Wassy est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

Elle est connue principalement pour être le lieu du massacre de Wassy, en 1562, qui marqua le départ des guerres de Religion en France.

Géographie Localisation

Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Blaise, la Vivoire, l'ancienne rigole d'alimentation du Réservoir Leschères, le Fossé 01 de l'Étang de la Boulaye, la Maronne, le canal de Saint-Dizier à Wassy (canal désaffecté), le canal des Moulins, le cours d'eau 01 de la Fontaine au Bois, le cours d'eau 01 du Milanais, le Fossé 01 de la Taille des Boulangers, le Fossé 01 des Paradis, le Fossé 01 du Champ Lasseau, le Fossé 01 du Rond Fossé, le Fossé 06 de la commune de Wassy, le Fossé 08 de la commune de Wassy, la Fosse 15 de la commune de Louvemont, la Blaise, la rigole d'Alimentation les Leschères, le ru Merdan, le ruisseau de la Voie des Pres, le ruisseau des Fabriques et divers autres petits cours d'eau..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de WassyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

La Blaise, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Gillancourt et se jette dans la Marne à Isle-sur-Marne, après avoir traversé , au nord du lac du Der (dans l’Antiquité, la Blaise allait, parallèle à la Marne, jusque Châlons-en-Champagne). Les caractéristiques hydrologiques de la Blaise sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:00 TU à partir des 406 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/11/1987 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .. vignette|centre|Maisons au bord de la Blaise. La Vivoire, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Voire à Sommevoire, après avoir traversé .

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le réservoir des Leschères ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chevillon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Wassy est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de WassyUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Wassy comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dizier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (62,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (62,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (58,6 %), terres arables (21 %), prairies (6,5 %), zones agricoles hétérogènes (4,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,9 %), zones urbanisées (3,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Finis Vuaseacinsis (662) ; Vitalis, prepositus Gaissiae (1141) ; « Ecclesia Sancte Marie de villa que Vuasciacus dicitur » (1066-1080) ; Waseium (1171) ; Waissi (vers 1172) ; Gaiseium (1177) ; Waissei (vers 1200) ; Waiseium, Wassi (vers 1201) ; Wascheium (1214) ; Waxeium (1235) ; Waixeium (1238) ; Waiseium, Waisseum (1242) ; Wassiacum (1242-1253) ; Waissium (1263) ; Wassey (1264) ; Waissy (1274) ; Vaissy (1276-78) ; Vaiseium (1289) ; Woixeyum (1292) ; Waissey (1301) ; Wayssei (1338) ; Voissey (1360) ; Wasy (1376) ; Vuaissy (1382) ; Wassy (1385) ; Woissy (1403) ; Waissi (1498) ; Vuassy (1570) ; Vuassey (1580) ; Vassy (1656) ; Vassy sur Blaise (1858) ; Wassy-sur-Blaise (1882)..

Histoire Antiquité Wassy est cité pour la première fois dans une charte du pour la fondation de l'abbaye de Montier-en-Der et est tout d'abord d'une villa romaine, incluse dans le pagus Pertensis. Comme le reste de cette région, elle a surement été ravagée lors des invasions barbares.

Selon la tradition orale, Wassy devient une ville importante lors de l'occupation romaine. Elle aurait été incendiée et pillée par les légions romaines de l'empereur Caracalla..

Wassy aurait à nouveau été détruite par Attila avant ou après sa défaite à la bataille des champs Catalauniques.

Moyen Âge vignette|droite|Le château de Wassy. En 1027, le premier seigneur de Joinville, Étienne de Vaux, s'empare de l'église de Wassy et du prieuré. Il faut alors l'intervention du pape en 1053 qui menace le fils et successeur de celui-ci, , d'excommunication pour qu'il se rende auprès de l'évêque de Châlons , alors à Thonnance-lès-Joinville, pour qu'il la restitue.

