Pierre Alexandre Martin, dit Pierre Dux, né le dans le de Paris où il est mort le , est un acteur et metteur en scène français. Il est sociétaire puis administrateur général de la Comédie-Française de 1970 à 1979.
Biographie Jeunesse et formation vignette|redresse|Tombe de Pierre Dux au cimetière de Montmartre (division 33).
Pierre Dux est né Pierre Alexandre Martin (ses trois prénoms), de père et de mère non dénommés dans son acte de naissanceRegistre des actes naissances de la ville de Paris, 6e arrondissement, année 1908, cote 6N 249, mention du mariage en marge de l'acte de naissance de Pierre Alexandre Martin "fils de père et mère non dénommés" car son père et sa mère étaient mariés chacun de leur côtéTélé 7 Jours , semaine du 3 au 9 août 1985, , portrait-interview de Pierre Dux par Lise Genet : "Je suis un enfant de l'amour. Mon père et ma mère s'étaient pris l'un pour l'autre d'un amour-passion alors qu'ils étaient l'un et l'autre marié. Mon père avait une fille et ma mère, à vingt-six ans, déjà une fille et quatre garçons. Ni l'un ni l'autre n'ont pu me reconnaître, et le nom sous lequel je fus déclaré à la mairie était l'un de ceux que la loi autorise pour les enfants non reconnus : Martin, prénoms Pierre, comme mon parrain, et Alexandre comme mon père." ; la déclaration de sa naissance est faite par Alexandre Vargas (1876-1931), artiste dramatique d'origine espagnole et chiliennePierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.243, qui est en fait son pèreArchives de l’état civil de Paris en ligne, , acte de naissance , année 1908, avec mention marginale du décès. Sa mère est la comédienne Émilienne Dux, de son vrai nom Fany Deux. Officiellement l’enfant ne sera pas reconnu ou légitimé, et ce n’est qu’en , par une procédure en changement de nom, que Pierre Alexandre Martin s'appellera officiellement DuxDictionnaire des changements de nom 1957-1962 par l'archiviste Jérôme (pseudonyme d'Henry Coston), La Librairie Française, 1974, p. 41 : par décret du 27 janvier 1962, Pierre Alexandre Martin est autorisé à s'appeler Pierre Alexandre Dux.
Il passe ses premières années en Corrèze, à Neuvic, élevé par une nourrice, avec quelques séjours intermittents à Paris pour y voir ses parents qui ne vivent pas ensemblePierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.16.
Il vit à Paris chez sa mère à partir de 1917, fréquentant l'école communale de la rue Madame, puis le collège Sainte-Barbe.
Alors qu'il a 17 ans et est encore au lycée, envisageant de devenir médecin, ingénieur agronome ou écrivain, Charles Berteaux, régisseur général de la Comédie-Française, qui habite le même immeuble que lui, lui demande de remplacer au pied levé le comédien qui vient de tomber malade et qui joue le rôle du fils de sa mère dans la pièce de théâtre Les Noces d'argent de Paul Géraldy. Cette expérience le décidera à devenir comédienPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, pp.27-28. En 1926, il se présente au concours d'entrée au Conservatoire, mais n'y est admis que comme auditeur. Il y est reçu l'année suivante, classé premier, après avoir présenté deux scènes, l'une du Barbier de Séville et l'autre du Mariage du Figaro et y a pour professeur Jules TruffierPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.34. Il reçoit le Premier prix de comédie en 1929 dans le rôle de Mascarille, des Précieuses ridicules de Molière.
Il entre sur concours à la Comédie-Française en 1929 où il reçoit avec Georges Chamarat le premier prixPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.42. Il y crée le rôle de l'annoncier du Soulier de satin de Paul Claudel, mis en scène par Jean-Louis Barrault en 1943.
En 1937, il met en scène L'Impromptu de Versailles de Molière, puis Ruy Blas de Victor Hugo et La Reine morte de Montherlant.
En 1938, Pierre Dux, son ami Fernand Ledoux et Alfred Adam, ouvrent un cours de théâtre dans un studio au dernier étage du Théâtre Pigalle. Il y a notamment pour élève Serge Reggiani, mais le cours doit fermer à la déclaration de guerre Pierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.89.
