À ses débuts, l’historique du Régiment étranger s’est confondue avec celle de son aîné, le Étranger, mais rapidement le Étranger s’est forgé sa propre réputation, faite de gloire et de combats.

Faits d'armes et inscriptions sur le drapeau Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantesDécision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie"Édition Chronologique du 29 octobre 2010".Le Ministère de la Défense instruction /DEF/EMA/OL/2 du 23 septembre 1983, modifiée, sur les filiations et l'héritage des traditions des unités; décision /DEF/CAB/SDBG/CPAG du 15 juillet 2008 portant création d'une commission des emblèmes. Art . L'inscription "Koweït 1990-1991" est attribuée aux drapeaux et étendards des formations des armées énumérées ci-dessous. R.E.I, R.E.C, R.E.G, R.I.Ma, R.P.I.Ma, R.A.Ma, Régiment de dragon, Régiment de Spahis, Régiment de Commandement et de Soutien, R.H.C, R.H.C, puis les formations de l'Armée de l'Air les , , de chasse, la de reconnaissance et les et de transport. Le présent arrêté sera publié au bulletin officiel des armées, Hervé Morin. : Sébastopol 1854 Kabylie 1857 Magenta 1859 Camerone 1863 Extrême-Orient 1884-1885 Dahomey 1892 Madagascar 1895-1905 Campagne du Maroc 1907-1913-1921-1934 Indochine 1946-1954 AFN 1952-1962 Koweït 1990-1991

Conquête de l'Algérie par la France À sa création, le régiment est immédiatement engagé dans la lutte contre les troupes d’Abd El-Kader. Durant plusieurs années, les légionnaires mèneront de front la campagne militaire de pacification et la mise en valeur du pays (construction de routes, de puits, etc.).

À partir de 1848, commandé par le colonel Carbuccia, passionné d’archéologie, le régiment met au jour les ruines romaines de Lambèse Carole Dudognon, « Lambèse : une cité militaire et cultuelle antique », paru dans le Bulletin de la Société d’archéologie et d’histoire de Charente-Maritime, no 33, 2006, disponible en ligne , consulté le 28 septembre 2008, p 95. En 1849, alors en garnison à Philippeville, le régiment, avec à sa tête le colonel Carbuccia participe à la bataille de Zaatcha.

En 1853, 200 légionnaires du régiment prennent part à une colonne chargée d’aller lutter contre les tribus sahariennes. Cette colonne est montée à dos de dromadaire. Ce moyen de transport avait été expérimenté efficacement par le colonel Carbuccia.

Guerre de Crimée (1854-1856) Le , dans le cadre de la guerre de Crimée, le Jean Bart embarque deux bataillons du régiment. Le bataillon et le dépôt du régiment partent quant à eux s’installer en Corse, à Bastia, afin d’y former le dépôt de guerre pour alimenter les deux régiments étrangers partis en Crimée.

Gallipoli Débarqué le 7 et sur la presqu’île de Gallipoli en Mer Noire, le Étranger est regroupé avec le 1 au sein de la de la de l’armée d’Orient. Mais celle-ci sera surnommée, dès lors, la Brigade étrangère et sera placée sous les ordres du général Carbuccia, ancien chef de corps du régiment.

Mais le choléra fait son apparition et ses premières victimes. Le général Carbuccia décède le .

Bataille de l'Alma Le , un bataillon formé des compagnies d’élite des deux régiments étrangers débarque à Varna. Il est placé sous les ordres du général Canrobert. Sa mission sera de donner un coup d’arrêt aux colonnes russes.

La bataille de l'Alma a lieu le . La confusion sur place est totale, les erreurs de commandement, ordres contraires, etc. sèment la pagaille sur le champ de bataille. Les Russes se replient et la victoire revient aux alliés.

