vignette|upright=1.5|Une compagnie soviétique équipée avec des chars T-34/76 à l'entraînement pendant l'été 1942. Un corps blindé est une grande unité du niveau du corps d'armée, dont la composition est centrée sur des unités blindées (plusieurs divisions ou des brigades), comportant des chars de combat, de l'infanterie mécanisée ou motorisée et de l'artillerie tractée ou automotrice. Plusieurs forces armées ont mis sur pied de telles organisations, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale : l'Armée rouge (sous le nom de механизированный корпус, « corps mécanisés », de 1932 à 1938, puis de танковые корпуса, « corps de tanks » jusqu'à 1946), l'Armée française (le corps de cavalerie de 1939 à 1940), l'Armée allemande (les de 1942 à 1945), l'Armée des États-Unis (l' de 1940 à 1943) et l'Armée populaire polonaise (le de 1944 à 1945, puis de 1949 à 1952 et de 1955 à 1957).
D'autres organisations portent aussi ce nom, mais faisant référence à l'arme (une subdivision des forces armées) regroupant toutes les forces blindées d'un État : de l'Australie (le ), du Canada (le Corps blindé royal canadien, ), des États-Unis (le de 1917 à 1920), de l'Inde (l jusqu'à 1947, puis l'), d'Israël (le Shirion), de la Nouvelle-Zélande (le ), de la Malaisie (le ), du Pakistan (le ), de Rhodésie (le ), du Royaume-Uni (le de 1917 à 1939, puis le ) et du Sri Lanka (le ).
Corps de chars soviétiques Un corps de chars (en russe : танковый корпус, abrégé en тк, traduisible aussi par « corps de tanks ») soviétique désigne une formation blindée de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, puis de l'Armée soviétique pendant la guerre froide. Plusieurs ont reçu le titre honorifique de « corps de chars de la Garde » (en russe : гвардейский танковый корпус, abrégé en гв.тк).
Naissance dans les années 1930 Le regroupement des chars pour mener des opérations en profondeur, en s'enfonçant le plus loin possible en territoire adverse pour déstructurer tout le système ennemi, est recommandé par les théoriciens de l'art opératif, notamment Triandafillov et Toukhatchevski dès les années 1920. La première grande unité de chars soviétique est une brigade dès 1930, puis deux corps mécanisés sont fondés en 1932, qui passent au nombre de quatre en 1936. En , les corps mécanisés sont renommés « corps de chars » (ou corps blindés), regroupant chacun , entre 560 et (BT et T-26) et d'artillerie, articulés en deux brigades de tanks et une brigade de fusiliers motorisés. Le mécanisé devient le de tanks, le mécanisé le de tanks, le mécanisé le de tanks et le mécanisé le de tanks.. En , les et de tanks participent à l'invasion soviétique de la Pologne : ils se révèlent lourds à contrôler, se retrouvant bloqués dans de gros embouteillages. Les retours d'expérience sont si négatifs que le commissaire du peuple à la Défense Kliment Vorochilov (l'ennemi de Toukhatchevski) obtient de Joseph Staline l'ordre de disperser les unités blindées le et de faire disparaître les corps de tanks, ces derniers transformées en mécanisées (appliqué pendant l'hiver, comprenant chacune un régiment de tanks, deux de fusiliers motorisés et un d'artillerie).
En , Vorochilov est remplacé par Semion Timochenko ; l'analyse des réussites allemandes en Belgique et en France entraîne un revirement. Le , le haut-commandement de l'Armée rouge ordonne la recréation de neuf corps mécanisés, puis rajoute en février- vingt autres corps.. Leur composition initiale est de deux divisions de tanks, d'une division mécanisée, d'un régiment de motocyclistes, d'un régiment d'artillerie motorisé et d'un bataillon du génie motorisé. Chaque corps mécanisé devait théoriquement aligner , 126 chars lourds (KV-1 et KV-2), 420 chars moyens (T-34/76) et 479 chars légers (T-26, BT-5 et BT-7), .. Les chars lourds et moyens étant en cours de fabrication, la dotation était loin d'être atteinte en .
