LOrganisation internationale de police criminelle (OIPC), communément abrégée Interpol, est une organisation internationale créée le dans le but de promouvoir la coopération policière internationale. Son siège est situé à Lyon.
Interpol est connue pour délivrer, entre autres, des notices rouges, documents d'alerte qui une fois publiés permettent d'assurer la traque planétaire de criminels recherchés dans le monde. Ces documents qui contiennent des éléments d'identification et des éléments juridiques sur les individus recherchés sont diffusés à travers 196 pays membres. Ils facilitent grandement le travail des polices nationales en leur permettant d'identifier, de localiser et d'arrêter des individus recherchés sur la base de n'importe quel contrôle à des fins d'extraditionLe système des notices internationales , fiche pratique COM/FS/2012-02/GI-02, interpol.int.
Sa devise est : , et sa mission est de .
Depuis 2024, son secrétaire général est le Brésilien Valdecy Urquiza, et son président est le Français Lucas Philippe, en fonction depuis 2025.
Historique Les prémices de la création d'Interpol datent du début du . Cette idée de police internationale avait été émise par Edmond Locard, grand professeur de médecine légale, qui fonda à Lyon (sa ville) en 1910 le premier laboratoire de police scientifique au monde. Celui-ci se trouvait en 1905 au Congrès d’anthropologie criminelle, à Turin. Parmi les personnages importants qui s'y trouvent, il y rencontre le criminologue français Alphonse Bertillon, le professeur italien de médecine légale et psychiatre Cesare Lombroso, ainsi que le criminologue et photographe suisse Rodolphe Archibald Reiss. En voyant tout ce monde Edmond Locard se rend compte que pour lutter contre le crime international il faut user d'une police internationale..
L'idée se poursuit en 1914 lors du premier Congrès international de police criminelle : des officiers de police, juristes et magistrats de 14 pays se réunissent à Monaco à l'initiative du prince Albert pour discuter des procédures d'arrestation et d'extradition, techniques d'identification et centralisation des fichiers. La Première Guerre mondiale suspend cette initiative.
L'organisation est créée le lors du deuxième Congrès à l'initiative de Johann Schober, le directeur de la police de Vienne qui réunit dans sa ville les responsables des forces de polices de vingt pays pour fonder la Commission internationale de police criminelle (CIPC).
À la suite de l'Anschluss (rattachement de l'Autriche à l'Allemagne nazie) en 1938 la CIPC passe sous le contrôle de la Gestapo et son siège de Vienne est transféré à Berlin en 1942. La plupart des polices des pays membres continuent alors leur coopération, participant notamment à la traque des résistants et à la Shoah. L'organisation renaît en 1946 sous l'égide de la France, de la Belgique, du Royaume-Uni et des pays scandinaves. En 1956 le statut est modernisé et la CIPC devient « Organisation internationale de police criminelle-Interpol ».
Après la guerre, Interpol donne l'ordre, en interne, de ne pas poursuivre les crimes liés au régime nazi, sous le prétexte qu'ils étaient , afin de protéger les nombreux policiers ayant participé aux crimes nazis.
Interpol est reconnue en tant qu'organisation intergouvernementale par l'ONU en 1971 et l'année suivante un accord de siège est conclu avec la France. En 2003, un centre de commandement et de coordination est instauré. En 2001 Interpol se dote d'un bureau de liaison au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba. En 2004 un nouveau bureau de liaison est créé au siège de l'ONU à New York.. Un troisième est créé en 2009 au siège de l'Union européenne à Bruxelles.
En 2008 le président d'Interpol Jackie Selebi est contraint de démissionner, accusé d'avoir été corrompu par un narcotrafiquant.. Il est condamné à 15 ans de prison pour corruption par le tribunal de Johannesburg le .
Vers le , le président d'Interpol Meng Hongwei disparaît. Sa démission est annoncée le à la suite de l'annonce de son arrestation en Chine., qui n'avait plus donné signe de vie depuis son départ en Chine, fin .... L'office chinois de lutte contre la corruption annonce par la suite que Meng Hongwei fait l'objet d'une enquête pour violations présumées de la loi.
Siège vignette|240px|Siège social d'Interpol à Lyon, France.
Le siège d'Interpol est situé dans le quartier de la Cité internationale, au 200, quai Charles-de-Gaulle, dans le de Lyon en France, depuis le . Auparavant, l'organisation était déjà basée dans ce pays, à Paris dès 1946, puis rue Armengaud à Saint-Cloud en 1967. Ce siège de Saint-Cloud a fait l'objet de deux attentats, l'un en 1976 et l'autre en 1986, revendiqué par Action Directe.
Pays membres Interpol regroupe un total de membres. Chaque pays membre dispose d’un Bureau central national (National Central Bureau (NCB)) assurant la liaison entre sa police nationale et celles des autres pays pour former le réseau mondial..
Voici la liste des pays membres de l'organisation : 600px|centré|vignette|La carte des membres d'Interpol.
Bureaux régionaux
Membres des Nations unies non membres d'Interpol
États et entités partiellement reconnus sans adhésion ou bureau
États non reconnus sans membre ou statut de sous-bureau
Structure La structure de l'OIPC est la suivante : l'assemblée générale, instance suprême de l'organisation, qui regroupe une fois par an l'ensemble des délégués des États membres, élit le comité exécutif, définit via des résolutions la politique générale, les moyens ; le comité exécutif, composé de 13 personnes dont le président, surveille l’exécution des décisions de l’assemblée générale, oriente l’action de l’organisation ; le secrétariat général met en œuvre les missions de l’organisation via ses sept bureaux régionaux et ses représentants spéciaux auprès des Nations unies et de l’Union européenne ; les bureaux centraux nationaux assurent la liaison entre les services de police et l’organisation (en France, le BCN est rattaché à la division des relations internationales de la direction centrale de la police judiciaire). ; la commission de contrôle des fichiers d’Interpol a pour but de vérifier la conformité des traitements des données à caractère personnel avec la réglementation.