Siège de Sébastopol Le siège de Sébastopol, durant l’hiver 1854-1855 est particulièrement éprouvant. Les hommes ne sont pas équipés pour supporter ces températures et le choléra frappe toujours le corps expéditionnaire. Néanmoins, les ventre de cuir (surnom donné aux légionnaires par les Russes en raison de leur cartouchière sur le ventre), vont se montrer admirables. Notamment dans la nuit du 19 au , au cours de laquelle le bataillon du Étranger repousse une sortie ennemie, ce qui lui vaut d'être cité en exemple.

Le , les compagnies d’élite du bataillon et tous les effectifs disponibles laissés en Corse arrivent en Crimée.

Le , c'est l’assaut final et le 10, le Régiment étranger, drapeau et musique en tête, défile dans les rues de Sébastopol.

Retour en Algérie En 1856, le régiment est de retour en Afrique du Nord. Il tient garnison à Sidi-Bel-Abbès. À l’automne il prend part à une grande opération de réduction de la Kabylie. En 1857, le maréchal Randon ordonne la construction d’une route entre Souk-el-Arba et Tizi Ouzou. Ce sera le plus long tronçon de route construit par les légionnaires.

Le , le régiment participe à la bataille d'Icheriden où il enlève de manière admirable la place forte ennemie.

Campagne d'Italie La guerre paraissant inévitable avec l'Autriche, un décret du organisa le étranger à 4 bataillons, dont 3 bataillons de guerre à 6 compagnies dont 2 d'élite et un dépôt à 6 compagnies de fusiliers.

Bataille de Magenta Le , le Vauban débarque le Étranger en rade de Gênes. Celui-ci fait partie du d’armée du maréchal de Mac-Mahon qui doit bouter les Austro-hongrois hors du territoire italien.

Le , le régiment se porte sur le village de Magenta. La fusillade avec les Autrichiens est dure et le combat incertain.

Mais, galvanisés par leur chef de corps, le colonel de Chabrières, ils bousculent l’ennemi, le forçant à se retrancher dans les lisières du village. Il faudra l’appui de l’artillerie et le renfort du corps d’armée pour emporter le village.

La victoire est française mais la journée restera dans l’esprit des légionnaires du 2 comme le jour de la mort de leur chef, frappé en plein poitrine alors qu’il commandait la charge.

Bataille de Solférino Le , les légionnaires se heurtent aux Autrichiens en arrivant à la tour de Solférino. La bataille restera dans les mémoires comme ayant été le déclencheur de la création de la Croix-Rouge par un civil suisse Henri Dunant.

Le , avant de repartir pour l'Algérie, le Étranger défile devant l'Empereur. C'est la première fois que la Légion défile à Paris.

Expédition du Mexique (1861-1867) « La Légion ne formant plus qu'un seul régiment, l'histoire des et Étrangers se rejoint, c'est pourquoi ce texte est emprunté directement de la page Légion étrangère : »

Initialement, la Légion ne devait pas participer à l'expédition du Mexique, mais une pétition de ses officiers adressée au ministre de la guerre eut pour effet de punir ceux-ci et d'envoyer le Régiment étranger au Mexique.

Le régiment arrive le et se voit alors confier la tâche ingrate de l'escorte des convois entre Veracruz et Puebla. Mais la compagnie s'illustra le au cours de la bataille de Camerone qui restera dans l'histoire comme l'illustration du sacrifice au nom de la parole donnée.

De décembre 1864 à février 1865, les unités du régiment participent au siège de Oajacca.

Le , les et compagnies du bataillon livrent un combat comparable à celui de Camerone. Sous les ordres du capitaine Frenet, les 125 légionnaires encerclés dans l'hacienda de l'Incarnacion résistent victorieusement durant 48 heures à plus de 600 Mexicains.

En 1866, la Légion rejoint l'Algérie.

Guerre franco-prussienne Le , la guerre éclate entre la France et la Prusse. Cette guerre se déroule sur le sol de France, où la Légion, n'a pas, normalement, à intervenir. Par ailleurs, on ne peut pas demander aux légionnaires allemands de se battre contre leur pays. Mais la situation est si critique que le gouvernement fait appel aux troupes d'Afrique.

