La Lamborghini Diablo est une supercar des années 1990 conçue par le constructeur automobile italien Lamborghini. Commercialisée en janvier 1990, elle succède à la Lamborghini Countach après seize ans de carrière et produits.

Historique

L'étude de la Diablo remonte à 1985, lorsque le constructeur décide de remplacer son modèle phare, la supercar Countach, un des véhicules de sport les plus emblématiques des années 1970-1980. Dessinée par le designer italien Marcello Gandini du Centre de Style Bertone, la Diablo est la seule Lamborghini née sous l'ère Chrysler, devenue société-mère de Lamborghini en 1987. La direction générale de Chrysler fait retoucher « très légèrement » les plans de la carrosserie par le Chrysler Styling Center, ce qui explique que le modèle est resté en gestation pendant presque cinq ans.

Son nom, « Diablo », comme le veut la tradition instaurée par le créateur Ferruccio Lamborghini, fait référence à un taureau. Il est lié à El Diablo (« le Diable » en français), un taureau élevé par le duc de Veragua qui a mené un combat épique face à José Lara Jiménez, dit « El Chicorro », le dans l'arène de Madrid.

Les caractéristiques de la Diablo sont un châssis et une carrosserie en aluminium, un moteur V12 de de cylindrée, , couple de à et une transmission intégrale, le tout pour un poids de à vide. Avec , elle relève le défi de devenir la supercar la plus rapide du monde au début des années 1990, devant la Ferrari F40 et la Porsche 959.

La Lamborghini Diablo a été produite à entre 1990 et 2001.

Versions Diablo (1990-1994) Présentée au mois de à Monaco et au salon de Détroit aux États-Unis, la Diablo est immédiatement commercialisée.

Le dessin originel signé Gandini, jugé un peu trop agressif par le management de Chrysler, est repris par le centre de style du constructeur américain. Au même moment, Gandini se voit proposer le dessin d'une future supercar, la Cizeta-Moroder V16T, produite en Italie puis plus tard en Californie. Gandini, n'appréciant pas que le dessin d'origine de la Diablo soit retouché par Chrysler, décide de l'appliquer à la future Cizeta. La Cizeta V16T est présentée au public en 1988, deux ans avant la Diablo, ce qui a pour effet de précipiter la production de la Lamborghini. .

Le moteur Lamborghini V12 de de cylindrée avec quatre soupapes par cylindre et deux arbres à cames en tête est la dernière évolution de celui utilisé sur la dernière série de Countach. Comme la Countach, c'est une propulsion à moteur en position centrale longitudinale.

Caractéristiques techniques : Nombre de cylindres : 12 en V à 60° Alésage et course : 87 x Cylindrée totale : Taux de compression : 10:1 Puissance maximale : - à Couple : () à .

La Diablo passe de en et atteint la vitesse maximale de .

Les premières Diablo disposent d'un équipement de série réduit au strict nécessaire : radio cassettes avec lecteur CD en option, commande de vitres manuelle, sièges réglables avec contrôle manuel, mais surtout, pour ne pas alourdir la voiture, aucun système ABS sur les freins et pas d'ESP. Sont proposés en option la climatisation, le siège du pilote sur mesure, un aileron arrière, un ensemble de valises et une montre Breguet assortie. Les autres points caractéristiques de la première série sont les rétroviseurs non assortis à la peinture de la carrosserie, le pare-chocs avant sans prise d'air et le tableau de bord de grandes dimensions, placé très haut par rapport au pilote et qui, dans le cas de personnes de petite taille, peut présenter un manque de visibilité.

