Maurice Joseph Louis Gigost d'ElbéeBien que son extrait de naissance ne mentionne pas le nom de Gigost, on l'appellera souvent ainsi. C'est vraisemblablement au que la famille Gigost s'adjoint le nom de d'Elbée., né le à Dresde et mort entre le et le à Noirmoutier, est un militaire français.

Chef royaliste pendant la guerre de Vendée, il est généralissime de l'Armée catholique et royale, succédant à Cathelineau, de juillet à . Grièvement blessé à la bataille de Cholet, il est capturé puis fusillé après la troisième bataille de Noirmoutier.

Biographie Vie sous l'Ancien Régime vignette|gauche|upright=1.3|La Loge, habitation de d'Elbée, dessin de Thomas Drake et lithographie d'Henri Daniaud, 1856.

Maurice d'Elbée naît à Dresde le .. Fils de Maurice Gigost d'Elbée, seigneur de la Gobinière et de La Loge-Vaugirault (1695-1763), alors conseiller privé du Roi de Pologne établi à Dresde, en Saxe, et de Marie Thérèse de Mussant (décédée en 1790), Maurice d'Elbée naquit dans une famille de tradition militaire. Il est naturalisé français en 1757..

Le , il est sous-lieutenant au régiment du Dauphin cavalerie et le , il est lieutenant au régiment de chevau-légers. Il démissionne de l'armée le . Il se retire alors à Beaupréau, en Anjou.

Il se marie le en l’église de La Gaubretière, avec Marguerite-Charlotte du Houx d’Hauterive, pupille de son ami le marquis de Boisy. Dès lors il vécut retiré dans un bien de campagne près de Beaupréau en Anjou (aujourd'hui Maine-et-Loire). Son fils Louis-Joseph Maurice d’Elbée, né le , lui survivra.

En 1789, d'Elbée se montre d'abord favorable à la Révolution française.. Le , il participe à la Fête de la Fédération à Paris, où il représente le Maine-et-Loire.

Général de l'Armée catholique et royale thumb|left|300px|D'Elbée protégeant les prisonniers républicains après la bataille de Chemillé, huile sur toile d'Edmond Marie Félix de Boislecomte, 1899, musée d'Art et d'Histoire de Cholet.

En , l'insurrection contre la levée en masse provoque le début de la guerre de Vendée. Les paysans insurgés viennent trouver d'Elbée en raison de son expérience militaire et le contraignent à prendre la tête de leur rassemblement.

Le , les forces de d'Elbée parviennent à repousser la contre-attaque républicaine à la bataille de Chemillé. Après ce combat, des combattants vendéens se rassemblent devant l'église du bourg de Chemillé en réclamant la mise à mort des prisonniers républicains qui y sont enfermés... Le général d'Elbée arrive alors au milieu de la foule pour tenter de ramener le calme. À sa demande, les hommes se mettent à genou pour réciter le Pater Noster. Cependant lorsque les insurgés arrivent aux paroles « pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », d'Elbée les interrompt : « Arrêtez ! Ne mentez pas à Dieu ! Vous osez lui demander de vous pardonner comme vous pardonnez aux autres alors que vous êtes prêts à vous venger de vos ennemis ! ». Ces déclarations ne provoquent aucune contestation et les prisonniers sont ainsi sauvés. L'épisode est alors appelé le ..

D'Elbée participe ensuite à plusieurs combats victorieux contre les républicains avec la bataille de Vezins le , la bataille de Beaupréau le 22 et la prise de Thouars le , où d'Elbée reçoit la capitulation de la garnison républicaine par le juge de paix Redon de Puy Jourdain..

Les Vendéens se tournent ensuite vers Fontenay-le-Comte, dans le sud de la Vendée. Une première attaque échoue le et d'Elbée est blessé, mais les insurgés prennent leur revanche le , où ils mettent en déroute les forces républicaines et font prisonniers.

Le , d'Elbée participe à la bataille de Nantes., qui s'achève par la victoire des forces républicaines. Le généralissime Jacques Cathelineau est mortellement blessé et succombe le ..

Le , d'Elbée est élu par un conseil de guerre généralissime de Armée catholique et royale pour succéder à Jacques Cathelineau.. Il décide d'attaquer la ville de Luçon mais il subit deux lourdes défaites devant cette ville le et le .

