Le est un char de combat moyen soviétique entré en service en 1940 au sein de l'Armée rouge.
Descendant des chars rapides « BT », il présentait un remarquable équilibre entre les trois composantes fondamentales qui déterminent un blindé de qualité : la puissance de feu, la protection et la mobilité. Le char joua un rôle essentiel sur le front de l'Est au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce qui en fait l'un des symboles de la victoire contre le nazisme. Devenu légendaire.., le est considéré par beaucoup comme le meilleur blindé des forces alliées et l'un des meilleurs chars de la Seconde Guerre mondiale. Certains généraux allemands, dont Ewald von Kleist et Heinz Guderian (spécialiste de la Blitzkrieg), reconnaissaient la supériorité du face aux panzers. Le premier disait que le était .
Présent en faible nombre sur le front de l'Est lors de l'. en 1941, le blindé souffrit du manque d'entraînement des équipages et de l'inexpérience de l'encadrement de l'Armée rouge, affaiblie par les Grandes Purges staliniennes. Le (doté d'un canon de ) et le colossal KV-1. contribuèrent à ralentir l'avancée nazie et à permettre l'organisation de la défense et le déplacement des usines et de leurs ouvriers par millions vers l'Oural et la Sibérie. Une fois le front stabilisé à l'hiver 1941, le participa aux contre-offensives géantes lancées notamment par le général Gueorgui Joukov..., lors de la bataille de Moscou et de celle de Stalingrad en 1942...
Le joua un rôle déterminant lors de la bataille de Koursk à l'été 1943. Mais il était alors dépassé par les plus récents panzers et ses pertes furent sévères.. L'expérience de la bataille de Koursk conduisit à l'évolution la plus importante et la plus réussie du , lancée à l'automne 1943 : le . Doté d'un canon de , le constitua le fer de lance de l'Armée rouge de l', à l'été 1944, jusqu'à la bataille de Berlin puis, après la chute du , face à l'Armée impériale japonaise, lors de l'offensive de Mandchourie, en . L'économie planifiée socialiste permit à l'URSS de produire près de de 1941 à 1945 malgré l'invasion nazie..... Au total, sortirent des usines du bloc de l'Est de 1940 à 1958, ce qui en fait le second char le plus produit de tous les temps, derrière ses successeurs : les et ..
. Sa capacité d'évolution, alliée à sa facilité de construction et d'entretien, lui permirent d’être disponible en très grand nombre et lui assurèrent son exceptionnelle longévité. Vingt-sept pays l'utilisaient encore en 1996.
Le musée des Blindés de Saumur (France) expose trois chars : un modèle 1941. et deux modèle 1944...
Genèse vignette|360x360px|Les chars récents équipant l'Armée rouge au moment de l'invasion allemande : de gauche à droite, un , le prototype , le modèle 1940 et le modèle 1941. La découverte du , non signalé par les services de renseignement de l'Abwehr, sera une surprise si frappante pour l'état-major allemand que le général Von Kleist le considérera comme « le meilleur char du monde »Basil Henry Liddell Hart, (1951 ). The other side of the hill: Germany's generals, their rise and fall, with their own account of military events, 1939–1945, Londres, Cassell. . ; l'URSS en produisit exemplaires avant la fin de la Grande Guerre patriotique.|alt= Le , l'usine de Kharkov reçut l'ordre de construire un successeur au BT-7. Il en résulta le prototype qui, tout comme les , avait la possibilité de rouler sur chenilles ou sur ses roues, une fois les chenilles ôtées. Les retours d'expérience des tankistes républicains utilisant des lors de la guerre d'Espagne décidèrent les autorités soviétiques à produire un prototype roulant uniquement sur ses chenilles, l'« ». Une version surblindée prit le nom d'« ». Le , le ministre de la Défense soviétique donna son accord pour la production de de l', sous le nom de « ». Mikhaïl Kochkine est considéré comme étant l'ingénieur concepteur du , après avoir déjà fortement contribué au développement des BT.
Description technique L'arrangement général du véhicule est classique, avec le moteur à l'arrière. Tous les côtés de la caisse sont très inclinés par rapport à la verticale. Cette caisse était fabriquée avec des plaques d'acier homogènes soudées entre elles. Le profil bas du en faisait une cible difficile à neutraliser, au contraire du M4 Sherman qui, souffrant d'un profil haut et d'un blindage latéral vertical, était une cible relativement plus facile à détruire.
Le char d'assaut soviétique est de fabrication rustique et solide. Son confort est sommaire, voire spartiate. Sur certains modèles, les tankistes soviétiques devaient parfois changer les vitesses au maillet lorsque les mécanismes étaient récalcitrants. Mais qu'il fasse plus de ou moins de , le démarrait au quart de tour. Ses larges chenilles s'adaptaient parfaitement aux terrains du front de l'Est. Il était à l'aise sur route, autant que dans les conditions de neige et de boue, comme la « raspoutitsa », tant crainte par la Wehrmacht et ses panzers aux chenilles étroites qui s'embourbaient. Les premières versions connurent cependant de graves défauts de fiabilité et la grande majorité fut abandonnée lors de l'invasion allemande en 1941. Il fut constamment amélioré, et ses défauts de jeunesse progressivement corrigés, jusqu'à obtenir un des chars les plus sobres et fiables de la guerre. vignette|Moteur du . Développé à l’usine de locomotives de Kharkov, avec l’aide de l’Institut technique de cette ville, le moteur diesel V-2 devait beaucoup à des conceptions étrangères. L’importance relative de ces emprunts a longtemps été débattue.. Le a d'abord ete considéré comme une adaptation de l'Hispano-Suiza 12Y, dans sa version construite en URSS par Klimov, puis comme un dérivé du moteur diesel . En fait, il était une transformation au cycle diesel du moteur d’avion , un modèle produit sous licence en application d’un contrat passé en 1926. Le moteur Mikulin M39 qui équipait le fameux avion d’assaut Iliouchine étant dérivé du même modèle allemand, ce contrat de cession de licence passé par BMW illustre les risques que comportent les accords de transfert de technologie militaire.
