Le Solitaire est un film policier français réalisé par Jacques Deray, sorti en 1987. Sur un scénario écrit par Jacques Deray en collaboration avec Alphonse Boudard, Simon Michaël et Daniel Saint-Hamont, avec dans le rôle principal Jean-Paul Belmondo, le film raconte comment un commissaire de police entreprend de retrouver l'homme par qui son meilleur ami et collègue a été tué, un dangereux truand qui refait surface après deux ans de silence.

Produit par Cerito Films, la société de production de Belmondo, en association avec Sara Films d'Alain Sarde, Le Solitaire marque la fin d'une série de films d'actions commerciaux avec Belmondo en tête d'affiche débutée douze ans plus tôt avec Peur sur la ville, qui lui avait permis d'être un champion du box-office dans toute l'Europe continentale...

Largement mal reçu par la critique, il rencontre un échec commercial à sa sortie, devenant le premier film avec Belmondo, qui au même moment triomphe au théâtre avec la pièce Kean écrite par Jean-Paul Sartre, à ne pas atteindre le million d'entrées sur le territoire français depuis vingt-trois ans. À la suite de cette déception commerciale, Belmondo se tournera davantage avec succès vers le théâtre, non sans en rencontrer une brève résurgence sur le grand écran l'année suivante avec Itinéraire d'un enfant gâté, et en tournant quelques films jusqu'en 2008. Le Solitaire trouvera un nouveau public lors de sa première diffusion télévisée en 1990.

Synopsis À Paris, en 1984. Le commissaire Stan Jalard et son collègue et ami, l'inspecteur Simon Lecache, se sont mis en tête de quitter le métier de policier afin de construire un nouvel avenir aux Antilles pour y ouvrir un hôtel en compagnie du fils de Simon, Christian, que ce dernier élève seul. En attendant d'envoyer leurs lettres de démission, Stan et Simon se rendent dans une boîte de nuit, le New York, New York, où ils repèrent le dangereux truand et ennemi public n°1 Charlie Schneider. Ayant repéré les deux policiers, décidés à l'arrêter, Schneider trouve refuge vers les toilettes de l'établissement, dans lequel s'engouffre Simon. Alors que le policier vérifie la pièce, il se trouve nez à nez avec Schneider, qui n'hésite à blesser grièvement le policier par balles, avant de l'achever d'une balle dans la tête. Ayant entendu les coups de feu, Stan voit le corps de Simon et poursuit Schneider jusqu'à une patinoire adjacente à la boîte de nuit, mais le criminel réussit à lui échapper. Alors que ses collègues emmènent le cadavre de Simon, Stan rentre chez lui et déchire les lettres de démission, ce qui implique qu'il décide de rester dans la police.

Deux ans plus tard, Stan est devenu le patron de l'Office central pour la répression du banditisme, mais garde en tête de retrouver Schneider, qui a disparu de la circulation après sa fuite, et venger la mort de Simon. Il a également la charge de l'éducation de Christian, dont il est le parrain. Il a placé l'enfant en pension, dont ce dernier n'hésite pas à s'enfuir pour retourner chez Stan, malgré la réticence initiale de celui-ci.

Les indics de Stan annoncent le retour de Schneider, retour qui se confirme lorsque ce dernier commet avec l'aide de trois complices, dont sa compagne Sandra qui tient un salon de coiffure, un hold-up sanglant avec braquage d'un fourgon blindé. Cette opération se solde par le meurtre violent des convoyeurs, ainsi que celui de son ancien complice, Sumatra, qui a été vu récemment avec Stan. Prêt à tout pour coincer Schneider et faisant à face à la rivalité du commissaire Pezzoli de la brigade mondaine, Stan arrête René Pignon, braqueur de banques qui a côtoyé le truand, avant d'organiser son « évasion ». Parallèlement, il fait arrêter Sandra et rend visite aux partenaires immédiats de Schneider, les Carmoni, dans leur casino et les met sous pression. Schneider étant assez imprévisible, les Carmoni veulent s'en débarrasser avec l'aide de Pignon.

