Louis Alain Bellec, dit Alain Barrière, né le à La Trinité-sur-Mer (Morbihan) et mort le à Arradon (Morbihan), est un auteur-compositeur-interprète français.

Il a connu plusieurs succès dans les années 1960 et les années 1970 avec des chansons dont : Elle était si jolie, Ma vie et Tu t'en vas.

Biographie Origines Fils de mareyeurs, Louis Allain Bellec est d'origine bretonne par sa mère Marie-Louise Bellec (1903-1977) qui l'a élevé, mais d'origine italienne par son père — d'où sa chanson Un peu de sang breton. Il grandit en Bretagne dans un environnement assez difficile où il rêve d’évasion.

À la fin de ses études secondaires, il part pour Angers où il entre à l’École nationale des ingénieurs des arts et métiers en 1955, dont il sort diplômé. Il exerce sa profession d'ingénieur chez le fabricant de pneumatique Kléber-Colombes en 1960-1961. Mais depuis 1958, il a une autre passion : la musique et s’achète une guitare et commence à écrire ses premières mélodies en autodidacte.

L’année suivante, il s’émerveille de la découverte des poésies modernes de Francis Carco et Robert Desnos. Il commence à glisser des mots sur ses premières compositions qu’il fait écouter à ses amis étudiants.

Débuts En 1961, il adopte le pseudonyme de « Barrière » et participe au concours du Coq d'or de la chanson française dont la finale se déroule à l'Olympia. Il parvient en finale avec sa chanson Cathy et se classe sur 12. Mais pendant ce concours, Bruno Coquatrix l'a remarqué et Alain signe un premier contrat avec la maison de disques RCA.

En , il passe à l'Olympia en première partie du tour de chant de Colette Renard où il interprète cinq chansons. Il vit alors de quelques cachets en se produisant dans des petites salles parisiennes avant de se faire un nom, en 1963, avec Elle était si jolie. Sélectionné pour représenter la France au concours Eurovision de la chanson, il finit sur 16 participants. Le pianiste et chef d'orchestre André Livernaux assure quant à lui les arrangements de ses premières chansons.

En , il revient une nouvelle fois à l'Olympia dans le spectacle de Paul Anka, où il interprète dix chansons.

Consécration C'est en 1964 qu'il obtient son plus grand succès avec Ma vie et se produit alors en vedette à l'Olympia. Ma vie deviendra un tube exceptionnel en Amérique du Sud ( au Chili, au Pérou, en Argentine, au Brésil, en Bolivie, en Uruguay).

Toujours avec cette chanson, en Italie, Alain Barrière atteint la notoriété et connait un succès considérable, pour atteindre la dans le hit parade Hit Parade Italia 1965. Le succès de cette chanson pousse le label discographique à sélectionner l'artiste pour le Festival de Sanremo de 1965. Mais un différend entre la maison de disques RCA et la direction du Festival conduit celle-ci à retirer de la programmation tout artiste présenté par la firme RCA, y compris Paul Anka et DalidaMarcello Giannotti, L'enciclopedia di Sanremo: 55 anni di storia del festival dalla A alla Z, Rome, 2005, .. La chanson pour le festival, Quattro ragioni per non amarti (Quatre raisons de ne pas t'aimer), est malgré tout sortie, mais sans résultats commerciaux significatifs.

Après un passage comme acteur en 1966, dans Pas de panique de Sergio Gobbi, il revient avec succès à la chanson, avec des titres comme La Marie-Joconde (1966), Les Guinguettes (1966), Rien qu'un homme (1970), Emporte-moi (1968) et C'était aux premiers jours d'avril (1969). La production d'Alain Barrière est décidément prolifique avec des albums qui se succèdent : Toi (1966), Si je rêve de toi (1967), À regarder la mer (1969), chansons aux paroles durablement marquantes« Face à cette mer dont les amants se grisent à ses fêtes, on se surprend à se souvenir mot à mot des émouvantes chansons populaires d'Alain Barrière, et l'on reste des heures à regarder la mer, le cœur abasourdi, les pensées de travers. Au point de prendre le risque de ne rien comprendre à ce drôle d'univers et de devenir l'inutile cri d'une inutile fête… » dans Jean-Pierre Thiollet, Bodream ou rêve de Bodrum, Anagramme éditions, 2010, . Lors de ses passages dans la salle de Bruno Coquatrix en 1966 et en 1967, le public peut apprécier le chemin parcouru en termes de prestations scéniques.