Pendant la guerre, il est mobilisé en 1939. Sous-officier, il se retrouve à Dunkerque d'où il est évacué pour Douvres par un destroyer anglaisPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, pp. 95-104. Il reçoit la croix de guerre pour sa conduite pendant la Bataille de France. Pendant l'Occupation, il s'engage dans la résistance fin 1941Pierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.131 et est commissaire du gouvernement à la Libération ..
Durant l'Occupation, on retrouve Pierre Dux parmi les vedettes régulièrement invitées à l'antenne de la chaîne de télévision allemande Fernsehsender Paris, jusqu'à la libération de la capitaleEmmanuel Lemieux, On l'appelait Télé-Paris, Paris, éditions L'Archipel, « L'Histoire secrète des débuts de la télévision française (1936-1946) », page 153, 2013, 259 p. .
Carrière Sociétaire de la Comédie-Française de 1935 à son départ en 1945, il en est administrateur général en 1944-1945 et de 1970 à 1979..
De 1948 à 1952, Marcel Karsenty. et Pierre Dux prennent la direction du Théâtre de Paris. La première pièce qu'ils présentent est Das Kapital de Malaparte, c'est un échec cuisant en raison d'une fronde menée en tapinois lors de la générale par Henri Bernstein qui reproche à l'auteur ses accointances fascistesPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.174 : "Le lendemain j'apprenais que la voix de Bernstein, au milieu de l'orchestre, avait dominé toutes les autres, qu'il s'était positivement époumoné à hurler sa réprobation." et p.176 : "Je dois dire que l'hostilité du public ne s'est déclarée avec fureur que le soir de la générale. La suite des représentations nous a amené des spectateurs plutôt indifférents et polis, dont le nombre a malheureusement diminué de jour en jour, pour se limiter à une dizaine à la vingt-quatrième et dernière représentation.". De 1952 à 1956, il est professeur au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris où il a comme élèves, notamment, Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Pierre Vernier, Paul Guers, Jean Périmony, Françoise Brion et Catherine Samie. De 1971 à 1979, il dirige, en même temps, le Théâtre de l'Odéon.
En 1974, il obtient une réforme du statut de la Comédie Française, ainsi qu'une rénovation de la salle Richelieu.. Et le président Valéry Giscard d'Estaing, estimant qu'il y manquait un représentant de la culture, le nomme au Conseil économique et social au titre des « personnalités qualifiées dans le domaine économique, social, scientifique ou culturel », section « cadre de vie ». Il y reste cinq ansPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.255.
Il est élu membre libre de l'Académie des beaux-arts, au fauteuil de Charles Kunstler, en 1978. Peu de temps avant son décès, en 1990, il se voit attribuer le Molière du comédien pour son interprétation dans Quelque part dans cette vie d'Israël Horovitz.
Pierre Dux joua également dans de nombreux films et séries télé de 1932 à sa mort.
Vie privée
Pierre Dux épouse en premières noces, le à Paris 14e arrondissementRegistre des actes naissances de la ville de Paris, 6e arrondissement, année 1908, cote 6N 249, mention du mariage en marge de l'acte de naissance de Pierre Dux, à l'âge de 18 ans, la comédienne Madeleine Foujane, avec laquelle il a un fils , Jean-Pierre (né en 1929)Pierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.45. Après son divorce en 1939Registre des actes naissances de la ville de Paris, 6e arrondissement, année 1908, cote 6N 249, mention du divorce en marge de l'acte de naissance de Pierre Dux, il épouse en secondes noces à Paris 6e arrondissement, le , Francine Bessy, comédienne également connue sous le nom de Francine Wells, qui a renoncé à sa carrière pour se consacrer à son mari et à leur fille Fanny Delbrice, née en 1950, comédienne, épouse de l'acteur et metteur en scène Patrice Kerbrat et mère d'Élodie (née en 1979)Télé 7 Jours , semaine du 3 au 9 août 1985, , portrait-interview de Pierre Dux par Lise Genet : "Pour lui, elle a renoncé à une carrière de comédienne prometteuse. J'avais si peur de la perdre que je lui ai demandé de renoncer au cinéma et au théâtre". Par son fils, Pierre Dux est grand-père de trois autres petits-enfants : Anne, Juliette et SébastienPierre Dux, Vive le théâtre ! Souvenirs pour Élodie, Stock, 1984, p.202.
