Albert Soboul, né le à Ammi Moussa (près de Mostaganem, Algérie) et mort le à Nîmes, est un historien français, spécialiste de la Révolution française et de Napoléon.

Biographie Contexte familial Albert Soboul est issu d'une famille modeste originaire de l'Ardèche. Son milieu social est composé de paysans, artisans et ouvriers.

Son grand-père, Pierre Marie Soboul, est ouvrier en soie. Il épouse le , Lucie Marie Dérocles, à Uzer.. De leur union naissent sept enfants dont Marie Soboul, enseignante et résistante. En 1881, il est moulinier à LyonMoulinier : ouvrier qui mouline la soie.. En 1884, il est contremaître dans une nouvelle filature de soie à Montréal. Pierre et Lucie Soboul viennent ensuite habiter Largentière, puis le lieu-dit La Croisette d'Uzer, où ils achètent un café-restaurant.

Son père, Lucien Soboul, né le à Lyon dans le . est menuisier et s'installe en 1908 en Algérie pour exploiter des terres.. La politique du gouvernement d'alors est de promouvoir l'implantation de colons en Afrique du Nord. Lucien Soboul rentre au pays pour y prendre femme et rencontre Marie Antoinette Meillan, née le à MarseilleArchives municipales : État civil de Marseille - acte de naissance - Archives municipales de Marseille. 10 rue Clovis Hugues 13003 Marseille. Ils se marient le . à Saint-Andéol-de-Bourlenc en Ardèche. Lors de la cérémonie, Marie Meillan déclare qu'elle n'a Archives municipales de Saint-Andéol-de-Vals. Le Village 07600 Saint-Andéol-de-Vals. Elle est la fille naturelle de Séraphie Marie Meillan, domestique. Le jeune couple part en Algérie, où naissent à Ammi Moussa, leur fille Gisèle en et leur fils, Albert, le .

Lors de la Première Guerre mondiale, Lucien Soboul est mobilisé et incorpore le de marche de zouaves, avec le grade de sergent. Il est tué à l'ennemi sur le front d'Arras, le . à Écurie dans le Pas-de-Calais, lors de l'offensive allemande. Déclaré mort pour la France, Lucien Soboul venait juste d'avoir trente-trois ans. et laisse une veuve et deux orphelinsChemins de Mémoire : ..

Jeunesse et formation Albert Soboul devient pupille de la Nation et, à ce titre, boursier de la République. Lui et sa sœur aînée Gisèle demeurent toujours en Algérie avec leur mère. Marie Meillan vend le domaine agricole en 1919 et s'installe à Alger, dans le quartier de Belcourt, où elle épouse en secondes noces, le , Victor Gabriel Repiquet., originaire de la Côte-d'Or. Mais la mère d'Albert Soboul est atteinte de phtisie pulmonaire et décide, pour se soigner, de revenir en France au mois de .

La famille doit aller en Ardèche. Ils arrivent à Marseille, puis à Nîmes, où réside la tante d'Albert, Marie Soboul, professeur à l'École normale d'institutrices du Gard depuis 1909 et directrice de cet établissement en 1926. Marie Meillan reste quelques jours, avant de se rendre à Saint-Andéol-de-Bourlenc. Déjà très malade, elle meurt dans cette commune le , à l'âge de trente-deux ansArchives municipales : État civil - acte de décès - Mairie de Saint-Andéol-de-Vals. Le Village 07600 Saint-Andéol-de-Vals. Ses deux enfants sont élevés par leur tante, Marie Soboul. Elle joue un rôle important dans la formation scolaire de son neveu Albert et l'engage dans la voie d'études classiques et brillantes.

Il reçoit une solide éducation au lycée Alphonse Daudet à Nîmes, de 1923 à 1931. Albert Soboul entre au lycée Joffre à Montpellier en 1931, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris en 1932, avant de rejoindre la Sorbonne en 1935.

Sous les pseudonymes de Jules Leverrier et de Pierre DéroclesDérocles : nom de famille de sa grand-mère paternelle., il publie en 1937 aux Éditions sociales internationales, un ouvrage consacré à Saint-Just.