En 1966 et 1968, c'est le music-hall Bobino qui l'accueille. Il effectue par la suite plusieurs passages à l'Olympia en 1967, 1972, 1974, 1976 et 1978.

Reconnaissance Un autre grand succès d'Alain Tu t'en vas, interprété en duo avec Noëlle Cordier sort en 1975.

L'année 1975 est un tournant dans sa vie, puisqu’il épouse Agnès Cohen-Solal dite Anièce (1950-2019), sa compagne depuis quelques mois, et découvre la paternité avec la naissance de sa fille Guénaëlle, la même année. De plus, il concrétise un vieux rêve en faisant construire un château en Bretagne, proche des fameux menhirs de Carnac, qu'il fait aménager en théâtre-discothèque-restaurant, avec une salle de spectacle en amphithéâtre, dans laquelle il donne des concerts chaque été. Le Stirwen (Étoile blanche en breton), le bâtiment réalisé à partir d'authentiques vieilles pierres, devient vite un lieu fréquenté des noceurs, qui se souviennent des soirées à thème qu’il organise avec son épouse.

En 1977, il quitte brutalement la France pour les États-Unis : l'entreprise Stirwen est en difficultés et le chanteur a des démêlés avec le fisc. Il revient quatre ans plus tard, mais les deux albums qu'il enregistre n'ont plus le succès escompté. Un second exil le mène au Canada où il enregistre Entre Québec et Montréal. Alain Barrière raconte ses déboires dans son autobiographie, [notamment l'intervention d'individus à son domicile], une affaire qui venait de haut lui dira-t-on à l'époque, laissant penser que son succès suscita des jalousies déguisées et des pressions politiques. Il ne revient définitivement qu'au début des années 1990, mais sans renouer véritablement avec la chanson.

En 1998, sort un CD de nouvelles chansons Barrière 97 et une compilation de ses meilleures chansons, Ma vie. Il passe à la salle Pleyel en 1998.

Des années 2000 à 2010 thumb|left|Alain Barrière Sa fille Guénaëlle, avocate, relance sa carrière en 2005. En 2006, il publie son autobiographie, Ma vie, aux éditions du Rocher accompagné d'un CD comprenant trois nouvelles chansons : If [Tu seras un homme] d'après le poème Si de Rudyard Kipling dans la traduction d'André Maurois, Quand la mer s'est retirée et Hymne à la Bretagne en hommage à sa terre natale. Lance aussi une nouvelle compilation, La Compilation authentique. Il donne plusieurs concerts au Canada, notamment au Québec et y est bien accueilli avec un disque d'or.

En 2007, Alain Barrière revient finalement sur scène. Il entame à partir du mois de mars une grande tournée en France, avant de se produire en avril à l'Olympia puis en décembre au Palais des congrès de Paris. Un nouveau CD paraît à l'automne 2007 (Chansons françaises) dans lequel il interprète notamment La Foule, Le Petit Bonheur, Les Copains d'abord, Ne me quitte pas, La Mer et Le Temps des cerises.

En paraît un album Best of de cinquante-trois chansons composé de titres phares mais aussi de nombreuses chansons jamais parues sur CD.

Le , il est invité dans l'émission de France 3 Village départ à Lorient, présentée par Laurent Luyat, à l'occasion du départ de la du Tour de France : Lorient - Mûr-de-Bretagne.

Le , l'artiste annonce qu'il est contraint de renoncer pour raisons de santé et fait ses adieux à la scène, programmés le à La Trinité-sur-Mer« À la Trinité-sur-Mer, le concert en plein air d'Alain Barrière annulé », Ouest-France, (modifié le 26 septembre 2013). et le au Palais des congrès de Paris.

En 2013 Guénaëlle Barrière, sa fille née en 1975, année de l'ouverture du Stirwen la discothèque de son père, reprend le flambeau et relance cette « Étoile blanche », après six ans d'absence. La même année, l'artiste publie son ultime album studio : Mes duos d'amour.

Mort Alain Barrière meurt à Arradon à l'âge de 84 ans des suites d'un arrêt cardiaque, le , 12 jours seulement après son épouse. Ses obsèques sont célébrées le en l'église de La Trinité-sur-Mer, son village natal. En cette occasion, de nombreuses personnalités lui rendent hommage, parmi lesquelles Jean-Marie Le Pen, un ami d'enfance« Obsèques d’Alain Barrière : un millier de personnes a rendu hommage au chanteur », Ouest-France, .. Il repose dans le caveau familial du cimetière communal.

