La gare de Bruxelles-Midi , communément appelée gare du Midi, est une gare ferroviaire belge, située sur le territoire de la commune bruxelloise de Saint-Gilles, à proximité de la ville de Bruxelles et d'Anderlecht. C'est l'une des trois plus importantes gares de cette zone urbaine, avec les gares centrale et du Nord.

Cette gare, qui était un terminus lors de son inauguration en 1869, est devenue une gare de passage depuis l'ouverture de la jonction Nord-Midi en 1952. Aujourd'hui, c'est une grande gare voyageurs de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) desservie par de nombreux trains de relations internationales, nationales, régionales et locales.

Situation ferroviaire Établie à d'altitude, la gare de Bruxelles-Midi est située au point kilométrique (PK) 0,000 des six voies de la ligne 0 Bruxelles-Midi - Bruxelles-Nord (dite aussi jonction Nord-Midi), avant la gare de Bruxelles-Chapelle pour quatre de ces voies (voies 0/3 à 0/6) et la gare de Bruxelles-Central pour les deux autres (voies 0/1 et 0/2).

Elle est également : l'origine au PK 0,000 des lignes : 50A Bruxelles - Ostende, avant la gare de Gand-Saint-Pierre, 96 Bruxelles-Midi - Quévy, avant la gare de Forest-Midi, et 124 Bruxelles-Midi - Charleroi-Central, avant la gare de Forest-Est ; et l'aboutissement, au PK 8,9, de la ligne 28 Schaerbeek - Bruxelles-Midi, après la gare ouverte de Bruxelles-Ouest.

Histoire Gare des Bogards La ligne de chemin de fer du Midi, destinée tout d’abord à relier Bruxelles à Mons puis à la frontière française et au-delà, a été inaugurée le .. Elle appartenait à la Compagnie du Nord - Belge, elle-même détenue par la Compagnie des chemins de fer du Nord.. Son terminus était installé à proximité du centre de la ville, dans un bâtiment en bois construit à l’emplacement de l’ancien cloître du couvent des Bogards, là où se situe aujourd’hui la place Rouppe.

La gare des Bogards prend rapidement le nom de « gare du Midi ». Cette appellation peut s'expliquer par le nom de la ligne desservant la gare, mais aussi parce que les voies pénétraient en ville par la large avenue du Midi (devenue aujourd'hui l'avenue de Stalingrad), mais l'ordre de dénomination des deux infrastructures est indéterminé, ou alors l'origine du nom tient du fait que la gare desservait à son origine principalement le Midi de la France.

Le succès du nouveau mode de transport est immédiat, le réseau de chemin de fer belge s’accroît rapidement et devient le plus dense du continent. Déjà on envisage de relier la gare du Midi à la gare du Nord. Une liaison à voie unique placée à même la rue existait déjà entre les gares des Bogards et de l'Allée Verte, mais sans résultats probants car chaque train devait être précédé par un homme à pied agitant un drapeau rouge. Le projet définitif ne sera réalisé que plus d’un siècle plus tard. Vers 1860, la gare du Midi arrive à saturation et sa situation trop proche du centre commence à poser des problèmes. Il est décidé d’en construire une nouvelle de plus grande dimension, en dehors des boulevards qui forment le pentagone bruxellois, sur le territoire de la commune de Saint-Gilles.

Gare de Bruxelles-Midi La première gare monumentale est inaugurée en 1869. Elle est conçue par l'architecte Auguste Payen (1801-1877). Elle sera le pôle de développement du quartier et restera en fonction jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, époque où est réalisée la jonction Nord-Midi à travers la ville (cette jonction, dont les travaux commencèrent en 1911, est finalement terminée en 1952). Cette première gare se trouvant dans l'axe de la jonction Nord-Midi, elle dut être complètement démolie.

La deuxième gare est inaugurée en 1949 : elle est couverte d’un parement de briques jaunes et lisses (appelées briques de Fouquemberg) et est surmontée d’une tour d’horloge carrée (désormais démolie). Les salles de guichets se trouvent au niveau de la rue, tandis que les voies sont placées en surplomb, au niveau d’un pont en fer forgé qui leur permet de traverser les boulevards et de rester en hauteur jusqu’au niveau de la gare de Bruxelles-Chapelle, à partir de laquelle elles deviennent souterraines.

