vignette|Bela Bartok

Le Concerto pour orchestre Sz.116/BB 123 de Béla Bartók est une œuvre composée en 1943.

Histoire Composition

En 1940, Béla Bartók, fuyant le nazisme arrive aux États-Unis. Il n’y est pas heureux, n’appréciant pas le pays, se trouvant face à de sérieuses difficultés financières et, surtout, supportant mal l’éloignement de son pays. Dès fin 1942, une leucémie est diagnostiquée ; il doit alors renoncer à ses concerts.

Alors qu’il refuse l’aide financière de ses amis, la Société des auteurs américains le prend en charge et, grâce au chef d’orchestre Serge Koussevitzky, lui commande une nouvelle œuvre pour par une lettre de commande datée du : le Concerto pour orchestre, auquel il travaille d’août au . La première a lieu au Carnegie Hall de New York, le par l’Orchestre symphonique de Boston. Il écrit : . Koussevitzky est très enthousiaste au sujet de l’œuvre, et indique que c’est .

Néanmoins, Bartók révise l'œuvre en , la principale innovation consistant en une coda légèrement plus développée dans le Finale.

L'œuvre est publiée chez Boosey & Hawkes à New York en 1945.

Analyse Le terme de concerto implique depuis le un instrument soliste avec l’orchestre l’accompagnant. Mais on peut porter au crédit de Béla Bartók d’avoir inventé un modèle avec ce Concerto pour orchestre. Ici, chaque pupitre est traité de façon concertante faisant montre de sa virtuosité : dans le fugato du premier mouvement (cuivres), le thème principal du dernier mouvement (cordes) ou le deuxième mouvement dans lequel les paires d’instruments s’échangent consécutivement les passages brillants (tout d’abord, après une introduction de caisse claire, deux bassons goguenards à la sixte, puis deux hautbois caqueteurs à la tierce, deux clarinettes volubiles à la septième, deux flûtes claires et transparentes à la quinte, et enfin deux trompettes bouchées, qui nasillent à la seconde).

Béla Bartók nota à propos du Concerto pour orchestre: « L’atmosphère générale de l’ouvrage – mis à part le deuxième mouvement – présente une graduelle progression allant de l’austérité du premier mouvement et du lugubre chant de mort du troisième vers l’affirmation de la vitalité du dernier… »

Quant à Ernest Ansermet, il a dit du Finale qu’« il court à la coda, une coda vertigineuse : comme un grand coup de vent, des vagues de cordes aux couleurs phosphorescentes semblent emporter des bribes de la fugue jusqu’à ce que le thème de celle-ci éclate dans toute sa grandeur aux cuivres »Ansermet, E, Les Fondements de la musique dans la conscience humaine, et autres écrits, Robert Laffont, 1989.

Le chef d'orchestre Antal Doráti qui a été l'élève de Bartók en composition à Budapest, rapporte une conversation qu'il eut avec lui, lors d'une visite à New York, à propos du quatrième mouvement.

Orchestration Instrumentation du Concerto pour orchestreCordes premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, 2 harpesBois3 flûtes la troisième jouant du piccolo, 3 hautbois le troisième jouant du cor anglais, 3 clarinettes en si bémol et la, la troisième jouant de la clarinette basse, 3 bassons le troisième jouant du contrebassonCuivres4 cors en fa, 3 trompettes en ut, 3 trombones, 1 tubaPercussions timbales, percussion

Mouvements . à ; [Jeu de couples]. à ; . à ; . à ; . à .

Durée d’exécution La durée d’exécution du Concerto pour orchestre est d’environ 38 minutes en moyenne. Mais des chefs d'orchestre – pour la même partition – mettent 35 minutes 30 (Solti-1981 à Chicago) et d'autres presque 48 (Sergiu Celibidache à Munich).

Note du compositeur Cette œuvre orchestrale traite les instruments isolés ou les groupes d’instruments de manière « concertante » ou soliste. Ce trait en explique le titre de Concerto for Orchestra (Concerto pour orchestre). La manière « virtuose » apparaît, par exemple, dans les sections fugato du développement du premier mouvement (cuivres) ou dans les passages en style de « perpetuum mobile » du thème principal du dernier mouvement (cordes) et, surtout, dans le deuxième mouvement qui fait intervenir successivement les instruments par deux dans des passages de bravoure.

Quant à la structure de l’œuvre, les premier et cinquième mouvements respectent une forme sonate plus ou moins régulière. Le développement du premier mouvement comporte des sections fugato des cuivres et l’exposition du cinquième mouvement est quelque peu étendue, son développement consistant en une fugue construite sur le dernier thème de l’exposition. On rencontre des structures moins traditionnelles dans les deuxième et troisième mouvements. L’essentiel du deuxième mouvement est constitué d’un enchaînement de cinq sections brèves et indépendantes, correspondant aux cinq paires d’instruments solistes introduites alternativement (2 bassons, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 flûtes et 2 trompettes avec sourdine). Ces sections n’ont aucune thématique commune et on peut les désigner par les lettres a, b, c, d, e. Elles sont suivies d’une sorte de trio — choral court pour les cuivres et la caisse claire — à la suite duquel les cinq sections sont reprises dans une instrumentation plus élaborée. La structure du [troisième] mouvement est, de même, celle d’une chaîne : trois thèmes y apparaissent l’un après l’autre. Ils constituent le cœur du mouvement, encadré par un enchevêtrement diffus de motifs rudimentaires. L’essentiel du matériau thématique de ce mouvement est tiré de l’« Introduction » du premier mouvement. La forme du quatrième mouvement — Intermezzo interrotto — est parfaitement rendue par le schéma suivant : « A B A - interruption - B A ».

Le climat général de l’œuvre évoque — à l’exception de la badinerie du deuxième mouvement — le passage progressif de l’austérité du premier mouvement et du chant funèbre du troisième mouvement à l’affirmation de la vie du dernier mouvement.

Discographie La première version est celle de Serge Koussevitzky en 1944 (enregistrement d’un concert radiophonique à Boston, fait moins d’un mois après la création de l’œuvre). En 2007, il existe plus d’une soixantaine d’enregistrements du ConcertoFriédérich S., Le concerto pour orchestre de Bartók, Classica-Repertoire, octobre 2007, .

Les références (seuls y sont cités les enregistrements primésBiojout JP, F Pascal, Guide des CD récompensés, Bleu nuit éditeurs) : Fritz Reiner et l’Orchestre symphonique de Chicago (, RCA Victor) Leonard Bernstein et l’Orchestre philharmonique de New York (, Columbia Masterworks) Ferenc Fricsay et l’Orchestre symphonique de la radio de Berlin (, DG) Georg Solti et l’Orchestre symphonique de Londres (, Decca) Antal Doráti et l’Orchestre symphonique de Londres (, Mercury) Iván Fischer et l’Orchestre du festival de Budapest (, Philips Classics) Pierre Boulez et l’Orchestre philharmonique de New York (1972, Columbia Masterworks)

Autres enregistrements notables : Karel Ančerl et l’Orchestre philharmonique tchèque (25–27/, Supraphon) György Lehel et l’Orchestre philharmonique tchèque (, Praga) Herbert von Karajan et l’Orchestre philharmonique de Berlin (, DG) Sergiu Celibidache et l’Orchestre philharmonique de Munich (1995, EMI Classics) Pierre Boulez et le Chicago Symphony Orchestra (, DG) Charles Dutoit et l'Orchestre symphonique de Montréal (, Decca)

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Bartok Bela, concerto pour orchestre Catégorie:Œuvre de Béla Bartók Catégorie:Œuvre musicale composée en 1943