thumb|Vue des installations depuis le terril.
Blegny-Mine est un ancien charbonnage situé à Trembleur au nord-est de la ville de Liège, en Belgique (Région wallonne). Il appartenait à la Société anonyme des Charbonnages d'Argenteau.
Sa concession se situait à l'est de Liège et en aval de la ville dans la vallée de la Meuse sous les territoires des anciennes communes dArgenteau, Cheratte, Feneur, Saint-Remy, Trembleur, Mortier et Dalhem, rassemblées dorénavant sur Visé, Blegny et DalhemCarte générale des mines de houille, wallonie.be Carte générale des concessions minières octroyées ou maintenues sur le territoire de la région wallonne depuis 1793 .
La concession se trouvait au nord de celle de la Société anonyme des Charbonnages du Hasard.
Ce charbonnage fut le dernier du bassin liégeois à fermer ses portes. Ses activités commerciales et industrielles cessèrent en 1980 pour laisser place à un espace touristique et culturel.
À sa fermeture, le site minier comprenait deux puits, le puits Marie (. de profondeur) et le puits (. de profondeur), afin d'assurer la mise à fruit du gisement, la circulation des hommes et de la production, sans oublier la ventilation des galeries qui se répartissaient sur (le dernier se situant à de profondeur). À partir de ces galeries, l'exploitation se faisait par la méthode de la « taille chassante » qui consiste à avancer parallèlement à la ligne de la plus grande pente de la veine de charbon. Ces veines pouvaient être exploitées jusqu'à une épaisseur minimum de .
Une visite de la mine est aujourd'hui possible. Des guides anciens mineurs ou des guides professionnels vous mènent à travers une exploration des galeries à -30 et -60 mètres. La descente et la remontée sont opérées par l'ascenseur toujours en fonction du puits . La visite se conclut par la découverte des installations de recette et de triage des charbons.
Le site de Blegny-Mine héberge également le CLADIC (Centre Liégeois d'Archives et de Documentation de l'Industrie Charbonnière), regroupant de la documentation et de nombreux fonds d'archives des charbonnages de la région.
Le site est accessible en transports en commun, depuis l'arrêt Route de Mortier à Trembleur, desservi quotidiennement par le bus 67 Liège - Visé.
L'endroit était associé à un train touristique, Li Trimbleu, dont l'exploitation a cessé après un accident mortel en 1991. Le mot wallon « Trimbleu » ne signifie nullement « train bleu » comme l'imaginent certains touristes. « Trimbleu » est le mot wallon désignant le village de Trembleur.
Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2012 lors de la 36e session du Comité du patrimoine mondial avec trois autres charbonnages de Wallonie comme sites miniers majeurs de WallonieLes sites miniers wallons classés au patrimoine mondial. Il s'agit de l'unique site inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO situé en province de Liège.
Des débuts jusqu'à la fin du vignette|gauche|upright|La tour du puits . vignette|Wagonnets à l'intérieur du triage-lavoir. vignette|Une des galeries visitable de la mine, avec une ancienne motrice diesel. On reconnait notamment cette motrice et ses wagons dans le film Marina de Stijn Coninx, pour lequel la mine a notamment servi de décorsDans la région de Mortier et de Trembleur, les premières traces d’exploitation de houille remonteraient au , sous l'impulsion des moines de l'abbaye du Val-DieuBlegny-Mine - Histoire, bien que le charbon de terre y soit connu depuis bien avant. thumb|right|L'ancien puits Marie. En effet, les terrains houillers du pays de Herve, et de Blegny en particulier, ont la particularité de se trouver à très faible profondeur, voire en affleurement pour certaines veines.
Au début du déjà, l’exploitation houillère au ban de Trembleur semble florissante à connaître le nombre d’actes passés à l’époque mentionnant la présence de houille, dans le cas de dédommagements ou de contrats d’exploitation : on trouve ainsi la trace d’exploitations de houille au lieu-dit Goméfosse, entre Cortils et Trembleur, à la limite du bois de Trembleur, ou à La Waide. De plus, plusieurs familles entrent en relations d’affaire avec l’abbé de Val Dieu afin d’exploiter des veines de houille sur les terres de l’abbayeCLADIC. Archives de la Société anonyme des charbonnages d’Argenteau. ARG-A8-0001. Historique de l’exploitation minière [1615-1973]. Ses moines exploitent d’ailleurs au lieu-dit Leval, sur Saint Remy, dès 1660.
