Les élections législatives françaises de 1967 visent à élire les députés français pour la législature de la République. Elles se tiennent les et .

Après l'écrasante victoire des gaullistes dans la foulée de la dissolution de 1962, le président Charles de Gaulle et son Premier ministre, Georges Pompidou, disposent d'une majorité sortante confortable.

À l’issue du scrutin, la gauche, qui avait réussi à mettre de Gaulle en ballottage à l'élection présidentielle de 1965, effectue une importante remontée et la droite ne conserve qu'une très courte majorité.

La législature élue sera la plus courte de la République, les événements de mai 1968 menant à une nouvelle dissolution de l'Assemblée.

Contexte

Fin de la deuxième législature En 1958, le général de Gaulle a fait adopter la Constitution de la République et a été élu président de la République. Il a obtenu une majorité aux élections législatives de 1958.

Après la négociation des accords d'Évian, approuvés par les Français lors du référendum du 8 avril 1962, Charles de Gaulle peut mettre fin à la crise algérienne et installer les nouvelles institutions dans la durée. Il propose l'élection du président au suffrage universel direct, qui fait exploser la majorité et voit le vote d'une motion de censure contre le gouvernement Pompidou le .

En réaction, le général de Gaulle organise un référendum qui plébiscite la réforme à . Dans la foulée, il dissout l'Assemblée nationale. Les élections de novembre 1962 voient une nouvelle victoire écrasante pour la majorité présidentielle, tandis que les partisans du « non » s'effondrent.

Élection présidentielle de 1965 La première élection présidentielle au suffrage universel direct se tient en . À l’issue du premier tour, le candidat de l’Union de la gauche, François Mitterrand, parvient à mettre le président sortant en ballotage. Cette situation est perçue comme un désaveu par le camp gaulliste et le chef de l’État envisage un temps de se retirer du scrutin. Finalement, Charles de Gaulle est réélu au second tour avec des voix.

Cet épisode marque un premier recul depuis 1958 pour la majorité gaulliste, et consacre le retour en force des partis de gauche sur l'échiquier politique. Les élections législatives de 1967 laissent donc présager la possibilité d'une alternance parlementaire qui causerait une crise institutionnelle.

Campagne

Mode de scrutin Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours utilisé pour les élections législatives de 1958 et 1962 reste en vigueur. La loi n°66-1022 du 29 décembre 1966Loi n°66-1022 du 29 décembre 1966 rehausse les conditions d'accès au second tour. Peuvent désormais s'y présenter les candidats du premier tour qui ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 10 % du nombre des électeurs inscrits, contre 5 % aux élections précédentesOrdonnance n°58-945 du 13 octobre 1958. Nul ne peut être candidat dans plusieurs circonscriptions. Un candidat est élu au premier tour s'il a reçu la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages égal au quart des électeurs inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

Résultats Au niveau national + Résultats nationaux des élections législatives de 1967PartiPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%31,3737,082005,504,92421,321,07170,710,15Total Union des républicains de progrès37,5842,1425922,3521,07710,100,1810,060,091Total PCF et alliés22,5121,347318,9024,13116Total Fédération de la gauche démocrate et socialiste18,9024,1311614,098,94271,940,630,870,74Total Progrès et démocratie moderne16,9110,32272,120,9340,360,0700,2000,0900,0207

Par département

Composition de l'Assemblée + Groupe parlementaire Députés Membres Apparentés TotalUDRUnion démocratique pour la République18020200FGDS Fédération de la gauche démocrate et socialiste1165121COM Communiste71273FNRI Fédération nationale des républicains indépendants 39342PDM Progrès et démocratie moderne38341 Total de députés membre de groupes 477 Députés non-inscrits 9 Total des sièges pourvus 486 Total des sièges vacants et non attribués 1

Un siège vacant (territoire français des Afars et des Issas). Le député UD- élu le porte le total des députés gaullistes à 201Site de l'Assemblée nationale. Consulté le 14 avril 2012..

Analyse Après la mise en ballottage de Charles de Gaulle par François Mitterrand en 1965, les élections législatives de 1967 sont une nouvelle déconvenue pour le pouvoir et pour le général de Gaulle. Si le premier tour des législatives est une victoire nette des gaullistes, on assiste à un renversement de tendance au second tour. En effet, contre toute attente, le second tour provoque la surprise que les résultats du premier tour rendaient improbable. Il s'en faut de très peu pour que la majorité gaulliste ne perde sa prépondérance à l'assemblée nationale. Sur en métropole, le gaullisme n'en conquiert que 233. Il dispose finalement d'une très courte majorité de sur 487. La gauche, battue d'une courte tête, apparaît comme la grande triomphatrice, les communistes passant de 41 à 73 élus et la gauche non communiste de 105 à 121 (dont 76 socialistes, 24 radicaux, de la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand et 5 divers gauche). Ainsi, la majorité gaulliste a frôlé de peu une défaite historique.

Voir aussi Articles connexes Récapitulatif des résultats des législatives françaises depuis 1958 Notes et références

Voir aussi Articles connexes Assemblée nationale (France) Élections législatives en France

Liens externes