Guillaume Stanislas Marey-Monge, comte de PéluseLe titre de comte de Péluse et le majorat considérable qui y était attaché, lui eussent été transmis par son grand-père dont il était l'aîné des petits-fils., communément appelé Stanislas Marey, né le . () à Nuits (Côte-d'Or) et mort le à Pommard (Côte-d'Or), est un général et homme politique français, grand-croix de la Légion d'honneur.
Officier général ayant joué un rôle important lors de la conquête de l'Algérie, notamment dans l'organisation du corps des spahis, il est plusieurs fois candidat malheureux à la Chambre des députés (Monarchie de Juillet) avant d'être sous le Second Empire.
Il est le petit-fils de Gaspard Monge et l'aîné des sept enfants du conventionnel Nicolas-Joseph Marey, qui meurt en 1818, laissant une fortune considérable à sa famille.
Biographie Jeunesse Stanislas Marey entre à l'École polytechnique en 1814 ; il prend part à la défense de Paris, en 1815, et est licencié avec tous les élèves en 1816.
En 1817, il profite de l'autorisation donnée aux anciens élèves de concourir pour les services publics, et entre, le , comme élève sous-lieutenant à l'École d'application de l'artillerie et du génie (Metz) ; il est le premier de la promotion dans l'artillerie en entrant à cette école, et est encore le premier à sa sortie, le .
Il est placé dans le d'artillerie à cheval, passe lieutenant en premier au d'artillerie à cheval, le , y est promu capitaine adjudant-major, le , et est versé, comme adjudant-major, en 1829, dans le d'artillerie de nouvelle formation.
De 1824 à 1830, Marey présente, sur diverses branches de l'artillerie, un grand nombre de mémoires qui le font connaître dans son arme et lui valent l'amitié de plusieurs généraux distingués, particulièrement de son compatriote le lieutenant-général-comte Gassendi, auteur de l'Aide-Mémoire d'artillerie.
Conquête de l'Algérie vignette|left|Revue des zouaves et des chasseurs algériens (zouaves à cheval) commandés par le capitaine Marey, en août 1831, par François d'Orléans, prince de Joinville et le général Feuchères.|357x357px
En 1830, il est attaché à l'état-major du général de La Hitte, commandant l'artillerie de l', et de Sidi-Ferruch, Staouëli (18 et ), à l'attaque du fort l'Empereur et du fort Babazoun, ainsi qu'à la première expédition de Blida.
Le maréchal Clausel, charge le capitaine Marey-Monge de former deux escadrons de chasseurs algériensAprès la conquête d'Alger est formée, le , une cavalerie indigène, les , est commandée par le chef d'escadron Marey-Monge et le capitaine Joseph Vantini (converti à l'Islam il change son prénom Joseph en Youssouf). Le (ou en 1832 selon les sources), les « chasseurs algériens » sont incorporés dans les deux régiments de chasseurs d'Afrique créés le même jour à l'aide de chasseurs à cheval provenant des trois escadrons débarqués de France en 1830 (issus notamment du Chasseurs) et de volontaires provenant de la cavalerie métropolitaine. ; Source : . Il est promu chef d'escadron provisoire de cavalerie, le .
Il fait partie des expéditions dirigées sur Médéah par le maréchal Clauzel et le général Berthezène, en 1830 et 1831. Dans la dernière, les chasseurs algériens fournissent chez les (ou ) une charge brillante, dans laquelle le commandant Marey pénètre le premier au milieu des ennemis, et abat d'un coup de sabre un de leurs chefs.
Ils prennent une part très active dans les nombreux combats qui suivent; le commandant Marey y est blessé, cité deux fois à l'ordre de l'armée, et fait chevalier de la Légion d'honneur, le (ou plutôt de son sabre de cavalerie).
À la fin de 1831, les chasseurs algériens sont, par suite d'organisation, versés dans le de chasseurs d'Afrique. Dans ce nouveau corps, plusieurs occasions font remarquer le commandant Marey, entre autres le combat de Boufarik, où, le colonel ayant été blessé, a à diriger les charges de 300 de ces braves cavaliers ; 400 arabes sont sabrés et 2 drapeaux sont pris. Le commandant Marey et un autre officier prennent l'un de ceux-ci en fondant les premiers sur l'infanterie ennemie et en sabrant celui qui le porte. Cet étendard est aux Invalides ; un fac-similé de ce monument de la victoire se trouvait à Pommard (Côte-d'Or), chez sa mère ; un autre se trouvait chez lui-même, mêlé à ses trophées et à ses armures.
Marey est cité à l'ordre de l'armée cette même année 1831 pour sa conduite dans l'affaire de l'Ouaza, où il reçoit un coup de feu dans les reins.
Le , il est nommé chef d'escadron au de chasseurs d'Afrique, dans lequel on a incorporé les chasseurs algériens, pour prendre rang du jour de son élévation provisoire au même grade.
Agha et spahis
En 1833, il écrit deux mémoires sur l'Algérie qui lui valent les éloges du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Il y propose notamment plusieurs organisations qui sont réalisées, telles que la formation des spahis réguliers et auxiliaires et l'institution d'aghas français chargés du service concernant les tribus arabes.
Le , il est nommé lieutenant-colonel, et chargé de l'organisation des spahis réguliers et auxiliaires d'Alger.
Grâce à sa connaissance de la langue arabe, il reçoit la même année le commandement politique, militaire et administratif des tribus dépendantes d'Alger, avec le titre d'agha ; position qui le place sous les ordres directs du gouverneur.
