Pseudotsuga menziesii est une espèce de conifère de la famille des Pinaceae, originaire de l'ouest de l'Amérique du Nord Arbres - Jaromir Pokorny - p.32 - - Éditions Gründ - 1987. En français on l’appelle principalement Douglas.

C'est un arbre à croissance rapide qui peut atteindre de très grandes dimensions, jusqu’à de haut, et son bois possède de très bonnes qualités techniques. Le bois d’œuvre est surtout utilisé en construction extérieure et intérieure, mais aussi pour la décoration. C'est l'une des essences les plus importantes pour l'exploitation forestière et l'industrie du bois en Amérique du Nord. Il prend aussi de l'importance en Europe où la conduite industrielle de ses peuplements appauvrit les écosystèmes forestiers et génère la désapprobation du public.

Taxonomie Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Pseudotsuga menziesii (Mirb.) Franco. L'espèce a été initialement classée dans le genre Abies sous le basionyme Abies menziesii Mirb.

Sous-taxons Pseudotsuga menziesii comprend deux variétés botaniques : Pseudotsuga menziesii var. menziesii, dont l'aire de répartition d'origine s'étend du sud-est de l'Alaska à l'ouest des États-Unis au sein du biome tempéré des montagnes de l'Ouest de l'Amérique du Nord. Cette variété s'est bien acclimatée en Europe. Pseudotsuga menziesii var. glauca (Beissn.) Franco, 1950, dont l'aire de répartition s'étend des montagnes Rocheuses au Mexique central, au sein du biome tempéré de côte pacifique. Cette variété ne s'est pas acclimatée en Europe. Elle est différenciée de la variété nominale par des aiguilles bleutées et des cônes plus courts. Par ailleurs, de nombreux cultivars ont été créés pour la sylviculture et l'horticulture.

Noms français Ce taxon porte en français les noms vernaculaires, vulgarisés ou normalisés suivants : Douglas, Douglas de Menzies, Sapin de Douglas, Pin de l'Orégon, Pseudotsuga de Menzies, Douglas taxifolié, Douglas vert, Fausse pruche.

Étymologie L'épithète spécifique de son nom scientifique, menziesii, fait référence à Archibald Menzies (1754-1842) qui récolte l'espèce en 1790 lors de l'expédition dans le nord-est de l’océan Pacifique menée par le navigateur George Vancouver. Le nom vulgarisé Douglas fait référence au botaniste écossais David Douglas (1799-1834) qui est le premier à faire parvenir des graines en Angleterre en 1824.

Répartition La distribution naturelle du douglas est assez vaste dans l'Ouest de l'Amérique du Nord, et se divise en deux grandes parties correspondant aux deux variétés principales. La variété menziesii s'étend sur la Côte ouest où elle est un élément majeur des forêts de conifères géants du littoral du Pacifique, depuis la Californie aux États-Unis jusqu'à la Colombie-Britannique au Canada. La variété glauca s'étend à l'intérieur du continent et de manière plus dispersée, de l'intérieur de la Colombie-Britannique et de l'ouest de l'Alberta, au Canada, jusqu'au nord du Mexique, en passant à travers les États-Unis le long des montagnes Rocheuses. Dans ces deux parties de son aire de répartition, il est présent en plaine et à basse altitude au nord et monte de plus en plus en altitude vers le sud.

Il a été introduit en Europe dès 1827 par le botaniste écossais David Douglas, et en France à partir de 1842. La variété menziesii ayant besoin d'un climat à influence océanique, elle s'est bien adaptée à l'Europe où elle connait depuis le une utilisation importante en reboisement et en sylviculture. Elle a été l'objet de plantations notamment en France au cours des trois dernières décennies du , sous l'impulsion du Fonds forestier national, de sorte qu'elle est devenue la deuxième essence de reboisement du pays, couvrant aujourd'hui , surtout dans le Massif central : Morvan, Auvergne, Limousin, Beaujolais, et dans les Vosges, ainsi qu'en plaine dans la moitié nord. Elle est aussi beaucoup plantée en Allemagne (dans tout le pays, mais surtout dans le quart sud-ouest), dans les îles Britanniques, en Italie (dans les Apennins), en Tchéquie, en Belgique (notamment dans l'Ardenne, mais aussi en plaine), aux Pays-Bas et au Danemark. On peut désormais rencontrer le douglas des Highlands en Écosse jusqu'aux pentes de l'Etna en Sicile, des monts du Portugal aux plaines de Pologne, et à l'est jusqu'aux Carpates.