Le monastère s’associe aussi plusieurs fois avec des membres de la famille Defrongteaux.
C'est cependant la famille Corbesier, et plus particulièrement son patriarche Gaspar, qui va développer l'activité houillère de la région et ce, dès la fin du .
Elle exploite depuis deux générations des houillères sur le territoire des communes d’Argenteau, Mortier, Saint-Remy et Trembleur. Cette famille possède également des parts dans plusieurs autres sociétés charbonnières telles que celles de Bonne-Foi-Homvent-Hareng, Cheratte, Housse, Wandre ou Xhendelesse.
À sa mort en 1809, Gaspar laisse cinq enfantsAEL. Archives de la famille Corbesier. : quatre fils et une fille. Trois d’entre eux, Jean, Philippe et Urbain, reprennent une partie de l’héritage paternel dans les houillères de la région et poursuivent l’extraction. Ils introduisent même deux demandes en maintenue et en extension de concessions en 1810 et 1818. Les aléas des successions de régimes retardent l’octroi de celles-ci, nommées "Argenteau" et "Trembleur", qui ne seront finalement accordées qu’en 1848Arrêté Royal du 8 janvier 1848 qui accorde aux sieurs Corbesier maintenue et concession des mines de houille dans les communes d’Argenteau (Moniteur belge du 15 janvier 1848)..
À l’époque, les Corbesier possèdent plusieurs puits de mines, notamment le puits des Trois Frères, sur la commune de Trembleur, le puits Urbain, sans oublier celui de Bouhouille, ces deux derniers étant situés sur Saint-Remy. L’exploitation parait s’y dérouler de manière aléatoire : les puits sont tantôt en activité, tantôt abandonnés, avant d’être à nouveau aménagés et rouverts à l’extraction.
L’exploitation erratique est ainsi mise en exergue par le Corps des mines qui relève aussi des difficultés internes à l’entreprise « Corbesier Frères ». Trop éloignée des voies de communication, affrontant des conditions de gisement difficiles et une abondance des eaux d’infiltration, usant de méthodes d’exploitation discutables, exploitant par un nombre de sièges trop important ce qui nécessite l’emploi d’un personnel trop nombreux, la question de la survie de la société est soulignée par l’ingénieur des mines Auguste Ransy : « nous pensons d’ailleurs que nous sommes bien loin de l’époque où il deviendra nécessaire d’asseoir un grand siège d’exploitation dans la région méridionale non seulement sur Bouhouille mais aussi sur Trembleur. En effet, la localité que nous considérons est dépourvue de grandes voies de communication et ne renferme pas assez de consommateurs pour acheter le charbon qu’il serait nécessaire de tirer au jour pour assurer un bénéfice à l’exploitant. La houillère des Trois frères qui, sous ces rapports, est dans de meilleures conditions, ne parvient même pas à écouler la faible extraction qu’elle produit. Le magasin considérable de houille qui encombre aujourd’hui et depuis longtemps cet établissement en est la preuveAEL. Administration des mines de Belgique. Division de Liège. Ancien fonds. Portefeuille 9/26 : charbonnages de Crahay, Melin, Bouhouille, Cheratte, Housse et Hasard [1809-1876]. Lettre adressée à Monsieur l’ingénieur en chef J. Gernaert sur les mines de Bouhouille par Auguste Ransy. juillet 1848.. »
Cette conclusion pessimiste ne dissuade nullement les frères Corbesier d’entamer le creusement de ce qui deviendra le puits Marie dès le premier semestre 1849AEL. Administration des mines de Belgique. Division de Liège. Ancien fonds. Portefeuille 9/29 : charbonnage de Houlleux, redevances, charbonnages de Trembleur et Cheratte. Rapport adressé à Monsieur l’ingénieur principal. Liège, 30 juin 1849.. Le puits est maçonné et les bâtiments abritant le puits et les machines sont terminés en décembre de la même année. Le Site de soutien à la candidature à l'UNESCO - dossier, ils reçoivent l’autorisation d’installer deux machines à vapeur de 30 et 16 CV avec trois chaudières destinées à l’épuisement des eaux et à l’extraction. La profondeur du puits est portée à et on y monte une première belle-fleur.