Pignon rencontre Stan et lui parle d'une future rencontre avec Schneider, qui a pris contact avec lui. La rencontre se déroule près d'une gare sous les yeux de Stan et ses collègues, mais c'est sans compter l'arrivée de Pezzoli, informé par Pignon peu après sa rencontre avec Stan, et d'autres policiers, déclenchant une fusillade au cours duquel Schneider abat des policiers, ainsi que Pignon, avant de s'enfuir. Stan prend à part Pezzoli et lui assène des coups de poing, lui reprochant l'échec de l'arrestation de Schneider. Un soir, le policier, qui parvient petit à petit à connaître l'identité des complices de Schneider, reçoit l'appel menaçant de ce dernier, lui intimant l'ordre de relâcher Sandra, qui sera finalement libérée peu après, sous l'ordre d'un juge. Les nerfs de Stan sont mis à rude épreuve lorsque son appartement est saccagé et après qu'un homme à moto a tenté de l'abattre en compagnie de Christian devant son immeuble. Le policier abat son assaillant et se rend armé au casino des Carmoni pour récupérer le butin du casse de Schneider, qui se trouvait dans le coffre de l'établissement, avant de le placer dans le coffre-fort de son bureau, tout en ayant prévenu un de ses inspecteurs, Maurin, de la situation.

Avec ses collègues, Stan arrête le deuxième complice de Schneider, qui lui donne une piste pour localiser ce dernier. Grâce à une mise sur écoute du troisième complice, le commissaire découvre que le criminel s'est planqué dans un vieil hôtel. Armé d'un fusil à pompe, Stan se rend à la chambre de Schneider, qui ne montre aucun regret pour le meurtre de Simon, mais l'arrivée importune de Sandra déclenche une fusillade, au cours de laquelle Schneider tue accidentellement sa petite amie. Une poursuite entre le policier et le truand s'engage durant laquelle Schneider s'échappe par la fenêtre et vole une camionnette.

Stan le rattrape dans la rue latérale et tire à plusieurs reprises sur la camionnette, blessant Schneider, avant de le tenir en joue, au moment où ses collègues débarquent : il préfère l'arrêter au lieu de l'abattre car selon lui, il va plus souffrir en prison, où il devrait purger une peine de vingt ans sans remise de peine pour ses crimes.

Peu après, Stan retrouve Christian et emmène ce dernier faire un tour en voiture.

Fiche technique thumb|160px|Alphonse Boudard (dans les années 1980), co-scénariste et dialoguiste du film. Titre original : Le Solitaire Titre de travail : L'Ombre d'un flic Réalisation : Jacques Deray Scénario : Jacques Deray et Simon Michaël, adaptation et dialogues par Alphonse Boudard, Simon Michaël et Daniel Saint-Hamont Musique : Danny Schogger et Andy Caine Décors : Jean-Claude Gallouin et Gérard James Costumes : Brigitte Demouzon et Paulette Breil Photographie : Jean-François Robin Son : Pierre Lenoir Montage : Henri Lanoë Production déléguée : Alain Belmondo et Alain Sarde Sociétés de production : Cerito Films et Sara Films Société de distribution : AMLF (France) Budget : estimé entre 30 et 50 millions de francsLa Revue du cinéma, Numéros 429-433 Lien Google Books (soit environ à millions d'euros en ) Pays de production : Langue originale : français Format : couleur (Fujicolor) — 35 mm — 1,85:1 — son monophonique Genre : policier Durée : 100 minutes Dates de sortie : France : Allemagne de l'Ouest : Classification : France (CNC): tous publics.Classification lors de sa sortie en salles. Pour sa diffusion à la télévision, le film est déconseillé aux moins de 10 ans.