La plupart des bâtiments actuels, de style moderniste, sont édifiés entre 1939 et 1954 d'après les plans des architectes Adrien et Yvan Blomme et Fernand Petit. Dans les années 1990, la partie arrière, bâtie à front de la place Victor Horta, est démolie. et remplacée par un nouveau terminal dessiné en 1992 par l'architecte Marc De Vreese, pour les trains à grande vitesse des liaisons Paris – Bruxelles – Amsterdam, Paris – Bruxelles – Cologne et Londres – Bruxelles (puis Amsterdam). S'y ajouteront des ICE (trains allemands) faisant terminus à Bruxelles-Midi.

Durant les années 1990 et 2000, le quartier qui environne la gare est profondément transformé. Du côté saint-gillois, des plans d’expropriation en cours à partir de 1992 ont abouti, en 2012, à la création de tours d'immeubles de bureaux constituant un secteur économique tertiaire le long de l'avenue Fonsny, ainsi que d'extensions de la gare le long de la rue de France, les deux artères qui encadrent la gare. Ce pôle d'affaires situé au sud du centre-ville, à deux pas de celui-ci, est destiné, dans l'esprit des pouvoirs publics, à faire pendant au Quartier Nord situé près de la gare du nord, de l'autre côté du centre-ville.

La gare actuelle comporte à quai, dont deux réservées exclusivement aux trains Eurostar vers le Royaume-Uni (zone sous douane).

Avec plus de par jour, elle est l'une des gares les plus fréquentées du pays ; c'est la plus fréquentée en 2014. et la troisième en 2019« Nombre de voyageurs montés par gare en 2019 » , sur belgiantrain.be (consulté le ).. Elle est dans un mouchoir de poche avec Bruxelles-Nord, Bruxelles-Central et Gand-Saint-Pierre ; ces quatre gares ont en effet chacune vu monter entre et en moyenne par jour en .

Le , les EuroCity Vauban et Iris (Bruxelles – Bâle via Namur, Luxembourg, Metz et Strasbourg) sont supprimés, pour être partiellement remplacés le lendemain par des TGV (Bruxelles – Strasbourg via Roissy).

Par ailleurs, une liaison Paris – Creil – Aulnoye-Aymeries – Mons – Bruxelles est lancée le ... ; un arrêt à Saint-Quentin est ajouté le .. Enfin, relance le un service nocturne entre Paris-Nord et Berlin via Bruxelles-Midi..

Fréquentation Ces graphique et tableau montrent le nombre de voyageurs embarquant en moyenne durant la semaine, le samedi et le dimanche..

Nombre de voyageurs qui embarquent en gare Semaine Samedi Dimanche 1998 41 576 11 778 11 493 1999 36 973 11 095 10 830 2000 39 188 11 246 9 476 2001 53 243 20 109 19 016 2002 41 365 13 329 13 055 2003 40 454 13 625 13 438 2004 43 318 14 537 13 118 2005 44 155 15 673 15 764 2006 47 582 15 428 15 348 2007 49 194 15 658 15 592 2008 - - - 2009 45 104 18 103 14 819 2010 - - - 2011 - - - 2012 54 855 17 755 19 422 2013 58 732 20 422 20 284 2014 61 941 24 122 23 485 2015 62 545 19 347 21 453 2016 60 361 23 797 24 358 2017 58 461 26 078 24 079 2018 58 035 21 961 23 837 2019 59 670 23 733 24 534 2020 31 006 17 165 15 038 2021 - - - 2022 50 746 29 056 27 814 2023 58 344 33 469 32 344 2024 58 380 31 871 29 804

Service des voyageurs vignette|Le hall : panneau des départs. Accueil Gare de la SNCB, elle dispose d'un bâtiment voyageurs, avec guichets, ouvert tous les jours. Elle est notamment équipée de consignes pour les bagages et d'automates pour l'achat de titres de transport. Elle dispose d'aménagements, équipements et services pour les personnes à mobilité réduite. Un buffet est installé en gare..

