de vitesse évidente par les forces de frictions qu’il occasionne. Ils ont aussi perdu progressivement les appuis sur les doigts latéraux, ce qui permet de gagner en vitesse.

Au miocène, il y a douze millions d’années, apparaît enfin le doigt unique du Pliohippus (doigt III). Il possède encore des doigts latéraux, mais très réduits. Son sabot est fendu, caractéristique que perdront les animaux du genre Equus, regroupant ânes, zèbres, chevaux domestiques et chevaux sauvages tel que le cheval de Przewalski.

À noter qu'un vestige de la du doigt I, qui a disparu au cours de l'évolution des équidés, subsiste sous forme d'une petite plaque de corne ovale, appelée châtaigne, sur les faces internes des membres, située au-dessous du genou pour les membres antérieurs, et au-dessus du jarret pour les membres postérieurs. Les châtaignes manquent aux membres postérieurs de l'âne, de l'hémione et du zèbre, et plus rarement chez certains chevaux. Un autre vestige des doigts II et IV, l'ergot, subsiste au niveau du boulet, derrière les fanons.

Ces animaux étaient classés dans l'ordre des solipèdes, c'est-à-dire qu'il . Cette dénomination est désormais obsolète.

Morphologie

upright=2.4|thumb|right|Vues avec annotations d'un pied de cheval, de face, de profil et de dos.

L'extrémité des membres du cheval est composé, de haut en bas, du canon (vertical), de l'articulation du boulet et de son fanon, poils plus longs situés à l'arrière du boulet. Le pied à proprement parler comporte le paturon, la couronne et le sabot. La couronne se termine par le bourrelet périoplique ou bourrelet principal. Le périople est une bande de corne un peu plus molle, situé au bord supérieur de la paroi, et se confond en arrière avec la fourchette. Il sécrète un vernis (le périople) protégeant la corne du dessèchement. Le bourrelet principal, au niveau de la couronne, sécrète la corne constituant la paroi du sabot. La pousse de la paroi se fait donc de haut en bas.

La ligne de pince se trouve dans l’axe du paturon, et fait en moyenne un angle avec le sol d’environ 45 à pour les antérieurs et d’environ 50 à pour les postérieurs. L'important pour un bon aplomb est le maintien du parallélisme entre la paroi en pince du sabot et le paturon.

Sabot Le sabot contient et protège les parties sensibles terminant les membres. Le sabot est constitué de trois textures différentes : la paroi qui est un ongle (ensemble de poils agglutinés), la sole qui est un durillon corné, la fourchette et les glomes (ensemble de poils maillés). La corne est le plus souvent pigmentée si le poil sus-jacent l'est lui-même. Elle est blanche quand elle fait suite à une balzane. Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas de différence de qualité entre les deux couleurs de corne.

La paroi, ou muraille, est la partie visible du sabot lorsque le pied est posé sur le sol. On y distingue artificiellement plusieurs régions, qui sont, de l'avant vers l'arrière, la pince, les mamelles, les quartiers et les talons. Elle se défléchit ensuite en arrière et en dessous pour former les barres. La paroi diminue d'épaisseur et de hauteur depuis la pince vers les talons. Elle est résistante, son côté extérieur est lisse, et finement striée en longueur, traduisant la progression continue des fibres de kératine qui la composent.

upright=1.5|thumb|left|Schéma de la surface plantaire. La partie du sabot qui repose sur le sol est nommée surface plantaire ou surface solaire. Elle est concave et ouverte vers l'arrière. Son pourtour est formé par la partie inférieure de la paroi, qui constitue la surface réellement portante du pied. La sole est la partie concave de la voûte plantaire, formée de corne sèche et parfois friable. La zone située entre la sole et la paroi se nomme ligne blanche. La fourchette est une saillie en forme de V à pointe antérieure, composée d'une corne plus molle. En effet, elle est constituée de corne tubulaire. sont organisés de façon anarchique, ce qui confère à la fourchette une remarquable élasticité. Les creux de chaque côté du V de la fourchette sont nommés lacunes latérales, le sillon entre les branches du V, lacune médiane. Les branches du V rejoignent en arrière le bourrelet périoplique pour former les glomes. Les lacunes latérales sont délimitées à l’extérieur par les barres, repli de corne dure de même composition que la paroi.

Si la structure des pieds antérieurs et postérieurs est identique, en revanche, les sabots des antérieurs sont plus bas et évasés que les sabots postérieurs. Leur paroi est moins verticale, leur ligne de pince est plus inclinée sur l'horizontale. Le contour de la sole, presque circulaire sur les membres antérieurs, est ogival sur les membres postérieurs. Ainsi, l'empreinte d'un antérieur sera plus ronde que celle d'un postérieur. La sole présente une concavité plus marquée sur le postérieur. Sur les antérieurs, la longueur à l'endroit le plus large ne devrait cependant pas être supérieure à la distance entre les talons et la pince.

Renouvellement de la corne La corne du sabot est synthétisée grâce à la prolifération des cellules au niveau du bourrelet périoplique, situé juste au-dessus du sabot. Cette croissance de la corne s'appelle avalure. La corne pousse à la manière des ongles, de 1 à par mois, selon les conditions d’utilisation et d’élevage ; la pousse dans la saison chaude étant légèrement plus importante qu'en saison froide. Le sabot se renouvelle ainsi entièrement tous les huit mois environ. Cette différence serait une adaptation en fonction du besoin saisonnier. En été les sols plus durs usent davantage, aussi, les équidés ont besoin d'un meilleur renouvellement de leurs sabots. Mais il n'a pas été détecté d'adaptation du taux de synthétisation de la corne en fonction de son usure.

En liberté, dans le milieu naturel, l'érosion de la corne compense exactement la pousse chez l'équidé en bonne santé. En revanche, lorsque l'animal travaille sur un sol plus dur, parcourt des distances plus importantes que celles parcourues en liberté, ou exécute des efforts spécifiques (sport équestre, travail de traction…), l'usure du sabot peut s'avérer plus rapide que la pousse. D'autre part, un manque d'usure ou des contraintes particulières peuvent provoquer des déformations. Une usure trop importante de la corne induit une douleur, qui à terme, provoque des boiteries. Dans ce cas, les équidés recherchent spontanément les sols plus tendres et minimisent leurs déplacements, diminuant ainsi l'usure.

La déformation du sabot entraîne un mauvais appui du pied sur le sol. Ceci amène, à moyen terme, des défauts de locomotion dus généralement à un effet de compensation. Ces défauts de locomotion peuvent devenir définitifs si la forme du sabot n'est pas rectifiée rapidement.

Anatomie