Albert Soboul est admis à l'agrégation d’histoire et de géographie, le dix-neuvième, au mois de ...

Engagement Il s'engage dans le communisme à 19 ans, en 1933Albert Soboul restera membre du Parti communiste français jusqu’à sa mort, tout en étant, selon Claude Mazauric, (L'Humanité, 6 juin 2005)., participe aux luttes politiques au moment du Front populaire et rejoint les intellectuels du Parti communiste français en 1939, lors du de la Révolution française.

Il est mobilisé la même année au mois de septembre, à la suite de la déclaration de guerre avec l'Allemagne nazie. Il sert dans l'artillerie hippomobile, sans jamais voir le combat, jusqu'à sa démobilisation en 1940. Professeur d'histoire au lycée de Montpellier, Albert Soboul organise une manifestation étudiante et y prend part, le . Arrêté, il est révoqué par l'administration de Vichy le . De janvier à , il se réfugie dans le Maquis du Vercors à Villard-de-Lans. Grâce à Georges-Henri Rivière, Albert Soboul est missionné par le Musée national des arts et traditions populaires en tant qu'ethnographe de 1943 à 1944Weber (Florence), "Le folklore, l'histoire et l'État en France (1937-1945)", Revue de synthèse, 121, juillet 2000, ., il enquête dans toute la France sur l'habitation rurale. Les possibilités de déplacement offertes par son statut de chercheur facilitent son action dans la Résistance.

Historien de la Révolution française Après la Libération, en 1944, Albert Soboul retrouve son poste de professeur au lycée de Montpellier, avant d'être nommé au lycée Marcelin-Berthelot, puis au lycée Henri-IV. Il se lie d'amitié avec l'éminent historien Georges Lefebvre et prépare sous sa direction, sa soutenance de thèse : Les sans-culottes parisiens en l’an II. Mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire, -9 thermidor an II. Sa thèse de doctorat d'État ès-lettres le , est un monument d'érudition peu contesté. En 1959, il devient coprésident de la Société des études robespierristes et secrétaire général des Annales historiques de la Révolution française. Albert Soboul est nommé à l'université de Clermont-Ferrand, puis accède le , à la chaire d'Histoire de la Révolution française à la Sorbonne et devient directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française. Le professeur Albert Soboul multiplie les voyages à l'étranger et contribue à des missions universitaires, congrès, conférences et colloques. Les principaux congrès internationaux des sciences historiques auxquels Albert Soboul participe, sont : Stockholm en 1960, Vienne en 1965, Moscou en 1970, San Francisco en 1975 et Bucarest en 1980.

Si Albert Soboul est considéré comme l'une des figures les plus importantes du courant historiographique d'inspiration marxiste de la Révolution française, son œuvre ne doit pas pour autant se laisser enfermer dans cette catégorie et encore moins stigmatiser l'historienLire à ce propos : . Il est nécessaire de rappeler qu'Citation extraite de l'Encyclopædia Universalis, de Jean-Paul Bertaud, professeur d'histoire moderne à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne : ..

Au cours des années 1970, Albert Soboul doit faire face à l'opposition de l'école conservatrice qu'il nomme révisionniste., autour de François Furet et de son beau-frère Denis Richet ou des anglo-saxons comme William Doyle. La polémique autour de la Révolution française est analysée par l'historien Marc Bordeleau. :

Albert Soboul est l'historien par excellence des mouvements populaires, spécialiste des Sans-culottes de l'An II, il publie ensuite de nombreux travaux historiques, dont le Précis d'histoire de la Révolution française ou La Civilisation et la Révolution française en trois volumes. Ses ouvrages sont marqués par une recherche substantielle et un style clair. Son œuvre s'est révélée, en France et à l'étranger, comme la contribution majeure à l'étude de la Révolution française et de l'Histoire sociale. Le , il est élu président du conseil scientifique du musée de la Révolution française de Vizille.

L’Académie française lui décerne le prix Dumas-Millier en 1972 pour les Œuvres complètes de Jean Meslier, en collaboration avec Jean Deprun et Roland Desné.