Il est aussi planté dans l'hémisphère Sud : Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Amérique du SudF. Da Ronch, G. Caudullo, D. de Rigo, Pseudotsuga menziesii in Europe: distribution, habitat, usage and threats, European Atlas of Forest Tree Species, 2016, ..

Description Dimensions vignette|, deuxième plus gros douglas du Canada.

La variété menziesii de la côte du Pacifique atteint une taille adulte moyenne comprise entre de hauteur pour un diamètre de dans ses régions d'origine. Il pousse rapidement mais peut vivre entre et quelques-uns atteignent le millénaire.

Dans la nature, il peut atteindre de très grandes dimensions : des spécimens de de haut étaient rarement trouvés et récoltés au début du , mais des individus de de haut et de diamètre étaient courants au Canada Maurice Zimmermann (1918), Les ressources houillères, hydrauliques et forestières du Canada, Annales de Géographie, , , , Persée.fr.. Le plus haut douglas actuel est le Doerner Fir en Oregon aux États-Unis, avec une hauteur de en 1991 (les différentes mesures depuis tournent autour de ), pour un tronc de de diamètre. Des spécimens plus hauts sont cités dans le passé, mais leur mesure est souvent mise en doute (l'un, le Lynn Valley Tree au Canada, de et un autre plus douteux, le Nooksack Giant dans l'état de Washington aux États-Unis, de ). Un spécimen beaucoup mieux documenté, le Mineral Tree, est tombé en 1930 dans l'état de Washington. Ce dernier a été mesuré plusieurs fois à partir de 1911, notamment en 1925, avec une hauteur de (près de ).. Le douglas est donc un sérieux candidat au titre de plus haute espèce d'arbre du monde de l'époque moderne, mais actuellement l'espèce la plus haute du monde est de loin Sequoia sempervirens.

Le douglas le plus volumineux est actuellement le Red Creek Fir sur l'île de Vancouver au Canada, avec un diamètre de , une hauteur de (il lui manque sa cime) pour un volume de . Son âge est estimé à environ un millénaire. Un autre spécimen impressionnant du Canada est le Big Lonely Doug, aussi sur l'île de Vancouver, préservé et solitaire au milieu d'une coupe rase récente, entièrement visible, ce qui l'a rendu célèbre. Il est d'ailleurs le deuxième plus gros douglas répertorié dans le pays.

Les trois plus grands arbres de France métropolitaine seraient tous des douglas : le plus grand, haut de en 2025, est situé à proximité de la retenue d'eau du barrage du Chartrain dans la Loire. Cet arbre est désormais l'arbre le plus haut de France après la chute du kimboto de Saül (Pradosia cochearia) qui mesurait 74,80 mètres. Le plus haut douglas suivant ( en 2025) se trouve à l'arboretum de La Jonchère-Saint-Maurice dans la Haute-Vienne et le troisième ( en 2021) à Haspelschiedt dans la MoselleRecords de hauteur des arbres en France, sur le site Arbres monumentaux, consulté le 23 12 2020.. D'autres spécimens dans divers départements dépassent désormais les et le classement évolue régulièrement. Tous sont issus des premières plantations de douglas en France de la fin du , encore peu nombreuses à cette époque et en petits groupes. Ces arbres sont donc jeunes comparés aux grands spécimens d'Amérique du Nord. Ils sont encore en phase de croissance soutenue et sont généralement plus hauts à chaque nouvelle mesure. La plupart des plantations en France sont plus récentes et moins hautes. On doit donc s'attendre en ce à des hauteurs records de plus en plus importantes. Ils ne détiennent cependant pas les records de France de diamètres de tronc ou d'âgeRecords : Les arbres les plus épais, les plus hauts et les plus anciens de France (métropolitaine)..

