La Dheune est une rivière française qui coule dans les départements de Saône-et-Loire et de la Côte-d'Or, dans la région Bourgogne-Franche-Comté. Longue de Contrat de rivière Dheune – État des lieux, diagnostic et orientations page 21 « Elle s’écoule ensuite sur (hors bras secondaire) » , confirmé par le décompte kilométrique page11 : IPSEAU - Sciences Environnement Etude n° 03-090-71/2004 - Synthèse État des Lieux - "Étude hydraulique et environnementale du bassin de la Dheune" mais la fiche Dheune du SANDRE donne , c'est un affluent de la Saône en rive droite. Son cours supérieur alimente pendant une trentaine de kilomètres le canal du Centre en amont de Chagny.

Cours thumb|Tracé du cours de la Dheune La Dheune prend sa source à l’étang de Bondilly (parfois confondu avec l'étang du Long-Pendu) entre Montchanin et Saint-Julien-sur-Dheune, à une altitude de . Prisonnière sur une bonne partie de son cours du fossé tectonique de Blanzy « La Dheune », article de Fernand Nicolas paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 151 de septembre 2007 (pages 18 à 20)., elle s’écoule ensuite dans un axe nord-ouest / sud-est jusqu’à Chagny en alimentant le canal du Centre puis vers Palleau avec une pente très faible qui crée de nombreux méandres et des débordements hivernaux fréquentsCaractéristiques générales de la vallée page 12. La rivière nonchalante se réoriente alors vers le sud au contact des terrasses alluviales et rejoint finalement la Saône à Allerey-sur-Saône (au hameau de Chauvort), quelques centaines de mètres en aval du confluent du Doubs et de la Saône à Verdun-sur-le-Doubs, à une altitude de 175 mContrat de rivière Dheune. Le bassin versant de la Dheune, d'une superficie de , s'étend au nord de la Saône-et-Loire et au sud du départements de la Côte d’Or. Ses principaux affluents, tous rive gauche, sont la Creuse, venant de Couches, la Cozanne venant de Nolay, l'Avant-Dheune venant de Pommard et la Bouzaise nourrie du Meuzin, venant du secteur de Beaune. thumb|Pont sur la Dheune à Santenay. La Dheune a depuis longtemps () retenu l'attention des ingénieurs par l'orientation de son cours vers la Saône qui permettait d'envisager une liaison entre le sillon rhodanien et la Méditerranée d'une part, et l'Atlantique ou la Manche d'autre part par la vallée de la Bourbince, sous-affluent de la Loire, elle-même reliée à la Seine depuis 1642 par le canal de Briare. Le projet élaboré par l'ingénieur Émiland Gauthey, approuvé en 1782 et réalisé de 1784 à 1791/1793 sous son autorité, est devenu le canal du Centre (dit aussi canal du Charolais) avec un canal latéral à la Bourbince de Digoin à Montceau-les-Mines, un canal à bief de partage de Montceau à Saint-Julien-sur-Dheune, un canal latéral à la Dheune de Saint-Julien à Chagny, un canal de jonction par dérivation de la Dheune vers la Thalie par la tranchée de Chagny de Chagny à Rully et un canal latéral à la Thalie de Rully à Chalon-sur-SaôneHistoire & Patrimoine des Rivières & Canaux. À l'initiative d’Émiland Gauthey, on a préféré le tracé le plus court en ne suivant pas le cours inférieur de la Dheune : celui-ci manquait de profondeur et présentait de grandes variations de débit (sécheresse et inondations) avec de nombreux méandres et parfois plusieurs bras, de plus la rivière n'aboutissait pas à un portEn 1764 Noël de Régemortes, ingénieur des Turcies et levées, fait un nivellement de la Dheune pour en déterminer la navigabilité (on pense alors aux possibilités de flottage des bois du Morvan) cité par Structurae – le canal du Centre , repris par Émiland Gauthey in Mémoires sur les canaux de navigation : Cinquième mémoire sur les objections faites contre le canal du Charolais, article X. Navigation des rivières de Dheune et de Bourbince, janvier 1780 et page 229, (Volume 3, édition posthume de 1816) : « On ne peut donc commencer (la navigation) qu'à Cheilly pour de petites charges[...] Mais pour une bonne navigation, elle ne peut commencer qu'après la jonction avec la Bourgeoise, à une lieue de son embouchure dans la Saône. ». Seule l'ultime partie (7,5 kilomètres) était navigable après l'apport de la Bouzaise et du Meuzin (venus du pays Beaunois) au confluent de Palleau comme en témoigne la toponymie du hameau dont le nom de « Port de Palleau » est resté. La rivière rejoignait ici l'antique voie romaine de Chalon à Langres. La Dheune n'a que quelques mètres de large en deçà de Chagny où le canal latéral interfère dans son alimentation, elle s'élargit ensuite dans la plaine, mesurant jusqu'à une quinzaine de mètres de large à son maximum après Palleau, mais sa profondeur reste limitée à son étiage moyen (moins d'un mètre). thumb|Pont pluriséculaire sur la Dheune à Chaudenay (hameau de Mimande). La vallée de la Dheune offre essentiellement des activités agricoles qui associent la culture des céréales et l'élevage de bovins charolais mais aussi la viticulture dans le pays des Maranges ou à Santenay. La petite ville de Chagny, étape importante sur la route Beaune/Autun-Chalon et sur la voie ferrée Dijon-Chalon, a profité aussi pendant près de deux siècles du transport fluvial sur le canal du Centre. Cette activité s'est réduite aujourd'hui à la navigation de plaisance mais la ville maintient un secteur industriel notable avec ses tuileries et ses moulinsSite de la Ville de Chagny. La variété des paysages traversés (vallée resserrée et plans d'eau dans son cours supérieur, vignoble et plaine agricole dans la partie aval) et la présence du Canal du Centre (navigation de plaisance et eurovéloroute) constituent avec la proximité du Vignoble de la côte de Beaune et de la plaine de Saône (Verdun-sur-le-Doubs, Chalon-sur-Saône) des atouts touristiques importants pour la vallée de la DheuneContrat de rivière Dheune page 68.

Hydrologie Le module de la Dheune, calculé à Palleau localité toute proche de son embouchure, sur 19 ans (de 1990 à 2008), est de pour une surface de bassin de .

La rivière présente d'assez importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux hivernales portant le débit mensuel moyen au niveau de 11,1 à de décembre à mars inclus, et des maigres de fin d'été, en août-septembre, entraînant une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à en moyenne au mois d'août.

Étiage ou basses eaux Le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, soit par seconde, ce qui est fort bas et peut être considéré comme sévère.

Crues Les crues sont relativement importantes. En effet, le débit instantané maximal enregistré a été de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de . Les QIX 2 et QIX 5 valent quant à eux respectivement 47 et . Quant au QIX 50, il n'a pas été calculé faute d'une durée d'observation suffisante.

Lame d'eau et débit spécifique La Dheune n'est pas une rivière très abondante, du moins dans le contexte du bassin versant de la Saône, en moyenne fort arrosé. La lame d'eau écoulée dans le bassin versant de la rivière est de annuellement, ce qui est fort modéré, nettement inférieur à la moyenne française, tous bassins confondus (), et surtout largement inférieur à la moyenne du bassin de la Saône ( à Lyon). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Voir aussi

La liste de rivières de France La Saône Le Rhône

Notes et références

Catégorie:Cours d'eau en Saône-et-Loire Catégorie:Cours d'eau dans la Côte-d'Or Catégorie:Système hydrologique de la Saône