Distribution

Jean-Paul Belmondo : le commissaire Stan Jalard Jean-Pierre Malo : Charly Schneider Michel Beaune : le commissaire Pezzoli Pierre Vernier : Maurin François Dunoyer : René Pignon Michel Creton : Simon Lecache Yolande Gilot : Sandra Franck Ayas : Christian Lecache, le fils de Simon Laurent Gendron : Rocky Jean-Claude de Goros : Boulin Guy Pannequin : Sumatra Patricia Malvoisin : Brigitte André Landais : Marc Alan Coriolan : Serge Carlos Sotto Mayor : Eva Valérie Steffen : Carole Bernard Freyd : le directeur de la PJ Luc-Antoine Diquéro : Eric Eric Denize : Aldo Benani Henri-Jacques Huet : un frère Carmoni Yves Gabrielli : Stazyk François Marcantoni : Louis Bernard Farcy : un frère Carmoni Catherine Rouvel : Mia Évelyne Dress : Katia Marc Lamole : Maurice Patrick Pérez : Ossim Carlo Nell : le patron du bistrot Henri Attal : le greffier de la prison Muriel Belmondo : la réceptionniste de l'hôtel Pierre-Octave Arrighi : le moniteur de gym Guy Matchoro : le camé « Metropolis » Mostéfa Stiti : Kouebi, le barman Maurice Auzel : l'inspecteur OCRB Pascal Salicetti : le policier planqué Lionel Vitrant : le chauffeur de la camionnette Muriel Younes : la secrétaire de la PJ Daniel Breton : un homme de main des Carmoni Alexandrie

Production Développement du projet et choix des interprètes thumb|right|160px|Jean-Paul Belmondo (en 1988). Lors de la promotion de son précédent film, Hold-Up (1985), Jean-Paul Belmondo a annoncé qu'il avait deux projets en préparation : son retour tant attendu sur scène au théâtre et un autre film policier, qui deviendra Le Solitaire. Le réalisateur Jacques Deray était déjà attaché à l'époque et était le choix de l'acteur, en raison de leurs précédentes collaborations dans Par un beau matin d'été (1965), Borsalino (1970) et Le Marginal (1983). Si Le Marginal avait été un énorme succès commercial, en frôlant les 5 millions d'entrées en salles, les films suivants avec Belmondo en vedette, Les Morfalous (1984), Joyeuses Pâques (1984) et Hold-Up, bien qu'ayant fait de bons scores au box-office, n'ont pas été à la hauteur des standards élevés de la star.

Au moment de la sortie, Deray a insisté sur les différences entre ce film et Le Marginal, estimant que s'il restait , l'acteur souhaitait une affaire plus narrative, dans la prestigieuse tradition des films noirs réalisés par Jacques Becker et Julien Duvivier. Les scènes d'action étaient connues pour être beaucoup plus sobres que dans le travail précédent de l'acteur. Deray le reconnaît, déclarant que , voulant , ajoutant qu'il s'agit d', un et que Belmondo est .

Dans ses mémoires cependant, Deray s'est montré plus franc sur les ambitions limitées du film, le qualifiant de . Une autre raison, plus pragmatique, de son faible quotient d'action était une grave blessure à la colonne vertébrale subie par Belmondo alors qu'il tentait une cascade pour Belmondo de A à Z, une émission spéciale de variétés animée par Patrick Sabatier pour promouvoir Hold-up, ce qui lui avait laissé un inconfort persistant.

Malgré les contributions de l'ancien policier Simon Michaël et d'Alphonse Boudard, romancier acclamé connu pour ses romans policiers à la fois intimistes et durs, le processus d'écriture ne s'est pas déroulé sans heurts. Deray a estimé que . Belmondo était également insatisfait du scénario final, qui, selon lui, était la principale raison de l'échec du film, en disant qu' qu'il n'a jamais pu laisser derrière lui. Le titre original était Cobra mais, à la suite de la sortie du film éponyme avec Sylvester Stallone, il a été changé en Le Solitaire, dont la similitude avec Le Marginal a encore souligné sa nature stéréotypée. D'autres titres ont été envisagés, comme Règlements de comptes, Superflic et L'Ombre d'un flic, ce dernier étant le préféré de Deray et Belmondo.

Pour entourer l'acteur vedette dans le film, plusieurs acteurs ayant régulièrement tourné avec lui figurent au casting, comme Michel Beaune et Pierre Vernier, deux de ses camarades de classe au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. La petite amie de Belmondo, la mannequin et chanteuse brésilienne Carlos Sotto Mayor, apparaît également dans un numéro musical au début du film. Il s'agit de sa troisième et dernière apparition à l'écran aux côtés de la star, avant que le couple se sépare en bons termes en 1987.. Peu avant ce film, l'acteur de théâtre Jean-Pierre Malo avait incarné un tueur à gages impitoyable dans Spécial Police, un autre film policier écrit par Simon Michaël.

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