vignette|Photographie allemande de 1941 d'un char soviétique T-34/76 en train de flamber. Pendant l'été et l'automne 1941, les forces armées allemandes détruisent la majorité des 29 corps mécanisés de l'Armée rouge. Le , une circulaire de la Stavka supprime théoriquement tous les corps d'armée (les corps de fusiliers comme les corps mécanisés), à cause notamment du manque d'officiers d'état-major (le personnel qualifié ayant été amplement fauché par les Grandes Purges de 1937-1938, ainsi que dans les chaudrons de l'été 1941) : les divisions sont désormais directement gérées par l'armée à laquelle elles sont affectées.. Même les divisions blindées survivantes sont dissoutes, le principal échelon des troupes blindées devenant la brigade de tanks.
Renaissance en 1942-1943 Après l'offensive soviétique de l'hiver 1941-1942, l'État-Major général (, abrégé en , Genshtab) décide de reformer des grandes unités blindées pour contrer les attaques allemandes et dans l'espoir d'enfin lancer des opérations en profondeur. Le , ordre est donné de regrouper une partie des brigades de tanks (il y en a eu 68 au total). pour former des corps de chars (traduisible aussi par « corps de tanks »). Cette réforme est pilotée à la Direction principale des chars () du lieutenant-général . Leur organisation théorique en est : quartier-général du corps ; une section anti-aérienne ; deux brigades de tanks (trois à partir de la fin ) ; une brigade de fusiliers motorisés ; un bataillon de mortiers ; un bataillon d'artillerie avec trois batteries à quatre canons de ; une compagnie anti-aérienne à quatre canons de 37 mm ; une compagnie de reconnaissance : un peloton à cinq véhicules blindés ; un peloton motocycliste ; un peloton de fusiliers sur camions ; services organiques : une compagnie de transmissions ; une compagnie de maintenance ; un peloton médical ; une compagnie de transport (40 camions).
Liste des corps de tanks vignette|Groupe de tankistes sur un T-34/76 du de tanks en décembre 1942, avant le raid contre l'aérodrome de Tatsinskaïa dans le cadre de la bataille de Stalingrad. vignette|Étendard du de tanks de la Garde « Tatsinskaïa » (l'ancien de tanks). vignette|Les commandants du de tanks de la Garde (dépendant alors de la de choc) posant sur les marches du Reichstag en 1945. de tanks, créé le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde « Stalingrad » le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde « Kotelnikovo » le ; de tanks, créé le , transformé en le ; de tanks « Bobrouisk », créé le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde le ; de tanks, créé le , transformé en mécanisé de la Garde le ; de tanks, créé le , détruite en (boucle du Don), l'état-major devenant celui du en ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde « Kantemirovskaya » le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le , détruit en (lors de la deuxième bataille de Kharkov) ; de tanks, créé le , détruit en (boucle du Don), l'état-major devenant celui du mécanisé en ; de tanks, créé le de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde « Tatsinskaïa » le ; de tanks, créé le ; de tanks, créé le , renommé de tanks de la Garde « Don » le ; de tanks, créé le , transformé en mécanisé le ; de tanks, créé le , détruit en (boucle du Don), ses restes servent à la création du mécanisé en ; de tanks « Znamianka », créé le ; de tanks des volontaires de l'Oural, créé le ou , renommé de tanks de la Garde des volontaires de l'Oural le ; de tanks, créé le ..