Desserte Internationale vignette|Eurostar à quai. vignette|Thalys et ICE. vignette|Voitures Nightjet, stationnant en gare. La gare est desservie par les liaisons internationales suivantes :

À grande vitesse : Eurostar vers Lille-Europe et Londres (gare de Saint-Pancras), mais également Rotterdam et Amsterdam ; d'autres Eurostar (ex-Thalys) vers : la France : Paris (gare du Nord), l'aéroport Charles-de-Gaulle et Marne-la-Vallée, ainsi que Bourg-Saint-Maurice (« Eurostar Snow », les week-ends en hiver), les Pays-Bas : Rotterdam, Schiphol et Amsterdam, en desservant au passage la ville belge d'Anvers, l'Allemagne : Aix-la-Chapelle, Cologne, Düsseldorf, Duisbourg, Essen et Dortmund, en desservant au passage la ville belge de Liège ; ICE « International » vers Aix-la-Chapelle, Cologne et Francfort-sur-le-Main (gare centrale), en passant par Liège ; TGV inOui vers la France, via Lille-Europe et Roissy CDG : Rennes, Nantes, Strasbourg, Lyon (Part-Dieu ou Perrache), Marseille, Montpellier (Saint-Roch ou Sud-de-France) et Perpignan. Le service est assuré par des rames tricourant de la SNCF.

Autres services : trains de nuit : European Sleeper (ES) vers la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Tchéquie et l'Italie, Nightjet (NJ) vers l'Allemagne et l'Autriche ; EuroCity (EC) : Bruxelles-Midi – Anvers-Central – Rotterdam-Central – Schiphol-Aéroport – Amsterdam-Sud – Lelystad-Centre (EuroCity Direct), Bruxelles-Midi – Bruxelles-Aéroport-Zaventem – Anvers-Central – Rotterdam-Central ; Ouigo Train Classique (OTC) : Bruxelles-Midi – Mons – Aulnoye-Aymeries – Saint-Quentin – Creil – Paris-Nord ; InterCity (IC) : Bruxelles-Midi – Namur – Arlon – Luxembourg.

Par ailleurs, la desserte directe de Lille-Flandres par InterCity n'est plus assurée depuis l'arrivée des trains à grande vitesse. Malgré cela, un trajet Bruxelles – Lille est toujours possible via une correspondance entre IC à Tournai. ou Courtrai.

Nationale Bruxelles-Midi donne accès à la plupart des grandes gares du pays et voit partir plusieurs dessertes omnibus (rebaptisées trains S dans le cadre du projet RER)..

Les dessertes nationales sont assurées par les catégories de trains suivantes : trains InterCity (IC) : trains rapides et directs entre les principales villes belges ; trains S (lignes S1, S2, S3, S6, S8 et S10) : trains suburbains ; trains P : trains existant uniquement aux heures de pointe.

Intermodalité vignette|La gare est connectée au réseau de transports publics de la STIB ; par exemple, le tramway. vignette|Le bus TEC W, ayant remplacé le tram vicinal. Un parc à vélos et un parking (payant) sont aménagés à ses abords.

La gare permet des correspondances avec différents modes de transports en commun.

STIB Métro : la station est desservie par les lignes 2 et 6. Tramway : lignes 4 et 10 (prémétro desservant la station ) ; 51, 81 et 82. Bus : lignes 48, 49, 50, 73 et 78.

Bus De Lijn Lignes R42, R70, R71, 116, 117, 118, 136, 144.

Bus TEC Lignes W, 123 et 365a.

Sécurité La gare de Bruxelles-Midi est devenue un point névralgique du trafic de drogues de la capitale, ce qui pèse lourdement sur son imageKarl De Meyer, « La SNCF belge s'alarme de l'état « dramatique » de la gare de Bruxelles-Midi », lesechos.fr.. En , Sophie Dutordoir, la dirigeante de la SNCB, réclame aux autorités fédérales et régionales de renforcer la sécurité et la propreté autour de la gare. Quelque pénales ont lieu annuellement dans cette gare, soit une dizaine par jour. Cela représente autant d’actes criminels et délictueux dans et aux abords de Bruxelles-Midi que dans toutes les gares des treize centres urbains flamands réunis. Les délits les plus fréquents sont le vol et l’extorsion, suivis par les faits liés à la drogue« Les statistiques interpellantes concernant l’insécurité à la gare du Midi », lalibre.be, .. Pour L'Écho, cette situation n’est pas nouvelle :

Le , la gare a été temporairement évacuée sur ordre de la police fédérale belge. La raison de cette évacuation était une alerte à la bombe, qui s'est révélée être une fausse alerte. Plusieurs centaines de voyageurs ont dû quitter les lieux, et le trafic ferroviaire a été momentanément interrompu. Des équipes de la zone de police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) étaient également présentes sur place pour assurer la sécurité..