La Brigade de recherche et d'intervention (BRI) est une unité spécialisée de la Police judiciaire, elle-même branche de la Police nationale française.

La plus ancienne des BRI est celle de la préfecture de Police de Paris ou BRI-PPBRI-PP pour « Brigades de recherche et d'intervention – Préfecture de police de Paris » qui a été créée en 1964 à l'initiative – et sous le commandement – du commissaire François Le Mouël. À cette époque, le nombre d'attaques à main armée atteint des niveaux records (plus de cinq cents en une seule année à ParisDanielle Thiéry – avec la collaboration de Christophe Molmy. BRI Histoire d'une unité d'élite. Mareuil Éditions, 2018 p 65) et cette unité innove en adoptant de nouvelles tactiques basées principalement sur l'anticipation. La connaissance préalable ou l'identification de nouveaux suspects, suivies par la recherche d'information à leur sujet et par leur surveillance prolongée permettent de les interpeller non pas en flagrant délit, à cause du risque de fusillade mais plutôt après la commission de leur crime, ou même avant, en s'appuyant sur l’article 121-4Article 121-4 du code pénal du Code pénal qui précise que la tentative de crime est punissable. Le succès de cette approche conduira à la création d'unités similaires en province, puis à l'étranger.

Les BRI, à l'exception de la BRI-PP qui appartient à la direction régionale de la police judiciaire de Paris (DRPJ), dépendent de l'office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO, ex-OCRB) et sont mises à disposition des directions régionales ou interrégionales de police judiciaire (DRPJ et DIPJ) et de leurs composantes (SRPJ, antennes PJ), ainsi que des autres services de police qui les sollicitent : sécurité publique, groupes d'intervention régionaux (GIR), polices d'états étrangers, etc.

Par ailleurs, en 1972, à la suite de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich, la BRI-PP reçoit la mission de former le noyau d'une force d'intervention spécialisée dans la résolution de crises ouvertes (prises d'otages, attaques terroristes). Cette force, activée sur décision du préfet de police, est appelée officiellement la brigade anticommando (BAC), mais les appellations de BRI en formation BAC, BRI-BAC ou BRI anticommando sont également utilisées. Commandée par le chef de la BRI, elle est renforcée par d'autres unités ou spécialistes de la PP : dépiégeurs d'assaut, médecins de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris etc. La brigade anticommando fait également partie, avec le RAID et ses antennesLes sept GIPN implantés en métropole sont devenus des antennes du RAID en , celui de Nouméa l'est devenu en 2018 et ceux de la Guadeloupe et de La Réunion le sont devenus à leur tour en . Arrêté du portant diverses dispositions relatives au recrutement, à la formation, aux missions et à l'organisation des services composant la force d'intervention de la police nationale en outre-mer portant sur la transformation du GIPN de Nouméa en antenne RAID en (effective le ) et annonçant la transformation des GIPN de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et de Saint-Denis (La Réunion) en antennes RAID le 1er mars 2019 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000036819061&categorieLien=id., de la force d'intervention de la Police nationale lorsque cette dernière est activéeLa FIPN n'a en fait été activée qu'une fois, lors la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes en janvier 2015. Elle n'a pas été activée lors des attentats de novembre 2015 notamment lors des interventions au Bataclan (conduite par la BRI) et à Saint-Denis (conduite par le RAID)..

Le schéma national d'intervention des forces de sécurité, adopté en en réponse aux attentats de 2015, confirme le statut de force d'intervention spécialisée de la BRI-PP aux côtés du RAID et du GIGN ainsi que la mission d'intervention intermédiaire confiée aux autres BRI (les BRI de province et la BRI nationale).

Les photos illustrant cet article ont été prises à l'occasion de deux présentations de la BRI-PP. Elles illustrent une interpellation et une intervention. La très grande majorité des missions des BRI – à Paris comme en province – sont des missions de police judiciaire effectuées par des fonctionnaires en civil.

Présentation BRI-PP vignette|gauche|BRI-PP : Démonstration d'interpellation d'un suspect - 2022.La BRI-PP (dite brigade Antigang) du « 36, quai des Orfèvres » est une brigade centrale de la direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police. À ce titre, elle est compétente à Paris et dans les départements limitrophes de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne). Elle est créée en 1964Décret n°64 3968 du 22 septembre 1964 portant création d'une section de recherche et d'intervention au sein de la brigade de voie publique de la direction de la police judiciaire. Un second décret, n° 64 3970, pris à la même date, nomme le commissaire principal Le Mouël à la tête de l'unité. par le commissaire François Le Mouël sous le nom de Section de recherche et d'intervention et prend son nom actuel en 1967 Présentation de la BRI-PP sur le site de la Préfecture de Police de Paris http://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr. Son principe était - et est encore - de surveiller les bandes organisées de la grande criminalité afin de les interpeller soit lorsque suffisamment d'éléments à charges sont obtenus (sous le chef de tentative punissable aux termes de l'article 121-4 du Code pénal) soit quelque temps après le passage à l'acte et ce afin de pouvoir fournir un maximum de preuves et pas seulement le délit d'association de malfaiteurs. Ce travail demande un grand sang-froid et un esprit d'équipe très poussé. L'interpellation idéale se faisant soit avant la commission du crime soit après en profitant d'un relâchement des individus et à un endroit où tout risque de fusillade est écarté pour ne pas risquer d'occasionner des victimes innocentes.

