vignette|upright=1.6|Le Kirghizistan, un pays d'Asie centrale. vignette|upright=1.6|Yourtes kirghizes au bord du lac Son Koul Cet article traite de différents aspects de la culture au Kirghizistan, un pays d'Asie centrale.
Langues et populations
Langues Langues au Kirghizistan Langues du Kirghizistan
La langue kirghiz appartient au groupe des langues turques oghouzes.
En 1924, un alphabet basé sur l'alphabet arabe est introduit, remplacé par l'alphabet latin en 1928. En 1941, l'alphabet cyrillique est définitivement adopté. En 1993, l'alphabet turkmène est adopté, et rénové en 1999.
Populations Groupes ethniques au Kirghizistan
Traditions Religion(s) vignette|Cimetière musulman près de Bishkek
Religion au Kirghizistan :Catégorie:Religion au Kirghizistan Islam au Kirghizistan
La religion principale est l'Islam sunnite, de l'école hanafite. Mais la pratique religieuse musulmane est marquée également par les influences du chamanisme, existant antérieurement à l'islam, et du soufisme, dont les missionnaires ont joué un grand rôle dans l'islamisation de la région.
Autrefois très influents, les barchy, sortes de bardes guérisseurs, sont les derniers relais d'un chamanisme fortement teinté d'islam populaire.
La minorité slave se reconnaît principalement dans l'orthodoxie, mais on rencontre également des églises catholiques et protestantes.
Actuellement, plusieurs mouvements religieux, tant islamiques que chrétiens ou autres, mènent un prosélytisme actif.
Symboles Emblème du Kirghizistan Armoiries de la République socialiste soviétique kirghize Hymne national de la République kirghize Drapeau du Kirghizistan
Société Une culture d'origine nomade Traditionnellement un peuple nomade, les Kirghizes restent attachés à ces traditions. Le pastoralisme semi-nomade est encore respecté en de nombreux endroits, tandis que la liberté qu'il implique a un impact sur les mentalités du pays. Structure clanique
Comme il est fréquent dans les sociétés d'origine nomade, les kirghizes sont structurés en « ailes », principalement les ailes gauche et droite, sorte de confédérations de tribus. Les tribus elles-mêmes sont au nombre de 40, ce qui explique, selon certaines théories, l'origine du nom kirghiz, les « quarante ».
L'appartenance tribale se transmet par le père. Bien qu'elle soit moins adaptée à la société contemporaine, elle conserve une importance pour l'identité des individus. Chaque enfant est censé apprendre le nom de ses sept ancêtres immédiats en ligne paternelle, ainsi que l'origine de sa tribu. Pour ce faire, les kirghizes conservent, le Sanjyra, ensemble de listes généalogiques autrefois récitées par les conteurs de la tribu et aujourd'hui mises par écrit.
La règle d'exogamie pousse à se marier hors de sa tribu. À défaut, le mariage est interdit entre individus en deçà du de parenté.
Actuellement, la structure clanique, interférant avec l'origine géographique et les pratiques de népotisme et de clientélisme conserve une influence dans les domaines économique et politique. Le régime soviétique avait dû composer avec cette constante. Toutefois, son fonctionnement reste complexe à analyser.
Le cheval
vignette|droite|Traite d'une jument à Suusamyr Le cheval est intimement lié à la culture kirghize. Il occupe une grande place dans l'art, l'imaginaire et la symbolique collective. Il est présent dans les épopées, les chants, les poèmes et les récits des explorateurs. Son élevage recule à l'époque soviétique, en raison de l'industrialisation, de la mécanisation et de la sédentarisation forcées des Kirghiz. La race locale est en voie d'extinction ainsi que les traditions qui lui étaient associées. Le gouvernement, sensibilisé à la préservation de ce patrimoine par les Français Jean-Louis Gouraud et Jacqueline Ripart, a entrepris de régénérer le cheval kirghize et ses traditions. La Fondation Kyrgyz Ate, créée par Jacqueline Ripart, a permis une véritable amélioration de la situation. Le "festival At Chabysh" est un événement culturel et sportif qui est consacré à ce cheval, et qui se déroule au Kirghizistan et dans le district kirghiz de Murghab (Pamir Oriental au Tadjikistan). Ainsi les jeux équestres traditionnels, dont Kyz Kumaï (poursuite d'une jeune fille au grand galop), Tyien Engmey (ramassage au galop de pièces d'or posées sur le sol), Oodarish (lutte entre deux cavaliers) et le Kok borou et l'Oulak tartysh, deux variantes du jeu équestre du bouc écorché, sont restés des sports très populaires, organisés à l'initiative des communautés villageoises elles-mêmes ou par des fédérations nationales. Des compétitions peuvent être commandées également par des particuliers à l'occasion des événements familiaux.