Diablo Roadster Concept (1992)

Présentée au salon international de l’automobile de Genève en 1992, la Diablo Roadster Concept proposait une version décapotable du célèbre modèle. Pour l’occasion, le toit avait été retiré et remplacé par une visière raccourcie, s’étendant jusqu’aux portières, adoptant ainsi un design « barchetta » (barquette). Afin de compenser l’absence de toit, le châssis a été renforcé, et le véhicule intégrait plusieurs éléments inédits, dont certains furent repris dans les versions ultérieures de la Diablo. Parmi ces innovations figuraient des prises d’air élargies près de l’aileron arrière et sur les flancs pour optimiser le refroidissement du moteur, un rétroviseur intégré à la visière, des arceaux de sécurité derrière les sièges, des jantes assorties à la carrosserie et un capot moteur distinctif doté d’un tunnel central favorisant l’aérodynamisme au-dessus du rétroviseur. Malgré l’absence de toit, les emblématiques portes en élytre avaient été conservées. L’intérieur, quant à lui, bénéficiait d’une ergonomie améliorée et d’une finition bicolore beige exclusive.

Ce concept a suscité un engouement considérable auprès du public et une forte demande de la part des clients. Toutefois, Lamborghini n’ayant pas prévu sa production, le préparateur allemand Koenig Specials, avec l’accord de la marque, a réalisé des répliques pour certains propriétaires. Ces modèles se distinguaient du concept original par des pare-chocs avant et arrière redessinés, ainsi que des roues spécifiques, afin de respecter les droits d’auteur. Ils bénéficiaient également d’un moteur optimisé. Cependant, à la demande de Lamborghini, cette conversion a été interrompue après le lancement officiel de la VT Roadster en 1995.

Diablo VT (1993-1998) et Diablo VT Roadster (1995-1998)

Après trois années d'améliorations constantes du modèle d'origine, en 1993, pour satisfaire les demandes de la clientèle, le constructeur décide de lancer une nouvelle version plus sophistiquée : la Diablo VT (pour « Viscous Traction »). Sur la base de la plate-forme initiale, les ingénieurs de Lamborghini ajoutent un système de transmission intégrale, un nouveau système de freinage à quatre pistons Brembo et une nouvelle suspension gérée par ordinateur à cinq sélections au choix du conducteur, avec des amortisseurs électroniques Koni. Pour augmenter la souplesse de conduite, un nouvel embrayage et servo-frein font leur apparition. L'intérieur est entièrement revu et la planche de bord complètement nouvelle. D'autres modifications mineures sont à signaler comme la climatisation, les rétroviseurs désormais dans la teinte de la carrosserie, l'apparition de prises d'air dans le pare-chocs avant quant à elles, illustrent la transmission intégrale, sous les feux anti-brouillard, et de nouveaux pneumatiques plus étroits à l'avant, des 235/40 ZR18 tandis que le train arrière reste en 335/30 ZR18, plus adaptés à la traction permanente. Le système ABS n'est toujours pas disponible.

Diablo SE 30 (1993)

Pour célébrer le trentième anniversaire de sa création, en 1993, le constructeur de Sant'Agata Bolognese lance un modèle spécial à production limitée.

La Diablo SE 30 Special Edition est conçue pour la piste et équipée d'un moteur V12 poussé à à . La voiture a perdu par l'élimination de la plupart de ses équipements de série, comme la chaîne stéréo et la climatisation ; elle se retrouve également sans isolation phonique. Les sièges sont remplacés par une enveloppe en carbone et les vitrages par du plexiglas. Le système de gestion électronique des suspensions est aussi éliminé et remplacé par un système de contrôle des barres de torsion dont la rigidité peut être facilement réglée par le pilote. Les autres modifications concernent l'aileron arrière, les pare-chocs sportifs, le capot moteur avec les prises d'air incorporées, un nouveau volant sport échancré sur le bas, fait son apparition et les freins à disques voient leurs tailles augmentées.

Sur 150 exemplaires numérotés produits, 28 ont eu un nouveau moteur de installé dont la puissance est portée à grâce à un nouvel échappement spécial course. Ces modèles portent le nom de Jota (« J » en espagnol), en référence à l'appendice J des règles de la FIA qui décrivait les spécifications des voitures de course. La Diablo SE 30 est notamment connue pour sa couleur violette, spécifique à cette édition.