Mort à Noirmoutier vignette|gauche|upright=1.2|Mort du général d'Elbée, huile sur toile de Julien Le Blant, 1878, Musée de Noirmoutier.

vignette|D'Elbée : l'un des principaux chefs de l'armée royale et catholique des brigands de la Vendée, pris et fusillé après la prise de l'Isle de Noirmoutier. Dessiné d'après nature au conseil de guerre lors de son interrogatoire, le par le citoyen Fachot, officier d'état-major et capitaine du génie, 1794, Bibliothèque nationale de France.|alt=Représentation du général d'Elbée avec chapeau noir et cocarde, plumet et mouchoir de tête blancs, bandeau sur l'œil droit, veste rose à revers noirs, culotte blanche, bottes noires et écharpe blanche à la ceinture avec deux pistolets et un sabre. En arrière-plan figurent à droite un arbre et à gauche des murailles et des tours escaladées avec des échelles par des soldats républicains.

Le , l'armée vendéenne est complètement défaite à la bataille de Cholet et d'Elbée est grièvement blessé lors des combats.. Il ne prend pas part à la virée de Galerne et est transporté à Beaupréau, sous la protection de hommes commandés par Pierre Cathelineau, le frère de Jacques Cathelineau. Il est bientôt rejoint par son épouse, Marguerite-Charlotte Duhoux d'Hauterive ; son beau-frère, Pierre Duhoux d'Hauterive ; et de son ami Pierre Prosper Gouffier de Boisy..

Vers fin octobre ou début , d'Elbée, escorté par la troupe de Cathelineau, rejoint Charette à Touvois... Sur les conseils de ce dernier, il part trouver refuge à l'île de Noirmoutier, qu'il atteint le 2 ou le . D'après son petit-neveu, Charles-Maurice d'Elbée, et la marquise de Bonchamps, il aurait été hébergé à l'hôtel Jacobsen, avant d'être transporté dans la maison de madame Mourain à l'approche des troupes de Haxo.. Selon François Piet, il résidait dans une maison appelée La Maduère.

Le , les troupes républicaines débarquent sur l'île de Noirmoutier et la garnison vendéenne capitule. D'Elbée est rapidement découvert et fait prisonnier.. L'ancien généralissime est interrogé par les représentants en mission et par le général Turreau à une date incertaine. Le procès-verbal de son interrogatoire est rédigé par le capitaine François Piet.

Malgré les promesses du général Haxo, tous les prisonniers vendéens sont fusillés sur ordre des représentants en mission Prieur de la Marne, Turreau et Bourbotte.. D'Elbée est exécuté entre le et le . Incapable de marcher, il est porté sur un fauteuil jusqu'à la place d'Armes. Il est fusillé en compagnie de Pierre Duhoux d'Hauterive, de Pierre Prosper Gouffier de Boisy et de Jean-Conrad Wieland, l'ancien commandant républicain de Noirmoutier, accusé de trahison, que les officiers royalistes tentent en vain d'innocenter au dernier moment.

Le corps de d'Elbée est enterré dans les douves du château de Noirmoutier.. Malgré des recherches en 1822, ses ossements ne peuvent être identifiés.

L'épouse de d'Elbée, Marguerite-Charlotte Duhoux d'Hauterive, est quant à elle fusillée le en compagnie de Victoire Élisabeth Mourain de L'Herbaudière, née Jacobsen..

Descendance Louis-Joseph Maurice d’Elbée, fils de Maurice d'Elbée, est élevé à Beaupréau. Il sert dans les armées de Napoléon et participe notamment à la bataille de Leipzig, et à la bataille de Hanau, où il est blessé et fait prisonnier. Transporté à l'hôpital de Potsdam, il décède l'année suivante Jques Dupire - Le général d'Elbée. - En "La lettre du génie".

La famille d'Elbée, actuellement subsistante, conserve le souvenir du général d'Elbée mais ne lui est pas apparentéeBien que certains le prétendent et que des généalogies fautives existent, il n'y a aucun lien entre la famille d'Elbée et la famille Gigost d'Elbée (travaux de J-C de Vaugiraud)..

Regards contemporains et postérité

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Jean Epois, d'Elbée ou l'Epiphanie sanglante, Editions du Choletais, 224 p., 1984

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Liens externes

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