est un homme politique japonais né le à Fukuchiyama dans la préfecture de Kyoto. Membre de la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, de 1983 à 2017 (pour l'ancien de Kyoto de 1983 à 1996 puis pour sa nouvelle de 1996 à 2017), il est ministre dans les gouvernements de Jun'ichirō Koizumi du au , d'abord en tant que président de la Commission nationale de sécurité publique du au puis ministre des Finances du au .
Il est également de manière éphémère ministre du Territoire, des Infrastructures et des Transports ainsi que ministre d'État au Tourisme et aux Affaires maritimes du au à la fin du gouvernement de Yasuo Fukuda. Le , Shinzō Abe le nomme dans son Cabinet en tant que ministre de la Justice.
Il est président du Parti libéral-démocrate (PLD, droite) et chef de l'opposition parlementaire du au .
Origines, formation et carrière professionnelle
Fils de Sen'ichi Tanigaki (1913-1983), lui-même membre de la Chambre des représentants sous les couleurs du parti majoritaire, le PLD, pour l'ancien de Kyoto de 1960 à 1976 et de 1979 à sa mort en 1983 ainsi que ministre de l'Éducation et de la Culture dans le second gouvernement de Masayoshi Ōhira du au , il reçoit une éducation soignée. Ainsi, il passe sa scolarité secondaire au sein du prestigieux collège puis lycée privé Azabu dans l'arrondissement tokyoïte de Minato de 1957 à 1963.
Licencié en droit de l'université de Tokyo en 1972, il commence à travailler comme secrétaire de son père à la Chambre des représentants. Il réussit ensuite l'examen d'entrée au barreau en 1979 et termine son apprentissage (qu'il passe dans la même promotion que Natsuo Yamaguchi, l'actuel président du Nouveau Kōmeitō, notamment) pour devenir avocat en 1982. Il se spécialise alors tout particulièrement dans le droit fiscal et est enregistré comme conseiller fiscal en 1983.
Carrière politique La succession familiale Mais le décès de son père le met fin prématurément à sa carrière professionnelle et détermine son entrée en politique. Il est immédiatement élu, lui aussi avec l'étiquette PLD lors d'élections partielles le suivant pour pourvoir deux des cinq sièges de l'ancien de Kyoto (à savoir l'ensemble de la préfecture à l'exception du centre-ville et de l'est de la ville de Kyoto, cette circonscription envoie 5 élus à la Chambre des représentants au vote unique non transférable), en obtenant 26,6 % des suffrages exprimés et plus de voix, arrivant alors en tête parmi sept candidats. Il est immédiatement réélu aux élections législatives générales le de la même année, arrivant en seconde position (derrière un autre candidat libéral-démocrate qui a fait son entrée en politique à l'occasion de la même élection partielle que Tanigaki, à savoir Hiromu Nonaka, l'un des rares parlementaires d'origine Burakumin) sur sept candidats avec votes et 17,3 % des suffrages Résultats des élections partielles du 7 août 1983 et générales du 18 décembre 1983 dans l'ancien district de Kyōto, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Par la suite, il se place troisième aux législatives de 1986 ( voix et 18,17 % des suffrages, toujours derrière Nonaka mais également le communiste Iwao Teramae qui est arrivé en tête) et 1990 ( voix, 17,49 %, il n'a plus que suffrages et 0,26 point d'écart avec Nonaka, tandis que cette fois c'est le socialiste Sueji Yamanaka qui obtient le meilleur score), mais seulement quatrième en 1993 (lors des législatives marquées par la victoire d'une coalition anti-PLD, il retombe à votes et 14,03 %, il est devancé à nouveau par le communiste Teramae, Nonaka qui se maintient à la deuxième place mais aussi par un nouveau venu du Kōmeitō, Yasuhide Yamana) Résultats des élections législatives de 1986, 1990 et 1993 dans l'ancien district de Kyōto, sur le site www.senkyo.janjan.jp. Après la réforme électorale de 1994, appliquée à partir des législatives de 1996, il est désormais élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le nouveau de Kyōto, qui s'étend sur le tiers nord de la préfecture, allant jusqu'à la côte nord de Honshū et la mer du Japon et comprenant surtout sa ville natale de Fukuchiyama et le port de Maizuru, l'un des principaux points d'appui des Forces japonaises navales d'autodéfense. Il y obtient une nette majorité à chaque élection jusqu'en 2009, et confirme plus qu'auparavant son assise locale, avec successivement voix (56,78 %) en 1996, (63,54 %) en 2000, (62,88 %) en 2003 Résultats des élections législatives de 1996, 2000 et 2003 dans le district de Kyōto, sur le site www.senkyo.janjan.jp et (58,85 %) en 2005 Résultats des élections législatives de 2005 dans le district de Kyōto , sur le site www.senkyo.janjan.jp. Homme influent de la politique de la préfecture de Kyōto, il y préside la fédération du PLD en 1996 puis du au et depuis le .
Au sein du PLD, il adhère également à la faction à laquelle appartenait son père, le , l'une des plus anciennes (fondée en 1957, soit deux ans après la création du PLD) et les plus importantes du parti, ayant donné deux Premiers ministres successifs entre 1978 et 1982 (Masayoshi Ōhira puis Zenkō Suzuki). Héritier de Hayato Ikeda qui organisa l'État providence et la reconstruction économique du Japon au début des années 1960, le Kōchikai est connu pour être une force modérée de conciliation entre les autres factions et les querelles de personnes afin de maintenir un consensus au sein du parti « Kato group splits in LDP power struggle », The Japan Times, 01/02/2001.