La variété glauca, de l’intérieur du continent nord-américain, est moins grande, avec une hauteur à maturité se situant entre 35 et pour un maximum de .

Les feuilles vignette|redresse|gauche|Aiguilles et cônes de la variété menziesii. vignette|redresse|Aiguilles et cône de la variété glauca.

Les feuilles sont des aiguilles, de de long, minces, molles, souples, arquées, pointues, et rétrécies à la base, avec deux bandes blanches marquées au dos, comme le sapin et Leur face supérieure est parcourue par un sillon qui n'existe pas chez le sapin. Elles sont insérées sur un coussinet tout autour des rameaux des branches basses ou sur deux rangées, en brosse, sur les rameaux fertiles. Les aiguilles sont de couleur vert foncé sur le dessus et parcourues par deux bandes vert clair de stomates sur le dessous. Les feuilles ont une durée de vie de cinq à six ans. Elles dégagent, quand on les froisse une odeur de fruit de la passion, avec des nuances d'agrumes et de résine. (ou de citronnelle, le gout de résine est désagréable), parfum dû à une huile essentielle renfermant du limonène (comme l'essence de citron) qui pourrait constituer un système de défense des arbres contre les herbivoresLes différentes réactions du pin, tiré de R. Mumm, M. Hilker, « Direct and indirect chemical defence of pine against folivorous insects », Trends in Plant Science, 2006. (effet répulsif ou toxique de ce monoterpène contre les larves et les insectes, action fongistatique sur leur microbiote intestinal, réduction de l'oviposition, attraction de parasitoïdes ou de prédateurs de ces insectes)..

Les cônes Le douglas est monoïque, c'est-à-dire que chaque pied produit des fleurs mâles et des fleurs femelles différenciées. Les cônes apparaissent en avril-mai. Ils sont mûrs en octobre de la même année. Ils pendent et mesurent de . Leur particularité réside dans la présence de bractées trifides (à trois pointes) saillantes, appliquées sur les écailles du cône..

Le bois vignette|redresse|Bois de douglas.

Le duramen du douglas est de couleur brun rosé tandis que l'aubier est de couleur jaune brun clair. Le bois est à fil droit, avec des cernes larges (du fait de sa croissance rapide) , une texture forte (grande proportion de bois final). Au sein d'un même cerne annuel, il existe une hétérogénéité de couleur et de structure, due au diamètre différent des vaisseaux du bois, entre le bois initial (bois de printemps), le bois intermédiaire et le bois final (bois d'été). Les canaux résinifères normaux ne sont pas toujours bien visibles. La présence de petits canaux résinifères localisés provoque une odeur résineuse prononcée quand le bois est fraîchement coupé, et s'estompe quand le bois sèche.

En plus des grandes dimensions et de la bonne régularité des tiges, le bois de cœur du douglas est plus solide et résistant que la moyenne des résineux courants utilisés en Amérique du Nord et en Europe. Ses propriétés mécaniquesFiche essence du douglas publié par le Centre_de_coopération_internationale_en_recherche_agronomique_pour_le_développement (CIRAD), 2012, . en font un bois assez comparable aux mélèzes (auxquels il est d'ailleurs apparenté phylogénétiquement), supérieur à la majorité des pins (mais comparable au pin du Nord), et bien supérieur aux sapins et aux épicéas. Ces propriétés en font un bois particulièrement approprié pour des utilisations en structure.

Le duramen présente une bonne durabilité face aux attaques des insectes de bois sec. Il est moyennement à faiblement durable face aux attaques de champignons (en cas d'humidification prolongée du bois) et sensible aux termites. Ceci permet de l'utiliser sans traitement en classe 3 : utilisable à l'extérieur, mais hors contact avec le sol. Il n'est pas imprégnable et ne peut donc pas être traité. L'aubier non durable est moyennement à peu imprégnable.

Autécologie et habitat