Diablo SV (1995-1998) thumb|Une Diablo SV Coupé. En 1995, un nouveau modèle vient enrichir la gamme Diablo, la Diablo SV (pour « Super Veloce », « super rapide » en français). Cette version à simple propulsion et suspensions mécaniques, est équipée d'une mise à jour du moteur V12 développant une puissance de . Les caractéristiques propres à ce modèle sont les jantes arrière de , les freins voient leurs tailles encore augmentées, l'instrumentation de bord est revue et l'aileron arrière devient réglable. À partir de 1998, les phares avant rétractables sont remplacés par des phares traditionnels sous plexiglas, emprunté à la Nissan 300ZX. La particularité la plus visible de ce modèle reste l'énorme « SV » qui orne le flanc des voitures et qui pouvait être supprimé sur demande à la commandeLe Diablo corps - Sébastien Dupuis, L'Automobile sportive, 19 mai 2012.

En 1998, la société allemande de préparation automobile Auto König commercialise une variante appelée Diablo SVS avec de nouvelles modifications aux suspensions et des freins encore plus puissants. Elle est dotée de deux turbocompresseurs qui portent la puissance à plus de .

Diablo SV Roadster (1998) En 1998, Lamborghini souhaitait enrichir sa gamme de Diablo décapotables en développant une version à propulsion de la Diablo VT Roadster. Ce modèle, baptisé Diablo SV Roadster, associait les performances mécaniques de la Diablo SV à la conception ouverte de la Diablo VT Roadster. Visuellement, la voiture conservait les éléments distinctifs de la SV, notamment son pare-chocs avant caractéristique, ses jupes latérales, son imposant aileron arrière et ses feux arrière repositionnés. Sous le capot, elle affichait la même puissance que le coupé SV, soit 530 ch.

Lamborghini ne construisit qu’un seul prototype avant d’abandonner le projet, principalement en raison des difficultés financières de l’entreprise et du faible intérêt commercial pour cette déclinaison. Cependant, lorsque Emanuele Conforti, distributeur milanais de la marque, apprit l’existence de ce modèle, il sollicita Vittorio di Capua, alors PDG de Lamborghini, pour en commander un exemplaire. Cette demande aboutit à la production d’une seconde unité, achevée le , revêtue de la teinte Giallo Orion (jaune) et arborant les emblématiques autocollants « SV » sur ses flancs. Numérotée WLA12960, cette voiture porta le nombre total d’exemplaires à deux, faisant de la Diablo SV Roadster la Lamborghini de série la plus rare jamais produite.

Diablo VT (1999) - Diablo VT Roadster (1999)

vignette|gauche|220px|Diablo VT Roadster devant le Crillon à Paris, en 2003. vignette|droite|220px|Diablo VT Roadster devant le Crillon à Paris, en 2003.

La seconde série des VT Coupé et VT Roadster est surtout une mise à jour esthétique : le modèle adopte les phares classiques de la Spinto Veloce et des jantes de . L'aménagement intérieur est revu entièrement. La partie mécanique voit l'apparition de l'ABS, le moteur V12 de développe maintenant et dispose de la technologie de soupapes à variateur de phase - VVT - (comme sur les Alfa Romeo depuis la 75) pour améliorer le rendement quel que soit le régime, avec une réduction sensible de la consommation et des rejets polluants. L'accélération s'en retrouve améliorée avec un temps de qui passe sous la barre des quatre secondes.

Lamborghini suspend la fabrication de cette version VT après seulement un an de production.

Diablo SV (1999)

Comme pour les versions VT Coupé et VT Roadster, la Super Veloce seconde série ne reçoit que des retouches esthétiques : phares traditionnels, nouvelles jantes de 18 pouces, freins avec ABS et nouveau moteur de avec technologie VVT.

Comme la VT seconde série, la SV seconde série n'est fabriquée que durant l'année 1999.

Diablo GT (1999)

Si la version Super Veloce est déjà une voiture prête pour la course, la Diablo GT repousse encore ses limites.