Dès 1090, la seigneurie de Wassy appartient aux comtes de Champagne et provenait très probablement de l'héritage de Simon de Vexin au même titre que Vitry-en-Perthois ou Bar-sur-Aube.. Elle est située en limite de leur comté, face au duché de Lorraine C'est alors une place stratégique pour ces comtes afin de surveiller leur frontière orientale. Ceux-ci semblent s'implanter de manière solide dans le bourg dans la première moitié du . L'intérêt de cette localité est double, car également propice pour l'exploitation du minerai de fer, et les comtes en profitent pour faire preuve de libéralité. Ainsi en 1156 donne une forge située dans la forêt de Wassy à l'Abbaye de La Crête, puis l'année suivante une autre située dans le bourg à l'abbaye de Clairvaux, ainsi qu'en 1158 où il offre un emplacement dans le bourg pour les forgerons de l'abbaye d'Igny avec l'autorisation d'extraire des minerais, en enfin en 1171 lorsqu'il cède une forge à l'abbaye de Trois-Fontaines avec le droit d'usage de sa mine..

Une prévôté est créée à Wassy au , comprenant un grand nombres de villages aux alentours, ce qui accroit l'importance de la ville. C'est à cette époque qu'est fondé l'hôtel-Dieu Saint Jean-Baptiste ainsi que la château de Wassy.

Wassy et la Champagne sont réunies au domaine royal à la suite du mariage le entre Jeanne de Navarre, héritière du comté de Champagne, et du roi de France Philippe le Bel.

Château et fortifications Au , une prévôté est créée à Wassy par les comtes de Champagne et comprend une partie de l'ancien Perthois, appelée depuis le Vallage, et c'est à cette période que le bourg se fortifie et qu'est construit le château de Wassy.

Le premier châtelain est Geoffoi, qui est cité comme chevalier de Wassy dans un document de 1211 et qui vivait encore en 1231. Son successeur semble avoir été Jean de Wassy, cité en 1241.

Prieuré Notre-Dame vignette|droite|L'église Notre-Dame de Wassy. Le prieuré Notre-Dame de Wassy est fondé en 672 lorsque le roi donne des terres à Saint Berchaire, fondateur et premier abbé de l'abbaye de Montier-en-Der. Celui-ci y fait bâtir un prieuré sous le vocable de Notre-Dame et respectant la règle de saint Benoît. La fondation de cette église, à la fois priorale et paroissiale, est sans doute à l'origine du développement de la ville.

En 1027, les moines sont chassés par Étienne de Vaux, premier seigneur de Joinville, qui usurpe leurs droits. Menacé d'excommunication par le pape, son fils restitue ces biens en 1053.

Dès l'an 1600, le prieuré est ruiné par les guerres de religion avant d'être cédé en 1625 aux Jésuites de Reims qui le transmettent plus tard à leur homologues de Châlons-en-Champagne.

Prieuré Notre-Dame des Ermites Le prieuré Notre-Dame des Ermites de Wassy, également appelé prieuré Saint Éloi, est fondé en 1216 lorsqu'un pieu ermite du nom de Drogon, qui vivait retiré dans le forêt à au sud-ouest de Wassy, se voit confier la mission par la comtesse régente Blanche de Navarre de fonder un monastère sous la filiation de l'ordre des Écoliers du Christ, avec le droit de défricher de terrain pour s'y établir. Ce prieuré devient la quatrième fille du Val-des-Écoliers et Drogon en devient le premier prieur.

Il est dévasté à plusieurs reprises pendant la guerre de Cent Ans puis durant les guerres de religion. Les moines sont alors obligés de se réfugier à Wassy, dans une chapelle dite du Saint Rosaire fondée à droite de l'église paroissiale.

Hôtel-Dieu Saint Jean-Baptiste, dit du Donjon L'hôtel-Dieu de Wassy également appelé hôpital du Donjon ou encore du Dom-Jean est dédié à Saint Jean-Baptiste. Mentionné dans des chartes de 1223, 1224 et 1225, il a donc très probablement été fondé au début du .