Formation des armées de tanks Pour pouvoir mener des opérations en profondeur plus puissantes, une partie des corps de tanks (8 sur 25 en ) et mécanisés (7 sur 14) est regroupée pour former des armées de tanks (танковые армии, traduisible aussi par « armées de chars » ou « armées blindées », ТА en abrégé), presque toutes obtenant rapidement le titre honorifique d'armée de tanks de la Garde (гвардейская танковая армия, abrégé en Гв. ТА). Ces armées furent les fers de lance des principales offensives soviétiques, engagées une fois que la percée du front adverse est effectuée par une « armée combinée » (composée d'infanterie largement soutenue par des divisions d'artillerie et des brigades de tanks d'accompagnement) ; le rôle de l'armée de tanks étaient de servir d'« échelon de frappe opérative » en s'enfonçant le plus loin possible en territoire adverse (jusqu'à 150 à ), si possible ses corps d'armée avançant en parallèle, pour déstructurer tout le système ennemi..
de tanks (première formation, de juillet à ) : et de tanks ; de tanks (seconde formation, de à ) : et de tanks ; de tanks de la Garde (à partir d') : de tanks de la Garde et de tanks ; de tanks (de à ) : et de tanks, puis de tanks de la Garde, et de tanks ; de tanks de la Garde (à partir de ) : et de tanks ; de tanks (de à ) : et de tanks ; de tanks de la Garde (à partir de ) : et de tanks de la Garde ; de tanks (d'août à ) : et de tanks ; de tanks (de à ) : et de tanks ; de tanks de la Garde (à partir de ) : ? de tanks (première formation, de juin à ) : et de tanks ; de tanks (seconde formation, de à ) : , et de tanks ; de tanks de la Garde (à partir de ) : et de tanks ; de tanks de la Garde (à partir de ) : de tanks, puis de tanks de la Garde.
Évolution jusqu'en 1945 vignette|Un T-34/85 lors de la parade du ( de la victoire) à Moscou : ce modèle a équipé la majorité des corps de tanks de l'Armée rouge à la fin de la Grande Guerre patriotique. La force théorique d'un corps de tanks a évolué pendant le conflit : en , les trois brigades de tanks doivent regrouper un total de 20 KV-1, 40 T-34/76 et 40 T-60 (soit ). En , c'est 98 T-34/76 et 70 T-70 (soit ) ; en , un KV, 208 T-34, 21 SU-76, 16 SU-85 et 12 SU-152 (soit et ) ; au , 207 T-34/85, 21 SU-76, 21 SU-85 et 21 SU-152 (soit et automoteurs)..
Les et de tanks de la Garde, ainsi que le de tanks, furent équipés avec des chars M4A2 (surnommés : « camarade M4 ») de fabrication américaine, arrivés via les convois de l'Arctique dans le cadre du programme Prêt-bail ().. Ces chars, mécaniquement plus fiables et un peu plus confortables que ceux soviétiques, sont complétés par des camions Studebaker, des jeeps Willys, des voitures blindées, des autochenilles (notamment les SU-57), des tracteurs (pour remorquer les chars), des locomotives et des wagons plats (pour le transport ferroviaire), des radios, des munitions, du carburants, des pneumatiques, du tissu, des bottes et des boîtes de corned-beef..
En 1945, un corps de tanks soviétique regroupe théoriquement , , et d'artillerie, soit . Aux trois brigades de tanks (à trois bataillons de chacun T-34/85, le tout accompagné d'un bataillon de mitrailleurs) et à la brigade de fusiliers (à trois bataillons motorisés, au mieux montés sur camions, soutenus par un bataillon d'artillerie et un autre de mortiers) se rajoutent deux régiments de canons automoteurs (le premier avec 21 SU-76, le second avec 21 SU-85 ou SU-122), un régiment de mortiers (de 82 ou de ), un régiment antiaérien, un régiment d'artillerie légère, un régiment blindé lourd (21 JS-2), un bataillon de lance-roquettes (huit katiouchas), un bataillon de reconnaissance (motocycliste), une compagnie du train, deux compagnies de réparation, un bataillon médical, un bataillon du génie, un bataillon de transmission et une compagnie d'aviation (pour la coordination avec les bombardiers tactiques).. Mais la composition réelle des unités d'un corps de tanks varie beaucoup d'une unité à l'autre : par exemple les corps équipés de chars M4A2 sont renforcés en canons automoteurs, étant donné le manque de puissance antichar des canons de puis de des .