La Symphonie en mi mineur dite « Chant de la nuit » de Gustav Mahler, est la septième symphonie qu’il a composée de 1904 et 1905.
Selon Henry-Louis de La Grange, elle constitue le point le plus avancé du « modernisme » de Mahler, parmi la trilogie des symphonies instrumentales (avec les et Symphonies). Elle a été la plus tardivement enregistrée en studio, en 1953, et elle a souffert jusque récemment, d'une moindre popularité parmi les symphonies.
Elle comporte cinq mouvements : Langsam (Adagio) — Allegro risoluto, ma non troppo Nachtmusik. Allegro moderato Scherzo. Schattenhaft Nachtmusik. Andante amoroso Rondo-Finale. Tempo I (Allegro ordinario)
Fiche technique Titre : Symphonie Surnom : « Chant de la nuit » Composition : 1904 (les deux nocturnes) et 1905 (pour les trois autres mouvements) Durée : 1 heure 20-25 minutes Création : à PragueFrançois-René Tranchefort (dir), Guide de la musique symphonique, Paris, Fayard, 1986 , Publication : Lauterbach & Kühn, 1910.
Orchestration Instrumentation de la symphonieCordes Premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, harpe, guitare, mandolineBois5 flûtes, 4 hautbois, 5 clarinettes, 4 bassonsCuivres4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, 1 saxhorn barytonPercussionsTimbales, grosse caisse, cloches, cloches de troupeau, 2 glockenspiel, triangle, cymbales frappées et suspendues, tam tam, tambour de basque, caisse claire, Fagots
Histoire Composition Les deux Nachtmusiken ont été composées avant les trois autres mouvements. Alors que Mahler travaillait encore sur sa Sixième Symphonie, il esquissa les deux nocturnes. C'était la première fois qu'il travaillait simultanément sur deux œuvres. Il compléta un an plus tard les trois autres mouvements, composés en quatre semaines.
La Septième commence lugubrement par un si mineur malaisé, et se termine par un rondo éclatant qui finit en ut majeur, tout comme la Cinquième, débutant par une marche funèbre en ut dièse mineur et s'épanouissant dans un rondo final désinvolte et joyeux, s'achevant dans un énergique ré majeur.
Création et réception
L’accueil de la Septième, créée à Prague le sous la direction du compositeur, fut très respectueux, mais peu enthousiaste. Mahler n’est plus accusé de manque de création dans ses œuvres, mais le public est étonné d’entendre autant de banalités d’origine populaire dans une œuvre aussi sérieuse.
Analyse Langsam (Adagio) - Allegro Le premier mouvement est de forme sonate. L’introduction (en si mineur) lente crée un climat mystérieux, grâce à ses accords et son rythme. Après la lenteur de la première partie suit une seconde partie allegro, avec un thème principal basé sur des empilements d'intervalles de quartes. La coda monumentale se termine en majeur (comme le de la Sixième symphonie).
Nachtmusik I Le deuxième mouvement (en ut mineur/majeur) est la première Nachtmusik, notée . Mahler a affirmé avoir composé ce mouvement après avoir entrevu une patrouille évoluant dans un . On retrouve dans ce mouvement l'enchaînement accord majeur-accord mineur.
Scherzo Le troisième mouvement est un Scherzo ; il est noté (). L’atmosphère fantomatique (schattenhaft) est marqué par un déplacement de l’accentuation des rythmes. Alors que les timbales jouent sur le troisième temps (faible), les contrebasses jouent doux sur le premier temps (fort). Ce mouvement est sinistre et grinçant, avec des incantations plaintives de flûtes, des cordes et des cuivres en sourdine à la sonorité acide. Le tout baignant dans la nuance piano, et les ruptures forte des timbales.
Nachtmusik II Le quatrième mouvement est la deuxième Nachtmusik, notée ). Il est caractérisé par la présence de la harpe, de la guitare et de la mandoline. Ce mouvement impressionna Arnold Schönberg qui montre cette influence dans sa Sérénade op. 24 et la Symphonie de chambre (1906).
Adorno proposait de mettre en épigraphe de ce nocturne, le vers suivant de Rilke, extrait du Livre d'images (1899) :
Rondo-Finale Le cinquième et dernier mouvement est titré Rondo-Finale et noté . Après quatre mouvements « nocturnes », le finale passe brutalement à la lumière du jour. Le rondo commence par un thème aux timbales seules en mi mineur : ce battement irrigue tout le morceau en lui donnant un grand dynamisme. Ensuite, le rondo est une sorte de fête sonore avec fanfares de cuivres, marches de cordes, cors, bois avec toujours l'élément moteur des timbales qui passe à tous les pupitres, unique lien entre ses différents tableaux qui se succèdent sans transition. Le refrain finit par accélérer et s'écrase dans un grand accord qui diminue aussitôt.
Mahler enchaîne aussitôt avec une valse viennoise (à 4 temps), écho de La Veuve joyeuse de Franz Lehar. Après le retour partiel du refrain, la valse reprend puis apparaît un pastiche de menuet. Ces deux couplets sont parodiés et alternent avec des fragments de refrain, pendant tout le morceau. Après cette succession de motifs le refrain revient une dernière fois dans une apothéose avec ralentis et cloches. Comme la première fois, après une accélération subite, le rondo s'écrase sur un accord dissonant qui s'éteint en decrescendo jusqu'à ce qu'un accord d'ut majeur termine ce mouvement.
Discographie Il existe plus d'une centaine de versions référencées de la Septième Symphonie depuis le premier enregistrement en 1950 par Hermann Scherchen.
Cette discographie sélective recense des enregistrements considérés comme des références par la critique musicale :
1953 : Hermann Scherchen, Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne, MCA (« 9 de Répertoire »Répertoire des disques compacts ), ( Diapason d'or Diapason (magazine) .); 1966 : Leonard Bernstein, Orchestre philharmonique de New York, CBS/Sony ()The Mahler Symphonies A synoptic survey Tony Duggan musicweb-international.com, (« 9 de Répertoire »Répertoire des disques compacts ); 1976 : Rafael Kubelík, Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise (concert, , Audite 95.476) (« 10 de Répertoire »Christophe Huss, Répertoire des disques compacts mai 2001, .); 1979 : Kirill Kondrachine, Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam (concert, ), Tahra TAH 451 (« 10 de Répertoire »Répertoire des disques compacts), (Diapason d'orDiapason (magazine) ), (4 étoiles du Monde de la musiqueLe Monde de la musique ; (« 5 de Classica »Classica .; 1985 : Leonard Bernstein, Orchestre philharmonique de New York ; DG, 1992 : Bernard Haitink, Orchestre philharmonique de Berlin (, Philips Classics 434 997-2), (« 10 de Répertoire »Christophe Huss, magazine Répertoire des disques compacts avril 1995, .); 1993 : Michael Gielen, Orchestre de la radio de Baden-Baden (19-, Südwestfunk SWF 167 / Hänssler Classics CD93039 / Michael Gielen Edition vol. 6 [Mahler], 17CD SWR Music SWR19042), (« 9 de Répertoire »Christophe Huss, Répertoire des disques compacts février 1994, .); 2019 : Iván Fischer, Orchestre du Festival de Budapest (, SACD Channel Classics CCSSA38019). (« Enregistrement du mois » GramophoneGramophone, avril 2019 .).
Notes et références
Bibliographie — réédition 2007 : .
Liens externes
Page sur la Septième Symphonie sur le site gustavmahler.net, avec discographie et commentaire d'Henry-Louis de La Grange
Catégorie:Symphonie de Gustav Mahler Catégorie:Œuvre musicale composée en 1905