Bientôt les spahis réguliers d'Alger présentent un effectif de , et les auxiliaires de 350. Les premiers font un service très actif ; toujours en présence de l'ennemi dans les opérations militaires et pour le maintien de la sûreté des tribus, ils acquièrent, au prix de sacrifices, une haute réputation dans l'armée ; des spahis réguliers sont formés à leur instar, à Oran et à Bône ; l'ensemble s'élève à .
Le lieutenant-colonel Marey, comme commandant les spahis et comme agha, prend une très grande part à presque toutes les opérations militaires de la division d'Alger dans la période de 1834 à 1837 ; il dirige lui-même, un grand nombre d'expéditions, est blessé une seconde fois, le , d'un coup de feu à la poitrine, côté gauche, dans un combat contre les Hadjoutes en 1835, cité huit fois à l'ordre de l'armée, nommé officier de la Légion d'honneur le , et enfin nommé colonel le .
Sur sa demande, il démissionne, le , de ses fonctions d'agha, exercées à partir du , sous les gouvernements généraux de Drouet, comte d'Erlon, Clausel, et Damrémont. Un ordre spécial de l'armée atteste de la reconnaissance de ses mérites et de la conduite exemplaire qui a caractérisé sa gestion.
Retour en France
En 1839, la paix établie en Algérie, le colonel Marey demande à rentrer en France, et est nommé, le , au commandement du de cuirassiers.
Il publie un mémoire remarquable sur les armes blanches, imprimé à Strasbourg, en 1841, chez G.Silbermann, qu'il envoie au ministère avec un grand nombre de modèles, et dans lequel il donne les moyens de reconnaître les qualités et les défauts caractérisant les formes des armes des différents peuples, comme aussi les formes attribuant aux armes les qualités qu'on désire. 200px|vignette|droite|Croix de commandeur de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare. La croix tréflée blanche est celle de l’ordre de Saint-Maurice. La croix verte est celle de l’ordre de Saint-Lazare. Le général Marey-Monge est envoyé, au mois de , au camp des troupes sardes près de Turin pour assister à ses grandes manœuvres, par ordre du maréchal duc de Dalmatie, ministre des Affaires étrangères. Il reçoit, à cette occasion, du roi Charles-Albert, les insignes de commandeur de l'ordre royal des SS. Maurice et Lazare, qu'il est autorisé à accepter et à porter, par décision royale du .
Seconde campagne en Algérie
Quand la guerre reprend en Algérie, il demande à y prendre part ; il obtient, le , le commandement du de chasseurs d'Afrique. C'est le moment le plus actif des opérations militaires dans la division d'Oran où il se trouve. Pendant dix-huit mois, sans discontinuer, il commande la cavalerie des colonnes ; il prend part à de très nombreuses expéditions, est cité honorablement après celle de Mostaganem, à Blida, par le gouverneur.
Il publie un mémoire sur la première expédition de Laghouat, cf. Bard. Ce mémoire est imprimé à Alger, chez Bourget, en 1846. Il est promu général de brigade en récompense de ses services, le , et, en cette qualité, il est mis à la disposition du gouverneur général de l'Algérie. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le de la même année.
Après une courte mission à Tunis, il reçoit le commandement de la subdivision de Médéah, où il succède à au duc d'Aumale. Dans la subdivision de Médéah, qui a de longueur, et comprend les hautes montagnes, il affermit la soumission avec peu de troupes, cf. Bard. Il dirige avec succès, en , une expédition d'un mois dans les montagnes difficiles du Dora, et complète la soumission de la province de Titteri.
C'est lui qui propose l'organisation de corps montés sur des chameau.
Le rôle du général Marey-Monge en Algérie est considérable. Il parle très bien l'arabe, et a su acquérir la confiance des musulmans par la langue, par son équité envers eux, par sa connaissance parfaite de leurs besoins et de leurs mœurs. Ses idées sur l'Algérie ont toutes été remarquables par leur justesse et leurs côtés pratiques, et il rend à la colonie des services comme conciliateur, pacificateur et civilisateur du pays. Il est si estimé des chefs arabes, qu'il obtient d'eux, sans coup férir, par la persuasion, une foule de résultats précieux.
Pendant qu'il commande la subdivision de Médéah, il a, durant l'arrivée de , évêque d'Alger, une occasion d'inaugurer publiquement la religion catholique dans cette région. Le général Marey-Monge est le : il a constitué l'existence politique, fait lever le plan, dresser l'historique, classer les archives stratégiques de cette place, il y exerçe une vaste influence de colonisation. C'est lui qui plante aussi les premières vignes sur les montagnes de Médéah. . Ses essais en viticulture, dans sa subdivision, sont heureux, et l'on récolte par la suite beaucoup de vin blanc surtout, dans la campagne de Médéah.
Il se trouve, en Algérie, des qui lui reprochent de s'être complètement identifié avec les mœurs indigènes.
Deuxième République française
Le , Marey-Monge est nommé général de division, maintenu à la disposition du gouverneur général de l'Algérie, et, le 20 du même mois, devient gouverneur général par intérim. Dans ce poste suprême il éprouve certaines difficultés à cause des troubles qui secouent le territoire, cf. Bard.
Le de la même année, il est appelé à Paris pour y recevoir les ordres du chef du pouvoir exécutif, le général Eugène Cavaignac, aussitôt après avoir remis le commandement à son successeur. Le , il cesse donc les fonctions de gouverneur général intérimaire de l'Algérie.
Rentré en France et mis en disponibilité le , il est mis, le , à la tête de la division de l'armée des Alpes, dont le quartier général est à Dijon. Il profite de son séjour dans la capitale de sa province et de son département pour offrir en au muséum d'histoire naturelle de cette cité dix-sept dépouilles curieuses d'animaux d'Algérie, entre autres une peau de mouflon à manchettes, dont il n'existe alors que deux échantillons en Europe, aux galeries de Londres et de Paris.