Mais dix ans plus tard, le siège Marie n’est toujours pas en activité. En 1863, d’ailleurs, le puits est encore en avaleresse. Cela peut, du moins en partie, s’expliquer par les disparitions successives de Philippe et Jean Corbesier, en 1853 et 1854, et par les difficultés à rassembler les capitaux nécessaires à la continuité des travaux qui en auraient résulté.
Ce n’est qu’en que l’ingénieur Deschamps mentionne finalement l’avancement de deux tailles, à partir du puits Marie, dans la couche Grande Fontaine à -170 mètres. Le puits atteint sa profondeur maximale, , et l’entreprise pense même construire un chemin de fer à la surface pour relier l’axe Liège-Maastricht.
Malheureusement, la mort d’Urbain Corbesier qui survient en 1867 reporte le projet. Gaspard CorbesierAlias Joseph Urbain Gaspard, fils de Philippe Corbesier. prend le contrôle de l’exploitation et tente de relancer l’entreprise familiale. Pourtant, les activités ralentissent avant d’être finalement interrompues. En 1872, la houillère Marie est à l’abandon avant d’être mise en réserve l’année suivante. L’épuisement des eaux s’effectue par un autre puits, probablement le puits de Saint Remy (ou puits Hayoulle), ouvert plus tard, car les pompes du puits Marie sont inactives.
La relance s’engage finalement le Tchorski.morkitu.org, date à laquelle se constitue la Société anonyme des charbonnages d’Argenteau-Trembleur. Bien que l’actionnariat se diversifie, il reste en grande partie dans le giron de la famille Corbesier. Gaspard Corbesier, qui est également bourgmestre d’Argenteau, devient président du Conseil d’administration.
Gaspard Corbesier se dit très confiant dans l’entreprise lorsqu’il conclut son rapport à l’assemblée générale ordinaire du : « nous marchons donc dans les conditions les plus rassurantes. Tout nous donne l’assurance que l’exercice prochain clôturera à notre entière satisfactionAEL. Annexes au Moniteur belge du 19 juillet 1882. Société anonyme des charbonnages d’Argenteau-Trembleur. Assemblée générale ordinaire du 3 juillet 1882.. »
Comme pour confirmer ces propos, on agrandit une nouvelle fois le puits Marie en 1883, afin de pouvoir y installer deux chaudières neuves, un culbuteur ainsi qu’une machine d’extraction de 50 CV et une belle-fleur en provenance du charbonnage de Cheratte, où les travaux ont cessé depuis 1878.
L’année 1883 est aussi marquée par la réunion des deux concessions sous le nom d’Argenteau-Trembleur et par l’établissement de voies ferrées.
Malheureusement, la situation semble plus difficile que jamais : « l’exploitation y est tout à fait insignifiante » lit-on dans un rapport de l'ingénieur Van Scherpenzeel-Thim. La société ne se porte pas bien, même s’il est vrai qu’elle réalise des travaux d’aménagement très importants. En 1885, la démission du directeur, Dieudonné Dupont, entraîne la désignation de Gaspard Corbesier comme administrateur-délégué.
Quelques mois plus tard, le puits Marie est abandonné et, le , la Société anonyme des charbonnages d’Argenteau-Trembleur est mise en liquidation.
Malgré un dernier sursaut en 1891 au cours duquel un ancien administrateur, Charles de Ponthière, rachète l’entreprise et tente vainement de remettre en route une activité viable, toute exploitation cesse à cause des eaux aux alentours de 1896 jusqu'au lendemain de la première guerre mondiale.
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