Léonard Duphot, né le à Lyon et mort assassiné le à Rome, est un général de brigade de la Révolution française.
États de service Léonard Mathurin Duphot nait dans la paroisse Saint-Pierre-et-Saint-Saturnin du quartier des Terreaux, ainé d'une fratrie de 3 enfants de Hyacinthe-Michel Duphot, maître maçon (futur maire de La Guillotière en 1794) et Catherine Guillebeau, fille de l'architecte lyonnais Étienne Guillebeau,
Il entre au service le , à 15 ans, au régiment de Vermandois en garnison à Perpignan. Il est caporal le puis sergent le . Le régiment de Vermandois devient le régiment d'infanterie et est envoyé sur la frontière des Alpes sous les ordres du lieutenant-général de Montesquiou-Fézensac. Pendant dix mois, Duphot, à l'avant-garde de l'armée d'Italie, participe à tous les combats amenant la conquête du comté de Nice. De retour à Perpignan avec la d'infanterie lors de la déclaration de guerre avec l'Espagne, il est élu en adjudant-major au bataillon des volontaires du Cantal.
Le , il est adjoint à l'état-major du général Giaccomini et adjudant de la place de Perpignan.
Il est nommé le adjudant-général chef de bataillon sous les ordres du général Augereau, dont il assurera l'avant-garde. Il participe à la bataille du Boulou, aux opérations de prise des forts et ouvrages militaires de la zone frontalière. Il participe durant quatre mois à la très dure campagne de la haute-Muga en Espagne.
Le le général Augereau, impressionné par la conduite de Duphot à la tête du bataillon de chasseurs lui confie le commandement provisoire d'une de ses trois brigades. Le . Sa belle conduite incite Augereau à le proposer au grade d'adjudant-général chef de brigade.
Le , Duphot est affecté à l'armée des Alpes. Il se distingue dans lors de nombreuses actions lors de la campagne d'Italie. Blessé d'un coup de biscaïen à Lovadina et en reconnaissance de ses états de service exceptionnels, Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, demande au Directoire le la nomination de Duphot au grade de général de brigade.
Il est détaché par Napoléon Bonaparte pour organiser les troupes de la République ligurienne. Face aux troubles qui embrasent cette jeune république sœur, il réprime les émeutes armées, rétabli l'ordre, instaure la sécurité et assure la logistique des troupes et de la ville. Il reçoit, pour sa conduite vigoureuse et son administration efficace, un sabre d'honneur du Directoire. Durant cet épisode Génois, il rencontre Désirée Clary dans les locaux du ministre de France. Une réputation de « sabreur » bien établie ne l'empêche pas de découvrir derrière ce général vif et énergique une âme romanesque et un cœur attentionné dont elle tombera éperdument amoureuse.
Affecté à l'armée d'Angleterre alors regroupée sur les bords de la Manche en prévision d'une invasion de l'ile sous le commandement de Bonaparte, il reçoit de celui-ci la permission d'épouser son ex-fiancée et bénéficie d'une permission à cet effet.
L'Affaire Duphot Il se trouve à Rome en cette fin d'année 1797. Résidant dans le palais de l'ambassadeur français Joseph Bonaparte, il est tué le par des soldats du pape, au moment où il tente d'apaiser une émeute occasionnée par un rassemblement des partisans républicains italiens devant l'ambassade de France. Le général Sherlock, présent également au côté de Joseph Bonaparte, est blessé alors que Duphot, s'interposant entre les papistes et l'ambassadeur, est entrainé par son élan et tué devant la Porta Settimiana. Sa mort provoque le départ de l'ambassadeur et de sa suite. Rédigée par Joseph Bonaparte, une lettre, relatant l'événement parut dans Le point du jour du 24 nivose an VI de la république précédant son retour à Paris. Le Directoire décide que l'assassinat de Duphot sera vengé. À cet effet, Rome est occupée par les troupes françaises sous le commandement du général Berthier. Lorette est pillée à nouveau. Les honneurs militaires seront rendus à la dépouille du général Duphot par l'ensemble des troupes Françaises lors d'un vaste et pompeux défilé « armes basses » en signe de deuil dans la ville éternelle et un monument funéraire sera érigé au cœur de Rome mais ne perdurera pas au départ des troupes françaisesGeorges Boulot, Le général Duphot 1769-1797, Plon, 1908.
Le lendemain de son assassinat, le , Duphot devait épouser la belle-sœur de Joseph, Désirée Clary. Celle-ci épousera finalement Bernadotte et deviendra reine de Suède.
Duphot était aussi un poète, son Ode aux mânes des héros morts pour la liberté a une grande vogue.
Hommage Depuis 1807 la rue Duphot lui rend hommage à Paris . Une rue porte son nom dans le arrondissement de Lyon.. Une statue du général Duphot du sculpteur lyonnais Charles Bailly est érigée dans le jardin de la préfecture du Rhône à Lyon en 1893. (Napoléon, Le Mémorial de Sainte-Hélène).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Martin Basse, Le général Léonard Duphot 1769-1797, Berger-Levrault, 1908 .
Georges Boulot, Le général Duphot 1769-1797, Plon, 1908
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