Deux bataillons sont formés pour partir en France, les légionnaires allemands, le drapeau du régiment et la musique restent à Sidi-Bel-Abbès. Pendant ce temps, un bataillon est créé sur le sol national pour incorporer les étrangers qui veulent servir leur patrie d'adoption. Ce bataillon se distingue particulièrement pour sa vaillance lors de la bataille d'Orléans le .

Les bataillons arrivés d'Algérie se fondent avec les rescapés des combats d'Orléans mais ils connaîtront la défaite avec l'armée de l'est. Ce qui reste de l'unité participe à la répression de la Commune de Paris en avril et mai 1871.

Le , le régiment étranger de marche formé pour la circonstance cesse d'exister. Ses éléments retrouvent le chemin de l'Algérie.

Algérie (1870-1907) thumb|alt=alternative textuelle|upright=1.5|aquarelle peinte par le lieutenant Félix de Vial (sud algérien)

En Algérie, la défaite française a semé quelques doutes dans les esprits et les colonnes de légionnaires ont dû employer la force pour continuer à montrer la présence de l'État dans cette région.

En 1881, la révolte du marabout Bou Amama sera le prélude à deux années d’escarmouches, combats et poursuites avec notamment le combat de Chott Tigri où 50 légionnaires laisseront leur vie face à plusieurs milliers de cavaliers arabes.

Le , le régiment emménage à Saïda qui deviendra sa base arrière où tous les bataillons viendront se reposer à tour de rôle.

La pénétration vers le sud commence alors. Les légionnaires s'adaptent et créent les compagnies montées afin de ravitailler les oasis lointains.

Tonkin (1883-1915) Le , dans le cadre de la guerre franco-chinoise, les 600 premiers légionnaires débarquent au Tonkin. Ils participent aux colonnes de l'amiral Courbet qui lutte contre les Pavillons noirs.

Le , les légionnaire accomplissent leur premier fait d'armes en terre asiatique en prenant la citadelle de Son-Tay. Renforcés par le bataillon à partir de février 1884, les légionnaires s'emparent de la forteresse de Bac Ninh.

Du au , la citadelle de Tuyen Quang, défendue par une majorité de légionnaires est assiégée. Ce fait d'armes, par ses actions d'éclat et de bravoure est à rapprocher de Camerone.

L'Afrique Dahomey (1892-1894) En 1892, le roi Behanzin menace le comptoir de Porto-Novo et la France décide d'intervenir au royaume du Dahomey. Un bataillon étranger de marche est constitué. Dans le cadre de la seconde guerre du Dahomey, il est placé administrative sous commandement du Étranger.

De Cotonou, les légionnaires doivent s'emparer d'Abomey, la capitale du mutin. Deux mois et demi seront nécessaires pour atteindre la cité au prix de combats répétés contre les soldats, et surtout les amazones du roi. Celui-ci capitule et est capturé par les légionnaires en janvier 1894.

Soudan français (1892-1893) En 1892, une compagnie de marche est formée à Saïda et transportée à Kayes, dans le Soudan français (actuel Mali), afin de soumettre les sultans Ahmadou et Samory Touré. Une fois sa mission accomplie avec succès, la compagnie est dissoute à son retour à Saïda le .

Guinée (1894) En 1894, un bataillon de marche constitué de deux compagnies des deux régiments étrangers est constitué au début de l'année 1894 pour pacifier le Niger. La victoire des légionnaires à la forteresse d'Ouilla et les patrouilles de police dans la région accélèrent la soumission des tribus. Mais 51 légionnaires doivent être hospitalisés en Guinée des suites de maladies tropicales et de la dysenterie.

Madagascar (1895-1905) En 1895, lors de la seconde guerre franco-malgache, le RE envoie deux compagnies qui, avec le étranger, forment un bataillon participent au corps expéditionnaire à Madagascar. Ce corps expéditionnaire a pour mission de rétablir la souveraineté française sur le territoire et le bataillon étranger forme le fer de lance de la colonne lancée sur Tananarive. Il rentre en Algérie une fois sa mission terminée en décembre 1895.