Discographie Albums studio

1963 : Cathy 1964 : Ma vie 1965 : Les Guinguettes 1966 : Toi 1967 : Si je rêve de toi 1968 : Un homme s'est pendu 1969 : Angela 1970 : À regarder la mer 1971 : Un peu de sang breton 1972 : Pour la dernière fois 1973 : Séduction 13 1975 : Tu t'en vas 1976 : Si tu te souviens 1977 : Et tu fermes les yeux 1978 : Amoco 1979 : Sérénade et Tragédie / Elle va chanter 1980 : Une chanson / Partir 1981 : Amoco... 1983 : La mer est là 1983 : Ma vie 1986 : Entre Québec et Montréal 1997 : 97 2013 : Mes duos d'amour

Ventes TitreFranceMa Vie + 100 000Tu t'en vas + 150 000Disque d’or + 100 000Et tu fermes les yeux + 75 000Cosmos 77 + 100 000Amoco + 75 000Sérénade et tragédie+ 100 000Total+ 700 000Tous les chiffres donnés sont des estimations

Singles

Cathy (1961) Je reviendrai d'Al Cantara (1962) Elle était si jolie (1963) Plus je t'entends (1963) Ma vie (1964) Ave Maria (1965) - bande originale du film Pas de panique Quattro ragioni per non amarti (1965) E più ti amo (1965) - paroles de Gino Paoli Les Guinguettes (1966) Toi (1966) La Foire aux cœurs (1967) Emporte-moi (1968) Tout peut recommencer (1968) C'était aux premiers jours d'avril (1969) Viva Ouagadougou (1969) Les Yeux d'Elsa (1969) d'après le poème de Louis Aragon À regarder la mer (1970) Si tu ne me revenais pas (1971) La Mer (1971) Rien qu'un homme (1971) Le Voyage (1971) Allez Rennes (1971) - en hommage au Stade rennais vainqueur de la Coupe de France de football 1970-1971 Elle (1972) Pour la dernière fois (1973) Le Bel Amour (1973) Séduction 13 (1974) Écoute bien, c'est un tango, Il faut danser Marie (1974) Tu t'en vas (1975) en duo avec Noëlle Cordier Celtina (1975) Mon improbable amour (1975) Si tu te souviens (1976) Qu'importe (1977) Et tu fermes les yeux (1978) Amoco (1978) - chanson écrite à la suite du naufrage du pétrolier Amoco Cadiz, en mars 1978 qui provoqua une marée noire sur les côtes bretonnes Une autre vie (1978) Elle va chanter (1979) - chanson écrite en hommage à Édith Piaf Partir (1980) Une chanson (1981) Alors adieu (1981) La mer est là (1983) Aimer (1988) If [Tu seras un homme], Hymne à la Bretagne et Quand la mer s'est retirée (2006) - voir « Bibliographie »

Ventes TitreFranceMa Vie+ 500 000Les sabots+ 75 000Les guinguettes+100 000Toi+ 100 000Tout peut recommencer75 000Emporte-moi+75 000.À regarder la mer+ 100 000Comme un vieux morceau de bois+ 60 000Le voyage+ 60 000Rien qu’un homme+ 250 000Le Bel Amour+ 100 000Maggore+75 000.Ecoute bien c'est un tango+100 000.Tu t'en vas (avec Noëlle Cordier)+ 700 000Mon improbable amour+100 000Paris Disco77 000Une autre vie+150 000Amoco+100 000Total+ 2 797 000Ces chiffres sont des estimations

Filmographie 1966 : Pas de panique de Sergio Gobbi : Jo Tu t'en vas, en duo avec Noëlle Cordier, est utilisé dans la bande originale du film Seules les Bêtes (2019) de Dominik Moll.

Distinctions

Bibliographie - accompagné d'un CD comprenant trois chansons originales : If [Tu seras un homme], Quand la mer s'est retirée et Hymne à la Bretagne René Bourdier, Alain Barrière : , Les Lettres françaises , , (interview)

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Biographie sur le site RFI Musique

Catégorie:Nom de scène Catégorie:Auteur-compositeur-interprète francophone Catégorie:Chanteur français du XXe siècle Catégorie:Chanteur français du XXIe siècle Catégorie:Chanteur des années 1960 Catégorie:Chanteur des années 1970 Catégorie:Chanteur des années 1980 Catégorie:Chanteur des années 1990