En cas de crise, cette unité comptant cent-trente membres peut regrouper jusqu'à trois-cent-cinquante policiers en formation BRI-BAC (brigade anticommando), constituée avec l'appui d'autres unités de la préfecture de police et notamment de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI 75), de la brigade anti-criminalité de nuit (BAC 75N), ainsi que d'une équipe cynophile de la direction de sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP)Plaquette de présentation de la BRI de Paris , sur le site de la préfecture de police.. La brigade anticommando formée autour de la BRI-PP devient une des composantes de la force d'intervention de la Police nationale (FIPN) avec le RAID et ses antennes si cette dernière formation est activée.

Le chef de la BRI-PP assume la direction de la brigade anticommando lorsque cette dernière est activée. À noter que l'intervention n'est que l'une des missions de la BRI-PP, qui est une unité permanente de police judiciaire, alors qu'elle est la mission principale de la brigade anticommando (dont elle est la composante principale).

Le , le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve annonce, lors de la présentation du schéma national d'intervention des forces de sécurité en réponse aux attentats de 2015, un renforcement conséquent de la BRI-PP par doublement de son effectifPrésentation du schéma national d'intervention des forces de sécurité. Site du ministère de l'intérieur http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Schema-national-d-intervention-des-forces-de-securite.

Autres BRI Elles dépendent de la direction centrale de la Police judiciaire et ont toutes la même structure et organisation (environ deux douzaines de personnels à Strasbourg, par exemple).

Par opposition à la BRI-PP, il y a une tendance à les appeler les BRI de la DCPJ (ou BRI-PJ), bien que la BRI-PP soit aussi formellement une unité de police judiciaire.

Les premières BRI furent créées à Lyon en 1977 puis à Nice en 1978 et à Marseille en 1986. Ce sont les trois BRI dites traditionnelles.

Les BREC (brigades régionales d'enquêtes et de coordination) s'apparentaient aux BRI mais ont disparu au pour devenir des BRI (avec l'avantage d'une compétence nationale, et non plus régionale ou interrégionale).

Missions À l'exception de la BRI-PP, les BRI, en tant qu'émanation de l'OCLCO, disposent, pour exercer leurs missions, d'une compétence géographique nationale.

Missions communes à toutes les BRI Les BRI interviennent pour interpeller les groupes de malfaiteurs se livrant à des actes de banditisme graves comme les vols à main armée, les séquestrations, les prises d'otages. Disposant de matériels sophistiqués d'observation et d'écoute, elles sont aussi chargées de rechercher et d'archiver tous les renseignements relatifs au banditisme. Pour ce faire, elles mettent en place des surveillances et filatures discrètes qui durent parfois plusieurs jours, voire plusieurs mois.

Elles assistent aussi les autres services de police (y compris ceux de la sécurité publique, comme les brigades de sûreté urbaine ou sûretés départementales) dans les surveillances, les interpellations et les interventions à risques.

Depuis la vague d'attentats de 2015 en France, et conformément au schéma national d'intervention, toutes les BRI ont acquis une compétence en matière d'intervention intermédiaire contre-terroriste. Ainsi, la BRI de Rouen est intervenue lors de l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray en et a abattu les terroristes. La BRI de Rouen est encore intervenue aux côtés de la BRI de Lille en lors de la traque du terroriste de l'attentat contre des militaires à Levallois-Perret, qui a vu son interpellation musclée sur l'autoroute A11.

Missions spécifiques de la BRI-PP alt=|vignette|Positionnement des unités d'intervention spécialisée - dont la BRI-PP fait partie.

Conformément à une répartition nationale des zones de compétence des unités d'interventions de la police nationale régissant l'action des groupes d'intervention de la police nationale (GIPN), de l'unité de recherche, assistance, intervention et dissuasion (RAID) et de la BRI de Paris, cette dernière peut intervenir en formation BRI-BAC (brigade anticommando) sur les vingt arrondissements de Paris intra-muros. Le RAID intervient quant à lui dans les vingt-et-un départements les plus rapprochés de Paris, tout en étant compétent sur l'ensemble du territoire dans les situations les plus graves. Cependant, la procédure d’urgence absolue (PUA) adoptée en autorise l'intervention de toute unité en mesure de le faire en tout point du territoire (donc en s'affranchissant du critère de compétence géographique qui s'impose habituellement).vignette|gauche|Intervention nocturne de la Brigade anticommando, Porte-de-Versailles (2017).

Contrairement au RAID, qui a connu une évolution pour se concentrer sur les missions d'intervention, la BRI-PP a conservé sa double mission de police judiciaire et de force d'intervention et il a été décidé de la renforcer afin qu'elle puisse continuer à assurer ces deux missions simultanément. Par ailleurs, afin de conserver une capacité optimale d'intervention dans Paris, la BRI-PP, contrairement aux autres unités de la Police judiciaire parisienne, est restée basée au 36, quai des Orfèvres lors du déménagement des autres services vers le nouveau siège situé au 36, rue du Bastion, à partir de la mi-2017Danielle Thiéry (avec la collaboration de Christophe Molmy), BRI Histoire d'une unité d'élite, Mareuil Éditions, 2018.