La bataille de la Wilderness est une bataille de la guerre de Sécession qui se déroula du 5 au entre les armées du général nordiste Ulysses S. Grant et celle du général sudiste Robert Lee.
Contexte Lors de l'hiver 1863-1864 les armées nordiste et sudiste avaient hiverné à quelques kilomètres de distance, séparées seulement par la Rapidan River. Dès le retour du printemps, le général Grant avait tenté sans succès de déloger Lee de ses positions, mais ce dernier savait que le but du général nordiste était de l'entraîner dans la Wilderness, zone forestière sombre et dense de , déjà théâtre de furieux combats lors de la bataille de Chancellorsville un an plus tôt. Lee laissa les fédéraux traverser la Rapidan River pour pouvoir les attaquer de flanc alors que les nordistes passeraient dans la Wilderness. C'est ainsi que le les avant-gardes des deux armées se rencontrèrent.
Déroulement de la bataille Le deux corps sudistes allant vers l'ouest croisèrent la route de trois corps nordistes se dirigeant vers le sud. Pour Lee, la confrontation semblait prématurée, l'armée de renfort du général James Longstreet (premier corps, ) n'étant pas encore arrivée. Mais malgré leur supériorité numérique ( contre ), les unionistes ne purent en profiter. Devant la connaissance du terrain qu'avaient les sudistes, ils furent acculés à la défense de l'intersection des deux routes qu'ils devaient absolument tenir s'ils voulaient continuer vers le Sud. Finalement, les fédéraux réussirent à tenir la position.
Le lendemain une contre-attaque sur l'aile droite de Lee fut lancée à travers la forêt qui repoussa les sudistes sur un kilomètre et demi. Le QG de Lee se retrouva aux abords de la ligne de front. Le général sudiste, pour montrer l'exemple, voulut lancer en tête une contre-attaque avec des Texans. Mais ces derniers demandèrent avec véhémence au général de rester en arrière, ce qu'il fit. Ils partirent au combat et stoppèrent les nordistes, qui furent repoussés sur leur ligne de départ sous la pression des hommes de Longstreet qui venaient d'arriver au meilleur moment.
À partir de ce moment, les confédérés refirent jouer l'avantage de leur connaissance du terrain : un terre-plein longeant l'aile gauche des nordistes, érigé pour la construction d'une voie ferrée, ne figurait pas sur les cartes. Un des généraux de Longstreet connaissait la présence de cette butte couverte de fourrés qui la rendait difficilement visible. L'après-midi du , quatre brigades confédérées attaquèrent l'aile gauche des unionistes, surpris, qui se trouvèrent rapidement dans une situation difficile. C'est à ce moment que Longstreet fut touché à l'épaule par une balle sudiste. En effet, alors que ses brigades repoussaient les nordistes, elles croisèrent les autres troupes confédérées qui attaquaient de front. Longstreet survécut à sa blessure qui le priva de commandement pour cinq mois.
Malgré les assauts répétés des sudistes, les Yankees tinrent leurs positions. Le moral des sudistes s'amenuisait. Lee en fin d'après-midi tenta de remobiliser ses troupes pour qu'elles continuent leur progression. Un terrible combat eut lieu à un carrefour au milieu d'un feu de forêt. De l'autre côté du front, sur l'aile droite donc le général sudiste John B. Gordon aperçut une brèche dans les lignes nordistes. Mais son supérieur, le général Richard Ewell, refusa de le laisser attaquer et il dut attendre la permission de Lee qui arriva en fin de journée. L'assaut des sudistes repoussa les unionistes d'un kilomètre et demi et deux généraux nordistes furent capturés. Peu à peu, les fédéraux commençaient à abandonner le terrain pensant la bataille perdue. Certains officiers nordistes craignaient que Lee ne recommence la même tactique. Grant sut remotiver ses hommes et il tint ces propos à un officier désespéré :
Les pertes nordistes s'élevaient à (morts et blessés) en deux jours, contre du côté sudiste. Comme ses prédécesseurs dans la même situation, Grant aurait dû battre en retraite. Mais le général nordiste avait assuré au président Lincoln qu'il n'y aurait pas de reculadeFoote, Civil war, tome III.. Le , la situation étant bloquée pour les deux armées, il choisit le désengagement et décida le contournement de l'aile droite de Lee avec pour but la prise de Spotsylvania. À la nuit tombée, alors que les soldats s'attendaient à un départ vers le nord, les divisions nordistes marchèrent au sud. Les unionistes furent ainsi revigorés en voyant leur chef refuser toute idée de retraite car pour la première fois dans une campagne de Virginie, l'armée du Potomac restait sur l'offensive après la première bataille.
Bilan À la fin de la bataille, les deux armées n'ont ni progressé ni reculé. Mais pour la première fois depuis le début de la guerre, un général nordiste, malgré de lourdes pertes ( et ), ne bat pas en retraite et se prépare à mener une autre bataille.
La nature du champ de bataille — une forêt — fut la cause de tirs fratricides fréquents. De nombreux incendies furent fatals aux blessés qui n'étaient plus en état de se déplacer.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie David J. Eicher, The Longest Night: A Military History of the Civil War, Simon & Schuster, 2001 James M. McPherson, La Guerre de Sécession, éditions Robert Lafont
Catégorie:Bataille de Robert Lee Catégorie:Campagne d'Overland Catégorie:Bataille de 1864 Wilderness Catégorie:1864 aux États-Unis Catégorie:Bataille du théâtre oriental de la guerre de Sécession Catégorie:Virginie durant la guerre de Sécession Catégorie:Mai 1864