Actuellement, le poste de président d'Interpol est surtout honorifique, sa gestion quotidienne étant assurée par le secrétaire généralJean Chichizola et Cyrille Pluyette, « Le directeur d'Interpol a disparu », Le Figaro, 6-7 octobre 2018, p. 10..
Secrétaires généraux vignette|redresse=1|Le secrétaire général Ronald Noble au congrès global sur la lutte contre la contrefaçon et le piratage (2011).
Présidents depuis la fondation en 1923 Présidents de la Commission internationale de police criminelle (1923 - 1946) :
Présidents d'Interpol depuis 1946 :
Fonctionnement et mode d'intervention Le système des notices internationales Principe Les notices sont des messages d'alerte internationaux diffusés par l'Organisation internationale de police criminelle connue sous le nom d'Interpol utilisés par les services de police pour communiquer à leurs homologues du monde entier des informations sur des infractions, des malfaiteurs et des menaces. Interpol les diffuse à tous ses pays membres à la demande d'un pays membre ou d'une entité internationale autorisée.
Les informations diffusées via ces notices sont de natures diverses et peuvent concerner : des personnes recherchées pour des infractions graves ; des personnes disparues ; des personnes décédées non identifiées ; des menaces potentielles ; des évasions de personnes détenues ; des modes opératoires de malfaiteurs
En somme, les notices ont pour but d'attirer l'attention sur les infractions et événements graves.
Bien que l'expression « mandat d'arrêt international » soit encore largement utilisée par la presse et les médias francophones, Interpol précise bien que les notices, notamment les notices rouges, ne sont pas des mandats d'arrêt internationaux., elles appuient simplement des mandats d'arrêt nationaux ou européens contre certains individus pour rendre plus facile leur arrestation à des fins d'extradition, mais en aucun cas elles ne se substituent à ces mandats décidés par des juridictions nationales ou européennes ou par la Cour pénale internationale (CPI) ou un Tribunal pénal international (TPI). Cette expression est donc obsolète et surtout impropre concernant les notices rouges d'Interpol qui ne sont pas délivrées par une juridiction, mais par l'organisation elle-même.
Historique C'est en 1946 qu'Interpol a mis en place le système des notices internationales. Au départ, l'Organisation a créé cinq types de notices, toutes de couleur différente : rouge, bleu, vert, jaune et noire. En 2004, une sixième notice a été ajoutée, la notice orange.
En 2005, Interpol met en place une septième notice, la notice spéciale INTERPOL-Conseil de sécurité des Nations unies à la faveur de la résolution 1617 du Conseil de sécurité de l'ONU afin d’offrir au Conseil de sécurité un outil efficace pour l’aider à remplir ses prérogatives en ce qui concerne le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes décidés à l’encontre des personnes et entités liées à Al-Qaïda et aux talibans. Cette notice est officiellement adoptée lors de la générale d'Interpol qui s'est tenue du 19 au à Berlin..
Le huitième type, la notice mauve, existe depuis 2011.
Les différentes notices internationales Il existe huit types de notices ayant chacun un but différent« Notices », interpol.int (consulté le 6 octobre 2017).. La notice la plus connue est la notice rouge qui permet de faciliter la localisation et l'arrestation d'une personne recherchée.
Type de notice SignificationNotice rouge Utilisée pour demander la localisation et l'arrestation d'une personne recherchée par une autorité judiciaire ou par un tribunal international en vue de son extradition. Notice bleue Utilisée pour recueillir des informations complémentaires sur des individus concernant leur identité, leur lieu de séjour ou leurs activités illicites dans le cadre d'une enquête criminelle. Notice verte Utilisée pour alerter et communiquer des informations de police sur des individus constituant une menace pour la sécurité publique et ayant commis des activités criminelles tout en étant susceptibles de récidiver dans d'autres pays. Notice jaune Utilisée pour aider à retrouver des personnes disparues, en particulier des mineurs, ou à identifier des personnes qui ne peuvent le faire en raison de leur incapacité. Notice noire Utilisée pour recueillir des informations sur des personnes décédées dont le corps n'a pas été identifié. Notice spéciale INTERPOL-Conseil de sécurité des Nations unies Utilisée pour appeler l'attention des polices sur des individus ou groupes visés par les sanctions prises par le Conseil de sécurité de l'ONU. Notice orange Utilisée pour alerter la police, les organismes publics et les autres organisations internationales sur les matières dangereuses, les actes criminels ou les événements qui sont susceptibles de constituer une menace pour la sûreté publique. Notice mauve Utilisée pour communiquer des informations à modi operandi, procédés, objets, appareils et cachettes utilisés pour perpétrer des actes criminels.
Forme et modes de diffusion Les notices peuvent renfermer des informations de deux types : des éléments d'identification (comprenant le signalement, une photographie, les empreintes digitales, les numéros des pièces d'identité… des individus recherchés) ; des éléments juridiques (comprenant la qualification de l'infraction dont l'individu est accusé, les références des lois sur lesquelles se fonde l'accusation ou la condamnation, les références du mandat d'arrêt ou de la décision de justice…).