Felix Gonzalez-Torres, né le à Guáimaro, à Cuba et mort le à Miami, est un artiste américain d'origine cubaine, figure majeure du minimalisme, de l'art conceptuel et de l'art protocolaire.

Il a grandi à Porto Rico avant de s'installer à New York en 1979 où il s’impose sur la scène artistique américaine à partir de 1990. Il fut représenté par la Andrea Rosen Gallery à New York et par Jennifer Flay à Paris, jusqu'à sa mort des suites du SIDA en 1996.

Démarche artistique Pendant ses études à New York, il étudie la photographie à l'Institut Pratt et l’art au Whitney Museum of American Art« Paysages urbains », Quaderns d'arquitectura i urbanisme, , janvier 2001, . Il découvre un ouvrage majeur, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin, qui influencera durablement son travail : « j’ai toujours été très intéressé par les écrits de Walter Benjamin [...] je voulais faire un travail qui prenne en considération certaines de ses idéesConversation avec Hans-Ulrich Obrist pour Museum in progress, 1994..» Le travail de Gonzalez-Torres témoigne d'une économie de moyens et d'une utilisation récurrente d'objets industriels et reproductibles, s'inscrivant dans la lignée du minimalisme.

Cependant, il combine subtilement expérience personnelle et prises de position politiques, réintroduisant la métaphore là où l'art minimal prônait la neutralité. Pour lui, l’expression artistique doit refléter la complexité d’un vécu, concept qu'il emprunte à Rainer Maria Rilke sous le nom de « mémoire du sang ». Ses œuvres évoquent ainsi la perte, la mort, le sida et les luttes sociales sans jamais sacrifier l'esthétiqueVISO, Olga M. « Pourquoi la beauté ? », Connaissances des arts, No 556, novembre 1999, .

L'œuvre

Puzzles

Il produit entre 1987 et 1992 64 photographies montées sur puzzles et exposées dans leur emballage plastique. Le puzzle désigne l’image comme un objet intime et fragile que l’on doit tenter de maintenir dans son intégralité. Ses souvenirs filtrent à travers les sous-titres de ses œuvres : Perfect Lovers, March 5th, Revenge... Le procédé lui permet de s'inscrire dans une lignée conceptuelle par l'emploi d'objets industriels reproductibles.

Panneaux publicitaires À partir de 1989, il investit l’espace public avec des panneaux publicitaires. En 1992, il loue 24 panneaux à New York pour afficher une photo en noir et blanc d’un lit vide avec l’empreinte de deux têtes sur les oreillers. Témoignage à son amant défunt, cette œuvre silencieuse et polysémique déplace le débat privé (le deuil, l'intimité homosexuelle) sur la scène publique.

Piles et art protocolaire Les « piles » sont des sculptures publiques constituées de tas d’objets (feuilles de papier ou bonbons). Dans la lignée de Robert Morris ou Carl Andre, González-Torres utilise un vocabulaire minimaliste mais y ajoute un **protocole de régénération**.

Le public est invité à s'approprier l'œuvre en prenant un bonbon ou une feuille. L'œuvre n'est pas le tas physique lui-même, mais l'instruction certifiée par l'artiste : le propriétaire a la responsabilité de réapprovisionner la pile pour maintenir son « poids idéal ». Cette dimension protocolaire permet à l'œuvre d'être dispersée et « sauvée » indéfiniment par le publicEric WATIER, "Felix Gonzalez-Torres : un art de la reproductibilité technique"..

Dans « Sans titre » (Portrait de Ross à LA), le tas de bonbons est une métaphore du corps de son compagnon et de la propagation du virus du sida. La consommation des bonbons devient un acte de communion tragique et politique.

Voir aussi Articles connexes Art conceptuel Art protocolaire Minimalisme (art)

Notes et références

Liens externes felixgonzalez-torres.com

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