Au cours de festivités populaires rassemblant les représentants de différentes régions, appelée At Chabysh, sont organisées des courses en ligne sur longue distance, dites baïge. En effet, la particularité du cheval de type kirghize tient à son endurance et son adaptation au relief montagneux.
Le Kyz Kumaï est également un jeu très populaire, consistant en une double poursuite à cheval sur une distance d'environ 300 m. Dans un premier temps, un jeune homme poursuit une jeune fille, et tente de l'embrasser. Si la jeune fille a réussi à échapper au baiser, elle a le droit, à son tour de poursuivre le jeune homme pour lui asséner des coups de fouet.
Les solennités familiales vignette|redresse|Kirghize au marché de Karakol Outre les fêtes officielles et traditionnelles liées au cycle annuel, la vie sociale kirghize est ponctuée de nombreuses célébrations familiales, liées aux grandes étapes de la vie des individus : fête du berceau, fête des premiers pas, circoncision, fête de puberté, fiançailles, mariage, invitations mutuelles des beaux-parents, enterrement, repas à la mémoire des défunts sept jours, quarante jours et un an après le décès, repas donnés en reconnaissance d'un événement heureux, etc.
Comprenant de nombreux éléments rituels et symboliques, associant éventuellement l'iman local, ces fêtes sont aussi l'occasion de rassembler largement la parentèle et le voisinage pour des agapes abondantes auxquelles la famille consacre une part importante de ses revenus.
C'est le cas particulièrement du mariage, dont les dépenses, ajoutées à la dot, peuvent mettre les familles en difficulté. C'est l'une des raisons pour lesquelles se pratique le rapt des fiancées : Ala Kachuu. Il s'agit de l'enlèvement de la jeune fille convoitée par l'entourage du jeune homme. Pratiqué avec le consentement de la jeune fille ou non, ce rapt peut permettre d'échapper à l'organisation des fiançailles et au versement de la dot..
Éducation
Arts de la table Cuisine(s) Cuisine kirghize Santé :Catégorie:Santé au Kirgizistan Protection sociale Sports, arts martiaux Sport au Kirghizistan Comité national olympique de la République du Kirghizistan Sportifs kirghiz Sportives kirghizes Jeux de l'Asie centrale, Jeux mondiaux nomades Kok-borou
Média Média au Kirghizistan :Catégorie:Média au Kirghizistan Littérature vignette|redresse|Tchinguiz Aïtmatov (2007) La littérature kirghize reste principalement orale jusqu'au , avec des récits épiques nationaux, guerriers et lyriques, tels que Manas, Kedeï-khan ou Kourmanbek.
Dans le domaine de la littérature écrite, se détache la figure de Tchinguiz Aïtmatov, auteur de nombreux livres, dont certains furent traduits en français par Louis Aragon. On peut citer notamment Le premier maître, Jamilia, Le billot et Un jour long comme un siècle. Ses livres ont fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques.
Début 2021, l'édition kirghize de Wikipédia recense 300 écrivains kirghizes, et la version russe 71.
L'improvisation littéraire
L'épopée et le poème mélodique improvisé, sont les expressions artistiques par excellence. Ce dernier est accompagné au moyen d'un instrument à trois cordes, le komouz. L'improvisation poétique fait l'objet de joutes entre deux orateurs, les aïtysh, agrémentant les festivités officielles ou privées et récompensées de prix. C'est également un spectacle télévisé à succès.
