Les élections législatives françaises de 1988 ont lieu les 5 et à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par François Mitterrand, afin d'élire la de la Cinquième République. Intervenant dans la foulée de l'élection présidentielle qui voit la réélection du président socialiste, elles marquent la fin de la première cohabitation et le retour d'une majorité de gauche à l'Assemblée nationale.
Le Parti socialiste et ses alliés échouent cependant à obtenir une majorité absolue, mais redeviennent la première force à l'Assemblée nationale, au détriment du RPR et de l'UDF, qui gouvernaient depuis 1986. Les communistes refusant une alliance gouvernementale, les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre (UDC), un groupe parlementaire autonome issu de l'UDF.
Mode de scrutin Les élections législatives de 1986 ont, de manière inédite sous la Cinquième République, eu recours à un mode de scrutin proportionnel intégral et départemental. Ce changement du mode de scrutin, voulu par François Mitterrand, a permis de limiter la défaite du Parti socialiste (PS) et affaibli la droite en faisant rentrer le Front national (FN) à l'Assemblée nationale.
Très critique envers la proportionnelle, le Premier ministre Jacques Chirac entreprend, dès le début de la première cohabitation, de rétablir le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours instauré par le général de Gaulle en 1958. Cette réforme suscite des oppositions car des députés de la majorité RPR-UDF se sont accoutumés au nouveau système. C'est finalement par l'usage de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution que Jacques Chirac parvient à imposer sa volonté.
Les élections législatives de 1988 se tiennent donc selon le mode de scrutin classique uninominal à deux tours. Un redécoupage de la carte électorale a toutefois été entrepris à l'initiative d'une commission dirigée par Charles Pasqua.
Contexte
Durant sa campagne pour la réélection à la présidence, François Mitterrrand diffuse un message rassembleur sur « La France unie » et une politique d'ouverture au centre, qui est surtout évoquée au moment des législatives. Malgré la nomination de ministres sans affiliations ou centristes dans le gouvernement Rocard, l'ouverture n'est pas concluante.
Le chef de l'État fit une adresse télévisée le 14 mai 1988 pour annoncer la dissolution de l'assemblée nationale.
Campagne
Sondages Pour le premier tour Dernier jour du sondageEXGPCFPSÉcologistesUDFRPRFNSondeurÉchantillon Source 1 6,5 42 3 16 24,5 7Ipsos 805 HTML 1 7 40 4 15 22 10Ipsos HTML Second tour de l'élection présidentielle () 3,5 8 37 513,5 9Ipsos HTML 4 7 37 6 13 23 10Ipsos HTML Premier tour de l'élection présidentielle () 1 9,5 33 3,517 11 Ipsos HTML 2 9,5 34 514 10,5Ipsos HTML 2 9 34,5 414 10,5 Ipsos HTML 1,5 10 33 416 9 Ipsos HTML 2 9 33,5 416 10,5 Ipsos HTML 1,5 8,5 34 415,5 11,5 Ipsos HTML 2 9 33 516 10 Ipsos HTML
Entre-deux-tours Alors que se profile un certain nombre de triangulaires au second tour, des personnalités de l'UDF passent des accords de désistements locaux avec le FN, notamment Jean-Claude Gaudin à Marseille.. Charles Pasqua (RPR) évoque des « préoccupations » et des « valeurs » semblables entre la droite et l'extrême droite, tandis que Simone Veil (UDF) déclare au contraire qu'« entre un Front national et un socialiste, [elle votera] pour un socialiste ». L'ex-Premier ministre Jacques Chirac (RPR) reste silencieux sur ces alliances.
Résultats
Au niveau national + Résultats nationaux des élections législatives de 1988 PartiPremier tourSecond tourSiègesVoix%Voix%19,2623,2712818,1021,191290,67dont Jean Royer0,7530,260,333François d'Harcourt, Edouard Frédéric-Dupont, Guy Desessart (apparenté au parti)Union du rassemblement et du centre38,2945,5426334,6045,172611,131,2890,901,6510,11Brice Lalonde et Didier Anger0,1100,030,021La France unie36,7748,2327210,953,13240,280,3220,060,0910,000Parti communiste11,303,54279,65dont Michel de Rostolan, également membre de la FNI (0,04 %)1,071Yann Piat Union Rassemblement Indépendant0,01Guy Cannie0Front National et alliés9,651,0710,92dont Maurice Sergheraert soutenu par l'URC mais se présentant en indépendant0,806 diss. Union pour la démocratie française0,760,2520,310,132Emile Vernaudon et Guy Lordinot diss. Rassemblement pour la République0,300,120 Pour une nouvelle politique de Gauche0,2400,160,131Aloyse Warhouver diss. Parti socialiste0,150,071Claude Miqueu0,140 Centre national des indépendants et paysans hors URC0,110,05Yvon Briant00,100,0620,0900,080 Mouvement des radicaux de gauche hors majoritécandidats soutenus par le PRG face à des candidats PS (hors Corse)0,070 diss. Parti radical valoisien0,070 Fédération nationale des indépendants0,040 L'Écologie0,040 Mouvement démocratie alsacienne0,030 Union des producteurs de porcs des Pyrénéesclassé divers droite0,030 Abertzalen Batasuna0,0300,030 Verts Alternatifs0,030 Ecologie 920,020 Anjou Ecologie Autogestion0,020 Tavini huiraatira0,020 Jura Ecologie0,020 Mouvement Rouge et Vert0,0200,020 Union du peuple corse0,0200,010 Union Centriste Républicaine0,010 Alliance Nationaliste Corse0,010 Transformation à grande vitesse de l'économie françaisefondé par Maurice Mercante, candidat "libéral et hédoniste"0,010 Val-de-Marne Ecologie0,010 Emgann0,010 Ecologie Nature Environnement0,010 Union Démocratique Libérale0,010 Parti Humaniste0,010 Demain l'Ecologie0,010 Essonne Verte Ecologie0,010 Parti Démocrate Français0,010 Mouvement universel humanitaire du travail0,010 Démocrates de progrès savoyards00 Renouveau pour la France00 Mouvement Travail Patrie89900 Mouvement Libéral Progressisteanciennement initiative 86, fondé par Gérard Touati (libéral)84500 Parti mystico-rationnaliste guadeloupéen82800 Rassemblement des libéraux73100 Union du peuple alsacien53000 Entente libérale libertaire européenne59400 Parti National-démocrate52300 Parti des forces nouvelles56100 Action Française44100 SOS contre la corruption32100 Union des centristes libéraux29600 Ligue Trotskyste de France28800 Union Gaulliste démocratiquefondé par Robert Menu27800 Mouvement Liberté Légalité20000 régionalistes de Guyane14300 Parti Fédéraliste Européen12800 Républicains Indépendants Démocratiques6200 Sans étiquette0,020
Par département
Par circonscription
Composition de l'Assemblée nationale +Répartition des députés par groupes au Groupe parlementaire Députés Membres Apparentés TotalPCF Communiste25025SOC Socialiste25817275RPRRassemblement pour la République127 3130UDFUnion pour la démocratie française81990UDC Union du centre 34741 Total de députés membre de groupes 561Députés non-inscrits 14 Total des sièges pourvus 575 Total des sièges vacants et non attribués 2 Deux sièges vacants à la suite de l'annulation des élections dans les première et deuxième circonscriptions de l'Oise.
Liste des députés
Voir aussi Articles connexes Récapitulatif des résultats des législatives françaises depuis 1958 Notes et références Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Assemblée nationale Élections législatives en France Liste des députés de la de la Cinquième République
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