Le toit et le dessous du char sont constitués de plaques épaisses de . L'engin possède une trappe pour l'évacuation d'urgence sous le mitrailleur. Le blindage de caisse des est épais de de face et de sur les côtés et l'arrière. La caisse du est épaisse de de tous côtés. Les modèles 1940 et 1941 sont dotés d'une tourelle épaisse de de tous côtés. La tourelle du modèle 1942 a une épaisseur à de tous côtés. Le modèle STZ, usine de Stalingrad, adopte un blindage frontal de caisse renforcé de . Sur le modèle 1943, le blindage passe à pour la face de la tourelle. Le adopte une grande tourelle de d'épaisseur de face, de sur les côtés et de à l'arrière. Sa caisse reste blindée à de tous côtés.
Le blindage de la caisse du semble relativement faible, avec une épaisseur de seulement . Cependant, les quatre côtés de la caisse sont inclinés, ce qui a pour effet d'augmenter la protection contre les impacts horizontaux. L'avant du est incliné à par rapport à la verticale (ou par rapport à l'horizontale), cet angle double l'épaisseur réelle du blindage face à un projectile de trajectoire horizontale. De , l'épaisseur effective du blindage passe à sous cet angle. Ainsi, le blindage effectif frontal du est très proche de celui du char lourd , doté d'un blindage frontal non incliné d'une épaisseur de . Le blindage latéral de du est incliné de par rapport à la verticale, ce qui lui confère un blindage latéral effectif de . L'inclinaison du blindage fait du un char bien protégé et pourtant rapide. D'un point de vue économique, l'inclinaison du blindage permet d'alléger le char, donc d'économiser des matières premières indispensables à l'industrie de guerre telles que l'acier et le carburant. vignette|redresse=1.3|À l'entrainement sur le front de l'Est, en .|alt=
Cependant, le n'est pas exempt de défauts. Le principal d'entre eux est sa tourelle, qui ne comporte que deux membres d'équipage (un chargeur et un chef de char/canonnier). Ce dernier ne peut à la fois observer le champ de bataille et utiliser le canon principal, contrairement à ses adversaires allemands, qui ont trois hommes en tourelle. De plus, les optiques du char sont de très mauvaise qualité, ce qui rend difficile l'observation du champ de bataille et les radios (surtout les premières générations) ont une portée faible et sont peu fiables. thumb|poste de pilotage d'un T-34-85 La caisse est divisée en quatre compartiments distincts. De l'avant vers l'arrière, on trouve : Le poste de pilotage, situé juste derrière la plaque de blindage inclinée du glacis, avec le pilote à gauche et l'opérateur radio à droite. Le pilote dispose d'une trappe rectangulaire d'assez grande dimension, surmontée de trois épiscopes. Devant son siège, deux cadrans : un tachymètre et un compte-tours. Il dispose de trois pédales (embrayage principal, frein et accélérateur) et de quatre leviers (deux commandant les embrayages latéraux, un frein de stationnement et un changement de vitesse). Il a également accès aux bouteilles du système de démarrage d'urgence du moteur à air comprimé, au tableau électrique du véhicule et au système d'interphonie TPU. L'opérateur radio dispose d'une petite meurtrière en protubérance où est montée sur rotule une mitrailleuse de type DT. À droite de son siège se trouve la radio. Le poste de combat est surmonté par la tourelle qui embarque le canon et sa mitrailleuse coaxiale DT. Le chef de char se trouve à gauche et le pourvoyeur de la pièce à droite. Une grande partie de l'espace disponible dans la tourelle est prise par la culasse du canon et la zone de recul de celui-ci, la plupart des munitions () sont rangées sur le plancher dans des caisses. Neuf obus sont disposés sur les côtés du char (trois perforants à droite et six à fragmentation à gauche), les munitions de mitrailleuse sont disposées sur le côté droit et au sol entre le pilote et le radio. Le char standard embarque de , les modèles sans radio construits au début de la production en ont à la place de la radio, ce qui donne respectivement disponibles. Le toit de la tourelle possède une seule et unique écoutille à l'arrière, servant aux deux hommes de la tourelle. Elle s'ouvre vers l'avant et comporte sur sa gauche un épiscope d'observation. Devant, à gauche, se trouve l'épiscope de visée et à droite est placé le ventilateur d'extraction de fumées sous son dôme blindé. Le compartiment du moteur est séparé par une cloison amovible du compartiment de combat. Le moteur y est monté longitudinalement, encadré par les deux radiateurs et les deux réservoirs avant. Il est surmonté par le filtre à air du type « Pomom ». Le logement de la transmission contient la boîte de vitesses à quatre rapports avant et un arrière, l'embrayage principal à friction couplé à un grand ventilateur et, sur les côtés, deux embrayages latéraux. De plus, il contient les deux réservoirs arrière, avec, au-dessus d'eux, le démarreur électrique ST700. Le générateur délivre , six batteries l'assistent. Deux tensions sont disponibles () pour tous les éléments actionnés électriquement à savoir : le démarreur, le moteur de rotation de la tourelle (à partir de 1944), le ventilateur de celle-ci ainsi que la dynamo de la radio.
Armement vignette|Colonne de T-34-85 de la de chars de la Garde soviétique lors de l'offensive Vistule-Oder, Allemagne 1945.