Jean-Marie François Merlino, né le à Lyon, mort le 24 vendémiaire an XIV () à Fareins (département de l'Ain), est un homme politique de la Révolution.
Entre 1789 et 1799, il est député de l'Ain à la Convention nationale où il vote la mort de Louis XVI, au Conseil des Anciens puis au Conseil des Cinq-Cents.
Biographie
Du grand négoce au pouvoir
Négociant à l'origine
Négociant pour le compte de la firme « Veuve Antonio Merlino et fils » qui contribua notamment au financement de l'encyclopédieRobert Darnton, L'Aventure de l'encyclopédie, Perrin, 1982., il fit plusieurs voyages en Italie et rédigea un mémoire sur l'exploitation de la soie dans la péninsule.
Homme de loi sur le tard
En 1783, il est reçu « conseiller de la sénéchaussée et siège d'élection de Trévoux ».
La cinquantaine avancée, il entreprit des études de droit pour acquérir une charge de conseiller de la Sénéchaussée de Trévoux. Il s'installa à Fareins et eut des démêlés, qui contribuèrent à sa notoriété, avec la secte convulsionnaire des fareinistes animée par le curé Bonjour. Ce combat, par bien des aspects rocambolesque, excita la verve des érudits locaux mais contribua surtout à sa notoriété en lui permettant d'élargir progressivement ses mandats électifs : recteur de la fabrique de Fareins puis premier consul et délégué de sa paroisse à l'assemblée sénéchale lors de la convocation des États généraux, commissaire à la rédaction du cahier de doléances du Tiers état de la sénéchaussée, administrateur du district de Trévoux, juge au tribunal du district puis au tribunal criminel du département de l'Ain à Bourg-en-Bresse.
Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille à la tour du Temple.
En septembre 1792, Jean-Marie François Merlino est élu député de l'Ain, le sixième et dernier.
Il prend part aux institutions de la Convention girondine. Le 11 octobre 1792, il est élu membre du Comité de commerce. Le 4 janvier 1793, en cette qualité, aux côtés de Marc Giraud (député de Charente-Inférieure) et de Jacques Lacaze (de la Gironde), il est élu membre du Comité de défense générale.
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, se prononce en faveur de l'appel au peuple mais rejette le sursis à l'exécution de la peine :Vous avez déclaré, à l'unanimité, que Louis Capet était coupable, et convaincu de trahison et de conspiration envers la nation ; comme juge, j'ai ouvert le livre de la loi, elle m'a indiqué la peine due aux conspirateurs ; fidèle à mes devoirs, fidèle à ma conscience, ainsi qu'à mes commettants, je vote pour la mort.Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.
Le 9 mars 1793, il est en effet envoyé en mission, aux côtés de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), dans les départements de l'Ain et de l'Isère afin d'y accélérer la levée en masse.
Le 1er messidor an II (19 juin 1794), il est élu secrétaire suppléant de la Convention, aux côtés d'Alexandre Besson (député du Doubs) et de Michel-Martial Cordier (député de Seine-et-Marne), sous la présidence d’Élie Lacoste (député de la Dordogne).
Après la chute de Robespierre, Jean-Marie François Merlino prend part à la réaction thermidorienne. Le 13 thermidor (31 juillet), il dénonce la conduite de Grégoire Jagot (député de l'Ain) qui est exclu du Comité de sûreté générale :Je vous dénonce Jagot qui, dans les toutes les circonstances périlleuses de la législature et de la Convention, a toujours eu le soin de sa cacher ; il a encore tenu la même conduite la nuit du 9 au 10 thermidor, quoiqu'il fût du Comité de sûreté générale. [...] Dans ce moment, mon département gémit sous l'oppression la plus tyrannique qu'exercent des hébertistes et des robespierristes, puissamment soutenus par Jagot.Le 16 brumaire an III (6 novembre 1794), il est élu secrétaire, aux côtés de Claude Duval (député de l'Aube) et de Didier Thirion (député de la Moselle), sous la présidence de Louis Legendre (député de la Seine).
Le 22 thermidor (le 9 août 1795), il appuie, aux côtés de Denis-Toussaint Lesage (député d'Eure-et-Loir) le décret d'arrestation contre Joseph Fouché (député de Loire-Inférieure).
Mandats aux Anciens et aux Cinq-Cents Sous le Directoire, Jean-Marie François Merlino est réélu député de l'Ain et siège au Conseil des Anciens.
Le ventôse an IV (), il est élu secrétaire, aux côtés de Louis Bernard de Saint-Affrique (député de l'Aveyron), de Siméon Bonnesœur (député de la Manche) et de Jean-François-Philibert Rossée (député du Haut-Rhin), sous la présidence de Claude Ambroise Régnier (député de la Meurthe).
Il tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le 20 mai 1798). Lors des élections législatives de 1798, il est élu député au Conseil des Cinq-Cents et son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI (11 mai 1798).
Jean-Marie François Merlino se retire au lieu-dit du Graberet à Fareins (département de l'Ain), où il meurt le 24 vendémiaire an XIV (16 octobre 1805), où sa tombe existe encore.
Antiesclavagiste agissant
Son hostilité à l'esclavage a été mise en lumière par Dorigny et Gainot. qui soulignent notamment : Ce court extrait, qui concerne la fin du Directoire, suffit à souligner la générosité du personnage et la fermeté de ses convictions.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Merlino n'est pas ignoré par l’historiographie. Si les dictionnaires biographiques ne lui consacrent que quelques colonnes, les historiens locaux sont plus prolixes et même, s'ils n'en ont pas toujours fait leur sujet principal, ont mis en relief son combat, aux épisodes picaresques, contre le fareinisme. La revue Sine dolo par une société de gens d'histoire a consacré plusieurs articles liés à ce personnage, à partir des sources archivistiques : n° 1, , « Un négociant lyonnais à la fin du », 93-128; n° 3, , « Jean-Marie François Merlino, conseiller à la sénéchaussée de Dombes », 255-309; n° 6, , « Jean-Marie François Merlino, et les débuts de la Révolution dans l'Ain », 128-283; n° 7, , « Jean-Marie-François Merlino et les débuts de la Convention », 111-178.
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