Il est inhumé au cimetière de Montmartre (division 33).
Hommage
En 2000, la place Pierre-Dux, située dans le arrondissement de Paris près du théâtre de l'Odéon, est créée pour lui rendre hommage.
Filmographie Cinéma 1932 : Le Mariage de Mademoiselle Beulemans de Jean Choux : Albert Delpierre 1934 : Le Monde où l'on s'ennuie de Jean de Marguenat : Paul Raymond 1934 : Piano à vendre (court métrage) de René Jayet : Henri Legrand 1934 : Les Précieuses ridicules (court métrage) de Léonce Perret : Du Croissy 1934 : Un soir à la Comédie-Française (court métrage) de Léonce Perret : Du Croissy 1935 : Marie des Angoisses de Michel Bernheim : Jean de Quersac 1935 : La Marmaille de Dominique Bernard-Deschamps : Gérard Garnier 1938 : Retour à l'aube d’Henri Decoin : Karl Ammer 1941 : Dernière Aventure de Robert Péguy : Jean 1946 : L'Affaire du collier de la reine de Marcel l'Herbier : Cagliostro 1946 : Patrie de Louis Daquin : Jonas 1947 : Les Chouans d’Henri Calef ; Hulot 1947 : Monsieur Vincent de Maurice Cloche : le chancelier Séguier 1948 : Les Dernières Vacances de Roger Leenhardt : Valentin Simonet 1948 : Docteur Laennec de Maurice Cloche : professeur Récamier 1949 : Jean de la Lune de Marcel Achard : Richard 1949 : La Valse de Paris de Marcel Achard : général Danicheff 1951 : Ombre et Lumière d’Henri Calef : docteur Gennari 1951 : Gibier de potence de Roger Richebé : Père Quentin 1953 : Lettre ouverte d’Alex Joffé : Monsieur Lesage 1954 : Poisson d’avril de Gilles Grangier : Gaston Prévost, l'amant d'Annette 1955 : Sophie et le Crime de Pierre Gaspard-Huit : commissaire Moret 1955 : Les Grandes manœuvres de René Clair : le colonel 1955 : Rencontre à Paris de Georges Lampin : Florent Saint-Vallier, éditeur 1958 : Les Vignes du Seigneur de Jean Boyer : comte Hubert Martin de Kardec 1958 : Le Gorille vous salue bien de Bernard Borderie : Monsieur Veslot, l'ambassadeur 1959 : La Verte Moisson de François Villiers : l'aumônier du lycée 1961 : Les Croulants se portent bien de Jean Boyer : Cadeau 1961 : Aimez-vous Brahms ? (Goodbye Again) d'Anatole Litvak : Maître Fleury 1961 : Les Amours célèbres de Michel Boisrond, sketche Les Comédiennes : Talma, le comédien 1962 : Le Jour et l'heure de René Clément : commissaire divisionnaire Marboz 1963 : Et vint le jour de la vengeance (Behold a Pale Horse) de Fred Zinnemann : le père Estiban 1964 : Patate de Robert Thomas : Léon Rollo, dit "Patate" 1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément : Alexandre Parodi 1969 : Z de Costa-Gavras : le général de gendarmerie 1969 : La Main d’Henri Glaeser : le psychiatre 1970 : La Horse de Pierre Granier-Deferre : le juge d'instruction 1974 : Section spéciale de Costa-Gavras : procureur général Cavarroc 1980 : Trois hommes à abattre de Jacques Deray : Emmerich 1981 : Plein sud de Luc Béraud : Rognon, un membre du redressement national 1981 : La Vie continue de Moshé Mizrahi : Max 1987 : La Lectrice de Michel Deville : le magistrat 1991 : Plaisir d'amour de Nelly Kaplan : Cornélius
Télévision Acteur 1966 : L'Aiglon (téléfilm) de Pierre Badel : Flambeau 1968 : Hélène ou la Joie de vivre de Claude Barma : Ménélas 1968 : Au théâtre ce soir : Les Glorieuses d'André Roussin, mise en scène Pierre Dux : Carruche 1970 : Mon Faust (téléfilm) de Daniel Gorgeot : Méphisto 1980 : Le Chef de famille (mini-série) de Nina Companeez : René-Charles