Les premières responsabilités Sadakazu Tanigaki connaît une ascension rapide. Vice-président du Comité des Affaires de la Diète du PLD de 1987 à 1988, de 1989 à 1990 et de 1993 à 1995, il est nommé pour la première fois à une fonction gouvernementale (sans être membre du Cabinet), en tant que vice-ministre parlementaire auprès du ministre des Postes et Télécommunications Sei'ichi Kataoka dans le gouvernement remanié de Noboru Takeshita du au , puis aux côtés du directeur de l'Agence de la Défense Yōzō Ishikawa (lui aussi membre du Kōchikai) dans le second ministère dirigé par Toshiki Kaifu du au . Puis il est président de la Commission des Communications de la Chambre des représentants de à , puis de celle des Règles et de l'Administration de à . Il est ensuite directeur général du bureau des élections du PLD de à .
C'est finalement le qu'il entre pour la première fois au Cabinet du Japon, en tant que directeur de l'Agence des Sciences et des Technologies du second gouvernement remanié de Ryūtarō Hashimoto. Il le reste pendant dix mois, jusqu'au . À ce poste, il signe notamment avec le secrétaire d'État français à l'Industrie Christian Pierret en un accord sur la construction d'une coopération à long terme entre les deux pays dans le domaine de la recherche et du développement sur la surgénération des réacteurs nucléaires « Results of the 11th Japan-France Expert Meeting on R&D of Next-Generation Nuclear Reactors and Nuclear Fuel Cycle Systems », site officiel du ministère japonais de l'économie, du commerce et de l'industrie METI. Il critique également l'agence spatiale japonaise, la National Space Development Agency (NASDA), à la suite de l'échec de trois de ses missions en neuf mois A. SAEGUSA, « Japan's NASDA under fire on launch failure », Nature, 26/03/1998.
Après la démission de Ryūtarō Hashimoto, Sadakazu Tanigaki est nommé vice-ministre parlementaire pour seconder le chef de sa faction, Kiichi Miyazawa, au ministère des Finances du au au début du gouvernement de Keizō Obuchi. Il retrouve une place au Cabinet à la fin de ce dernier et au début du premier de Yoshirō Mori du au en tant que président de la Commission de la Reconstruction financière, chargé de réguler le secteur bancaire et de relancer les milieux financiers après la crise économique asiatique de 1997. Connu pour ses qualités de diplomate et son goût du consensus mais aussi ses idéaux réformateurs, il mène notamment les négociations avec la SoftBank au sujet de l'acquisition par cette dernière de la Nippon Credit Bank, placée sous tutelle du gouvernement depuis en raison de son fort endettement lié à l'éclatement de la bulle spéculative japonaise Bloomberg, CNET News, « Softbank-led group to agree on Nippon Credit Bank acquisition », ZDNet Asia, 31/05/2000. Il présente également le une série de règles concernant l'injection de capital dans les associations et coopératives de crédit : celles-ci doivent avoir un ratio de capitaux permanents minimum de 4 % et faire au préalable des efforts suffisants pour se constituer une base capitalistique en faisant appel aux entreprises locales pour pouvoir bénéficier ensuite d'un renflouement de l'État, le tout afin de stabiliser les systèmes financiers locaux « FRC details rules on injecting capital into credit institutions », The Japan Times, 30/06/2000. Toutefois, il connaît un échec concernant le sauvetage de la chaîne de grands magasins Sogo, son plan de renflouement faisant appel à une participation des contribuables entraînant une véritable levée de boucliers à la Diète et étant finalement désavoué par le Premier ministre Yoshirō Mori « Why the Industrial Revitalization Agency Will Fail », Japan.Inc, 27/11/2002. Il n'est pas reconduit dans le second cabinet formé par Mori le .
Partisan de Katō et ministre de Koizumi Soutien de la « rébellion Katō » Après son retrait du gouvernement, Sadakazu Tanigaki soutient le nouveau chef de sa faction, l'une des figures du camp réformateur du parti (avec Jun'ichirō Koizumi et Taku Yamasaki), Kōichi Katō, dans sa rébellion contre Yoshirō Mori. En effet, le , l'opposition décide de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Or, rapidement, Kōichi Katō annonce qu'il pourrait la voter pour protester contre la gestion opaque du PLD par le « groupe des 5 » et les nombreux dérapages du Premier ministre et de son cabinet, étant bientôt rejoint en ce sens par son allié de longue date Taku Yamasaki. Une telle éventualité entraînerait l'adoption de la motion et donc la chute du gouvernement : en effet, la coalition gouvernementale dispose d'une majorité de 272 élus sur 480, soit 31 de plus que la majorité absolue et une marge de manœuvre assez faible puisque les deux factions rebelles comprennent, une fois leurs effectifs cumulés, 64 représentants. Mais le Kōchikai se divise sur la conduite à tenir : sur ses 45 députés, seulement 21 (dont Tanigaki) soutiennent l'initiative de Katō, les 24 autres, emmenés par les anciens Premiers ministres Zenkō Suzuki et Kiichi Miyazawa, annonçant leur volonté de voter contre la censure. Finalement, lors du vote le , Katō et Yamasaki ainsi que 40 partisans de leur fronde (dont 36 de leurs factions respectives, et parmi eux Sadakazu Tanigaki) ne se déplacent pas, choisissant ainsi de ne pas apporter leur voix à la motion (qui est donc rejetée, par 190 voix pour et 237 contre) tout en marquant leur désaccord avec l'équipe gouvernementale. L'échec de cette « rébellion Katō » entraîne l'entrée de ses partisans dans une relative traversée du désert (qui se terminera avec l'arrivée au pouvoir six mois plus tard d'un autre réformateur, Jun'ichirō Koizumi) et la division du Kōchikai en deux factions distinctes : celle de Mitsuo Horiuchi (puis Makoto Koga) réunissant ceux ayant voté contre la censure, plus conservateurs et nationalistes tout en restant modérés, et celle de Katō.