vignette|Habit de cérémonie des Cent-Suisses au .

Les Cent-Suisses sont une compagnie d'infanterie d'élite composée de mercenaires suisses au service du roi de France de 1471 à 1792 et de 1814 à 1830. Par analogie on parle également de Cent-Suisses pour désigner d'autres corps de mercenaires suisses.

Histoire Cette unité militaire est instituée en 1471 par Louis XICharles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de biographie, t. 1, Ch. Delagrave, 1876, . et portait alors la hallebarde. À l'origine, cette compagnie comprenait cent hommes, tous de nationalité suisse, sélectionnés pour leur grande taille. Lorsque les armes de l'époque évoluèrent, avec notamment l'apparition des armes à feu, ses membres furent divisés entre piquiers et arquebusiersIbid...

Lorsque les mercenaires suisses apprennent que le roi Charles VIII prépare une expédition contre Naples, ils se précipitent en masse pour être recrutés. À la fin de l'année 1494, ils sont présents par milliers à Rome, de passage, avec l'armée française qui occupera Naples au mois de février suivant. En 1495, le roi a sa vie sauvée grâce à la fermeté inébranlable de ses fantassins suissesLa Sabretache, La maison du roi sous la Régence, J.F. Lyot, .. Charles VIII a l'ambition d'avoir une garde nombreuse, mais malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l’or fin, les Cent-Suisses sont surtout là pour gagner les batailles. Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers, se servent de mousquetons et montent, protègent le roi et la famille royaleDictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des…, par William Duckett, ..

Louis de Menthon en est le premier commandant en 1496, avec le titre de capitaine surintendantRodolphe de Castella de Delley, I. Les colonels généraux des suisses et grisons. II. Les Cent-Suisses de la garde du Roi (1481-1792) devenus gardes à pied ordinaires du corps du Roi (1814-1830), et Général Michel Hanotaux, Fastes militaires, la compagnie des Cent-Suisses de la garde ordinaire du corps du roy.. Il faisait partie de la maison militaire du roi.

Le corps est supprimé le par l'Assemblée nationale ., rétabli au printemps 1814 avec le reste de la Maison du Roi par Louis XVIII ., maintenu à la Seconde Restauration en 1815 . et subsiste jusqu'en 1830, licencié en juillet .

Les Cent-Suisses servirent de modèle à la création en 1579 d'une unité comparable au service de la Savoie puis du royaume de Piémont-Sardaigne, dissoute en 1798. On trouvait encore des Cent-Suisses en Toscane, en Autriche (1745), ou en Brandebourg (1696-1713). La Garde suisse pontificale, créée en 1506, fait partie de cette tradition.

Devise La devise inscrite sur la croix blanche est : Ea est fiducia gentis (« Telle est la fidélité de cette Nation »).

Organisation

La garde était commandée par un capitaine suisse avec deux lieutenants sous ses ordres (un Suisse et un Français). Lors du sacre, le capitaine et ses officiers étaient vêtus de satin blanc avec de la toile d'argent dans les entaillures, les soldats portaient des casques de velours. La milice jouissait des mêmes privilèges que les sujets nés dans le royaume, dont l'exemption d'imposition pour le garde et sa famille, même en cas de décèsEncyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Diderot, d'Alembert, 1751-1772.. Ils avaient le droit d'être jugés selon la jurisprudence de leur pays d'origine et la Maison du Roi comportait donc un tribunal des Cent-Suisses..

Lors des parades, la milice avec se présentait comme suit : le capitaine les deux lieutenants le premier sergent quatre trabans (hallebardiers) pour la défense du capitaine les caporaux les anspessades (grade inférieur au caporal) les tambours les mousquetaires deux trabans pour la défense de l'enseigne deux tambours l'enseigne les piquiers les mousquetaires de la seconde marche les sous-lieutenants à la fin de la compagnie des sergents sur les côtés

Colonels généraux des Cent-Suisses et Grisons

15??-1571 : Claude de Clermont, baron de Dampierre, gouverneur d'Ardres 1568-1596 : Henri de Montmorency, maréchal de France 1596-1605 : Nicolas de Harlay sieur de Sancy, surintendant des finances 1605-1614 : Henri II de Rohan 1614-1632 : François de Bassompierre, maréchal de France 1632-1642 : César du Cambout (1613-1641), marquis de Coislin, comte de Crécy, neveu de Richelieu, père de Pierre IV du Cambout de Coislin 1642-1643 : Edme de La Châtre († 1645), comte de Nançay 1643-1647 : François de Bassompierre, maréchal de France 1647-1656 : Charles de Schomberg, maréchal de France 1657-1673 : Eugène-Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons 1674-1710 : Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine 1710-1755 : Louis Auguste de Bourbon (1700-1755), prince de Dombes 1755-1762 : Louis Charles de Bourbon (1701-1775), comte d'Eu 1762-1771 : Étienne François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul 1771-1790 : Charles, comte d'Artois, frère du roi Louis XVI

Capitaines Les capitaines étaient les commandants effectifs du corps : 1655-1688 : François-René Crespin du Bec, marquis de Vardes 1688-1692 : Jean-Baptiste de Cassagnet, marquis de Tilladet 1692-1716 : Michel-François Le Tellier, marquis de Courtanvaux 1716-1719 : François-Macé Le Tellier, marquis de Louvois 1719-1754 : François-César Le Tellier, marquis de Courtenvaux 1754-1764 : Charles-François-César Le Tellier, marquis de Montmirail 1764-1792 : Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac 1792-1814 : Corps supprimé 1814-1830 : Casimir de Rochechouart de Mortemart, duc de Mortemart

Médecins

v.1730-1751 - Jacques Bouez de CigogneMinutier centrale, archives nationales de France.Étude de Bougainville cote: LXVIII/442, renonciation de succession par Claude Rinquenette de la Frette, son épouse décédée 1772-1792 : André-Pierre Pinson (1746-1828), chirurgien.

Privilèges, et autres droits

Exemption des droits de gros huitième pour treize privilégiés de la compagnie.

Hommage

Depuis 1819, il est fait mémoire de cette institution dans l'organisation de la Fête des Vignerons de Vevey. Une troupe de figurants costumés en « Anciens-Suisses » (1819), en référence aux premiers soldats confédérés, puis en « Cent-Suisses » (dès 1865.) en référence aux soldats du service étranger, est intégrée à chaque édition de cette manifestation, inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO et qui n'a lieu qu'une fois par génération. Pour la célébration de 2019 le concepteur de la fête, Daniele Finzi Pasca a imaginé une troupe complémentaire les « Cent pour Cent » formée de cent hommes et cent femmes, équipés du même type d'uniforme, mais sans armes.

Il existe une Marche des Cent-Suisses composée par Charles-Henri Bovet (1943-1992).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie .

Articles connexes Mercenaires suisses Bandes suisses Garde suisse Gardes suisses (France) Garde suisse pontificale Drapeaux et uniformes des régiments étrangers au service de l'Ancien Régime

Liens externes

lescentsuisses.ch helvetiquecenter.com tellmuseum.com geneve.ch/grandconseil/data/texte/M02012.pdf

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