Jean-Pierre-André Amar, né le à GrenobleArchives Municipales et Métropolitaines de Grenoble, registre paroissial de Grenoble, paroisse de Saint-Hugues, baptêmes mariages et enterrements 1751-1757, GG 108., mort le dans l'ancien 11e arrondissement de Paris, est un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Origines familiales et parcours pré-révolutionnaire Jean-Pierre-André Amar est issu d'une famille bourgeoise anoblie du Dauphiné. Son grand-père Antoine Amar, originaire du Champsaur, est directeur de la Monnaie de Grenoble sise Rue des Vieux-Jésuites, actuelle Rue Jean-Jacques Rousseau. Son père Jean Amar est avocat au Parlement de Paris. Son frère Antoine Amar est propriétaire à Barraux. Jean-Pierre-André Amar effectue ses études au collège Royal-Dauphin de Grenoble puis à l'Université d'Orange. Il devient avocat au Parlement de Grenoble et reprend la charge de trésorier de France.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle, mise en place en application de la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.

En , Jean-Pierre-André Amar est élu député du département de l'Isère, le cinquième sur neuf, à la Convention nationale.

En , Amar est élu membre suppléant du Comité des secours publics. En , il est élu membre du Comité de Sûreté générale, où il siège jusqu'en vendémiaire an III (). En , il est élu secrétaire, aux côtés de Joseph Fayau et de Léonard Bourdon, sous la présidence de Marie-Jean Hérault de Séchelles. En germinal an II (), il est élu président de la Convention nationale et ses secrétaires sont Jacques Monnot et Albert Ruelle.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. En , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. En mai, il est vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

Le , Amar, aux côtés de Jean-Marie-François Merlino, est envoyé en mission dans les départements de l'Ain et de l'Isère afin d'accélérer la levée en masse décrétée en février. Au terme de leur mission, cinq cents personnes sont mises en état d'arrestationJean-René Suratteau, « Amar Jean-Pierre-André », p. 18-19 in Albert Soboul (sous la direction de), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, 1989, réédition de 2005, collection « Quadrige », 1132 p..

Au nom du Comité de Sûreté générale, Amar émet un nombre important de rapports et de dénonciations.

Fin , il demande et obtient le décret d'arrestation contre Claude Masuyer, député de Saône-et-Loire, pour avoir aidé à l'évasion de Jérôme Pétion. Fin juillet, il dénonce et obtient l'arrestation de Jean Duprat et d'Agricol Minvielle, députés des Bouches-du-Rhône, et de Jacques-Nicolas Vallée, député de l'Eure-et-Loir, accusés de complicité avec Charles Barbaroux.

Le , au terme de son rapport sur « la conspiration de Brissot et de ses complices », il fait décréter d'accusation devant le tribunal révolutionnaire quarante-trois députés et fait décréter d'arrestation soixante-treize députés qui ont signé une protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin. Le 30 vendémiaire an II (le ), il fait décréter d'accusation d'accusation Jacques-Antoine Dulaure, député du Puy-de-Dôme et rédacteur en chef du journal Le Thermomètre du Jour.

Au printemps de l'an II, il inculpe les députés dantonistes François Chabot, Joseph Delaunay, Fabre d’Églantine et Julien de Toulouse dans l'affaire de la Compagnie des IndesArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 86, séance du 16 ventôse an II (16 mars 1794), p. 553-557..

Parallèlement, le 9 brumaire an II (), Amar fait adopter l'interdiction aux femmes de fréquenter les sociétés populaires, mesure contre laquelle seul le député Charlier s'élève. La mesure, d'après Christine Le Bozec, amorce un coup d'arrêt aux acquis féministes de la RévolutionChristine Le Bozec, Les femmes et la Révolution 1770-1830, Paris, Passés Composés, 2019, p. 100-104..

Amar est impliqué dans la crise du 9 thermidorAlphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de Salut public tome 15, séance du 9 thermidor an II (27 juillet 1794), p. 457-459.. Lui et ses collègues Barère, Billaud-Varenne, Collot d'Herbois du Comité de Salut public, David, Vadier et Voulland du Comité de Sûreté générale, sont cependant dénoncés dès fructidor an II (fin ) par Laurent Lecointre comme complices de Robespierre, de Couthon et de Saint-JustArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 96, séance du 12 fructidor an II (29 août 1794), p. 78-82.. Au terme de l'insurrection du 12 germinal an III, Amar est décrété d'arrestation et incarcéré au fort de HamAlphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de Salut public tome 21, Comité de Salut public, séance du 13 germinal an III (2 avril 1795), p. 462-463.. Il bénéficie de l'amnistie rendue lors de la séparation de la Convention en brumaire an IV ().

Du Directoire à la fin de vie Sous le Directoire, Amar n'exerce pas de mandat. Il fréquente le club du Panthéon, est inculpé dans la conjuration des Égaux mais est acquitté par la Haute Cour de Vendôme puis par le tribunal de la Seine. Il n'exerce pas non plus de mandat sous le Consulat ni sous le Premier Empire. Il n'est pas compris dans la loi du 12 jenvier 1816 contre les régicides, n'ayant pas adhéré l'Acte additionnel lors des Cents-Jours. À la fin de sa vie, il se tourne vers la piété et traduit en français les œuvres d'Emmanuel Swedenborg.

Cinéma Danton (), film réalisé par Andrzej Wajda. Rôle joué par Krzysztof Globisz.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Paris, Robert Laffont, 1987, 1213 pages. Jean-René Suratteau, « Amar Jean-Pierre-André », p. 18-19 in Albert Soboul (sous la direction de), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France, 1989, réédition collection « Quadrige », 2005, 1332 pages.

Articles connexes Liste des députés de l'Isère

Liens externes

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