Au mois de , Albert Soboul revient épuisé d'un colloque à Ottawa au Canada. Victime de plusieurs infarctus, il négligeait les prescriptions médicales. Albert Soboul part pour la Grèce en août, pays qu'il affectionne tout particulièrement. Ce nouveau voyage au vu de son état de santé, s'avère exténuant et à son retour, il est hospitalisé. Emmené à son domicile de Nîmes, Albert Soboul meurt le , à l'âge de soixante-huit ans.

Albert Soboul est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division), non loin du mur des Fédérés, où les derniers défenseurs de la Commune de Paris ont été fusillés le .

Postérité Témoignage Raymond Bloch, directeur à l'École pratique des hautes études, dans la préface du dernier ouvrage d'Albert Soboul consacré à « La France Napoléonienne », lui rend un vibrant hommage. et apporte un précieux témoignage :

Odonymie Des villes honorent la mémoire d'Albert Soboul, en donnant son nom à des rues comme à Nîmes, Montpellier, Villard-de-Lans, Les Mureaux, Avrillé, Louvigny, Conques-sur-Orbiel.

Le Centre de documentation et la bibliothèque du musée de la Révolution française dans le domaine de Vizille, portent le nom d'Albert Soboul depuis le .

Publications vignette|droite|Sans-culotte, Tableau par Louis Léopold Boilly

Les publications sont classées selon l'année de première parution.

L'Armée nationale sous la Révolution, 1789-1794, Éditions France d'abord, 1945. La Révolution française, 1789-1799, Éditions sociales, 1948. , , . Histoire de la Révolution française, 2 tomes, Éditions sociales, 1962. La Révolution française, PUF, coll. Que sais-je ?, 1965, 126 p (réédité PUF, coll. Quadrige, 2005, 121 p. ).

La Première République : 1792-1804, Paris, Calmann-Lévy, 1968, 365 p.

1789, l'an un de la liberté, Éditions sociales, 1973, 351 p. Le Premier Empire, PUF, coll. Que sais-je ?, 1973, 126 p.

.

Problèmes paysans de la Révolution (1789-1848), Paris, Maspero, 1976,442 p., réédité chez le même éditeur en 1983. Portraits de révolutionnaires, Messidor, 1986, 312 p.

La Maison rurale française, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques, 1995, 171 p.

Bibliographie

. .

. .

. . .

Voir aussi Articles connexes Historiographie de la Révolution française Annales historiques de la Révolution française Institut d'histoire de la Révolution française

Liens externes

Sources primaires Département de Paris :Société des études robespierristes - 17 rue de la Sorbonne 75321 Paris cedex 05 Département de l'Ardèche :Archives départementales de l'Ardèche : archives de l'état civil. Place André Malraux 07000 PrivasMairie de Montréal : archives municipales. Le Village 07110 MontréalMairie de Saint-Andéol-de-Vals : archives municipales. Le Village 07600 Saint-Andéol-de-Vals Département de l'Isère :Domaine de Vizille : musée de la Révolution française. Centre de documentation Albert Soboul. Place du Château, boîte postale 1753 - 38220 Vizille Département du Rhône :Archives municipales de Lyon : archives de l'état civil. 1 place des Archives 69002 Lyon

Notices et ressources

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Naissance en avril 1914 Catégorie:Naissance en Algérie française Catégorie:Étudiant de l'université de Paris Catégorie:Historien français du XXe siècle Catégorie:Historien moderniste français Catégorie:Historien de la Révolution française Catégorie:Enseignant à la Sorbonne Catégorie:Enseignant à l'université de Clermont-Ferrand Catégorie:Agrégé d'histoire Catégorie:Élève du lycée Alphonse-Daudet Catégorie:Maximilien de Robespierre Catégorie:Personnalité du Parti communiste français Catégorie:Résistant français Catégorie:Membre de l'Académie des sciences de la RDA Catégorie:Lauréat du prix de l'Union rationaliste Catégorie:Auteur publié par les éditions Arthaud Catégorie:Auteur publié par les Presses universitaires de France Catégorie:Décès en septembre 1982 Catégorie:Décès à 68 ans Catégorie:Décès à Nîmes Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 97)