L'épopée Manas, phénomène littéraire par son volume et son emphase, transmise et enrichie sur plusieurs siècles par la tradition orale, fait la fierté d'un peuple qui connaît actuellement un processus de réappropriation de ses racines historiques et mythologiques. Le nom de Manas est accolé à de nombreuses institutions telles que des universités, centres culturels, aéroports, ensembles architecturaux, formations artistiques, plans gouvernementaux, rues... Les valeurs incarnées par le héros éponyme (courage, fougue, noblesse…) sont mobilisées par les ouvrages éducatifs et la propagande publique. Il est le symbole de l'unité des kirghizes.
Outre Manas, le répertoire kirghize compte de nombreuses autres épopées de moindre importance et de moindre ampleur telles que Kokojach ou Kurmambek, qui mettent en scène des héros mythiques. Bien que mettant en scène des motifs variés (la bravoure, l'honneur, la fidélité...), chaque épopée est, en général, dominée par un thème anthropologique tel que le rapport à la nature, le rapport au père... Certaines d'entre elles, ou tout au moins certains personnages, appartiennent aussi au folklore kazakh. Toktogul Satilganov (1864-1933)
Épopées des peuples turcs : Manas, Manasologie, Kojojash, Koroghlou, Töshtük Akyn, conteur-chanteur (kazakh ou kirghiz), interprète, créateur potentiel, s'accompagnant au luth komuz. Les akyn qui peuvent réciter l'épopée de Manas sont appelés "manaschys". Jyraou, conteur-chanteur, interprète, en domaine kazakh principalement Aïtys, joute verbale entre conteurs (en pays kazakh et kirghiz, au moins), joute oratoire, battle Dastan, conte épique (domaine persan, tadjik, ouzbek, kazakh, turkmène, etc), dont se compose l'histoire orale, la tradition orale Liste de poètes en langages turcs
Littérature écrite Bible translations into Kyrgyz Kyrgyz Soviet Encyclopedia (1976-1980) Écrivains kirghiz, dont le plus célèbre reste Tchinguiz Aïtmatov (1928-2008), The Day Lasts More Than a Hundred Years (1980)
Artisanats Art des steppes
Textiles, cuir, papier
Kalpak
Les arts appliqués vignette|Kirghize senti tapis Les kirghizes ont développé avec beaucoup de raffinement les artisanats liés à la fabrication et à la décoration de la yourte. Faite d'épaisses toiles de feutre, arrimées à leur structure de bois par des bandes de laine multicolore tressées, la yourte peut être ornée de bandes décoratives à l'extérieur et surtout à l'intérieur. Les motifs traditionnels sont exécutés en couleurs très vives.
L'équipement traditionnel est fait de tapis noués, les kilem, ou de tapis de feutre, les chyrdak, qui isolent fortement du sol. Pour le coucher, des nattes de tissu sont effectuées en patchwork. Des décors en tissu brodé, les Tuch Kiiz, complètent la décoration textile.
Toutes ces pièces devaient être exécutées par la mère de famille et transmise en dot à sa fille dans de grands coffres traditionnels en bois au moment du mariage. La sculpture sur bois ou la damasquinerie permettaient d'orner ces coffres qui servaient de rangement principal dans les yourtes.
Les artisanats du feutre et du patchwork connaissent un grand renouveau, tandis que les broderies anciennes se vendent à prix d'or depuis l'ouverture du pays aux touristes.
Arts visuels
Sculpture Turgunbay Sadykov, Héros de la République kirghize 1997
Architecture Pastoralisme nomade Yourte
Arts du spectacle Musiques Musique traditionnelle
vignette|gauche|Instruments de musique figurant sur un billet de banque Les fêtes kirghizes sont toujours accompagnées de musique. Si les musiques pop russe, ouzbek et turque voisinent aujourd'hui avec la pop kirghize et l'influencent, les motifs traditionnels ne sont jamais loin et la musique folklorique est toujours à l'honneur.